‹ Mémoire sur la structure et la texture des artèresChapitre 11 sur 13 · TUNIQUE INTERNE · texte numérisé non relu

TUNIQUE INTERNE

La tunique interne est constante dans tout l'arbre artériel. Elle s'étend depuis le premier capillaire, pris au hasard, qu'elle limite seule, jusque dans la face supérieure de la valvule sigmoïde. Son épaisseur va croissant depuis les capillaires, où clic a 0""",001 et0""",002 millimètres de diamètre, jusque dans l'aorte, où elle atteint O""',! . A son origine, elle constitue la paroi propre du capillaire. Elle est alors amorphe, transparente, sans stries, et présente de distance en dislance des noyaux ovales dirigés longiludinalement, et qui ont 0'"'",005 à O-'-SGOe de diamètre. Ils sont dès lors plus épais que la tunique du capillaire; mais dès que celle-ci devient tunique interne d'un capillaire de troisième variété, les noyaux disparaissent, et l'étal strié commence.

Ces stries sont longitudinales, ce qui permet de distinguer l'acilement la membrane des éléments sous-jacents, qui ont généralement une direction transversale. Ces stries, qui sont constantes dans tout le système artériel, avaient été regardées, comme des fibres par certains auteurs ; mais nous n'avons pu confirmer leur opinion, et nous sommes, à cet égard, de l'avis de M. Hobin, qui est tout opposé à celte idée.

L'état fenètré n'y est pas constant; il existe néanmoins. Je l'ai parfaitement vu dans les carotides humérales el dans d'autres vaisseaux A mesure que cetle tunique monte dans les gros Ironcs, il se développe, entre sa face profonde, qui était d'abord comme accolée à la substance élastique amorphe de la tunique moyenne, un réseau de libres élastiques dirigées Iransversalement dans les artères de moyen calibre, comme la splénitjuc,

mais affectant un peu toutes les directions dans les artères plus volumineuses, comme l'aorte, les carotides.

Ce réseau grandit proportionnellement au calibre du vaisseau et à l'épaisseur de la tunique moyenne. Il a sa plus grande épaisseur dans l'aorte. Les fibres qui le composent sont une dépendance directe des cloisons ou fibres élastiques de la tunique moyenne; dans les mailles, il existe souvent de la substance amorphe élastique et d'autres fois quelques libres-cellules. Au début de mes recherches, j'avais cru que les auteurs avaient pris, à tort, ces trous pour les fenêtres de la tunique interne. Je me suis convaincu du contraire depuis. C'est ce réseau dont Haller et Malgaigne avaient fait une tuniq,ue a part (1).

La tunique interne est constituée par une substance amorphe, homogène chez les jeunes sujets, et dans les capillaires; elle est un peu opaque chez l'adulte et le vieillard. Elle est d'aspect gri-

(I) M. le docteur Fasce Luigi, professeur d'histoire naturelle à l'université de l'iilerme, a, dans un. récoiil iiirmuire iiitilulc hlologia délie artarie a délie vene deyii animali verlebrali, 1865, in-S", traité certains piiinls de siructure des artères. Cet auteur Tait de la membrane interne une tunique composée de fibres élastiques longitudinales. Nous ne pou\ons accepter cette opinion, car, pour nous, la tuni(|ue in'erne, d'abord homogè.ie dans les trois petits vaissejux, devient dans les arlères finement striée et fibroïde, mais non formée de fibres. M. Fasce aura probablement considéré le réseau inlormédiaire aux deux tuniques, la tunique interne et la moyenne, comme une dépendance de la tunique interne. J'ai démontré pins haut que ces fibres élastiques étaient en continuité directe avec celles de la tunique moyenne; qu'elles étaient une dépendance de cette tunique, et non de l'interne qui est amorphe. Cet anatomiste fait de l'ensemble dés fibres élastiques accolées à la face externe de la timique moyenne une tunique spéciale aux artères. L'enclievètrement de ces éléments avec de nombreuses fibres lamineuses, la prépondérance de celles-ci dans cer;ains points de l'aibre circuLitoire, nous forcent à considérer les fibres élastiques comme intimement unies aux précédentes, et formant dès lors une trame unique qui constitue la tunique externe, dite aussi adventice, et en dehors de laquelle se trou>e du tissu lamincux ordmaire. Dès lors, les artères n'ont pour nous que trois tuniques. L'auteur précédent arrive au même résultat, après avoir néanmoins ajoute celte tunique surnuméraire, qu'il appelle lunica elasttca propria. H signale ensuite l'existence de fibres élastiques longitudinales dans la tunique moyenne. Nous avons constaté cette disposition dans tout le système artériel, mais nous affirmons qu'elle ne prédomine nulle part, comme le veut le professeur l'asce. Il sulllt d'examiner une artère de petit calibre, pour se convaincre que la direction transversale est celle qui y prédomine dans les grosses artères. Cepciulant, la prédominance d'une direction donnée n'appartient à aucune fibre. Il y a presque autant de fibres longitudinales (pie de fibres transversales, et mes dessins en l'ont loi.

r.l.MDKHT. •)

sâtre el élastique. On a la preuve de cette propriété, lorsque, ayant disséqué la tunique on la met sous le microscope, on la voit alors se replier sur ses bords. C'est sous cette tunique que commencent les altérations athéromaleuses.

Un épithclium la tapisse ; mais il n'est pas continu, surtout chez les sujets avancés en âge. Son épaisseur n'est pas égale partout; elle présente des diminutions et augmentations alternatives, et est formée, chez l'adulte, par des cellules larges, aplaties, à noyaux, ces cellules sont légèrement prismatiques chez l'enfant. Ses caractères, d'ailleurs, sont consignés dans bien des auteurs, et exactement.

Je ne reviens pas sur la question desvasa-vasorum et des nerfs vaso moteurs ; les conclusions qui les concernent, sont suffisamment indiquées dans les deux chapitres où j'ai traité de leurs dispositions.

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