‹ Mémoire sur la transmission libre de la chaleur rayonnante par différens corps solides et liquides présenté à l'Académie des Sciences le 4 fevrier 1833Chapitre 6 sur 9 · VS · texte numérisé non relu

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Il est inutile de dire que le rayonnement commun auquel on avait soumis les écrans était toujours de 3o° correspondant à une force ou température de 35,3' Si on représente ce rayonnement par 1000, comme nous l'avons fait pour tous les cas qui précèdent , on a :

D'où l'on lire :

pour les pertes que souffrent les rayons en traversant successivement les quatre lames de verre , bien entendu que ces valeurs ne sont point rapportées à la quantité initiale^ mais au nombre des rayons qui parviennent sur ebacun des écrans.

Ainsi la proposition de Delaroche a lieu pour le 3 e et le 4 e écran , car dans tous ces cas on observe un changement en moins , lorsqu'on passe d'une perte à la sui-

Ou remarquera que les pertes étaient moins grandes pour les quatre couches égales de récran d'épaisseur quadruple ; et cela se conçoit facilement, puisqu'ici il y a solution de continuité où la chaleur se disperse davantage par réflexion. Mais ou voit que, dans l'un et l'autre cas , la différence de deux pertes successives di-

ni inné à mesure que Ion s'éloigne do la surface d'entrée.

Passons à l'influence exercée sur la transmission calorifique par la composition de la substance qui forme l'écran.

M. Prévost avait conclu de ses expériences décrites dans le Mémoire cité pins haut, que l'eau et le verre devaient transmettre les rayons de chaleur en quantité différente ; car en faisant tomber la nt^ipc d'eau entre une bougie allumée cl un thermomètre a air très délicat, il n'obtenait aucun indice de chaleur transmise , à moins que la boule du thermomètre ne fût noircie, et encore l'élévation de température était-elle excessivement faible, tandis qu'une lame de verte, substituée à la nappe d'eau , donnait des effets assez apprens (i). Mais on lui objecta que la différence entre l'action de l'eau et du verre provenait du calorique de conductibilité sensible dan» le dernier cas seulement. Delaroche remarqua plus tard qu'un carreau de verre verdàtre transmettait plus de chaleur qu'un plateau d'une autre espèce de verre parfaitement pur. Cependant , comme la première plaque était beaucoup plus mim e que la seconde, on soutint que la différence des effets tenait à la différence d'épais- .seur (i). Enfin , quelque temps après la découverte du thermo-multiplicateur, nous fîmes, M. Kobili et moi,

(i) Voici , au reste, ses propres «pressions : « Il paraît en « conséquence que l'eau ne laisse pas passer immédiatement " autant du calorique que le verre , ou moins qu'elle ne donne « passage de la sorte qu'à une partie de calorique plus sublile ■ que celle qui traverse le verre. » (Mem. cM plus haut, J £8.)

(i) Vt-yci la noie de la page n.

quelques expériences sur l'huile d'olive, l'alcool, L'eau et l'acide nitrique , d'où il nous parut résulter que l'eau résistait avec plus de force que les trois autres liquides , au passage des rayons de chaleur provenant d'un fer chaud (i). Mais ces expériences ne doivent Être considérées que sons l'aspect de simples essais tendant à montrer la facilité avec laquelle oh peut employer le thcrmo-muliipli^teur à toute sur te de recherches sur le rayonnement calorifique, car nous ne primes pas asseï Je précautions pour empêcher la propagation de la chaleur de conduclibililé, et pour nous assurer que la température de la source était bien la même dans tons les cas. Ainsi , on croyait toujours, parmi les physiciens , que la portion de chaleur transmise immédiatement dans les substances solides ou liquides suivait les mêmes lois de la transmission lumineuse i et que, à parité de circonstances, les corps les plus diaphanes étaient ceux qui transmettaient la plus grande quantité de rayons calo—

Les résultats que je vais rapporter me semblent mettre hors de doute une proposition fondamentale pour la théorie de la chaleur rayonnante , savoir, que la faculté de transmettre les rayons caloriques n'est pas du tout en raison delà transparence des milieux-, elle suit une autre loi qui, dans les corps privés de cristallisation régulière, paraît avoir beaucoup de nippons avec In réfrançibililé. Dans les cristaux , les phénomènes sont encore plus intéressais, puisqu'on y trouve des corps doués d'une

(i) Jnunlei de Chimie et de Physique, octobre i83. .

très grande transparence ijui interceptent la presque totalité des rayons caloriques, tandis que d'au 1res. agissent précisément eu sens contraire. Ces propriétés se manifestent constamment , quelle que soit In température de la source, et deviennent encore plus singulières dans les basses températures, car alors on voit la simple chaleur rayonnante de la main traverser immédiatement

un corps solide d'une épaisseur de plusieurs pouces

mais n'anticipons pas sur les faits , et examinons avant tout les. méthodes suivies dans cette troisième série d'expérience». 1 . •

D'abord il est inuiilc de nous occuper de la manière dont lus écrans solides ont été soumis au rayonnement et aux indications du thermo-multiplicateur , car tout se passait absolument confine dans les expériences précédentes. Quant aux liquides , ces corps sont généralement moins perméables à la chaleur rayonnante que les substances solides; il faut donc les rapprocher davantage du ihermoscope pour avoir une transmission bien maiv quée ; mais alors 1'échaufFemeiit propre des molécules pourrait agir sur l'instrument, d'autant plus que les mou vemens qui se développent toujours dans les liquide inégalement chauffes transportent facilement les parties de la surface antérieure à la surface postérieure des couches exposées à la source de clialeur. Cet effet de conductibilité ne peut être -détruit d'une manière générale en renouvelant sans cesse la matière de la couche interposée comme dans les expériences de M. Prévost ; car il y a des liquides qu'on ne peut se procurer qu'en petite quantité; il y en a d'autres qui , en entrant dans l'air atmosphérique, y subissent des altérations plus ou

moins fortes et <T abondâmes évaporaiions, d'où résultent des élévations ou des abaîsscmens de température très gètians pour des expériences de ce genre. L'artifice que j'ai employé pour éviter ces divers inconvéniens est fort simple. Il consiste à renfermer les liquides dans des réci (liens de verre très aplntis , dont les deux grandes faces latérales sont parfaitement parallèles, cl les dimensions dans le sens de la hauteur, quatre à cinq fois plus grandes que la surface de la pile tliermo -électrique. On applique la partie inférieure de ces vases contre l'ouverture du tube qui enveloppe la face de l'appareil tournée vers la source; la chaleur arrêtée par la parois antérieure du vase pénètre dans la première couche infiniment mince de liquide ; mais cette couche, en s'échauffant , subit une certaine dilatation , devient plus légère que le reste de la masse du tluide , et monte immédiatement à la partie supérieure du vase d'où elle ne peut plus exercer au T cunc influence sur la pile; elle est remplacée par une seconde couche qui éprouve les mimes effets, et ainsi de suite , de manière que par ces renouvel le mens parliels de l'écran liquide, la partie du verre postérieur appliquée à l'ouverture du tube ne se trouve point eu contact avec des molécules échauffées cl se conserve pendant longtemps à la même température.

Il était extrêmement difficile de fabriquer eu verre des vases plats à faces bien régulières , de même épaisseur partout et dont les parois opposées fussent exactement parallèles. Les châssis métalliques et les verres mssliqués étaient inapplicables à cause de l'action corrosive de divers liquides; je lis à cet égard bien des tentatives infructueuses ;je pensais enfin que l'on pouvait appli-

■ ( fe )

qiwr ici le meute procédé dont oh se k» en optique pour mesurer l'indice ieréfrjcliou des suintant liquides. A rcl cllet, je (il pratiquer de* empiles de a centimètre» de Ur E ,. U r 3U r 9 dc longueur daus plusituts morceau» d'une même gUecsan» tain, assez épaisse, e| j* posais coure les dent faces percées de chaque pièce des plaques provenant d'une autr.- glace beaucoup plus 0n sail I 1 " 1 la sim P le adhérence qui se développa entre les lames de verre polies suffit pour intercepter le passage des liquides. Cependant, pour plus de sûreté , introduisis chaque récipient entre deux cadres métalliques qui retiennent le verres minces à leurs places an moyen de quatre vis de pression situées sur les angles • Le liquide se verse dans l'intérieur de ces vases par uu« petite ouverture pratiquée à leur partie supérieure, et munie d'un bouchon en verre. Dans nn pareil système , il ne peul s'élever aucun doute sur le parallélisme des parois et sur l'égale épaisseur des couches liquides.

J'ai divisé les résultats qui tn'nnt été fournis par les dilKrens corps solides tt liquides en plusieurs tableaux, chacun desquels porte eu lete la mesure de l'épaisseur commune aux cYrans employés et à côté de chaque substance les indications du theriuo -multiplicateur et les quantités de rayons transmis, rapportées au rayonnement total. Cette distribution, en permettant d'employer des lames d'épaisseurs diverses , a de plus J'avantage de présenter des groupes distincts de chaque classe de corps. Dan, tous les cas, le rajonnemeut libre était de 3o°. Pour lier entre eux les résultats de ces tableaux, j'ai joint au a* et au i' les nombres donnés par une plaque de verre de glace pincée daus les mêmes circonstances que

inséré dans la table des liquides élail Compris entre les

épaisse qui avait servi à leur construction ; il possédnil en conséquence l'épaisseur très exacte des couches liquides, el su trouvait comme elles en contact avec les deux glaces qui forment les parois (les récipierts. Mais

de chaleur, on approchait la lampe jusqu'à ce que l'on eût à travers le système des (rois verres , la m£n>c indication de ((j" que donnait le verre épais exposé seul nu rayonnement ordinaire de 3o".

Tableau I.

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