COMMENT SE SERVIR DE LA LYMPHE CONCRÈTE
Cette lymphe est écrasée, puis délayée à l’eau tiède, Avant la vaccination, la lancette doit être lavée à l’eau bouillante, pour détruire tout globule de sang ou autres impuretés qui pourraient la maculer, On évite ainsi des accidents qui seraient attribués à la mauvaise qualité du vaccin. La lancette est ensuite trempée dans cette lymphe délayée, de manière qu’il y en ait une gonttelette sur chaque côté. On fait de petites scarifications superficielles, de la longueur d’un quart de pouce sur autant de largeur, à deux endroits de la partie externe du bras gauche pour produire deux vésicules. La lancette est passée ensuite à plat sur chaque point scarifié, de manière à y laisser une gouttelette de lymphe. Si les searifications donnent trop de sang, il vaut mieux l’essuyer et appliquer de nouveau la lymphe pour qu’elle puisse pénétrer dans les capillaires. Après la vaccination, le bras doit être bien séché, à la chaleur naturelle ou artificielle,
Cette méthode demande un temps très court, une ou deux minutes tout au plus. Plus la lancette est aiguisée, moins l’opération est douloureuse et moins il ÿ a d’inflammation ; un enfant peut être aussi facilement vacciné pendant son sommeil sans être éveillé. Après la vaccination, aucun soin n’est nécessaire, l’enfant peut s’exposer au froid sans danger, jusqu’au cinquièm jour où apparaît la vésicule. Alors, il faut prendre garde que le vêtement ou toute autre cause ne froisse la vésicule, Il vaut mieux laisser le bras à l'air en été, ou sous une légère couverture de toile fine en hiver. Si l’inflammation est
intense, des lotions émollientes où même des cataplasmes de :
farine de lin sont recommandés. Les complications sont traitées suivant le jugement du médecin et les circonstances,
La croûte se détache du 15ème au 20ème jour; elle est lavée en dessous pour enlever le pus qui s’y trouve, ct elle est conservée dans une température moyenne, Il vaut mieux ne pas s’en servir avant une ou deux semaines, pour laisser sécher
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les parties étrangères qui pourraient y adhérer et pour diminuer leur virulence. Cette lymphe conserve ses propriétés pendant longtemps ; elle réussit souvent au bout d’un an.
En résumé, la culture de la lymphe concrète est exposée à moins d'erreurs que celle de la lymphe animale ; c’est le procédé le plus naturel, il suffit d’avoir un ou deux sujets par mois et de choisir le plus beau vaccin.
Si tous les médecins faisaient cette culture, ie vaccin ne dégénérerait pas ; en échangeant on obtiendrait plutôt un vaccin amélioré, mais c’est à la condition que chacun se fie sur son travail et non sur celui des autres.
REVACCINATION
L'opinion a prévalu, il y a quelques années, que pour rendre le vaccin plus fort il fallait recourir à la source primitive. Cette opinion est venue de ce que les revaccinations sont géralement plus effectives, et les épidémies de variole plus fréquentes qu’autrefois.
Ces deux faits constatés prouvent seulement que, dans beaucoup d’endroits, on ne se fait pas vacciner du tout ou qu’on se sert d’un vaccin peu convenable.
Je crois certainement que le vaccin dégénère, maïs ce n’est que par le défaut de culture et le manque de soins dans le choix du vaccin et du sujet.
En Angleterre, on cultive encore aujourd’hui, aux frais du gouvernement, le même vaccin découvert par Jenner, et il n’a jamais été nécessaire de recourir au vaccin primitif pour le régénérer.
Mais de ce que le vaccin peut dégénérer quelquefois, il s’en suit la nécessité de la revaccination pour les individus qui ne sont pas sûrs de leur première vaccine. Ceux dont les cicatrices vaccinales ne sont pas bien marquées et ne contiennent pas de petites dépressions régulières doivent se faire revacciner,
Les revaccinations sont employées à l'approche des épidémies de variole ; c’est un moyen d’entrainement pour vacciner ceux qui ne l’auraient pas été, soit par ignorance ou entêtement,
Quelques personnes perdent le pouvoir préservatif de la vaceine après un certain nombre d'années, Voici comment expliquer ce fait: le corps d’un enfant de quatre mois, dont le poids est de quelques livres, étant vacciné, est plus saturé de vaccin qu’il ne le sera plus tard à son plein développement.
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Aïusi, supnosant qu’on ne se fasse vacciner qu’une fois dans la vie, et qu'on n’ait en vue que la protection future de l'indiviau, je crois qu’on devrait le faire vers l’âge de 15 à 20 ans, alors que
le sujet a fini de croître, et que rien ne peut s'ajouter qui puisse v. diluer le pouvoir préservatif de la vaccine. Ce pouvoir diminue , en raison du développement du sujet jusqu’à l’âge adulte, Il
| est certain que c’est vers cet âge que 1a variole est plus fréquente chez ceux qui n’ont été vaccinés qu’une fois et dans l'enfance.
Pour prévenir la contagion avant cet âge, il est prudent de se faire vacciner plusieurs fois ; tous les sept ans me paraît le temps le plus convenable,
Je ne crois pas à la nécessité de la revaccination pour les individus qui ont été bien vaccinés à l’âge adulte. ,
La revaccination des variolés me paraît un soin inutile,
Tel est le résultat de ma pratique de vaccination. Ces opinions ne viennent pas de théories douteuses, mais de faits personnels ; je les livre au public sans hésitation, espérant qu’on , les acceptera comme elles sont données, avec franchise et libéralité.