DES PROSTITUÉES A L'HOPITAL DES VÉNÉRIENS
Les médecins du Dispensaire ne peuvent pas toujours porter un diagnostic précis touchant la nature contagieuse ou non contagieuse des lésions très-variées des organes génitaux qu'ils observent chez les prostituées. Doiveat-ils laisser en liberté les femmes chez lesquelles la nature syphilitique des lésions constatées leur semble douteuse ? Evidemment non. D'ailleurs, considérant que les précautions hygiéniques ne sauraient être excessives en pareille matière, et qu'il serait toujours répugnant pour l'administration, comme pour les médecins qu'elle revêt de son mandat, de laisser libres d'exercer leur métier, des prostituées chez lesquelles il existerait des affections suppurantes des organes génitaux dont la nature pourrait être un sujet de controverse, M. le Préfet de la Gironde a bien voulu consacrer notre opinion par une lettre officielle au médecin en chef du Dispensaire, en date du 29 avril 1859, et décidant <c que désormais les médecins chargés « de la visite sanitaire, sans se préoccuper des questions « essentiellement sujettes à controverse de la contagion et de
— IGl —
« la curabilité, se borneront à déclarer malades toutes les « femmes qu'ils trouveront atteintes d'affections suppurantes « des organes génitaux , de quelque nature que ces affections c( puissent être, d
Tels sont les principes qui nous ont servi de guide , et que nous avons maintenus avec persévérance malgré de sérieuses difficultés, nous proposant de ne laisser en liberté que des femmes absolument saines.
TABLEAU des maladies qui ont déterminé l'envoi des femmes prostituées (inscrites ou clandestines) à l'hôpital des Vénériens en 1859 et en 1860.
ULCÉRAT10ï<S SYPHILITIQUES PRIMITIVES.
Chancres aux organes génitaux externes
Chancres cutanés
— à l'anus
— dans la bouche
— aux lèvres
ADENITES INGUINALES
TOTAUX
par espèces