DES EXTRAITS AQUEUX
Pour les extraits aqueux, toutes les substances sèches, à l’exception d’un très-petit nombre , ont été soumises à l’action du filtre-presse. Fleurs, feuilles, écorces, bois, racines dont j’ai préparé les extraits , ont été traités, dans cet appareil , par l’eau à la température ordinaire ; quelques solutés seulement n’ont pu être obtenus qu’au moyen de l’eau chaude. Mon but ayant été de déterminer aussi exactement que possible les rapports existants, quant à la quantité, entre les extraits et les substances qui les ont fournis , j’ai employé au moins quatre livres d’eau pour une livre de substance médicamenteuse à traiter. J’ai même quelquefois dépassé cette quantité, lorsque le cas l’exigeait, afin d’épuiser plus sûrement la substance.
Je dois dire pourtant que les deux premières quantités d’eau qui avaient traversé la substance s’étaient chargées de la presque totalité de la matière soluble; je n’ai cependant pas négligé le reste du menstrue , afin d’arriver à une plus grande exactitude.
Les racines, les écorces, les bois et les feuilles, ont été préalablement réduits en poudre grossière. Quant à certaines fleurs, il ne faut point les pulvériser, si l’on veut que l’opération ait un résultat satisfaisant.
Lorsque la substance à traiter était très-avide d’humidité et susceptible de se dilater considérablement ^ je J’humectais préalablement avec suffisante quantité d’eau et la laissais en macération pendant quelques heures. C’est ainsi que j’ai traité la poudre de têtes de pavots , de racine de patience , de rhubarbe, etc. Je les introduisais ensuite dans le cylindre à déplacement, en les tassant légèrement. Je déplaçais la première eau employée, en ajoutant de l’eau sur le filtre, et con-
tinuais successivement a en ajouter de nouvelles quantités , jusqu’à ce que la substance fût épuisée.
Pour les bois durs, tels que le gayac, le quinquina, le buis , etc., qui se dilatent très-peu , je les plaçais de suite dans le cylindre, sans les avoir humectés préalablement, et je versais de l’eau par-dessus. La poudre de ces substances se dilate un peu,, à mesure que Peau les pénètre ; mais cette légère dilatation , loin de nuire , empêche que Peau ne les traverse trop rapidement , but que j’atteignais d’ailleurs avec la précaution de tourner le robinet qui se trouve au bas du cylindre, de manière à ce qu’il ne sortît qu’un petit filet de soluté, et à permettre que les substances et l’eau fussent nssez long-temps en contact pour que le liquide pût se charger des principes médicamenteux.
Enfin les solutés étaient placés dans une capsule au bainmarie, pour coaguler l’albumine qu’ils contiennent presque tous ; après quoi je les retirais pour les laisser refroidir et les filtrer au papier. Ils étaient ensuite remis dans la capsule , pour la terminaison de l’extrait.
Ainsi évaporés entièrement au bain-marie, les extraits que je prépare sont entièrement solubles à l’eau froide, avantage que n’offraient pas les extraits obtenus par décoction , surtout quand on les évaporait à feu nu soit en totalité, soit en partie; mode d’évaporation qui en carbonise toujours une partie notable , et leur communique à tous une odeur analogue , qu’on a désignée par le nom d 'odeur d'extrait.