V. Heredes vetat esse suos; hona iota feruntur
ir Ad Phialen : tantum artiflcis valet halitus oris
c Qnod steterat muUis in carcere fomicis annis. (Juv. X, 30.)
c Car son testament cruel déshérite ses enfants, et transporte tous ses biens sur la tète de Phialé ; tant sont puissantes les séductions d'une bouche instruite depuis longues années aux artiflces de la prostitution. »
dans le luxe et la misère, luxe d'élégance et de plaisir, culture d'agrément, misère de devoir et de morale, artistes sans vocation, danseuses sans talent, exercées dès l'adolescence à côtoyer les frontières de la prostitution et de l'escroquerie pou ries franchir au besoin, véritables chevaliers d'industrie de la jeunesse et de Tamour qui mènent joyeuse vie pendant quinze ans en éludant le bureau des mcpurs et la police correctionnelle.
Parmi les filles inscrites logées en ville , les plus élégantes ne refusent pas de se livrer pour 20 francs, les autres se contentent de 5 francs environ (74).
(7^) De nos jours la prostitution ne justifierait pas le proverbe grec :
Ou TravTOç av^poç eç KopivÔov eerÔ' o 7r>.ouç.
( Non licel omnibus adiré Corinthum. »
(V. pour les éclaircissements de ce proverbe : Aul. Gbll. 1.8.)
Ni répigramme suivante, attribuée à Martial :
c Formosissima Laï feminamm,
«c Dum noctis pretium libi requiro,
c Magnum contintio petis talentum :
<c Tanti non cmo, Laï, psenitere. x (Mart. supposititia -, 21.)
« Laïs , des femmes la plus belle , quand je te demande le prix d'une nuit passée dans tes bras , tu exiges un grand talent (environ 4,900 Trancs) : 6 Laïs! je n'achète pas si cher on repentir. »
Ni les traits satiriques suivants :
« Centeniê futuit Malho millibus. » ( Mart. VII, 10.) « Malhon a payé une faveur 100,000 sesterces (environ 21,000 francs). »
-c Empta tibi nox est fundis non tota palernis. ^ (Mart. IX, 5.)
Beaucoup de ces filles isolées entretiennent un amant (75), qui dévore le plus clair de leurs recettes (76). Les amants de cette espèce de filles , copime ceux des filles de maison , sont des commis-marchands , des piliers d'estaminet qui se disent artistes, des jeunes gens de bonne famille qui ont perdu leur patrimoine dans la débauche, des joueurs de profession , d^s bohémiens ou des escrocs.
<c L'héritage de tes pères ne suffît pas pour payer une de tes nuits. » (V. aussi Mart. X, 75.)
Les prodigalités des Romains pour les courtisanes, commencèrent longtemps avant la fin de la République. Vers l'an de Rome 553, Scipion l'Africain, reprochant à Tib. Asellus les débordements de ses vices, lui disait :
« Tu in uno scorto major em pecuniam absumpsisii, quam quanti
omne inatrumentum fundi Sabini in censum dedicavisti. » (Aul. Gell. VII, 11. )
c Les sommes que tu as d^'pensées avec une seule courtisane , excèdent le prix que tu as déclaré aux censeurs pour le mobilier de ta terre de Sabine. »
(V. aussi Juv. III, 132.)
Il parait que les Bordelais avaient une réputation d'opulence :
<c Poscentem nummos, et grandia verba sonantem
«c Possidcat crassi mentula Burdigali. » (Mart. IX, 33.)
c Qu'elle soit avide d'écus, qu'elle ait le verbe haut, qu'elle soit la maîtresse du riche Bordelais »
(Y. plus loin la note 9%)
(75) «c Elbutius meretriculœ munificentia sustinehatur. » (Tit. Liv. XXXDC, 9.)
€ Elbutius était entretenu par la munificence d'une prostituée. »
(76) « Nudam te statuet tuVrS Lupercus. » (Mart. IV, 28.) * Ton cher Lupercus le laissera toute nue. »
Pourtant c'est parmi les prostituées isolées que Ton compte le plus grand nombre de dispenses de visites ou de radiations définitives, par suite de liaisons devenues durables. Elles appuient leurs demandes de dispense et de radiation en disant : je ne fais plus la vie^ je ne fais plus de commerce^ j'ai quel^ qu'un, j'ai un vieux qui me donne tant par mois; ou bien, je travaille, je suis placée. Leurs demandes , quelquefois appuyées par des démarches de personnes honorables, sont accueillies lorsqu'une surveillance spéciale de deux ou trois mois a démontré qu'elles ont réellement cessé de se prostituer au public. Mais les rechutes sont fréquentes.
Les mariages sont de rares exceptions. Il n'y en a eu que sept sur le nombre total des prostituées (moyenne annnelle : 560) , pendant les trois années 1858 , 1859 et 1860.
La prostitution conjugale, le mari servant d'entremetteur et de souteneur à sa propre femme , n'a pas été observée, à Bordeaux, depuis plusieurs années. La surveillance de la police et les répulsions du public rendent impossible , ainsi que je l'ai dit ailleurs, le métier de souteneur (77).
(77) Cette forme de prostitution existait chez les anciens , et même il arrivait que le mari se prostituait lui-même :
<c Semivir uxorem dausti, Zoïle, mscham.
<c quantas fiet qusstus utrinque domi « Qaam dabit axori molitor tuas , et tihi adalter .
<c Qoantam deprehcnsi damna pudoris ement!
« Sed modo quae vobis lacrosa libido videtm*.
(c Jaclaram, senio mox subeunte^ feret. s (Auson. Epig. 90.)
« Toi qui n'es mâle qu'à moitié, Zoîle, ta as épousé une courtisane. Quels profils l'un et l'autre vous ferez en ménage ! Ta femme recevra de ton amant, et loi du sien : pris sur le fait ils paieront cher votre pudeur perdue ! Mais ce commerce qui vous paraît aujourd'hui si lucratif, vous apportera du nvîromple quand la vieillesse arrivera. >
Beaucoup de prostituées isolées fréquentent les maisons de passe ou de rendez-vous, dites ^ en langage administratif, maisons de tolérance de la deuxième catégorie.
Ce sont des maisons tolérées et surveillées par Tadifiinistration, où les filles ne demeurent point , mais où elles viennent passer quelques heures dans la journée ou dans la soirée (78).
Les matrones qui tiennent ces établissements prélèvent la moitié du gain des filles , comme dans les maisons de prostitution proprement dites (79).
Les vieilles prostituées misérables, usées et délabrées, à qui la prostitution ne fournit plus que des salaires insufiisants, parviennent à vivre du métier d'entremetteuses ; elles indiquent la demeure des plus jeunes ou les accompagnent dans leurs promenades, ou bien elles conduisent dans les maisons de rendez-vous les étrangers qu'elles accostent dans les rues.
Certaines vieilles femmes qui exercent ostensiblement les
(78) C'est dans une maison de cette espèce, qu'un homme appartenant à une bonne famille de notre ville est mort subitement entre les bras d'une prostituée, au mois d'août 1860
(79) Il est certain que chez les Romains des personnes de condition libre allaient se prostituer dans des lupanars qui s'ouvraient le soir et se fermaient le matin :
< Ifox lenone saas jam dimittente paellas
« Tristis abit : sed quod potuit, tameu uliima cellam
« Clausit. j> ( Juv. VI, 126.)
c Bientôt le proxénète congédiant ses femmes, elle sort à regret, s'efforçant d'être la dernière à fermer la porte de sa cellule. t>
Il est également certain que dans ces établissements les proxénètes
professions de marchandes, de fruitières, de brocanteuses ou de chiffonnières, envoient les débauchés dans ces maisons en leur persuadant qu'ils y trouveront des ouvrières obligées d'ajouter quelques ressources à leur salaire journalier, des actrices sans engagements, des femmes délaissées, des veuves; quelquefois même elles promettent des jeunes filles encore vierges. Ces indications se paient de quelques pièces d'argent. Ce que les débauchés trouvent dans ces rendez-vous mystérieux, ce sont des prostituées inscrites, de celles qui logent en ville ou de celles qui sont parquées dans un quartier spécial. Les ouvrières sans ouvrage, les domestiques sans place y vont quelquefois clandestinement faire concurrence aux prostituées inscrites, mais cela est rare , car elles savent bien que les maisons de passe sont surveillées , et qu'on n'y peut pas venir souvent sans être convoqué à la Mairie ; c'est ainsi qu'elles appellent le Bureau des mœurs. Quant aux jeunes filles vierges ou aux filles mineures, les matrones des maisons de passe qui les prostitueraient chez elles, s'exposeraient à des poursuites judiciaires dont la moindre conséquence serait la fermeture de leur établissement. Il m'est
louaient à des étrangers de Tiin et de l'autre sexe des ceUules ou chambres pour y commettre des actes de débauche. Le prix de la location était très-faible : un as (environ 7 centimes) :
«t Cum crrarem per totam civitatem , accessit ad me paterfamilias , et dacem se itincris humamssime promisit. Per anfractas deinde obscurissimos egressus, in hune locum me perduxit, prolatoque peculio^ cœpit rogare stuprum. Jam pro cella meretrix assem exegerat , jam ille mihi injecerat manum , et nisi valeatior fuissem, psenas dedissem. » (Petron. Satyric. 8.)
Mais ces établissements étaient-ils distincts des lupanars proprement dits où les proxénètes prostituaient leurs esclaves ? Etaient-ils analo-
impossible de faire l'histoire de cet abominable proxénétisme qui consiste dans la prostitution des filles mineures, car il ne constitue jamais que des délits exceptionnels et passagers, d'autant plus rares que la police est mieux faite; et du reste, l'indignation publique les dénoncerait bientôt, s'ils parvenaient à déjouer la surveillance officielle.
II. — La seconde classe des filles isolées comprend 382 filles que Tadministration oblige à loger dans un quartier affecté à la prostitution de bas étage (80) , au sud de la place Dauphine , de la rue Dauphine et du cours d'Albret. Elles habitent des maisons garnies, appelées garnis de tolérance^ qui sont au nombre de 84; elles paient un franc par jour le loyer d'une petite chambre. La plupart de ces habitations des prostituées de bas étage sont au rez-de-chaussée et s'ouvrent sur la voie publique par une fenêtre et une porte. Les filles se tiennent habituellement tout le jour et souAcnt la nuit jusque vers le
gués à nos maisons de passe? Il me parait impossible d'élucider cette question. (V, la noie 64.)
a Dans ces temps étranges, il se trouvait pourtant des gens qui protestaient contre la trop grande liberté accordée à la prostitution et contre la place qu'on lui laissait occuper ; l'inscription suivante en fait foi. (Les conditions sont stipulées en lettres initiales seulement, ce qui prouve que la formule était fréquemment employée et bien connue de tous.) :
<c Jnlia Félix, fille de Spnrius, propose à loyer, du 1" au 6 des ides d'août, un appartement de Bains , un Venecum , neuf cenls boutiques et étaux, pour cinq années continues, sous condition que «i on y établit un Lupanar, le bail sera résilié. j> (V. F. Jac- QUOT. Gaz. héd. de Paris, 1850 ; n* 28.)
(80) V. la note 28.
matin, assises (81) ou debout (82), sur le seuil de leur porte pour appeler les passants. Elles forment ainsi conmie un double rang de sentinelles qui garnit des rues entières dans toute leur longueur, échangeant des interpellations rauques ou aiguës, des injures ou des lazzis; allant, venant d'une maison à l'autre; coiflëes de fleurs fanées ou de madras à carreaux ; chaussées de savates ou de sabots, débraillées (83), fardées, avinées, faisant aux passants des signes et des appels, elles donnent à tout le quartier un aspect étrange et repoussant.
Les habitudes d'ivrognerie, lout-à-fait exceptionnelles parmi les filles de maison ou parmi les filles isolées logées en ville , sont fréquentes au contraire parmi les prostituées de la classe inférieure (84).
(80 Prosedae. V. la noie 25.
(82) Prostibulœ. V. la note 25.
(83) « Rejecto quœ libéra vadit amictu
« placet;
« Cui sœpe immundo Sacra conteritur via socco. » (Prop. II, 23, 13.)
«c J'aime celle qui marche la robe entr'ouverte, et qui ose incessamment de ses socques poudreux le pavé de la voie Sacrée. »
Le soccus était probablement une chaussure à semelle de bois ; c'était la chaussure des acteurs comiques , et le cothumus celle des tragiques. (V. HoR. Ars poet. 80.)
Les sabots proprement dits, sculponeœ , étaient la chaussure des esclaves dans les villas. (V. Desob. ouv. cit. t. III, p. 314.)
(84) Les prostituées romaines étaient très-adonnées à Tivrogncrie :
Elles vivent en public : leur porte reste ouverte le matin pendant qu'elles s'habillent et se coiffent; on les voit du milieu de la rue, en jupon court et en camisole, balayant, cuisinant , mangeant ; leur lit, qu'on aperçoit au fond de leur taudis, est une sorte d'enseigne. Si la porte et la fenêtre sont fermées, c'est que la fille est occupée avec une pratique (85).
Quelques-uns de ces garnis de tolérance, installés dans des maisons à plusieurs étages, contiennent six à huit femmes. Il existe alors au rez-de-chaussée une salle meublée de chaises et de banquettes, dont la porte donnant sur la voie publique
« hoc vide, ut
c Ingurgitât impura in se merum avariter c Faucibus plenis» » (Plaut. Curcul. 129.)
c Voyez la coquine ! comme elle s'eutonne avidement ce vin à pleine gorge ! »
dc Vino modo cupidœ estis, » (Plaut. Pseudol. 179.) « Vous n'avez d'autre passion que le vin. »
(85) Il y manque l'écriteau : titulm , portant le nom de la fille, avec le prix; et la porte ne reçoit pas l'inscription occupata. (V. les notes 46, 59 et 61 )
Voici, d'après Piaule, Je portrait des prostituées de bas étage :
c An te vis inter istas versarier
c Prosedas, pistorum arnicas, reliquias alicarias
c Miseras cseno delibutas, servicolas sordidas?
c (^nsB tibi oient stabulum statumque, sellam et sessibulum merum,
c (^uas adeo haud quisquam nunquam liber tetigit, neque duxit domam,
c Servorum sordidulornm scorta diobolaria. » (Plaut. P^cnul. 262.)
< Veux-tu te mêler avec ces prostituées assises au bord des rues, femmes de mitrons, rebuts des boulangers , crottées sordides , filles à esclaves , qui sentent le fumier du vice , le grabat et la crapule , que jamais homme libre n'a voulu toucher ni conduire dans sa maison ; vieilles peaux à deux oboles, qui essaient la crasse des esclaves? »
est voilée d'un rideau rouge flottant (86). Les filles sont habituellement réunies dans cette salle pour causer avec les pratiques avant de les introduire dans leurs chambres. C'était autrefois des tavernes où les prostituées s'enivraient au son du violon avec les marins ou les ouvriers crapuleux pour préluder aux actes de la prostitution (87).
Ces dangereux repaires de débauche sont assainis depuis que l'arrêté municipal du 31 octobre 1851, confirmé par l'arrêté préfectoral du 8 décembre 1855, a défendu le débit des boissons dans toutes les maisons de tolérance (88). Celte mesure, à laquelle on ne saurait trop applaudir, a rendu plus rares ces querelles ignobles qui trop souvent dégénéraient en rixes sanglantes (89) ; elle a réellement adouci les mœurs de la classe inférieure en même temps qu'elle a amélioré le sort des prostituées de bas étage.
(86) V. pour la porte voilée d'un rideau , les notes 27 et 61 .
(87] A Rome, les cabarets donnaient asile à la prostitution :
«c Fornix tibi et uncta popina
« Incutiunt orbis desiderium, video;
<c Nec vicina subest vinum prœbere taberna <c Quœ possit tibi; nec merctrix tibicina, cujns a Âd strepitum salias terr» gravis » (Hor. Epist. 1 , 14,21.)
K C'est le lupanar, je le vois bien, c'est la gargotte qui t'inspirent le regret de la
ville point de taverne à ta portée où le vin coule à flots, point de fille de
joie dont la flûte soulève tes jambes avinées. j>
(88) « Ne quis modici transiliat munera Libei^i. » (Hor. Od. 1, 18.) « Afin que personne n'abuse des présents de Bacchus. y>
89) « Ardescit vilio vitium, viresque ministrat « Bacchus. » (M. Manilius Astron. V, 226.)
Ce progrès en appelait un autre qui est maintenant réalisé. M. le Préfet de la Gironde a décidé, qu'à dater du mois de juillet 1861, tous les garnis de tolérance seront convertis en maisons fermées; le raccrochage et la provocation publique seront formellement et définitivement interdits. (V. plus loin, 2«»e Part. Chap. V; le raccrochage est un délit d'outrage public à la pudeur.)
Le métier des prostituées de bas étage est dangereux. Elles reçoivent souvent. des coups pour tout paiement ; quelquefois elles sont contusionnées et meurtries par des ivrognes qui parcourent le quartier pendant la nuit pour se donner le plaisir de distribuer lâchement au hasard des coups de pied et des coups de poing aux malheureuses qui stationnent sur les portes.
Si elles ont amassé quelque argent, si elles se parent de quelque bijou de prix, elles offrent une proie facile aux scélérats que leur métier les expose à recevoir pendant la nuit, et qui les assassinent pour les dépouiller. Les crimes de cette espèce se sont renouvelés trois fois à Bordeaux depuis deux ans.
Les plus misérables des prostituées de bas étage errent pendant la nuit dans les rues désertes des quartiers voisins
c Le vice enflamme le vice , Bacchns donne des forces à la débauche. »
ce Ebrietas geminata libidine régnât.
« Protinus eversae turbant convivia mens».
« Alii quam qnisqne probabat
« Ant poterat rapiunt, caplseqae erat urbis imago.
<c Femineo clamore sonat domas. » (Ovid. Metah. XII, 218.)
< L'ivresse enfante la luxure ; aussitôt les tables sont renversées , chacun ravit celle qu 1 lui plait ou qu'il peut saisir ; c'est comme le sac d'une ville. Les cris des femmes retentissent dans la maison. »
A celte époque solenuelle, elles oublleol leur métier, elles se livrent au plaisir pour leur propre compte, et s'abandooaeDt à une ivresse que le peuple entier partage avec elles. Elles envahissent de plein droit les bals publics, dans nos théâtres où les femmes de la meilleure compagnie se réjouissent de les aller coudoyer; elles s'emparent, en plein jour, des plus beaux quartiers de nos villes od leurs allures effrontées ne semblent plus blesser les regards de personne. Il est convenu que les honnêtes gens tolèrent à cette époque les danses et les propos obscènes et que la débauclie trouve une sorte d'excuse dans la périodicité de son exaltation. (V. not. sur les Jeux Floraux, p. 65,)
Scipion, rélablissant l'ancieane dîscipliDe, eipulse de son camp S,000 prostiluées. (Val. Hax. Il, S, 4 |
V. le trait célèbre de conlinence de Scipion, g^Déral d'arcaée. (Poj.yb. X, 17, <9i Val. Mm. LV, 1; Tit. Liv. XXIX, 50.)
• Cnitrn TtU; valtal^at Ventu, vaUanlqnt futUa. • (Tibvli.. n, G, 9,)
• Js rfjoini les dnprani ; adieu Vénas, adlen les femines.
• flsmanii ulinam pataittent eattra putlKt!
• EEsem mllliiic sarciu Bla Idji'. • (Pnor. IV, 3,
B. HisT. ww. lE, Ig; Tac. k\v. It,l
La plupart des prostituées de bas étage ont des amants avec qui elles partagent leur gain journalier. Ces amants sont ordinairement des ouvriers débauchés, des repris de justice ou des voleurs de profession; il faut bien l'avouer, ce sont aussi quelquefois des soldats de la garnison. Mais ce ne sont pas des souteneurs prenant fait et cause dans les querelles. (V. p. 45.) Ces amants sont des causes fréquentes de jalousies furieuses, de querelles et de batailles. (V. p. 71.)
ôO filles sur 382 ont pour amants des soldats de la garnison (95).
Le Carnaval est la fête des prostituées de toutes les classes.
<c Csli , Lesbia nostra , Lesbia illa ,
<r Illa Lesbia, quam CatuIIas unam
« PI as quam se atque suos amavit omnes .
« NuDC in quadrlviis et angiportis
(c Glubit magnaDimos Rémi nepotes. » (Catull. 58.)
«c Lamhebat mediôs improba lingua viro8 c Postqaam triste caput fastidia vespilioaum <c Et miseri meruit taedia caraificis. » (Mart. II, 61.)
En assistant au hideux spectacle que donne encore la basse prostitution dans le sixième arrondissement de la ville de Bordeaux, on conçoit que Ripa (De peste, III, 4, 463.) et après lui Zacchias (Quest. med. lec. III , 3 , 4. ) aient formellement prescrit l'expulsion des prostituées de Tenceinte des villes en temps d'épidémie. Avant tous les progrès réalisés de nos jours par l'hygiène publique, la prostitution devait apparaître comme une véritable cause d'infection dans les quartiers qu'elle occupait.
(95) Chez les Romains la vie militaire obligeait à la chasteté ; c'était du moins une opinion commune :
< Dicta castra, qaasi casia, quod illic castraretur libido, nam numqnam iis intererat molier. » (Isidor. Hispal. 9, Etymol. 3.)
soit 4,200 fr. par an, soit, pour 70 filles, un total annuel de 294,000 fr. » c.
Le nombre des filles isolées est de 102.
Il est impossible de connaître directement le chiffre de leurs recettes, mais on peut Tapprécier indirectement d'après leur dépense moyenne, et obtenir ainsi un chiffre qu'il est facile de convertir en un minimum de recettes ; or, les dépenses annuelles d'une fille isolée s'élèvent, en moyenne, à la somme de 3,290 fr. (a), soit, pour 102 filles, un total de 335,580 fr. » c.
Le nombre des prostituées de bas étage est de 382 ; la moyenne annuelle des dépenses de chacune d'elles s'élève à la somme de 1,603 fr. 50 c. (b), soit, pour 382 filles, un total de 612,637 fr. >) c.
Total général 1,242,117 fr. » c.
(a) En voici le détail : Loyer 420 f. » c.
Nourriture i ,050 »
Vêtements, linge, blanchissage.. . ,4,200 »
Chauffage, éclairage 250 »
Coiffure, parfumeries 420 »
Menues dépenses 450 »
Voyages, voitures 400 »
Total des dépenses annuelles . 3,200 f. » c.
(b) En voici le détail : Loyer 365 f. » c.
Nourriture 540 »
A reporter. . . 905 f. » c.
D'après ces supputations, je crois pouvoir affirmer que les prostituées de Bordeaux absorbent un capital annuel qui n'est pas au-dessous de 1,242,000 fr. Et je n'introduis pas dans mes calculs certains articles accessoires impossibles à apprécier, même approximativement, et qui s'élèvent certainement à une somme assez forte , comme les économies réalisées par quelques-unes, les achats de mobilier, l'argent donné aux amants de cœur, les sommes envoyées aux parents ou consacrées à l'éducation des enfants. Je désire seulement faire comprendre , par un minimum applicable à la prostitution inscrite , quelle perte matérielle immense est déterminée par la débauche dans le sein de la société (96).
Report 905 f. » c.
Chauffage, éclairage iSSI SO
Vêtements , blanchissage 250 »
Coiffure 7« »>
Menues dépenses Hi »
Voyages 50 »
Total des dépenses annuelles, i ,603 f 50 c.
(96) Il y a loin de cette somme de 4,242,000 fr. aux recettes que devaient faire les hétaires grecques lorsqu'eUes pouvaient construire de leurs deniers un temple à Apkrodite, et lorsque Phryné se chargeait de réédifier à ses frais la ville de Thèbes, à condition qu'au-dessus de la porte principale on gravât cette inscription : « Alexandre Va détruite^ Vhétaire Phryné Va reconstruite. » (V. Athen/Evs in J. Rosembauv, ouv. cit. p. 77.)
c Nec quse deletas potoit componere Thebas
« Phryné tam multis facta beata viris. » (Prop. II, 6, 5.)
« Et cette Phryné qui put relever Thèbes de ses ruines , n'eut pas autant d'adorateurs que toi. »