‹ Mémoire sur la syphilisChapitre 5 sur 8 · QUATRIÈME TABLEAU · texte numérisé non relu

QUATRIÈME TABLEAU

Symptômes

Complications.

Durée

du

séjour à

l*hùpital.

Espèces

de traitement.

'fj

Urétrites

aij^ucs.

Fièvres bilieuses & adjnamiquos.

de 26 à 36 jours.

Emétique , saignées, kina , &c.

TJrétritrs

clironiqurs.

Cistite, cat. vésical.

Buius , résines , eaux minéral .

Uj'étrites

clironiqui's,

rélention

tl’urinc.

Fièvres diverses.

Bains, cniétiq., & 26 frirtions mercurielles.

TOO à I 20

ej

chroniques après des urétrites.

mdtoii'Câ oubi* lieuses.

sangsues, cataplasmes résoiutils , pilules de Beiostc,

Ulcères au pénis , adénites.

Plaie de tète suivie de fièvre at:i\i<jue.

Eractiq., arnica, diète, &c.

Ulcères au pénis, iirétriie.

Fièvre adynainique*

Emétiq., kina , camphre , &c.

gangr,

du

pénis.

Urélri tes . aiguës.^

Fièvïes adynamiques.

Eiuctiq. , kina, diète, &c.

g. du pénis.

Pustules , douleu rs ostéocopes.

Practure cornminutive suiv.

de fièvre ad ynamique.

Traitom. local, & après la consolidât. de la Irai t. , 9 frict.

invrcur., kina, musc , &c., pr.

coiub. l’adyn.

Divers symptômes priniitirs, tels tpj’ulcères, urétrites, bubons.

Scorbut.

Liqueur deVan Swii'ten conihinée aux anti-scorbutiq.

=ll

Je livre ces faits à la méditation des médecins qui font , de l’étude des affections vénériennes , le sujet de leurs recherclies. J’aurais pu y joindre le résultat de mes observations particulières ; mais je pense que ces quatre tableaux suffiront pour prouver: que le mercure, employé dans le

l raitemen t d es symp tomes pri m i t i fs de 1 a sy pb i 1 is, ne met pas à l’abri des accidens secondaires; 2“ que ceux-ci ne sont pas plus fréquens après un traitement purement local; 3" que les récidives sont plus fréquentes après le premier; 4'’ enfin, que souvent les affectiojis vénériennes guérissent sans traitement. ^

TTserait donc superflu de cbercîier à démontrer, par d’autres observations , que les préparations mercurielles, celles d’or, les sudorifiques, etc., ne doivent pas être considérées comme des moyens spécifiques infaillibles: l’expérience et le raisonnement le prouvent suffisamment. Cette questloirr» etéd^ailleurs savamment discutée dans les ouvrages de MM. Puchoxd et Jourdan. On savait depuis long-tems que le mercure, et surtout le deuto-chlorure,quolquea(lminislrés à trèsfaible dose, et avec toutes les précautions convenables, déterminaient souvent des accidens graves. SwEDiAUR en a fait la remarque dans ])lusiem's parties de son ouvrage. On volt , en effet , des individus dont les organes sont si impressionnable, s que les doses les plus fractionnées de ce me^licaraent développent chez eux des douleurs vagues,

(le la dyspnée, de la toux, des ciacheniens de sang, ou l’inappétence, des coliques, des "voraisseinens, etc., suivant qu’il porte son influence sur les systèmes pulmonaire ou gastrique. Van SwiETCN lui -même, qui a le plus accrédité en Europe une des préparations les plus actives du mercure , est bien loin de le regarder comme un remède unique et universel; il l’interdit complettementaux individus délicats. Feu M. Culiærier, qui était, comme chacun sait, très-partisan de ce métal, qu’il considérait comme le spécificjue de la syphilis, prescrit aussi de s’abstenir de cette substance , dans les mêmes circonstances, et convient cju’alors , loin d’être efficace , il peut déterminer des accidens. M. LAGNEAu,dans l’ouvrage remarquable cju’il a publié sur les affections vénériennes, tout en reconnaissant au mercure des propriétés très-puissantes dans ces maladies, dit positivement c|u’il n’a de vertus qu’en raison de son action stimulante , et que , dans beaucoup de cas, il peut être utilement remplacé par d’autres substances. A ces autorités on peut encore a jouxter celles de Fabre, Louis, Bru, Peyrilhe, etc. ^"ÜÎTraedicameht qîiî éclïmie souvent dans un^ ‘maladie, qui l’aggrave dans certaines circonstances , ne saluait en être considéré comme le re-J mède unique ou le s péc i f jq ue.

D’après CCS considérations , est-on autorisé à proscrire l’ancienne méthode de traitement? Enfin, d’après les succès obtenus par le traitement

local, (loit-on en particulier renoncer au mercure? Non, à notre avis. Mais nous pensons qu’on doit meltre à profit les nouvelles observations qu’on a faites sur l’action de ce métal et soumettre son usage à des règles précises et invariables.

Les jiropositions suivantes renferment, en peu de mots, la manière d’agir des excitans dans la syphilis et les préceptes les plus sages à suivre dans leur administration

« . Le mercure, les sudorifiques et au-

« très stimulans ne guérissent la sjpliilis qu’en « exerçant la révulsion ; mais il faut qu’elle soit « secondée par l’abstinence.

«Les stimulans, dits anti-vénériens, doivent « être administrés à l’intérieur avec beaucoup de « prudence; autrement ils développent des gas- « tro-entérites qui se réfléchissent sur les irrita- « tions syphilitiques extérieures et la révulsion « n’a pas lieu ; ou bien , l’irritation est appelée « sur les viscères qui finissent par se désorganiser.

«Lorsque les stimulans, dits anti-vénériens, « ont développé une gastro-entérite, et que la sy- « philis n’est pas guérie, elle ne peut plus céder «qu’avec la gastro-entérite à une longue persé- « vérance dans le traitement antiphlogistique; « mais si les viscères gastriques sont désorganisés « ou le malade trop affaibli , la guérison est « impossible.

* Broussais. Examen des doctrines j etc. , tom. i.

« Les phlegmasies gastriques provoquées par (( l’abus des anti-vénériens, se transmettent faci- « leraent aux poumons et la phthisie peut en « être la suite.

« Les sujets prédisposés à la gastrite doivent (( être traités , de leur syphilis , par les antiphlo- « gistiques tant à l’intérieur qu’à l’extérieur : si «on les stimule par la voie de l’estomac, il se « surirrite et quelquefois même la syphilis ne « guérit pas . »

Les corollaires suivans , empruntés à l’ouvrage du docteur Jourdan , expriment parfaitement encore les précautions qu’on doit prendre dans l’administration des excitans dans la syphilis,

« lo On ne doit jamais tenter la révulsion dans «les ydilegmasies syphilitiques , soit simples ou « compliquées , tant que l’inflammation est ac- « compagnée du trouble de quelque fonction. » L’inobservance de ce précepte est une des causes qui font échouer, le plus souvent, le traitement mercuriel le mieux dirigé.

« 2^ La révulsion ne doit être tentée qu’au « déclin de l’inflammation. »

Lorsqu’on veut déplacei- luie inflammation à son début, ou lorsqu’elle est arrivée à son plus haut point d’intensilé on s’expose à produire des métastases fâcheuses sur d’autres parties.

« 3” On ne doit jjrovotp.ier qu’avec beaucoup (( de précaution la révulsion sur un organe que i( l’on sait avoir de grandes dispositions à agir

«sympathiquement sur celui qu’on veut débar- « rasser d’une irritation. On doit avoir la même « précaution lorsqu’on opère la révulsion sur « un organe qui est lié à beaucoup d’autres par « son action. »

C’est surtout aux stimulations gastriques et intestinales que s’applique cette règle.

J’ai déjà fait remarquer que les aftections sympathiques qu’on développait alors, étaient Tune des principales sources de ces douleurs et de ces phlegtnasies qu’on a considérées, jusqu’à ce jour, comme le résultat de la syphilis.

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