‹ Mémoire sur la structure et la texture des artèresChapitre 5 sur 13 · ARTÈRES DES MEMBRES INFÉRIEURS · texte numérisé non relu

ARTÈRES DES MEMBRES INFÉRIEURS

Les artères, dans les différentes parties de ce grand appareil, présentent des modifications notables. Il serait singulier, en effet, que les artères du pied, cet organe si éloigné du centre circulatoire, fussent identiques avec celles de l'abdomen ou d'une autre région. Ici, comme dans toute l'économie, chaque partie d'individu a ses fonctions spéciales, qui tiennent néanmoins de celles du grand tout. Aussi les artères, bien que ne contenant point des éléments spéciaux en ce point, et se rapprochant dès lors du système artériel, présentent des caractères propres qui coïncident avec une fonction spéciale.

La tunique interne, dans les membres inférieurs, est la seule qui reste à peu près invariable depuis l'arcade fémorale jusqu'aux orteils. Je l'ai mesurée dans tous les points, toujours son épaisseur a varié entre 0'""',05 et0'"'",07. Sa structure reste la même; répitliéliura la recouvre presque constamment. Ses connexions avec la tunique moyenne varient un peu ; nous y reviendrons l'i propos de cette dernière tunique.

La tunique externe nous olfre des particularités de texture importantes. J'ai essayé de mesurer son épaisseur, mais en vain, la chose ne pouvait être faite avec assez de précision, vu les connexions nombreuses que danô ces membres elle a avec le tissu cellulaire ambiant. Je me suis rejeté alors sur un caraclèrc

qui, sulon moi, ;i plus d'iniportancc , c'est la plus ou inoiti:, iTande proportion de fibres élastiques aux différentes hauteurs des vaisseaux. Cela nous pai-ait d'autant plus vrai que nos mensurations nous avaient donné à peu près la môme épaisseur partout, (juclle que fût l'artère.

Dans la fémorale, la proportion des éléments élastiques reslo à peu près invariable, ainsi que leur mode de groupement. On voit une masse de faisceaux élastiques, très-serrés, formant comme un feutrage inextricable sur la tunique moyenne, se réduisant en faisceaux libres, distincts, minces, sur la limilc externe de la tunique, et d'autant plus éloignés les uns des autres, (|u'ils sont plus distants de la tunique moyenne. Ces faisceaux sont plus abondants dans la fémorale que dans l'iliaque primitive et externe. Leur nombre prédomine surtout vers l'anneau du troisième adducteur. Ils sont séparés les uns des autres par des fibres laminouses qui existent dans leurs intervalles. A partir de ce point, c'est-à-dire des partiesqui avoisinent l'anneau, la tunique externe perd graduellement de sa richesse, de sa force, en libres élastiques. Dans le tronc tibio péronier, vers l'exlrémité de la poplité, elles sont moins cohérentes et moins nombreuses, les faisceaux sont plus petits. La tibiale, la péronié.re à leur origine, présentent la même modification, mais à un degré plus prononcé. Les faisceaux sont dissociés, les fibres ont une tendance à devenir parallèles et à se répandre uniformément dans la masse cellulcuse, qui dès lors, tend à égaler en importance la masse élastique. Plus bas, au niveau de la terminaison de ces mêmes artères, c'est-à-dire dans la pédieuse, l'origine des plantaires, le changement devient plus net. Il est définitif à la terminaison de ces derniers vaisseaux. Ici, plus de faisceaux élastiques, les fibres sont isolées, en moins grand nombre, parallèles et anastomosées transversalement. Elles forment des mailles égales, dans lesquelles sont incluses les fibres lamineuses qui, par leur augmentation de quantité , vont constituer Télémenl principal de la tuni(iue externe en ce point, tandis que la fibre élastique en devient l'élément accessoire.

On le voit, cette tunique a sa densité élastique maximum.

qu'on Jiie passe l'exprossion, vers l'anneau du Iroisièine adducteur; niais si l'on songe que l'aorte entière est moins riche, quant à la tunique externe, en fibres élastiques que l'artère précédente, on sera forcé de conclure que la plus grande puissance élastique de la tunique externe dans les artères qui prolongent, dans les parties inférieures le tronc origine, réside dans la cuisse. Nous verrons plus loin comment tout cela se compense, et comment il se fait que l'aorte n'ayant point de tunique élastique externe par le fait, est plus élastique que la fémorale. Les fibres élastiques dans toutes ces parties ont une direction longitudinale. Les connexions de la tunique adventice avec la lunique moyenne, ne sont point les mêmes partout. Dans la fémoirale, on voit encore des faisceaux pénétrer dans la tunique moyenne et en dissocier en quelque sorte la partie externe pour se mettre en union avec les faibles cloisons qui restent; mais en avançant vers les extrémités, ces connexions deviennent de i)Ius en plus rares. Aux orteils, dans les extrémités pédieuses ou plantaires, je n'ai pu en trouver. Là, les fibres au nombre d'une ou deux, sont simplement accolées à la substance amorphe de la tunique moyenne.

T (inique moyenne. — On peut suivre dans le membre inférieur la modification graduelle de tous les éléments qui composent cette tunique. Je l'ai mesurée dans tous les vaisseaux après l'avoir soumise aux mêmes réactions. Son épaisseur va en diminuant de la fémorale, où elle a 0'""',333, jusqu'aux petites artères, telles que la pédieuse où elle a 0""",0ô5. Cette diminution n'est point progressive, insensible. J'ai trois fois noté des augmentations d'épaisseur au niveau des bifurcations; ainsi, à l'origine de la fémorale profonde, j'ai trouvé une fois une épaisseur de 0""",6U , une autre fois, 0""",5/45, une dernière, ()""", /i/i5.

J'ai constaté ce fait dans d'autres régions au niveau de points analogues. Il semble que l'artère s'épaississe en ce point pour fournir plus d'éléments aux branches qui en dérivent immédia- ■ tément et augmenter son action directrice sur la colonne san- ; guine qui, en ce point, éprouve une certaine résistance de la I part des éperons artériels. Sauf ces anomalies qu'il faudrait véri-

fier en un grand nombre de points pour en consUluer une loi, ou les considérer comme accessoires, suivant les résultats, la tunique moyenne diminue d'épaisseur en proportion directe du calibre des vaisseaux. Sa texture, sa structure changent aussi parallèlement à ces dernières variations ; je dois dire ici que j'ai établi mes rapports sur des coupes longitudinales qui seulement permettent de juger du plus ou moins d'abondance des éléments constituants dans les différents points des vaisseaux, A l'origine, la fémorale présente des fibres musculaires nombreuses disposées en faisceaux abondants vers la lunique externe, rares vers l'interne. Ces faisceaux, ces fibres sont resserrés par des cloisons élasti(|ues dont l'importance est loin d'égaler celle des cloisons de l'iliaque primitive ou externe. Ces cloisons sont réduites à l'étal de minces libres, d'aspect grisâtre, et non plus jaunes comme dans l'aorte, ayant à peine 0'"'",001 ; elles ne forment plus un réseau puissant comme dans le dernier vaisseau, elles sont comme éparpillées entre les faisceaux de fibres musculaires.

11 y a dans la fémorale de la substance élastique amorphe, que l'on ne peut bien voir que sur les coupes longitudinales; cette matière avec les fibrilles élastiques unit et sépare à la fois les fibres et faisceaux de fibres-cellules. La proportion en est minime ici, elle est en raison inverse du nombre des fibres-cellules. A mesure que l'on avance vers le pied, la texture se simplifie davantage. A l'anneau les cloisons sont à l'étal de fibrilles ayant à peine 0""",0003; on ne les voit que difiicilement sur les coupes longitudinales; mais les fibres musculaires ont augmenté de quantité; elles sont moins éloignées les unes des autres; elles forment de gros faisceaux séparés par la matière amorphe. Dans l'extrémité poplitée, l'origine des artères de la jambe, la tunique moyenne est criblée de fibres musculaires qui sont également répandues jusqu'aux limites de la tunique. Dès lors, les cloisons sont devenues très-rares; elles sont réduites à l'état de fibrilles. Les fibres-cellules offrent une tendance à se spécialiser, c'està-dire à s'isoler des fibres voisines pour n'agir chacune que pour leur propre compte. La substance amorphe les sépare et ici acquiert dû l'importance de texture; elle est la gangue qui

ilojiiie à runseiiiblc de Ja tunique une résistance , une force partout égales. Si nous passons maintenant aux artères de plus petit calibre, péronière, tibinles, pédieuses, les modifications continuent dans le même sens, c'est-à-dire au profit des fibrescellules et de la matière amorphe, et lorsqu'on arrive à l'extrémité des pédieuses ou des plantaires aux collatérales des orteils, on trouve une quantité considérable de fibres musculaires d'un diamètre égal ayant leur indépendance, c'est-à-dire ne formant pas de faisceaux, et régulièrement distribuées dans tous les points de la tunique, de telle façon qu'elles s'étendent jusqu'aux limites interne et externe. Il n'existe plus de cloisons qui les séparent, je n'ai pu les retrouver-, mais la substance amorphe ici acquiert un rôle capital qui, à mon avis, est différent de celui qu'elle a dans l'aorte. Dans ce dernier vaisseau, en effet, les éléments ont tous une propriété commune, l'élasticité; ici la substance amorphe est le substralum d'éléments d'un autre ordre et ayant des propriétés différentes. Pour bien juger de sa disposition, il faut traiter les coupes par la teinture ammoniacale de carmin. Alors les fibres musculaires se détachent vigoureusement sur le fond grisâtre de la substance en question.

On entend dire dans tous les auteurs, que le nombre des fibres musculaires augmente en raison directe de la diminution de calibre des vaisseaux; si celte loi a été établie d'après des comparaisons faites sur des épaisseurs égales de vaisseaux de différents calibres, je serais de cet avis. Un centième de tunique moyenne de la fémorale est moins riche en fibres musculaires qu'un centième de la même tunique de la collatérale du doigt ou du pouce. Mais si l'on a comparé les tuniques moyennes en masse, je refuserai d'accepter la loi. Pour nous, l'artère poplitée est plus musculeuse que la pédieuse ou les collatérales des orteils, seulement l'action physiologique doit y être moins franche, vu le nombre d'éléments hétérogènes qui existent encore dans ce point.

Connexions. — La tunique moyenne s'unit aux deux autres d'une façon assez variable. J'ai déjà fait connaître son mode de

oi.mbeut U

connexion avec la tunique externe, voyons celui i[u\ l'unit à la tunique interne.

Sur toute la haulcur de la fénionilc, il existe entre les deux tuniques une texture intermédiaire qui est formée de matière amorphe et d'un réseau de libres, dont la direction est à la Ibis transversale et longitudinale, et qui établit l'union entre les deux membranes. Mais à mesure que l'on se rapproche des extrémités, les connexions se simplifient comme toutes les dispositions que nous avons vues. D'abord, c'est la substance amorphe qui disparaît par suite de la multiplication des fibres-cellules, puis disparaît le réseau fibreux; cette modification est déjà presque opérée à l'origine des artères péroriière, tibiale, etc. I51ic est complète à la pédieuse, etc. Là la tunique interne est inmiédiaemcnt accolée à la substance amorphe et aux fibres-cellules, comme la tunique cxicrnc à la tunique moyenne.

Troncs <jiii nainsoU de la convcxilé de la crosse aorliqiic. — Tronc brachio-céphalique. — Carotide primiiive «jauche. — Sous-clavière.

Ces trois vaisseaux, dès leur origine, présentent des dilï'érences notables qui portent sur les tuniques moyenne et externe.

lia luni(iue moyenne du tronc brachio-céphalique est la reproduction de la tunique moyenne de l'aorte à son origine. Les cloisons y sont en Irès-grand nombre, à peu près d'un diamètre égal à celles du vaisseau précédent; mais plus courtes et circonscrivant dès lors des es|)aces plus étroits qui sont aussi plus irréguliers. La substance amorphe y est très-abondante, et en est, comme dans l'aorle, l'élément le plus répandu. On trouve sur les limites de la tunique de nombreuses fibres élastiques longitudinales et des cloisons fenclrées d'une façon très-évidente. Mais hâtons-nous de le dire, ces fenêtres se voient aussi sur les cloisons du centre, lorsque les cloisons sont un peu plissées et qu'elles présentent leur l'ace obliquement à l'œil. Les fibres musculaires y sont très rares, autant que dans l'origine de l'aorte. -• Celle tunique, dans la carotide priiiùtive, préscnlo brusque-

iiiciil des libres imiscuhiircs en ;iiissi grand nombre (|ue la (erminaison inférieure de l'aorle. Elles apparaissent en dehors de la liiniqiie interne et se répandent assez uniformément dans luiile la membrane. Elles sont accolées aux cloisons, conlraireluenl à ce que l'on voit dans les petites artères. Dés lors, les espaces que circonscrivent les cloisons sont un peu réduits ainsi (]ue la quantité de matière amorphe. Les fibres élastiques longitudinales sont ici encore manifestes.

Si nous passons à la sous-clavière, nous voyons les mêmes modifications en plusse produire. Lè '.nombre des fibres musculaires y est plus considérable que dans les deux Ironcs précédents, ■et elle peut être, à cet égard, comparée à la fémorale, si ce n'est que les fibres sont plus petites que dans le vaisseau crural, et que les autres éléments y occupent une plus grande place. Indépendamment de ces différences de texture, la tunique tnoyennc dans ces trois vaisseaux, a des dimensions différentes. Dans le tronc, elle a en moyenne 0""",611, dans la carotide primitive, 0""",im, dans la sous-claviére, 0""",333.

Dans les trois cas la limite interne est la même. Un réseau do libres élastiques minces, dont la direction générale est surtoul transversale, unit la tunique moyenne à la tunique interne. Dan^^ ce tissu, dont la texture est intermédiaire aux deux qu'elle unit, on trouve rarement des fibres musculaires, plus souvent de la substance élastique, et des vides qui ont l'apparence des fenêtres dites de la tunique interne.

La limite externe est à peu prés analogue dans ces canaux. La tunique moyenne, comme dans l'aorte, se dissocie, et l'on voit les cloisons se porter directement en dehors et former les fibres élastiques de la tunique externe. Ce fait est très-prononcé pour le tronc où des faisceaux entiers des deux tuniques sont en connexion. Aussi, pour ce cas, il est très-difficile d'établir la séparalion des deux tuniques. Dans les deux autres vaisseaiix, le l'ait est moins accentué, surtout dans la sous-clavière. On pourrait « dèslurs prévoir déjà les diflerences que l'on observera dans la I tuni((ue externe.

Dana le tronc, elle n'est pas nette, tant elle est liée à la tunique

moyenne; il eu est à peu prés de même dans la carotide primitive; mais dans la sous-clavière elle est plus déterminée. Les fibres élastiques sont disposées en faisceaux qui, bien qu'en communication avec la tunique essentielle, ont presque déjà leur autonomie; ils sont disposés par plans parallèles, tandis que précédemment ils forment des angles avec la tunique élastique, et enveloppent le vaisseau Ils sont plus nombreux que dans l'aorte, mais moins épais; ces faisceaux sont groupés vers les points d'union des tuniques, ils sont réduits à rien en dehors. Les fibres lamineuses sont en proportion notable dans ce dernier vaisseau qui, sous ce rapport, est supérieur aux précédents; néanmoins, cette tunique a sensiblement même épaisseur partout.

La direction des fibres est indéterminée; elles sont autant transversales que verticales; ce n'est que dans la sous-clavièrc qu'elles ont une disposition à peu près longitudinale.

La tunique interne est identique dans les trois vaisseaux; elle a partout même structure, même épaisseur, mêmes connexions.

Ce qui doit ressortir de celte comparaison, c'est le fait suivant : ces artères empruntent en grande partie à l'aorte la texture qu'elle présente dans la zone où elles prennent naissance. Plus on se rapproche du cœur, moins les fibres musculaires abondent; dés lors, le tronc brachio-céphalique est moins musculaire; plus loin, la carotide primitive, la sous-claviére, sont plus musculaires, parce que l'aorte est un peu plus musculaire à ce niveau. Néanmoins, nous devons noter que les deux derniers vaisseaux ont plus de fibres musculaires qu'il n'y en a dans la zone coirespondante aorlique.

AHTÈHES DU BRAS.

Les artères du bras sont, à plusieurs égards, intéressantes. Les modifications qu'elles présentent sur leur trajet les rapprochent des artères des membres inférieurs. La tunique moyenne offre des caractères curieux; son épaisseur reste sensiblement la même

depuis la sous-clavière jusqu'au poignet; clans l'humérale, la radiale, la cubitale, même à leurs extrémités, elle a en moyenne 0""",333 de diamètre. Mais, arrivée dans l'arcade palmaire, elle s'épaissit quelquefois. Je l'ai trouvée ayant de 0""",350 à 0'"'",û60 de diamètre, puis elle s'amincit de nouveau, et au doigt elle n'a plus que 0""",2-22.

L'axillaire, l'humérale, à leur origine, se confondent par leurs dispositions analomiques. Les libres musculaires occupent déjà dans ces vaisseaux une place importante, et sont, sous ce rapport, supérieures aux sous-claviéres, d'où elles émanent, et analogues là la fémorale. Mais la multiplication des fibres-cellules influe sur la proportion et l'importance des autres éléments. Les cloisons sont déjà plus minces, moins nombreuses; la substance amorphe en moins grande quantité. Dans ces vaisseaux, les connexions avec la tunique interne restent les mêmes que dans les vaisseaux précédents; celles qui les unissent à la tunique externe sont de plus en plus réduites.

Dans toute la longueur de l'humérale, la tunique moyenne garde les mêmes éléments, mais ils diminuent d'importance, excepté les libres musculaires, qui augmentent de nombre. Plus loin, dans la cubitale, la radiale, bien que les éléments élastiques persistent, les fibres contractiles augmentent encore progressivement pour acquérir leur importance maximum dans l'arcade palmaire. Là elles n'ont plus de contact qu'avec la substance amorphe qui se creuse en cavités pour les recevoir. Dans le bras, ces fibres étaient souvent disposées en faisceaux; ici elles sont presque toutes isolées, séparées les unes des autres par de la matière amorphe seulement, car on ne trouve que rarement des fibres élastiques. Elles sont uniformément distribuées dans toute la tunique, et sont dès lors rapprochées le plus possible des tuniques environnantes. Cette disposition persiste dans les vaisseaux qui émanent de l'arcade palmaire ; mais la masse de la tunique diminuant proportionnellement au calibre, ou à peu près, le nombre des éléments contractiles diminue suivant cette loi. Les éléments, en effet, ne se tassent pas davantage, alors que l'épaisseur dr la tunique diminue. En résumé,

|>our nouf?, la l unique moyenne des arlères du l)ras a sa plus grande énergie conlraclile dans l'arcade palmaire, sa plus grande élaslicité dans l'humérale ou dans l'axillaire. On remarquera que ce lait se présente dans le pied, où les arlères sont Irès-musoulaires avant d'arriver à leur terminaison proprement dite.

Tvnifjne inlerne. — Dans le bras, la tunique interne présente une grande uniformité de structure. Aux doigts, comme dans l'axillaire, c'est également une membrane élastique striée en long', fenêtrée, ayant 0""",05 à 0""",08 d'épaisseur. Mais les connexions avec la tunique moyenne varient progressivemenl. De l'origine à la terminaison, dans l'humérale comme dans la snus-clavière d'ailleurs, elle est unie à la tunique moyenne par un réseau élastique dont la texture est intermédiaire aux deux luniciues. (le sont des fibres anastomosées entre elles dans tous les sens, mais dont la direction prédominante paraît être Iransverealc. Mais ce réseau diminue d'importance dans le bras, il est progressivement envahi par les Jibres musculaires et la sub' stance amorphe. A l'arcade palmaire, il n'existe plus. Les deux luniques sont immédiatement accolées comme dans la pédieuse,

La tunique externe, dans ces vaisseaux , a sa structure immuable, mais sa texture change. Dans la portion supériouro, l'analogie de distribution des fibres élastiques avec celle des gros vaisseaux du centre est encore manifeste. 11 semble que ces (■•lémenls ne sont là que par le fait d'un Irop-plein de la (unique movonne; mais vci^s l'extrémité humérale, les fibres forment des faisceaux cohérents, indépendants, parallèles, accolés à l'artère dont elles suivent le plan, et forment autour de la tunique moyenne une enveloppe élastique très-puissante. C'est dans ce point que la tunique externe des vaisseaux du bras a sa plus grande densité, sa plus grande résistance. Dans l'humérale, la cubitale, les fibres élastiques perdent graduellement de leur importance, et au poignet l'aspect en est tout changé. Tandis que précédemment la tunique externe n'était celluleuse que par sa (iice libre, elle le devient à peu près également par toute sou épaisseur. Les fibres, au lieu de former des faisceaux dens«>s, résistants, accolés ;\ la tunique moyenne, sont réduites en \>om

faisceaux ilispcrsôs dans toute l'épaisseur de la tunique. Ces éléments ont une direction autant transversale que longitudinale. On voit de quelques fibres élastiques minces, immédiatement accolées à la tunique artérielle, naître des faisceaux grêles qui se portent transversalement en dehors et de distance en distance, abandonnent de chaque côté une fibrille élastique qui est l'origine d'une maille élastique, ou s'anastomose avec l'une d'elles. D'autres fois, ces faisceaux se portent presque tout entiers en dehors, se recourbent et forment des faisceaux parallèles à la surface de la tunique essentielle du vaisseau. Indépendamment de la disposition singulière des fibres précédentes, la tunique adventice est divisée en un réseau élastique dont les mailles sont, les unes Iransversales, les autres longitudinales; elles sont plus larges vers l'artère qu'en dehors, les longitudinales sont un peu plus étroites que les autres. Les intervalles sont comblés par des fibres lamineuses. Cette disposition est plus accentuée encore dans les artères de la main, et dans les collalérales des doigts, il n'y a plus que de simples fibres, les quelques faisceaux qui existaient nu centre on vers la face interne de la tunique celluleuso ont disparu.

On le voit, la tunique externe n'a pas son élasticité maximum ou on pourrait le supposer. Élastique dans l'axillaire, elle l'est davantage dans l'humérale, pour l'être désormais de moins on moins. Ces variations coïncident avec d'autres. Là où la fibrt; élastique diminue d'importance, la fibre lamineuse prend le dessus. Dès l'instant que la tunique externe perd de son activité physiologique, celle de la tunique moyenne augmente progressivement, acquiert sa puissance maximum dans un point bien éloigné de celui où siège celle de la tunique élastique, puis diminue progressivement avec colle de la tunique externe jus^ qu'à la fin.

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