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Memoire sur la position faite à la presse catholique du Canada

Sur la position faite à la Presse catholique du Canada par Mgr l’Archevèque de Québec,

Les journaux de la province de Québec se divisent en trois catégories : les journaux protestants, plus ou moins hostiles à l'Eglise ; les journaux catholiques libéraux, plus où moins entachés des erreurs libérales qui ont cours en France et en Belgique ; et les journaux franchement catholiques qui acceptent sans arrière-pensée le Syllabus et tout l'enseignement de Rome.

Les journaux protestants, étant généralement imprimés en langue anglaise, ne circulent guère parmi la population catholique, qui se compose pour la plus grande partie de Franco-Canadiens. Ils ne font relativement que peu de mal.

Les journaux imbus de libéralisme catholique, au contraire, sont rédigés en français et sont répandus à des mil. liers d'exemplaires dans les villes et les campagnes.

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Depuis des années, ces journaux soutiennent, tantôt avec perfidie, tantôt avec hardiesse, les doctrines les plus détestables du gallicanisme et du libéralisme ; ils proclament l’omnipotence de l'Etat, le mettant au-dessus de l'Eglise et applaudissant à ses empiètements sur les droits de cette dernière ; ils affirment de plus que l'Eglise et l'Etat doivent être entièrement séparés ; que la politique doit être affranchie de toute loi divine ; que les hommes publics et les électeurs n’ont, comme tels, aucun compte à rendre à Dieu ; que le bien et le mal ont des droits égaux. En matière d’enseignement ils cherchent, à nous amener peu à peu à l'éducation laïque, ne reconnaissant pas la mission divine de l'Eglise d'enseigner toutes les nations. Plusieurs de ces journaux, quand ils n'attaquent pas ouvertement les doctrines de l’Église, parlent avec une légèreté scandaleuse des choses saintes.

Pour combattre cette presse, il s’est fondé a différentes époques, des journaux catholiques. Les journaux catholiques qui ont été les plus remarqués sont le Courrier du Canadu, le Nouveau-Monde et le Journal des Trois Rivières. Ces feuilles ont sans doute commis des écarts, mais ils ont incontestablement fait un grand bien, en bridant les journaux impies ou libéraux.

Chose étrange, depuis son arrivée au trône archiépiscopal de Québec, Mgr Taschereau semble avoir pris à tâche de faire taire, de battre en brèche et de ruiner la la presse catholique, tout en laissant pleine liberté à la presse catholique libérale. Il a réussi au point qu’aujourd'hui le Courrier du Canada est à peu près réduit au silence, le Nouveau-Monde a changé de nom et de caraetère, étant devenu une feuille purement politique et d’affaires, et le Journal des Trois-Rivières est dénoncé comme une feuille dangereuse. Au mois de juillet dernier, j'ai fondé la Vérité, journal hebdomadaire, afin de

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pouvoir combattre les erreurs sociales qui se répandent de plus en plus au sein de notre population. Afin de donner à-mon œuvre un caractère vraiment catholique, j'ai eu soin de me mettre entièrement en dehors des organisations politiques, et de prendre les doctrines de l'Église comme unique programme. Averti par le passé, j'ai évité avec le plus grand soin les violences de langage qu'on a pu peut-être reprocher quelquefois aux journaux catholiques, et cependant je constate que déjà je suis suspect aux yeux de Mur l’Ar-

chevêque qui est évidemment hostile à la presse catholique, comme institution.

Nous passons par une crise tout À fait semblable à celle par laquelle la France a passé en 1852-53, lorsqu'une partie de l'épiscopat français a voulu écraser l'Univers, Le Pape Pie IX, qui comprenait toute l'importance du rôle de la presse catholique dans le monde, a mis fin à cette crise par l’Encyclique Znter M ultiplices dans laquelle il est dit :

Et quoniam una nobiscum vehementer doletis de tot pestiferis libris, libellis, ephemeridibus, pagellis, quas virulentus Dei et hominum hostis undequaque evomere non desinit ad mores corrumpendos, ad fidei fundamenta concutienda, et omnia sanctissimæ religionis nostræ dogmata labefactanda, idcirco, Dilecti Filii Nostri ac Venerabiles Fratres, pro episcopali vestra sollicitudine et vigilantia ne cessetis unquam unanimes gregem curæ vestræ commissum ab hisce venenatis pascuis omni studio avertere, cumque adversus tot errorum celluviem salutaribus, opportunisque monitis, et scriptis instruere, defendere et confirmare, Atque hic haud possumus, quin Vobis in menten revocemus monita et consilia, quibus quatuor abhinc annos totius catholici orbis Antistites vehementer excitavimus, ne intermitterent viros ingenio, sanaque doctrina praestantes exhortari, ut viri ipsi opportuna scripta in lucem ederent, quibus et populorum mentes illustrare, et serpentium errerum tenebras dissipare contenderent. Quamoberem a Vobis efflagitamus, ut dum moriferam pestilentium librorum, et ephemeridum perniciem a fidelibus curæ vestræ

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traditis amovere studetis, eodem tempore illos viros omni benenevolentia et favore prosequi velitis, qui catholico spiritu animati, ac litteris et disciplinis exculti, libros isthie et ephemerides conscribere, typisque mandare curant, ut catholica propugnetur et propagetur doctrina, ut veneranda hujus S. Sedis jura, ejusque documenta saita tecta habeantur, ut opiniones et placita eidem Sedi, ejusque auctoritati adversa de medio tollantur, ut errorum depellatur caliga, et hominum mentes suavissima veritatis luce collustrentur. Atque episcopalis vestræ sollicitudinis et caritatis erit catholicos istos scriptores bene animatos excitare, ut majore usque alacritate pergant catholicæ veritatis causam sedulo, sciteque defendere, eosque paternis verbis prudenter monere, si quid in scribendo offenderint, Cette Encyclique, quoique adressée aux évêques français seulement, établit clairement quel est l’enseignement de l'Eglise sur cette question : Les évêques doivent encourager la presse catholique, qui a été reconnue par Pie IX

comme une œuvre nécessaire dans les temps actuels.

Malheureusement, Mgr l’Archevêque de Québec ne tient pas une conduite en harmonie avec l'Encyclique Inter Multiplices. Loin d'encourager les journalistes catholique il cherche sans cesse à les baillonner.

Il se publie actuellement daus la ville de Québec trois journaux catholiques libéraux : l'Zlecteur, le Journal de Québec et l'Evénement. Ces journaux ne sont Jamais molestés par Mgr l’Archevêque, bien qu'ils traitent souvent les questions religieuses ou politico-religieuses, et qu'ils les traitent toujours dans un sens hostile à l'Eglise. C’est ainsi que l’Electeur a défendu, à maintes reprises, les procès intentés aux prêtres sous prétexte d'influence indue, et a soutenu que les tribunaux civils ont le droit de faire rendre compte aux prêtres de leur ministère sacré, Le même journal a souvent exprimé ouvertement ses sympathies pour les hommes qui gouvernent actuellement la France. Le Journal de Québec a tout récemment encore publié des attaques brutales contre le clergé de Montréal,

viros omni ii catholico ‘ulti, libros » mandare doctrina, ut nenta saita edi, ejusque rrorum dea veritatis citudinis et matos exolicæ veriue paternis ffenderint, êques franselgnement ent encouar Pie IX uels, Québec ne Encyclique nalistes ca-

uébec trois ournal de jamais moit souvent t qu'ils les ise, C’est s, les proe indue, et it de faire sacré, Le es sympalement la ent encore

Montréal,

parce les prêtres l'Université-Laval aux pieds du des correspondants du Journal du 9 août 1881, est allé jusqu’à écrire ce qui suit:

“Et dire que toutes ces faussetés e sont écrites par des prêtres de Montréal. J époque de l'existence de la colonie, été infligée à la rac

Souverain Pontife, L'un de Québec, dans le numéro

t ces insanités amais à aucune parielle flétrissure n’a e canadienne-francaise …….. Quand l'honorable Louis Dessaulles (fameux impie rendu célèbre par ses luttes contre l'Eglise) a écrit cette grande querre ecclésiastique, quelle tempête n'a-t-il pas soulevée contre lui; que d'anathèmes n’ont ils pas lancés mêmes prêtres qui aujourd’hui jette de tout ce qu'il y

contre lui, ces nt l'insulte à la face a de plus vénérable dans l'Eglise et l'Etat, Et cependant, M. Dessaulle en deca des prêtres de Montr ‘al, “Celui qui s'élève sera abaisse.” Il était resservé à ces orgueilleux qui ont la prétention de régenter le ciel et la terre, de tomber dans un abîme : et les ÿ voila enfoncés. Ah ! que l'Eglise du Canada aurait bien le droit de gémir en disant avec le prophète Royal :

m'eussent accablée de malédictions, je l'aurais enduré, Mais Vous, mes ministres.” Que ces infortunés pasteurs méditent

bien les paroles qui font suite à ce texte, Elles sont pour eux une terrible prédiction.”

S était à cent coudées Le Sauveur l'a dit :

“Si mes ennemis

L'Evénement a traité le même scandaleux, et à insinué que Mer instrument entre les mains de quelq

clergé de rebelle et de Bourget n’était qu’un ues intriguants, Toutes ces choses se sont publiées sous Mgr l’Archevêque qui ne les a pas moins publiquement.

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Toute différente est sa conduite à l’ Catholiques. J'ai mentionné d’une m efforts qu'il a faits pour r

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Canada, le Nouveau-Monde et le Journal des Trois Rivières, Mais en ce qui concerne sa conduite à l'égard de mon journal, je crois devoir entrer dans quelques détails qui feront encore mieux ressortir la position excessivement pénible que Sa Grandeur a faite à la presse catholique en cette province.

Les habitants de la province de Québec sont, en très grande majorité, des descendants de Français ; ils parlent exclusivement le français, sont attachés au souvenir de la France et reçoivent facilement de l’ancienne mère patrie l'impulsion soit vers le bien, soit vers le mal. Depuis quelque temps des relations commerciales plus étroites s'établissent entre la France et la province de Québec, et les catholiques éclairés, tant prêtres que laïques, craignent beaucoup que les doctrines impies et les principes pervers qui désolent la France ne s’introduisent rapidement au Canada avec les capitaux français.

Parmi les profondes plaies sociales dont souffre la France, il n’y en a peut-être pas de pire que le travail du dimanche, contre lequel le Pape Pie IX, d’heureuse mémoire, s’est élevé avec force. Il y a une tendance marquée, dans notre jeune pays, À imiter l’exemple de la France et à mépriser, sous les plus futiles prétextes, la loi de Dieu qui ordonne la sanctification du dimanche. Les catholiques le constatent et le déplorent ; les protestants en sont témoins et nous ie reprochent.

Il ÿ a dans la province de Québec un chemin de fer qui appartient au gouvernement local. Les administrateurs de cette voie ferrée ont causé un grand scandale en faisant travailler leurs employés le dimanche. Non seulement les trains de voyageurs, mais les trains de marchandises circulaient et circulent encore sur le chemin pendant toute la journée du dimanche. Et les journaux qui appuient le gouvernement cherchent à justifier les autorités

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en déclarant que ce travail du dimanche est très rémunérateur,

J'ai cru, et un grand nombre de catholiques sincères partageaient ma manière de voir, qu'il fallait de toute nécessité s'élever contre ces abus, qui pouvaient avoir un effet funeste sur l'esprit du peuple, et travailler à les corriger avant qu'ils ne se fussent enracinés par une longue coutume, C’est dans ce dessein que j'ai commencé à éciire, dans mon journal, contre le travail du dimanche sur le chemin de fer provincial

Des personnes intéressées ne tardèrent pas à dire que les autorités civiles avaient établi les trains de voyageurs avec le consentement de l'autorité religieuse, et elles ajoutaient que s’il était permis de transporter les voyageurs le dimanche, il ne pouvait pas être défendu de charroyer de la pierre. Ce fut alors que j'adressai la lettre suivante à Sa Grandeur Mgr l'Archevêque de Québec.

Québec, le 3 septembre 1881.

À Sa Grandeur Mgr E. À. Taschereau, Archevéque de Québec. Monseigneur,

Depuis plusieurs semaines déjà j'ai constaté, tant par moi-même que par des personnes dignes de foi, que l’on travaille sur le chemin de fer du Nord, le dimanche comme les jours de la semaine, à peu de différence près. Les trains de marchandises y circulent et les employés sont empôchés d’assister aux offices.

J’ai protesté hautement dan: mon journal contre ce scandale, mais sans obtenir jusqu'ici aucun résultat.

On va même jusqu’à mêler le nom de Votre Grandeur à ce grave abus, disant que vous avez permis qu’on fit partir régulièrement de Québec, tous les dimanches, un train de voyageurs, ét l’on ajoute que s’il n’est pas défendu de faire circuler un train de voyageurs il doit être permis de faire circuler Les cou vois de marchandises.

Si je suis bien renseigné, et je crois l'être, Votre Grandeur n'a jamais été consultée au sujet de ce train du dimanche

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On aurait simplement demandé à Votre Grandeur ai, lorsqu'il arriverait beaucoup d'immigrants ici, le dimanche matin, on ne pourrait pas les diriger immédiatement vera leur destinntiva, au lieu do les faire attendre plusieurs heures à Québec ÿ et sur une réponse affirmative de votre part, on à établi un train régulier du dimanche, train qui n'a aucun rapport direct avec l'immigration. Si ce qui précède est couforme aux fuits, je prie Votre Grandeur de me le dire.

Un mot de Votre Grandeur m'aiderait puissamment dunes la lutte que j'ai entreprise contre ceux qui profanent ouverte ment le jour du dimanche.

Je sollicite en même temps la permission de publier ln

présente lettre, et ln répouse que Votre Graudeur duigneru y faire.

Je suis de Votre Grandeur le fils respectueux et soumis, J. P. Tarpiver,

Rédacteur en chef de la Vérité.

S. G. daigna me répondre par la lettre suivante :

ARCHEVÉCHÉ pe Quépro.

Québec, 5 septembre 1881.

À M. J. P. Tardivel, rédacteur de la VÉRITÉ, Québec,

Monsieur,

En réponse à votre lettre du 3 dn courant :

10 Je désire de tont mou cœur voir cesser les trains du dimanche sur le chemin de fer Q. M. O.et 0, Ce désir, je l'ai déjà manifesté, dès le 2 mars dernier, dans une lettre adressée à l’honorable M. Chapleau. 11 est fondé sur deux raisons qui qui me paraissent fort graves. Ces trains du dimanche favorisent les excursions de plaisir que j'ai condamnées dans mon mandement du 26 avril 1880 sur la sanCtification du dimanche. De plus, ils empêchent les employés de remplir leurs devoirs

religieux et de réparer convenablement leurs forces corporelles par le repos de ce saint jour.

20 Vos renseignements sur la consultation qui m'a été

faite officieusement et sur la réponse que j'y ai donnée, sont exacts.

‘ur si, lorsqu'il iche matin, on s leur destinnres À Québec j où & établi un rapport direct me aux fuits,

samment duns went ouvertes

de publier ln deur duigneru

sux et soumis, RDIVEL,

le la Vérité.

ivante :

bre 1881.

Québec,

les trains du désir, je lai ttre adressée x raisons qui nanche favoes dans mon lu dimanche.

leurs devoirs s corporelles

qui m’a été onuée, sont

So Vous pourrez publier ln présente et evlle

à laquelle je réponds, si vous le jugez utile,

J'ai l'honneur d'être, Monsieur,

Votre tout dévoué serviteur, t E. À. Ancn. pe Quémrec.

Je voyais, avec mes amis, dans cette lettre, une approbation de la ligne de conduite que j'avais suivie, et il me semblait que l'autorité religieuse, en me répondant ainsi m'engageait à continuer la lutte en faveur de la sanctitication du dimanche, C’est ce que je fis, avec toute la prudence possible, Plusieurs membres du clergé, m'approuvèrent. Je fus donc très étonné de recevoir, tout à coup, sans autre avertissement préalable, la lettre suivante :

ARCHEVECNÉ pu Quépuo.

Québec, 11 octobre 1881.

À Monsieur le rédacteur de la Vérité, Monsieur le réducteur.

Je suis chargé par Sa Grandeur Monseigneur l'Archevêque

de vous écrire que c’est son désir formel de vous voir cesser

vos articles au sujet du travail du dimanche, sur la ligoë du chemin de fer du nord.

Monseigneur l'Archevêque, s'il le juge nécessaire, se

mettra directement en l'apport avec qui de droit, pour régler cette question.

J'ai l'honneur d’être, Monsieur le rédacteur, avec une parfaite considération.

Votre très humble serviteur, C. A. Coucer, Prre., Secrétaire,

Croyant à un mal-entendu, je me suis rendu à l’archevêché, et j'ai demandé à voir M. l'abbé Collet. Celuici m'informa qu'il n'avait fait que copier la lettre que j'a-

ik — 10 —

vais reçue, que la rédaction lui en avait été communiquée

par Sa Grandeur. M. l'abbé Collet m’informa de plus, 1, après avoir consulté Mgr, que c'était le désir de S. G. que la correspondance suivante, qui m'avait été communiquée par un membre du clergé, et que j'avais soumise à Sa Grandeur, ne fût pas publiée :

L,.d..C, & , M. I. Les Dimanches tu garderas En servant Dieu dévotement.

‘A l'encontre de cette loi on entend affirmer que l’exploitation des trains du dimanche, sur le chemin de fer du Nord, ne produit pas moins de 810,000 par mois. Les journaux même conservateurs répètent complaisamment l'affirmation et ne voient pas plus loin ; et le public est ainsi prévenu que la loi de Dieu ne saurait exiger du trésor provincial le sacrifice énorme de $10,000 par mois. En vérité, il nous semble qu'on s’abuse étrangement $i l’on croit pouvoir ainsi tailler amplement dans l’étoffe de la sottise sans que l’échancrure par trop maiadroite ne paraisse et même ne saute aux yeux.

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Y a-t-il autour de nous un seul manœuvre qui ne pourrait se livrer au même calcul et arriver à un résultat tout-à-fait semblable à l’encontre de la loi du Dimanche. Prenez un maçon, un tailleur de pierre, un cordonuier, un journalier même, chacun de ses ouvriers trouverait aisément au plus bas prix $52.00 pour ses journées du dimanche pendant un an, et | qui dira que cette somme de 852.00 lui est moins nécessaire | | |

me

que les $10,000 par mois ne le sont au gouvernement ? Donblez, triplez, centuplez cette somme, allez même à des | milliards, le genou canadien estencore trop ferme pour fléchir devant cet autre veau d’or. Le Divin Maître de la vérité et du devoir a montré le chemin quand Satan étalait à ses yeux l tous les trésors du monde et lui en assurait la possession au prix d’une génuflexion. Le Divin Maître répondait à la tenta- | tion et au tentateur: Retire-toi, Satan, car il est écrit : Tu ! adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne serviras que lui seul. | Non, non, décidement 810,000 par mois ne sont pas assez pour faire brêche à la loi de Dieu.

D'ailleurs pourquoi oublier que le 3e précepte, comman-

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mande le respect à l'autorité, et n'est pas très loin du 7e qui prescrit le respect à la propriété d'autrui, Qui touche impu-

nément au 3e précepte sera-t-il bien venu

à demander qu’on ne touche pas au 4e et au 7e ?

Enfin, si le nom conservateur a un sens quelconque, il doit signifier que l’on conserve d’abord et par-dessus tout les

droits de Dieu qui garantissent et Sauvegardent tous les autres droits,

J'ai cru devoir ensuite adresser la lettre suivante à Sa Grandeur.

Québec, le 12 octobre 1881, AS. G. Mgr E. A. Taschereau, Archevéque de Québec, Monseigneur,

J'ai reçu hier, de M. l'abbé : let, secrétaire de Votre Grandeur, une lettre m'informanx que c'est lé désir formel de V. G. que je cesse de publier des articles contre le travail du dimanche, sur le chemin de fer du nord. Permettez moi, Monseigneur, de vous dire respectueusement que eette lettre m'a profondément affigé en même temps qu'elle wa grandement surpris. Je croyais qu'après la lettre si explicite que V. G. duigna n’écrire Le 5 septembre dernier que ce n'était pas seulement mon droit mais même mon devoir d'insister, dans mou jourual, sur la cessation du travail du dimanche. Je croyais aussi m'être tenu dans les limites prescrites par 14 prudence. Je n'ai attaqué aucun membre du clergé, même d’une manière détournée. Et voici qu'après toutes mes précautions je me vois frappé durement, eur le ton de la lettre de M. Collet, n'aurait pu être plus sévère si j'avais gravement compromis l'autorité de V. G. truîué les prêtres dans la diseussion, et manqué de prudence de toutes les manières.

Je prie done Votre Grandeur de vouloir bien réconsider sa décision et de me permettre de défendre, dans les colonnes de mon journal, la sauctification du dimanche, sur le chemin de fer du nord et ailleurs. De mon côté, je n'engage à ne plus mêler le nom de Votre Grandeur à la discussion, soit directement, soit indirectement, à ne plus faire allusion d'aueune façon à la lettre de Votre Grandeur, du 5 septembre deruier, et à ne poiut parler du train des voyageurs du diwunche, mais uuiquement des trains de marchandises et des

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