DES EXTRAITS VINEUX
On préparait jadis les extraits d’absyntlie, de fumeterre, etc., en traitant ces plantes avec le vin blanc. Ces extraits ne
sont plus en usage. De tous ceux de cette espèce, il n’y a que celui qu’on prépare avec la racine d’ellébore noir, en la traitant par l’alcool, le vin et le sous-carbonate de potasse, qui soit encore employé, seulement dans la préparation des pilules toniques de Bâcher, Je pense que l’extrait hydro-alcoolique de cette racine est préférable , ou du moins peut fort bien le remplacer.
DES EXTRAITS AQUEUX ÉTHÉRÉS ET DES EXTRAITS HYDRO- ALCOOLIQUES ÉTHÉRÉS..
Dans la préparation des extraits aqueux éthérés, je n’ai eu en vue que d’obtenir le principe soluble dans l’eau, et le principe aromatique.
Dans la préparation des extraits hydro-alcooliques éthérés, mon but a été de réunir les principes solubles dans l’eau , dans l’alcool et dans l’éther.
J’ai employé les plantes aromatiques a l’état sec, bien conservées et de premier choix. Quoique sèches elles contiennent encore beaucoup d’huile essentielle. Chacune d’entre elles fournit, par once et selon sa nature, depuis six jusqu’à vingt grains et plus d’huile tant fixe que volatile aromatique.
Voici la manière dont j’ai opéré :
La substance est préalablement pulvérisée , placée ensuite dans un cylindre à déplacement, pourvu de tous ses accessoires. Je verse alors dessus un poids égal d’éther sulfurique ; je déplace ensuite cet éther par l’alcool à 35°, et à son tour l’alcool est déplacé par l’eau. Avec ce dernier menstrue, je lessive sans discontinuer la substance* jusqu’à ce que le liquide qui passe soit insipide et incolore. Le soluté éthéré est distillé à part dans une petite cornue , pour retirer presque tout l’éther. Le soluté alcoolique est mêlé au soluté aqueux , et soumis aussi à la distillation , pour retirer la majeure partie de l’alcool. Ce qui reste dans le bain-marie de ces deux derniers solutés, est recueilli avec soin placé dans une cap-
suie, et évaporé jusqu’à consistance d’extrait pilulaire bien rapproché ; alors le résidu de l’éther, qui n’est que de l’huile, fixe ou volatile, est ajouté a la masse extractive et incorporé rapidement au moyen d’un pilon. Si on veut obtenir ces extraits secs, il faut attendre, avant d’ajouter les essences, que la masse extractive soit plus rapprochée que ne le comporte l’état pilulaire. Après avoir incorporé les huiles , on étend la masse sur les bords de la capsule , quelques minutes après on retire ce vase de dessus le bain-marie, et quand il est presque refroidi, on enlève l’extrait avec la pointe d’un couteau. Voila ce qui constitue l’extrait hydro-alcoolique éthéré.
Je supprime quelquefois l’alcool , quand la substance que j’ai a traiter ne contient pas de résine dont les propriétés soient essentielles; c’est alors ce qui con stitue T extrait aqueux ethere'. L’éther, par sa grande volatilité, abandonne rapidement les huiles qu’il tenait en dissolution , et se charge à peine de leur odeur. Voila pourquoi je le préfère à l’alcool.
Ces extraits ainsi préparés possèdent tous les principes actifs de la substance qui les fournit. On peut les distinguer facilement au goût, a l’odorat , quelquefois même a la couleur. Ils attirent moins l’humidité ^ et se conservent mieux que ceux faits par les procédés ordinaires.
Ces deux dernières sortes d’extraits sont des médicaments nouveaux que l’expérience seule doit sanctionner ; ils diffèrent trop de ceux des mêmes plantes faits par l’autre méthode , pour qu’on puisse les donner l’un pour l’autre. C’est aux médecins seuls a les prescrire, quand ils le jugeront à propos.
Presque tous les extraits que je présente ont été obtenus par les procédés que je viens d’indiquer. Quelques préparations ont subi des modifications que je vais faire ressortir dans la description particulière de chaque extrait.