‹ Mémoire sur la vaccination [microforme]Chapitre 6 sur 14 · DIVERS ESSAIS DE VACCINATION · texte numérisé non relu

DIVERS ESSAIS DE VACCINATION

La lymphe qui me fut fournie par le bureau de santé en 1885 provenait de l'établissement du docteur Garceau, de Boston.

Je vaccinai avec cette lymphe cinq cents personnes, en grande partie des adultes.

Dans les cas de vaccination primitive, il y eut une inflammation tellement forte qu’elle inspira des craintes plusieurs fois. Il y eut aussi une complication d’érésypèle qui fut fatale, chez un enfant de 18 mois. Un autre enfant mourut de complication intérieure à la suite de cette vaecination.

Dans les cas de revaccination, elle fut généralement effective, contrairement à ce qui a lieu avec le vaccin humanisé ; mais ce qui me surprit beaucoup, ce fut la réussite de cette lymphe chez les variolés,

Je n’ai jamais été témoin d’une nouvelle attaque de variole

TT

chez les variolés. Je ne nie pas le fait , mais je crois ces cas extrêmement rares et je suis certain, d’une manière générale, que la variole protège contre une nouvelle attaque et doit aussi protéger contre le vaccin, qu’on peut regarder comme plus faible que la variole.

Le vaccin pur ne réussit pas ordinairement chez ceux qui ont eu la vaccine une première fois ; à plus forte raison ce vaccin ne prendra pas chez les variolés. * C’est ce que mon expérience m'a enseigné ; le vaccin que je cultivais réussissait dans la vaccination primitive, mais n’avai pas ou peu d'effet dans les revaccinations. La revaccination était alors considérée comme preuve de l'efficacité de la première vaccination.

Comment donc expliquer le succès de la lymphe Garceau avec une inflammation intense dans toutes les revaccinations et même chez les variolés ?

Serait-ce par le fait que la vaccine et la variole auraient perdu leur pouvoir protecteur.

Les épidémies de variole depuis 13 ans et auparavant, ont prouvé à Québec que ceux qui étaient bien vaccinés ou qui avaient eu la variole pouvaient s’exposer impunément aux germes du,fléau. Il faut donc, en définitive, admettre que le vaccin Garceau contenait un principe étranger et irritant.

Pour preuve, j'ai inoculé de ce vaccin après qu’il a été humanisé et n’ai pas remarqué la même inflammation ; les vésicules étaient bien conditionnées sans être aussi grandes, et les croûtes n'étaient pas aussi foncées que dans la première vaccination ; j'ai lieu de croire que le principe étranger était disparu. Suivant moi, cette virulence du vaccin Garceau doit être due à la manière dont la lymphe se recueille sur la vache.

La lymphe animale provenant d’autres établissements fut essayée à Québec en différents temps par plusieurs médecins; mais ces essais furent généralement sans résultat satisfaisant,

C’est surtout à Montréal que cette lymphe a été préconisée, surtout celle du docteur Bessey, et l’on sait quels ont été les résultats de cette vaccination : érésypèle, pyémie, anthrax, etc., et avec iout ce cortège, il fut prouvé par les faits que les personnes ainsi vaccinées n'étaient pas préservées d’une attaque de variole. C’est pour cela que la population à fini par juger du particulier au général, et qu’elle s’est déclarée ouvertement opposée à toute espèce de vaccination. ;

Les esprits une fois révoltés ne se remettent pas facilement,

Page 1