‹ Mémoire sur la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de laChapitre 34 sur 56 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Moyens prophylactiques accessoires.

Les visites sanitaires faites aux prostituées inscrites et clandestines sont évidemment la mesure prophylactique la plus importante pour combattre la contagion vénérienne. J'appuie cette proposition , admise d'une manière empyrique par la plupart des hygiénistes, sur le fait péreraptoire de la diminution subite survenue dans le nombre des vénériens entrés à rhôpital militaire de Bordeaux en 1859, aussitôt après la réorgam'sation du Dispensaire de Salubrité, sans qu'aucune autre influence soit intervenue que l'amélioration de ce service. Je ne saurais donc partager r<ivis de M. Rodet, qui accuse les visites et la séquestration des fenmies contaminées d'être inefficaces et de n'avoir produit qu'une faible partie des résultats qu'on en avait espérés (a). Cependant, certaines mesures accessoires, prises à partir du 1*' avril 1860, ont eu probablement une influence favorable; je me propose de les faire connaître ici.

Je ferai d'abord observer que je me suis trouvé à Bordeaux dans des conditions exceptionnellement favorables pour dé-

(a) V. Rodet. Des mesu/res d'hygiène publique qui doivent être conseil- Ues, etc. Union médic. 4864, n" 50.

couvrir les effets des mesures prophylactiques employées contre la contagion vénérienne. La garnison de Bordeaux subissait à un très haut degré Tinfluence de cette contagion : sur 100 hommes d'effectif moyen, elle fournissait annuellement 25 vénériens entrant à l'hôpital et y restant en moyenne 30 jours. En 1859, le Dispensaire ayant été réorganisé à partir du 1" janvier, d'après les bases que j'ai exposées (2"® Part. Chap. 1"), la proportion annuelle des vénériens descend à 15 pour 100 hommes d'effectif moyen, la durée moyenne des traitements restant toujours la même; en 1860, elle descend à 10, et enfin, en 1861, si j'applique à l'année entière les résultats des deux premiers trimestres, je trouve que la proportion des vénériens est descendue à 6 pour 100 hommes d'effectif, sans aucune variation dans la durée moyenne des traitements.

Contester l'influence des visites sanitaires est impossible en présence de résultats pareils. Mais ces résultats sont-ils dus uniquement aux visites sanitaires? (V. plus loin : Visites aux prostituées clandestines). S'il est permis de répondre affirmativement pour l'année 1859, il n'en est plus de même pour 1860 et 1861; car, en 1860, au 1" avril, quelques mesures accessoires, d'une certaine importance, ont été adoptées. Ce sont ces mesures qui font l'objet du paragrtiphe suivant.

§ I. — Distribution d'un liquide désigné sous le nom d'eau

HYGIÉNIQUE, ET AFFICHAGE DANS LES MAISONS DE PROSTITU- TION d'une INSTRUCTION MÉDICALE ET HYGIÉNIQUE.

A partir du 1" avril 1860, l'instruction dont le modèle est ci-joint a été collée sur un carton et suspendue à la muraille dans un endroit très apparent de chacune des chambres où les hommes sont admis.

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