‹ Mémoire sur la vaccination [microforme]Chapitre 13 sur 14 · LOI SUR LA VACCINATION · texte numérisé non relu

LOI SUR LA VACCINATION

: La loi de vaccination, telle qu’elle existe aujourd’hui, n’est pas exécutée dans aucune de ses parties par la corporation de Québec.

1° D'abord il n’y a pas de bureau dans chaque quartier où la vaccination puisse se faire ; 2° Des annonces n’ont jamais été faites pour faire connaître cette loi au public ; 3° Quant à la clause qui permet à la corporation de vacciner gratuitement les indigents, le difficile est de distinguer l'indigent de celui qui ne l’est pas ; ni la corporation, ni le vaccina- : teur ne veut endosser cette responsabilité. C’est une cause permanente de difficultés entre les deux parties dans le règlement des comptes, qui annule l’action de la loi ; 4 L'obligation de donner des certificats de vaccination fl n’est pas remplie, et personne, ne l'exige ; 5° La clause qui oblige le vacciné à revenir au bout de huit jours pour faire constater le résultat n’a pas d’effet non plus, pour la bonne raison qu’il n’y a pas de bureau de vaccination, D'ailleurs, les parents ne croiraient pas prudent d’ex-

om mé

su DE

poser leur enfant malade à l’intempérie des saisons, quand la loi qui les oblige n’est pas exécutée par la corporation elle-même ;

6° Des amendes n'ont jamais été imposées contre ceux qui enfreignent cette loi.

Le vaccinateur se contente donc de vacciner, et le reste de la loi est lettre morte. Les revaccinations se font sans ordre formel, parceque rien dans la loi ne les autorise, et le vaccinateur qui voudrait suivre la loi serait obligé de refuser tous ces cas, à son détriment personnel et au désavantage du public.

Des règlements et instructions aux vaccinateurs ont été publiés pour la première fois en 1885 ; ils n'étaient pas assez détaillés, et les vaccinateurs ne les ont reçus qu’après les vaccinations terminées.

La distribution du vaccin n’a jamais été faite officiellement,

Je ne veux blâmer personne en particulier, c’est la loi qui est défectueuse. Cette loi devrait être amendée de manière à la rendre plus facile, et que les vaccinateurs n'aient pas la responsabilité de sa non exécution.

La meilleure loi est celle qui tendrait à diriger et non à gêner l'opinion publique.

Les législateurs ont trop souvent fait passer des lois inutiles de contrainte qui nuisaient au but proposé.

Le père et la mère sont plus intéressés que tout autre au bien-être de leurs enfants. Ils comprennent bien que leur conservation dépend d’une vaccination effective, mais ils craignent que le remède ne soit pire que le mal. Prouvons-leur qu’il est sans danger, et il n’y aura jamais la moindre objection de la part des familles,

C'est toute une question de confiance dans le vaccin et le vaccinateur, Je connais tel vaccinateur qui ne pourrait se montrer pour vacciner dans telle rue sans être immédiatement éconduit, à cause de certains mauvais cas antérieurs de vaccination, Cette défiance est naturelle et légitime.

Si le vaccinateur réussit bien dans tous ses cas, il n’y a pas besoin de réclame, ni de contrainte ; sa réputation suffit, an a recours à lui avec empressement, on lui témoigne de la gratitude et la vaccination devient populaire.

Il faut respecter les opiaions des familles, et ne pas chercher à imposer un vaccin ou un vaccinateur plutôt qu’un autre. 11 n’y a que dans de grandes circonstances un danger imminent

Erin doit agir, et toujours en s'appuyant sur l'opinion inérale,

Page 1