DE L’EXTRAIT DE RACINE DE COLOMBO
8 onces de cette racine grossièrement pulvérisée, humectée préalablement , et traitée par l’eau froide , ont été soumises au filtre-presse. L’opération réussit très-bien. Le soluté est d’un beau jaune verdâtre , et de saveur amère analogue â celle de la coloquinte. La chaleur en sépare une substance albumino-gélatineuse : pour l’en séparer, on laisse refroidir le soluté, sans quoi c’est avec peine qu’il passerait au travers du filtre. Quand le soluté est bien concentré et qu’il se forme une pellicule à sa surface, la lumière lui donne un reflet d’un beau vert d'émeraude. Cette quantité de racine a formé 1 once 2 gros d’extrait sec très-mucilagineux et très-amer. Mis dans la bouche , il reste quelques instans sans s’y dissoudre; mais à peine dissous, sa saveur amère ^e développe et persiste longtemps.
DE l’extrait DE SASSAFRAS.
2 livres de sassafras grossièrement pulvérisé, ont été fortement foulées dans le cylindre, et traitées par l’eau froide jusqu’à épuisement. Le soluté était de couleur orange, légèrement aromatique. Chauffé au bain-marie, il s’est formé h sa surface une pellicule gélatineuse gluante et douce au toucher, ayant une couleur approchant de celle du sous-carbonate de fer. Ce soluté , filtré au papier et évaporé au bainmarie, n’a fourni que \ once et 1 gros d’extrait sec.
Je pense qu’il vaudra mieux traiter cette substance par l’alcool a 22°, ou bien incorporer dans l’extrait aqueux la quantité d’essence fournie par 2 livres de sassafras
DES EXTRAITS AQUEUX ET ALCOOLIQUES d’aLüIvS.
Pour préparer ces extraits on ne saurait employer le filtrepresse; 4 onces d’aloès succotrin du commerce ont été tritu-
rées dans un mortier avec suffisante quantité d’eau froide ; après avoir laissé déposer, la solution aqueuse a été décantée , fdtrée au papier ; de nouvelles additions d’eau froide ont eu lieu de la même manière jusqu’à épuisement. Ces solutés, bien clairs, ont été évaporés asiccité, et ont fourni 2 onces 4 gros d’extrait en belles écailles, de couleur verdâtre, dont la poudre est d’un beau jaune tirant sur le vert. Entièrement soluble a froid. Le résidu a été traité par l’alcool a 34° jusqu’à épuisement ; le soluté, évaporé jusqu’à siccité , a fourni \ once 2 gros d’extrait ; cet extrait est brillant, de couleur noire foncée, insoluble dans l’eau, se dissolvant en partie dans la bouche et ayant un goût amer. Il restait sur le filtre environ 2 gros de substance sablonneuse et de débris de végétaux .
1)E l’extrait DE TETES DE PAVOTS.
i livre de têtes de pavots privées de leurs graines et de leurs pédoncules, bien séchées à l’étuve, ont été grossièrement pulvérisées, ensuite humectées; la poudre a absorbé 7 livres d’eau , et s’est prodigieusement dilatée. Après \ 2 heures de macération, je l’ai placée dans un cylindre où je l’ai tassée fortement , et j’ai déplacé mes 7 livres d’eau. Le soluté chauffé a laissé précipiter beaucoup d'albumine mêlée sans doute à d’autres substances ; car, séparé par le filtre , ce qui restait dessus était visqueux, gluant et élastique. Le soluté évaporé en consistance pilulaire a produit 2 onces 4 gros d’extrait entièrement soluble dans l’eau froide ; son odeur est légèrement vireuse. Désséché, il s’est réduit à \ once 7 gros.
DE l’extrait DE FLEUR D’ARNICA-MONTANA.
8 onces de cette fleur entière, humectée avec suffisante quantité d’eau froide introduite dans le cylindre à déplacement, a été lavée sans discontinuer jusqu’à ce que l’eau pas-
sàt insipide et incolore. Le soluté était d'un beau jaune: chauffé, puis filtré au papier, et ensuite évaporé jusqu’à siccité, il a fourni \ once 7 gros d’extrait de couleur jaune ocrée; sa saveur est piquante, brûlante, son odeur est celle de la fleur, mais beaucoup plus forte. Quand cet extrait est réduit en poudre, si on le respire, il provoque de violents éternuements. Ainsi tombe la supposition des pharmacologistes qui attribuaient cette action aux aigrettes soyeuses de cette fleur qui, disaient-ils, étaient attirées par l’inspiration, et venaient fortement irriter par leur aspérité la membrane pituitaire. Tout prouve au contraire qu’une substance fixe , soluble dans l’eau , existe dans cette fleur, et que c’est à son action qu’on doit attribuer la propriété sternutatoire de l’arnica.
L’action de cet extrait est très-grande , si on s’en rapporte à sa saveur, aussi faudra-il remployer avec ménagement ; et après de nouveaux essais, la médecine pourra retirer un grand parti de son action sur les membranes muqueuses.
DE l’extrait SEC DIPÉCACUANH A.
16 onces d’ipécacuanha gris annelé, de premier choix, réduit en poudre grosse, ont été humectés avec quantité suffisante d’eau froide et ont macéré pendant douze heures ; ensuite soumis au filtre-presse et lavés sans discontinuer jusqu’à épuisement. Cette opération a bien réussi. Le soluté est d’une couleur jaune, d’une saveur amère, analogue a celle d’une forte infusion de houblon. L’alcool pur versé dans ce soluté ne l’a pas troublé sensiblement. Essayé par l’iode, il n’a présenté aucune trace d’amidon. Chauffé au bain-marie, il a fini par se troubler beaucoup ; on voyait nager à sa surface une substance floconneuse blanchâtre ; dans cet état , je l’ai retiré du bain-marie, laissé refroidir, et filtré au papier. La partie restée sur le filtre a été desséchée et recueillie ; elle avait pris
beaucoup de retrait , sa cassure est nette et lisse, sa couleur est noire, ce qu’il faut attribuer a une partie de l'extrait qu’elle retient. J’ai tout lieu de croire que c’est de l’albumine végétale ; sa quantité m’avait frappé d’autant plus qu’il n’en est nullement question dans l’analyse qu’a donnée M. Pelletier de l’ipécacuanha. Voila pourquoi j’ai cm devoir en parler. La marche suivie par ce savant chimiste étant d’abord de traiter par l’éther et ensuite par l’alcool bouillant, ces deux menstrues, coagulant l’albumine, l’auront alors empêché d’en reconnaître la nature.
Cette quantité d’ipécacuanha (16 onces) a produit 2 onces 3 gros 36 grains d’extrait sec, d’un jaune brun, et entièrement soluble dans l’eau : cet extrait ne doit être composé que d’émétine, d’un peu de gomme et d’acide gallique (seules substances solubles dans l’eau, que contienne l’ipécacuanha) A grains de cet extrait représentent a peu près 24- grains de la substance en poudre.
DES EXTRAITS DE BOIS ET d’ÉCORCE DE BUIS.
Quinze livres de râpures fines de buis ont été placées dans un grand cylindre et fortement tassés ; je les ai lavées sans discontinuer avec de l’eau froide, jusqu’à ce que celle-ci passât insipide. Le soluté était d’une légère couleur jaune; chauffé, il s’est troublé et a laissé précipiter une grande quantité d’albumine ; filtré après avoir été refroidi , il a été évaporé au bain-marie. Pendant l’évaporation, il répandait une odeur désagréable analogue a celle qu’on respire dans un poulallier. Quand il est rapproché, la pellicule qui se forme a la surface a un reflet verdâtre. Cette quantité de râpures de buis n’a produit que 5 onces 5 gros d’extrait sec, couleur marron, un peu jaune, d’une saveur amère, particulière au buis, d’un grain serré et très-cassant. Ainsi ce n’est, que 3 gros par livre de substance.
Deux livres d’écorce de buis pulvérisée grossièrement et
traitée jusqu'à épuisement, m'ont fourni 2 onces 2 gros d'extrait sec, qui diffère du précédent par sa saveur plus amère, et sa couleur plus foncée, ainsi que par la quantité obtenue, qui est deux fois plus considérable.