‹ Mémoire sur le choléra [microforme]Chapitre 4 sur 17 · PROPAGATION DE LA MALADIE · texte numérisé non relu

PROPAGATION DE LA MALADIE

Ce n’est point ici le lieu de discuter la question de savoir si le choléra est une maladie contagieuse, épidémique ou pestilentielle ; elle pourrait, puisqu'on ne sait à peu près rien de sa nature mystérieuse, participer aux trois caractères qu’on veut définir par ces expressions, que chacun entend à sa manière.

IT est certain que, d’abord observé dans les Indes,

: ce fléau est exotique pour tous les pays excepté l’Asie sud-est, et c’est pour cela qu'on l'appelle Choléra Asiatique, nom sous lequel il est si justement redouté. Du lieu de sa naïssance, à des époques variables, le Choléra commence son tour du monde; il suit de préférence les grandes routes des contrées qu’il visite, pompes nant quelquefois une armée en marche , quelquelois des pèlerins se dirigeant vers le rendez-vous de leurs dévotions, ou bien encore une caravane de marchands ; remontant ou descendant les grandes rivières ou traversant les mers, il s'arrête dans tous les centres de populations, semant la terreur et la mort sur

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Lorsque le choléra commença ses migrations, 1l passa d’abord de l’Inde dans la Perse. Pendant qu'il ravageait ce dernier pays un second courant d'infection se dirigeait vers l’ouest jusqu'aux confins de l'Asie et les iles de l’Archipel indien, en même temps que, continuant sa course vers l’ouest, la maladie pénétrait en Russie, en Pologne et en Allemagne, pour,de l’Europe centrale et septentrionale, passer aux Iles britanniques (1831). Ce dernier courant prit ensuite la direction sud-est et envahit la France, l’Espagne, l'Italie et les autres contrées voisines de la Méditerrannée qu’il traversa pour porter ses ravages dans le nord de l'Afrique. Dans le cours de la méme année (1832) que le choléra sévissait en France et ailleurs en Europe, il traversa l’océan Atlantique et atteignit le continent américain qu’il parcourut dans presque toute son étendue, pour de là repasser à l’ancien monde, regagnant les lieux voisins de son origine par l'Egypte.

Les pérégrinations du choléra ci-dessus décrites furent les premières entreprises par ce terrible voyageur de la mort. Il s’avançait lentement par fois, quelquefois par une marche rapide, tantôt régulièrement, tantôt par bonds, il s’arrêtait souvent, allant ainsi Capricieusement jusqu’à la fin de son voyage, lequel, commencé cette fois dans le Delta du Gange en 1517, ne fut terminé dans le voisinage de la Mer Rouge qu’en 1834.

Depuis la première apparition du choléra en sa qualité de fléau voyageur, cette maladie, par des courses plus rapides et autrement quelque peu différentes de la première, a revisité cinq fois les continents et les iles, en dépit de tout ce qu'on a pu faire pour exclure sa présence ; et toujours il est resté, dans sa nature et dans son principe, un mystère pour x science.

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ment l'infection cholérique était ainsi portée dans ces voyages à travers les continents et les mers; une foule d'hypothèses sont surgies des discussions entreprises sur ce sujet ; mais le secret n’a point été découvert et le tout est resté à l’état de conjectures plus ou moins raisonnables. Comme il n’y a pas de doute que l'infection se transporte, le plus sage est d’agir sur l’admission qu’elle peut être transportée par les choses et les personnes, et même par les courants de l'air et des eaux.

Dans le moment, le Choléra en est à son sixième voyage autour du monde. Il parait avoir laissé l'Asie méridionale pour l’ouest avec les pèlerins mahométans de la Mecque l’an dernier : après avoir ravagé l'Egypte, le fléau s’est répandu en Turquie, en Italie et dans les autres contrées voisines de la Méditerrannée; puis, pénétrant en France par Marseilles et Toulon, s’est rendu jusqu’à la latitude de Paris. La maladie ayant traversé l'océan Atlantique à atteint les îles de la Mer des Caraïbes où il à exercé de très grands ravages. La probabilité qui existe de voir la

maladie visiter nos rivages a éveillé l'attention du \gouvernement canadien et de nos autorités municipales; car les seuls points du globe qui jusqu'ici sont .demeurés en dehors des atteintes du choléra sont les régions extrèmes du Nord et du Sud, les portions intérieures quasi inexplorées de certains continents et les lieux élevés des pays de montagnes. Les lignes que suit de préférence le fléau doué a marche sont des rivières navigables, et beacoup d'écrivains sont d'opinion que, en thèse générale, le voisinage immédiat des eaux, soit de la mer, soit des lacs ou des riwières, sont des localités de choix pour le choléra. dues faits exceptionnels étant mis à part.

J'observation démontre que les ravages du choléra #'xercent à peu près en raison directe de la prédomihance de l’ivrognerie et des autres vices et en raison

de la misère, de la malpropreté et de l'encombrement. bé

Le fléau quelque fois revient sur ses pas et, avant de rèc disparaitre entièrement, exerce de nouveaux ravages (bi dans certaines lacalités qu'il semblait tout à à fait avoir N abandonné. Le choléra d'ordinaire s’avance de pro- troc che en proche ; mais on l’a vu d’un bond quelquefois qu’il pénétrer dans des lieux distants de plusieurs centai- ques ne de milles des endroits précédemment envahis. paro La direction et la prévalence de certains vents paraissent ne pas sensiblement exercer une grande le 1( influence, si toutefois elles en exercent, sur la propa- les L gation du choléra : on ne peut non plus affirmer que dispa les constitutions géologique ou météorologique d’un ré à

pays aient une action marquée sur l'introduction ou l'intensité relative du fléau.

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