‹ Mémoire sur la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de laChapitre 30 sur 56 · III · texte numérisé non relu

III

11 m'a semblé utile de rechercher quel a été le nombre des prostituées trouvées malades par catégories de visites en 1859 et en 1860, c'est-à-dire depuis qu'on applique le système de la rétribution facultative. Le tableau suivant expose la statistique à ce point de vue.

TABLEAU récapitulatif des prostituées imcrites trouvées malades par catégories de visite^en 4859 et en 1860.

G A. TE GO RI B s

DE

VISITES

Gratuites .

Au Dispensaire

An Burean

des

Mœurs

(gratuites)

Rétribution facultative de 75 centimes

Rétribution facultative de 3 francs

Arrivantes , partantes , sortant de prison. . . .

Sortant de l'hôpital des Vénériens

NOMBRE DE VISITES faites dans l'année

Totaux.

Moyenne générale.

NOMBRE DES FILLES trouvées malades dains l'aimée

TOTAL

par catégories

MOYEmes

pour lOO visites

TOTAL

par catégories

MOYEintES

pour 100 visites

On serait tenté de conclure , d'après ce tableau , que les filles qui viennent volontairement payer la visite et qui sont d'une classe plus relevée sont plus souvent malades que les filles misérables qui viennent les jours de visite gratuite. Mais

(a) Nota. — Dans le chiffre des visites faites aux fiUes sortant de l'hôpital des Vénériens et dans celui des malades trouvées à la suite de ces visites, on a confondu pour l'année 4859 les deux espèces de prostituées, les inscrites et les clandestines, mais cela n'affecte que trèsiégèrement la moyenne pour 400 prostituées.

d'après Torganisation du service, toutes les filles sont libre», ainsi que je Fai déjà expliqué, de veuir passer gratuitement le mardi ou le mercredi ; elles sont encore reçues les jours suivants moyennant une rétribution qui est de 75 c. le jeudi ou le vendredi, et qui s'élève à 2 fr. le samedi. On conçoit que celles qui se savent malades redoutent la visite et ne viennent la passer que le plus tard possible. C'est évidemment ce qui élève la proportion des malades pour les visites payées.

Les visites faites au Bureau des mœurs comprennent les filles arrivantes ou partantes, les filles arrêtées en contravention et les délinquantes, c'est-à-dire celles qui ont été mises en prison pour avoir manqué à la visite hebdomadaire. Les filles arrivantes ou partantes n'ont point offert de cas de maladie , ce sont les filles arrêtées en contravention et surtout les délinquantes qui élèvent la proportion des malades pour les visites faites au Bureau des mœurs. On comprend que les filles qui se savent malades essaient d'échapper à l'hôpital en évitant la visite.

La proportion considérable des malades trouvées parmi les filles sortant de l'hôpital des Vénériens provient d'un désaccord qui existait entre le service médical du Dispensaire et celui de l'hôpital , relativement à des questions théoriques et pratiques. Le médecin en chef de l'hôpital n'admettait pas le danger de la contagion pour certaines ulcérations chroniques des organes génitaux, tandis que les médecins du Dispensaire ne voulaient laisser sortir de r hôpital qvs des femmes absolument saines (a). Ce désaccord n'existe plus aujourd'hui. Le

(a) V. au sujet de ce conflit : De la Pseudo-Syphilis chez les prosti— tituées envisagée au point de vue de l'hygiène publique, étude à Vusage des Dispensaires de salubrité, par le D»" J.-B. Venot, chirurgien en chef de l'hôpital des Vénériens de Bordeaux ; in 8" — Bordeaux 4869.

médecin en chef de Thùpital et celui du Dispensaire se réunissent et se consultent pour décider les sorties.

Le médecin en chef du Dispensaire doit évidemment intervenir pour décider l'admission en libre pratique des filles sortant de rhôpital ; puisque les médecins ont le droit et le devoir de visiter et de contre-visiter les prostituées toutes les fois qu'ils jugent convenable de s'assurer de leur état sanitaire, on conçoit que si l'accord n'existait pas entre le médecin en chef de l'hôpital et celui du Dispensaire, ce dernier pourrait renvoyer une fille à l'hôpital au moment même où elle arriverait au Bureau des mieurs pour reprendre sa carte.

§ IV. — Nature des m.vladies qui ont déterminé l'envoi

Page 1