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(Quoique les maladies vénériennes aient fait éclore une quantité considérable d’écrits et qu’elles aient été depuis Je xv"»® siècle le sujet des recberches d’un grand nombre de médecins, l’on est encore iDien loin d’être d’accord sur leur essence et le traitement qui est le plus approprié à leurs divers symptômes. Leur théorie a varié si souvent et la thérapeutique en a été si long-tems abandonnée à l’empirisme qu’il n’est pas étonnant que leur étude puisse offrir encore plusieurs points à éclaircir.
Cependant B. Bell et Hunter en Angleterre, MM. SwEDiAUR , Bru , Cullerier oncle et neveu , Lagneau, etc., en France, avaient commencé par leurs travaux la révolution médicale qui s’est faite relativement à la syphilis depuis la réforme salutaire introduite par M. Broussais dans les théories médicales et la thérapeutique.
En i8i I, il parut un méraoire’dont l’auteur est resté inconnu et qui était intitulé de la non existence du virus vénérien. Quoique cet écrit choquât toutes les opinions reçues , il fut alors peu remarqué, sans doute parce que son auteur n’étayait d’aucune preuve sa théorie nouvelle II était même à-peu-près oublié, lorsqu’on i8i6,
M. le docteur Jourdan développa la niême opinion dans un journal ‘ par une suite d’articles aussi remarquables par le style que par une vaste érudition. Depuis, ce médecin a publié un traité eoc -professa * où le dogme de la non - existence du virus vénérien se trouve exposé avec un talent très-remarquable. Malbeureuseraeul ce travail , à la place des faits, n’offre au praticien impartial qui cherche de bonne foi la vérité, que de brillantes théories dépourvuesdes preuves nécessaires pour appuyer une doctrine destinée à renverser de fond en comble celle qui a été professée depuis près de quatre siècles par les médecins de tous les pays.
Le même reproche ne pourrait sans injustice être adressé à M. le docteur Richond qui vient tout récemment, dans un ouvrage sur le même sujet de développer à-peu-près les mêmes opinions que M. Jourdan sur la nature et le traitement des maladies vénériennes. Mais dans le nombre des observations qu’il contient, il en est beaucoup qui nous ont paru incomplettes 5 en médecine plus que dans aucune auti-e science , il est toujours dangereux , observe Swediaur , de tirer des conclusions générales de quelques faits particuliers souvent mal déterminés.
* Journal universel des sciences médicales, année 1816.
’ Traité complet des maladies vénériennes, a vol. , i8aS.
* De la non-contagion du virus vénérien , etc., 3 vol., i8a6 et
Si on réunit à ces travaux des médecins français ceux antérieurs des auteurs contemporains anglais, américains et portugais; tels que Gu- THRiE , Xhompson, Rose , Xhomas Harris , Fergus- SON , Carmichael , etc. , on aura à-peu-près la liste ' de ceux qui ont envisagé les maladies vénériennes SOUS un point de vue différent de celui des médecins du dernier siècle.
Le mémoire que j’ai l’honneur d’adresser à la ‘ société roj^ale de médecine de Marseille embrasse un sujet trop vaste pour être traité convenablement en quelques pages; d’ailleui'S il eût fallu pour cela des connaissances que je suis loin de posséder. Si je me suis attaché à réunir, dans cette esquisse , les faits principaux consignés dans les auteurs, j’ai aussi chei’ché à mettre à profit mes observations dans les hôpitaux et les faits puisés dans ma pi’atique particulière.
Mais si je l’econnais ma faiblesse pour remplir toutes les conditions imposées pour le concours ouvert par la société, j’ai pour excuse le zèle qui m’anime et le désir de concoui’ir de mes faibles lumières à éclaii^er cette partie trop négligée de la médecine. Je me croirai bien récompensé de mes efforts, si elle me juge digne d’être admis au nombre de ses membres correspondans.
Ce mémoire sera divisé en trois parties :
Dans la première, qui est une esquisse de l’état actuel de nos connaissances sur la syphilis, je passe successivement en revue, i» l’antiquité
présumée des maladies vénériennes, et par conséquent leur non importation du continent américain ; 2° les diverses théories professées sur leur développement et leur propagation; 3° l’examen des signes distinctifs des divers symptômes réputés syphilitiques ; 4° l’examen des circonstances et de l’espèce de traitement qui favorisent le plus le développement des symptômes secondaires; 5° enfin , les divers moyens thérapeutiques qu’on a proposés contre ces maladies.
La deuxième partie offre le tableau des affections syphilitiques primitives des parties génitales en particulier.
Dans la troisième , je décris le traitement local et général de ces différens symptômes primitifs après lequel on observe le plus rarement la manifestation des accidens consécutifs.
SUR CETTE question:
1* Quel est l’état actuel de nos connaissances sur les maladie* primitives des parties génitales, réj)utées syphilitiques ? a” Détailler ces mêmes allections et leurs périodes oii le mercure est utile, inutile ou nuisible ;
3® Déterminer le traitement local et général de ces maladies après lequel on voit survenir le plus rarement des symptômes consécutil's&secondaires, dans un climat eomme celui de laFrance.