MÉMOIRE
8390. L’épilepsie n’a-t-elle pas souvent un point de départ de Vaura epîlecticà? Ce point de départ ne poürrait-il pas être l’oeil dans quelques cas? La catalepsie n’aiiràit-elle pas quelque chose de semblable? JN’est-il pas vrai que la plaie de l’hydrophobe, dans la ragé, est la source des accidens nerveux qui s’étendent, et vont faire convulser les muscles de l’arrière-gorge et du pharynx?
840°. Tout cela ne constitue pas des vérités démontrées, mais ce sont au moins des idées dont on pourrait tirer parti. Il ne faut pas toujours chercher dans l’encéphale le siège des lésions nerveuses j on devrait commencer à se dégoûter de ne rien trouver de fixe dans tant de lésions graves delà nature de celles que je viens de signaler. J’avoue qu’il est bien difficile de trouver, avec le scah pel, la lésion de fibrilles nerveuses d’épanouissement; mais n’est-il pas d’autres preuves dé leurs souffrances? Est-ce que la rétine et l’iris ne souffrent pas primitivement dans l’espèce de migraine que j’ai étudiée dans ce Mémoire? Est-ce que la plaie du pied, chez le tétanique (1), la morsure, chez
(1) Dans un cas de tétanos récemment observé à l’Hotel- Dieu lorsque j’y faisais le service, et dont M. Bose a donné rbistoire dans un des derniers numéros de la Lancette^ il n’y avait aucune lésion apparente des centres nerveux : une légère blessure du pied, avait été le point de départ des accidens. La mort eut lieu pai- l’aspbyxie qu’avait déterminée l’écume bronchique, e't celle-ci avait été la conséquence.du manque d’expectoration, qui n’avait pas pu. être exécutée par des muscles contracturés.
l’hycIropliolDe, nè sont pas accompagnées ou suivies de la souffrance des ramifications nerveuses qui J correspondent? Est-ce que des règles qui viennent mal, qui s’arrêtent; des désirs vénériens ou la continence, ne troublent pas, dans la femme hystérique, l’action des filets nerveux de l’utérus, etc.? La physiologie et la clinique, comparées, rappi’ochées, forment par leur ensemble un flambeau qui éclaire plus d’un point où l’anatomie pathologique n’a pas encore porté de lumière.
8410. Dans tous les cas, je me propose de porter sur les organes, que je présume être les points de départ de l’action nerveuse pathologique, des moyens du même genre que ceux qui réussissent pour la migraine; d’employer la digitale, l’opium en frictions sur les paupières, dans l’épilepsie et la catalepsie ; d’en verser quelques gouttes sur la peau dénudée par un vésicatoire appliqué sur la morsure dans l’hydrophobie, ou sur la plaie dans le tétanos; de faire des injections dans le vagin avec les mêmes moyens dans l’hystérie. Je ne «aïs si j’aurai des succès, mais je tenterai cette médication. Si ces idées, fécondées par d’autres, ont entr e leurs mains des applications heuréuses avant que j’en aie obtenu moi-même, je m’en réjouirai, parce que j’aime mieux servir la cause de l’humanité que celle de mon amour-propre.