‹ Mémoire sur la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de laChapitre 2 sur 56 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le présent travail est àm&é en (rois parties : La première comprend les faits relatifs à la prostitution dans la ville de Bordeaux, (elle que je l'ai observée en 1 859 et en 1 860, au point de vue physiologique, statisticpie et hygiénique.

I^ description des habitudes des prostituées et de leur manière de vivre est un sujet répugnant ; mais j'ai pensé, avec Parent-Duehatelet (1), qu'il fallait absolument connaître les plaies sociales, même les plus horrible, si l'on voulait essayer de les guérir ou tout au moins de les pallier ; et il m'a semblé qu'il y avait lieu d'ajouter quelques lignes au Traité de la Prostitution dans la ville de Paris, en exposant les faits particuliers de la prostitution dans une grande ville de province comme Bordeaux.

Dans des notes multipliées que j'ai ajoutées à celte partie descriptive de mon travail, j'ai essayé de tracer, d'après les monuments de la littérature latine, le tableau parallèle complet de la prostitution romaine. Des passages relatifs à chaque détail, que je cite textuellement et que je traduis lorsque le latin ne brave pas trop l'honnêteté, constatent les faits par euxmêmes. Mon but est de relever ainsi la bassesse de mon sujet et de démontrer, en dissertant le moins possible, combien la civilisation chrétienne est supérieure à la civilisation payennc jusque dans les désordres et les ignominies dont elle n'a pu répudier l'héritage.

Les études hygiéniques dont je présente ensuite les résultats apporteront, je l'espère, des faits nouveaux, surtout sur les questions de la stériUté des prostituées, de la durée réelle de la prostitution et de la durée de la vie des prostituées.

La seconde partie expose le mécanisme administratif du Dispensaire et du Bureau des mœurs de Bordeaux, avec ses résultats médicaux et financiers. J'essaierai de faire comprendre que notre législation et

nos mœurs iic répugnent nullement à la iV-inessiuii des scandales de la débauche, et qu'une administralion honnête et ferme peut atténuer oonsidérabicment le mal nécessaire de la prostitution publique et les dangers sans cesse renaissants de la prostitution clandestine.

La troisième partie rapporte les résultats hygiéniques du service sanitaire de Bordeaux, c'est-à-dire, les faits relatifs :'i la diminution de la contagion vénérienne. La statistique extraite des registres de l'Hôpital militaire fait voir avec évidence dans quelle mesure et avec quelle rapidité la contagion vénérienne décroît sous l'influence directe d'un Dispensaire bien organisé.

J'ai joint à cette troisième partie un essai de statistique comparative de l'infection vénérienne dans les garnisons de l'Empire. Je ne cherche pas à dissimuler les imperfections de cette statistique, mais je croirais avoir fait un travail utile, si j'avais réussi à démontrer: i ° qu'une statistique complète des vénériens militaires, étabhe chaque année d'après les chiffres officiels tirés des registres des hôpitaux militaires et des infirmeries réginientaircs, indiquerait positivement la marche

crdîssanle ou décroissante ou l'état slationnaire de la contagion vénérienne dans la population ; 2° quMl serait facile de savoir dans quelles villes les meilleures mesures sanitaifes sont en vigueur et dans quelles villes les Dispensaires de salubrité et les Bureaux des mœurs appellent des réformes; 3° que la connaissance positive des résultats favorables obtenus pendant une série d'années dans certaines villes, permettrait de formuler un type de Règlement sanitaire, applicable avec un succès non douteux à la répression de la contiagion vénérienne.

Le présent Mémoire ayant été adressé à l'Académie de Médecine de Belgique au mois de janvier 1862, M. Vleminckz, Président de cette Académie et Inspecteur général du Service de santé de l'armée belge, s'est empressé d'appliquer la méthode d'investigation que je propose, à la recherche de l'intensité comparative de l'infection vénérienne dans les principales villes de la Belgique. Dans un travail pubUé par le journal La Presse médicale belge (n» du 11 mai 1862), il a adopté les indications que j'ai données et suivi les modèles de mes tableaux ; ses conclusions seront l'objet d'une note qu'on trouvera plus loin. (V. 3« partie, chap. 2.)

PflBMIÉRE PARTIE.

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