J.XXI
Informations touchantlepassage et port de Jumiéges, les dépendances de la Vicomte de l'Eau dans la Basse-Seine , etc. , faites par les commissaires désignés par l'Echiquier (1).
1452 et 1453.
fntormacion faicte au port de Jumiegcs , le dymcnce x' jour de décembre , Tan mil CCCC LU, et autres jours siibsequens par nous Pierres Daron, lieutenant général de noble homme, monsieur Guill. Cousinot, chevalier, seigneur de Montreul-sur-le-Boys, conseiller du Koy nostre sire et son bailli de Rouen, et Guill. Gombaut, vicontc dud. Rouen, commissaires en ceste partie de nosseigneurs de l'Eschiquier , sur le contenu des lettres de nosd. seigneurs do l'Eschiquier, à nous bailliées, par les religieux, abbé et couvent de Jumiéges , faisans mencion de certains acquitz que s'efforçoit prendre ou port desdis religieux les fermiers de la viconté de l'eaue de Rouen , dont se complaignent lesd. religieux , jouxte le mandement de nosd.
(I) Archives ifc In Seine- Infcrinire , Jiiinle^'rs, i>ort rt passiigo , droits et liaux.
seigneurs de l'Echiquier, duquel mandement la teneur ensuit :
Les gens tenans à Rouen l'Eschiquier de Normendie , au terme St-Miciiiel, Tan milCGCC LU, au bailli et viconlc de Rouen ou à leurs lieuxlenans salut. De la partie des religieux, abbé et couvent de S. Pierre de Jumieges nous a esté exposé en complaignant comme au droit de leur fondation ou augmentation de leurd église, qui est de fondacion et don royal , leur compette et appartiengno le port de Jumieges , avec les droiz, travers etacquitz, qui y appartiennent ; et en sont et ont tousjours esté et leurs prédécesseurs en bonne saisine et possession, de tel et si long temps qu'il n'est mémoire du contraire. El avec sont tenuz lesd. complaignans tenir ung bac par où l'en passe aud. port.Etsidient avoir voie et chemin aud. port dexxiiiipiez de ley et viP" et x perques de long, nommée : La neufve quiefvoye (1). Le droit duquel port , travers et appartenances leur souloit valoir ii'^ ou xii'"' livres tournois par an. Et jasoit ce que dud. port et des revenues d'icellui iceulx religieux aient jouy, possédé comme dit est, en la présence et au veu et sceu du vicontc et autres officiers du Uoy , nostred, seigneur, et des fermiers de la Viconté de Rouen, sans ce qu'ilz ne aucun d'eulx leur ait, en ce temps passé, mis ou donné aucun trouble ou empeschement , ne levé , prins, ne à eulx appliqué au droit du Roy, nostre sire, neaultrement aucuns drois ne devoirs, ce non obstant, de nouvel et puis ung mois ou six sepmaines ença, ung nommé Miquelol Dubusc, soy disant fermier de lad. viconté de l'eaue de liouen , soubz umbre de ce que auprès dud. port de Jumieges , à ung lieu nommé : Le Kay-le-Roy , lequel est hors des fiefzdesd. religieux, auquel l'en souloif cueillir aucuns deniers sur ceulx ([ui y chargoicnt pour aler auïonl ou aval la rivière rf non pas pour le travers de l'cauc,
(\) .'lliàs : Quicsnayo.
t|iii 110 valoieiil no valurent oncquos plus de quatre à six livres tournois , a voulu et veult et s'est efforcié oi efforce l'aire païer aux gens, qui ont passé aud. bac, certains deniers contre droit et raison, jasoit ce quMIz aient paiéausd. exposans , tous les drois et acquitz qu'ilz ont acoustumé estre f>aiez aud. lieu.. . . Pour cause de laquele novalité et entreprinse dosraisonnable dud. Dubusc, les gens d'icellui pais et autres , qui ont besoing et acoustumé estre passez aud. bac , ne veullent plus passer ne venir aud. port, parquoy la revenue d'icellui est comme du tout adnicbilée.. . • Rcquerans leur estre sur ce pourveu de remède de justice.. . • Pourquoy nous, ces choses considérées, vous niandons et commettons, par ces présentes, que appelez les advocat et procureur du Roy , nostred sire , ou bailliage de Rouen , vous informez et enquerez bien et deuement sur les choses dessusd. et sur les drois que ont et pevent avoir, en ceste j)artie, le Roy nostred. seigneur et lesd. religieux ; comme Ton a acoustumé d'en user ou temps passé et de toutes les circonstances qui sont assavoir, et enquérir en ceste partie; en faisant et donnant à iceulx religieux telle provision que, par lad. informacion ou autrement, verrez estre à faire par raison et justice; en administrant au surplus, en cas de débat ou opposition, aux parties , icelles ouyes , bon et brief droit et acomplissement de justice. De ce faire vous donnons povoir et commission ; mandons en outre à tous à qui il appartient que à vous , en ce faisant , soit obbey. Donné à Rouen, en Tan et Echiquier dessusd. Ainsi signé : ParlosgensdeTEschiquier. Daniel. Presensetappelezàce : sires Laurens Guedon, advocat, et maistre Michiel Route, procureur du Roy. nostre sire . ou bailliage de Rouen.
En faisant laquelle informacion . ont esté examinez les [)ersonnes dont les noms cl depposicions ensuivent (1) :
;1) Comme il y a hcaucoup rie rt'prtitidus daii.x ces flivers témoignages, je les ai souvent fort abréjïcs.
Simon Toiirnache , de la parroisse de Huuvillc. lionmie non tenant desdiz religieux, aagiéde lxxvh ans ou environ, marchant de bois fréquentant aud. port, enquiz sur le contenu oud. mandement , dit et deppose que , de tout temps il a veu et congneu que , au port de Jumieges, deçà et delà l'eaue, lesd. religieux ont droit et acoustumé d'avoir ung vaissel, nommé bac , lequel est approprié à passer gens, cheVaulx , charetles , cbariotz, denrées et marchandises, dont ilz prennent certains droispour le passage, comme: de la personne , ung denier; du cheval , deux deniers t. ; et quant la personne est à cheval, le cheval acquitte la personne Et n'a point de congnoissance ne ne ouyt oncques parler que, à cause dud. bac ou travers, 'ceulx religieux aient autres droiltures, acquiîir ou revenues. Dit oultrc que, d'icellui droit de passage ou travers aud. bac, il a tousjours veu et congneu que îesd. religieux ont esté et sont en bonne saisine et possession. Dit oultre, au regard de la maintenue du chemin de la neufve quesnaye que il n"a point de congnoissance que, en son temps, aucune repparacion y ait esté faicte ; et ne scet bonnement à qui lad. repparacion appartient à faire, sinon qu'il lui semble que, se repparacion y convient, le fermier desd. religieux le seroit tenu faire, ou lesd. religieux s'ilz n'avoient point de fermier. Dit oultre qu'il n'a point de souvenance que lesdiz religieux aient tenu led. travers en leur main , et qu'il n'ait esté baillé à ferme , pour trois ans, aucunesfoiz pour xxx 1., aucunesfoiz pour xl, aucunesfoiz pour Lx , comme il est encores de présent , pour chascun des trois ans, en ce comprins la coustufne des denrées et marchandises vendues en la ville et parroisse de Jumieges, par les hommes tenans et resséans desd. religieux, en icelle paroisse.... Enquiz quel port , travers ou droitture de acquis leUoy, noslre sire, ou ses otliciers prennent audit port de .lumiégos et au lieu nonniié le Kay-lc-Roy. Dit qu'il a bien congnoissance (|ue , en ceitaine i)lacc, en la parroisse du
LendiiU, sur la rivière de Seync, à l'endroit duporl devers Jiimieges, a une place nommée le Kay-le-Roy, qui s'eslend, d'un costé, à lad. Neufve Quesnaye. d'autre costé à la rivière de Seyne, d'un bout aval lad, rivière. Auquel Kay il a veu et eongneu que les bateaux et vaisseaux, chargiez de boys, qui sont arrestez en cas de forfaiture , sont mis et posez. Et ceulx qui demeurent en certaines maisons . à l'endroit (lud. kay, sont tenus de les garder certaine espasse de temps, comme [ une ] nuyt et [un] jour, se lui semble , à leurs périlz et dangiers , à cause des lieritaiges qu'ilz en tiennent , et icelle forfaiture meyncnt à Vatteville , à cause de la forest de Brotonne. Enquiz se, à cause de ce , le Roy prent aucune droicture autre que la forfaiture , ou se autres bateaux chargez de bois ou autres denrées ou qui chargeroient aud. kay, paient ou doivent aucune droicture au Roy nostred seigneur : Dit que riens n'en scet et que oncques aucune subside , acquit ou droicture n'y vit cueillir ne lever ; ne aucun ofiicier, fermier ou autre personne , par le Roy , y estre ne assister en aucune maniera ne plus oullre que devant est dit des forfaitures , sinon que, depuis les guerres des Angloiz, il a bien veu aucunesfoiz et non pas tousjours que ung nommé Lepoulailler, de Quillebeuf, estoit aud port, puis deçà puis de là l'eaue , et cueilloit l'imposition on demaine forain , ne scet lequel , des denrées et marchandises qui alloient hors du royaulme. Item, dit sur ce enquiz , qu'il n'a point veu ne eongneu que aucuns vaisseaux ou gens, niontans ou avallans ou traversans lad. rivière , aient esté contrains de venir chargier, dcschargier ne aborder aud. Kay-le-Roy ; mais , en ce cas , a veu tousjours chascun en sa franchise de venir et aborder
ou bon lui sembloit
Monsieur Guill. du Qucsnay , chevalier, demourant la parroisse du Boucachart, aagié de soixante six ans ou environ. . . . Enquiz s'il croit point que le Roy ait aucune droiture aud. passage, à cause de sa viconté de l'eaue de
Rouen , dud. Kay-le-Iloy ou autrement : Dit qu'il croit que non , et que , s'aucun en avoit , les vicontes , officiers ou fermiers du Roy , au temps passé , l'eussent cueilli et exercé
Damp. Guillaume Deschiens, prieur du Boucachard, aagic de cinquante ans ou environ , dit qu'il est natif de Blinquetuit, sur la rivière auprès dud . port de Jumièges. . . que, ou temps de sa jeunesse, il a bien ouy dire que les Morans , de Blinquetuit avoient droit sur led. Kay-le-Roy. mais ne scet par quel moyen ; et si a ouy dire que Thomas Poingnant reclame icellui droit ; à cause de Tacquisicion de l'erilaige d'iceulx Morans.
Robin GiuefFroy, demourant à la Haye-de-Roulot , aagié de Lxii ans ou environ , ouvrier de fustz à carde et laboureur, non tenant desd. religieux ; dit et deppose qu'il a cinquante ans et plus qu'il reppaire et fréquente aud. port de Jumièges , parce que son père et lui ont esté sergens en la
forest de Brotoime Enquiz quelle droicture le Roy ,
nostre sire , a et prent sur et à cause du lieu nommé le Kay-le-Roy : Dit qu'il congnoist bien led. lieu dud. Kay-le- Roy auprès et jongnant du port desd. Religieux et que le Roy a telle droicture que il y a certaines personnes qui , à cause de leurs herilaiges que ilz ont sur led. Kay-le-Roy, et par certaines franchises que ilz ont en la forest de Brotonne , sont tenus et subgiez , quant les sergens de lad forest leur amaynnent et baillent aucunes personnes qu'ilz tiennent vaucreans (1) en la forest ou autrement mal faisant , ou aulcuns vaisseaulx forfais ou portans bois forfait,, ilz sont tenus de les garder ungjour et une nuyt Et se, dedens ce temps , ilz ne sont délivrez, ilz sont tenus de les mener jusques à Vateville chieulx le cheppier. ... Dit oullre , sur ce enquiz, que led. Kay-le-Roy, ainsi qu'il s'extend et pourporte , est sur les fiefz et territoire du Roy ;
(1) iliàs : Vautrceui's.
cl , Ips tenans ol rosseans du lien, do la parroisse duLendint , en la vicontc du Pontaiidenier, et non es fiefz desd. religieux
Jehan Deshaies , de la parroisse de Bouquetot , aagié de soixante ans ou plus. . • . Dit qu'il ne scet quelles droicturesle Roy , nostrc sire , ne ses officiers prennent sur led. Kal-le-Roy. Car, combien qu'il ait vendu , par piuseurs fois , grant nombre de blé à plusieurs marchans , à la Bouille et ailleurs, sus la rivière de Seyne , si n'a il point eu de congnoissance que aucun acquit ou coustume en ait esté paie. . . .
Colin Cavelier, à présent demouranl à S. George de Bauquierville , non tenant desd. religieux , aagié de lx ans ou environ , deppose que , de son temps, il s'est entremis du fait de marchandise de bestaulx , pors , beufz et chevaulx , à la harengueson ; et , passé a quarante ans a acoustumé de passer et rappasser aud. port , à tout ses denrées et marchandises et païoit le passage, au fermier dud. port, pour les Religieux, qui toujours en ont jouy paisiblement. . . et oncques ne vit que empeschement leur feust donné par les officiers du Roy , qui en avoient ou povoient avoir congnoissance , et telement que aucun n'en povoit prétendre ygnorance , feust à Rouen , à Caen ou ailleurs. . . .
Jehan Hulot, de S'*^^ Marguerite-sur-Ducler, non tenant . aagié de xlvi ans ou environ : Dit qu'il est marchant et s'en est entremis depuis xxx ans ença ; et a fait passer et rappasser, lui et son père , leurs bestaulx . denrées et marchandises aud. lieu de Jumieges, Lesquelx bestaulx il amenoit du païs d'oultre Teaue. Et , pour faire passer à alerà Rouen , en païoit le passage au fermier desd. Religieux. . . Dit oultre que. des denrées et marchandises qu'il a fait passer et rappasser par le bac desd. Religieux, feust en venant de Dieppe ou du païs de Caux , ou en venant d'oultre l'eaue aud. païs de Canlx , oncques ne lui fut riens
demandé , no ouy parler que aulciine chose en feust cueilli. . . .
Guillaume Deshaies, de la parroisse de Routot, homme non tenant. . . . aagié de un'"' ans ou environ , dit qu'il est marchant de filiez ... Dit oultre que il n'a point ouy parler que led. Seigneur Roy ne lesd. officiers demandassent au lieu du Kay-le-Roy ne ailleurs, aud. port, aucunes droitures , travers ou acquitz. Rien a il ouy dire et veu aucunes foiz que aucunes gens , qui se disoient fermiers de rimposicion foraine , depuis le temps des guerres dernandoient rimposicion des marchandises, qui aloient hors du royaume. Et si a bien vcu que s'aucuns vaisseaux estoient arrestez auprès dud. port, pour non avoir esté deuement acquitez en la viconté de Teaue, ilz estoient arrestez et mis en la garde d'un nommé Jehan du Port et estoient remenez aud. lieu de Rouen. . . .
Jehan Renart , marchant de fourques et de pelles et de ouvrage de tour , aagié de lxxv ans ou environ , demouranl à la Haye de Routot, deppose que il a plus de .L. ans qu'il reppaire et fréquente audit port de Jumieges. . . . Dit que bien a ouy parler d'un nommé Massieu Guillebert et le congneust, mais il n'avoit aud. port, deçà ne delà l'eaue , aucune charge de acquit ne de passage , sinon qu'il estoitimpositeur de la parroisse dud. lieudeLeudint
Goret Heudier, de la parroisse de S. Michiel de la Haye, aagié de soixante ans ou environ ; Guillaume de la Haye , de lad. parroisse , aagié de soixante ans ; Thomas Gouye, de la parroisse du Rougemonstier, aagié de .l. ans ; Jehan Delamare, de lad. parroisse , aagié de lx ans ou environ ; tous non tenans desd. religieux. Iceulx du Rougemonstier boulengiers et les autres se sont meslez aucunes foiz de marchandise de bestaulx et de chasser marée (1), depposent
(I) Cf. ri-dessus haranguesnti.
Ions accor(l:ii)leniont qun quant ilz vendent aucunes de leurs marehandises aud. lien du port, au marcliié desd. religieux ou sur leur terre , il/ ont paie i. d. de coustume et .II. d. pour passage d'omnie et de cheval. Mais s'ilzne vendoienl riens en territoire desd. religieux , iiz ne paieroient que led. passage. . . Dient oultre , sur ceenquiz, que depuis la guerre et que la ville de Dieppe a esté contraire de l'ohhcissance des Angloiz, il y avoit aucunes gens qui cueilloient rimposicion foraine, comme on disoit (car ilz ne les virent oncques ne congnurent ) des denrées qui aloient hors Tobbeissance ....
Jehan Gasselin, dcmourant à Jumieges . homme tenant desd. religieux, aagié de lx ans on environ, dit qu'il a autresfoiz servy comme clerc en lad. abbaye de Jumieges... Dit oultre que il a bien ouy dire que quant aucuns vaisseaux sont poursuis à forfaiture, soit pour bois non deuement merqué ou mal acquit , trouvez en la rivière de Seyne , que ilz estoient admenez au lieu nommé le Kay-le-Roy en garde , comme en geolle , et tenus et gardés jour et nuyt, comme dit est devant. Dit oultre, qu'il a bien mémoire que puis .x. ans ou environ , ung fermier de la viconté de l'eaue , dont il ne scet le nom, vint aud. port et donna empeschement à aucuns marchans et marchandises, venans comme l'en disoit du païs de Bretaigne et traversans aud. port , à cause de ce qui leur demandoit imposicion foraine, maiz ne scet comme la chose se concluy. Item, dit. .. . que puis ung mois ou environ il a veu, au port de Jumieges, au lieu dit le Kay-le-Roy , par deux foiz qu'il est aie à Houtot , ung liomme que l'en disoit Miquelol , fermier de la viconté de l'eaue de Rouen , et ung sergent en sa compaignie ; et une foiz y vit deux sergens. Et vit et apperceut que l'un d'enlx ou ung autre homme , en leur compaignie, tenoit une bouelte et un escusson à fleur de Iiz. Et ne leur vil aucune personne contraindre pour païer ; maiz a bien ouy dire qu'ilz firent païer à une bonne femme , deux
deniers pour chevaulx. Et lui semble et si croit que lad. entreprinse soit novalité indeue. . . .
Raoul de Conyhoult l'ainsné , aagié de lxv ans , qui aucunesfoiz s'est meslé de marinier en la mer et en la rivière de Seyne; Jehan de Conihoult , aagié de .l ans ou environ ; Guillaume Rouxel, aagié de xlv ans ou environ, tous de la parroisse de Jumiéges ; Perrenot Tuevaque, laboureur, aagié de .lx. ans ou environ , de la parroisse du Mesnil de Jumiéges , tous hommes et lenans desd. Religieux, depposent. . . qu'ilz ontouy dire que, depuis quinze jours ou environ, ung homme de Rouen demande certain acquit sur les denrées et marchandises passans par led. port , qui leur semble chose nouvelle ... Et si dient ouUre que, se led. aide estoit cueilli , led. port seroit brief de petite ou de nulle valeur, pource que les marchans yroient passer ailleurs. Et desja ont congnoissance que plusieurs sont allez passer à Caudebec , et par especial , ung cariot chargié de vins qui estoient venus d'Orléans pour passer à Dieppe. Lesquelx, en venant , estoient passez aud. port. Et, pource qu'ilz avoient esté contrains à païer aud. port, s'en retournoient par Caudebec. Et semblablement plusieurs cacheurs de marée et autres. Et aussi le fermier s'en complaignoit et vouloit délaisser lad. ferme et feroit se provision n'y estoit mise. Et leur semble que c'est esclande et novalité, etc.
Du lundi, xi» jour de décembre M. CCCC. cinquante deux.
Jehan Yvelin, de la parroisse de Hauville, demourant en l'ostel desd. religieux et leur fermier aud. lieu , aagié de soixante-six ans ou environ , ... au regard du Kay-le-Roy a tousjours ouy dire et tenir que aud. lieu sont certains tenans et resseans qui . à cause de leur heritaige sur led. Kay et des franchises qu'ilz en la forest de Rrotonne (1),
(I) Comme ptisrift^e , etc. (autre déposition).
sont tenus gardor. . los vaisseaulx , bois ou autres choses farfaites, ... et , se dedens la nuyt et le jour ilz n'estoient despeschiés et délivrés , ilz estoient tenus, à leurs coustz et dangiers, de les mener ou faire mener et conduire jusques à Vatteville , devant le chastel du lieu. El encores e.st-il porté , par escript , ou greel de Vateville , du temps du conte de Meulenc. Bien a veu aucunesfoiz venir aud. port aucuns fermiers ou commissaires de l'imposicion ou demaine forain , par especial , en temps qu'il estoit passaige de porcs et de bestaulx(l); lesquelx fermiers ou commissaires demandoient lad. imposicion ou demaine forain des bestaulx et marchandises qui aloient hors du royaulme ou de Tobbeissance ; mais que oncques autre acquit . travers ou droicture ne a veu ne ouy parler y avoir esté cueilli ne levé . pour le Roy. . . .
Rogier le Mercier, demourant au port de Jumieges,
aagié de lvi ans ou environ Dit que il a ouy dire
que l'en puet suir et arrester les vaisseaulx passans par la rivière, pour les imposicions foraine, tant par les fermiers de Caudebec que de Rouen , mais oncques n'y vit aucune chose cueillir ne qu'il y eust boecte ne ensaigne , jusques à nagueires que Miquelot Dubusc a demandé certains acquitz en icellui port. A cause de laquelle chose , les marchans , qui y avoient acoustumé de passer, ont prins leur chemin par Caudebec et ailleurs ; tellement que , se led, acquit avoit lieu, led. port seroit de nulle valeur. Et si seroit novalité indeue , comme il lui semble. Et plus n'en scet.
Jehan Gueroull , aagié de .l. ans, tieulier ; Guillaume Vauquelin , aagié de lx. ans, marinier; Guillaume de Breaulté, aagie de .lx. ans, tieulier et laboureur; Robin le Zemble, aagié de .lx. ans, laboureur ; Colin Delamare, tieulier, aagié de xlv ans ; Raoul le Danp , aagié de xlv.
(IJ Cf. ci -dessus harenguaison.
ans , lieulier ; Perrenot Regnault , aussi tieulier, aagié de XLV ans ; tous de la parroisse du Lendint, non tenans desd. religieux , si non led. Regnault qui est leur tenant de quatre ou cinq acres de terre .... ont bien congnoissance que le travers et passage dud. port est ausd. religieux et qu'il se cueult par les fermiers avec la couslume des denrées et marchandises qui sont vendues en lad. ville et parroisse. Et se baillent communément pour trois ans; et l'ont veu valoir, en temps paisible, jusques à viii"" ou .11."^ livres tournois. Et, de présent, n'est baillé que pour .Lxv. liv. t. par an. ... Dit oultre , led. Delamare , qu'il a ouy dire à ung nommé Guieftîn de Moriau , qui encores est vivant, que ses prédécesseurs estoient tenans des maisons assises sur le Kay-le-Roy, et que , à cause de garder lesd. forfaitures ilz avoient lesd. franchises en la forest ; et aussi avoient-ils deux deniers de heurtage , quant aucun batel y venoit aborder pour charger. Mais, ne led. Delamare, ne les autres dessus nommez n'en virent oncques riens paier- . • • Item, dit led. Vauquelin qu'il a bien ouy dire à ung nommé Massiot Guillebert. passé sont .xv. ou xvi. ans, que , long temps a, il avoit mis à pris une ferme de l'acquit des vaisseaulx qui chargeoient de grains aud. lieu ; mais disoit ledit Massiot qu'il estoit encores à estrener du premier denier. Car il n'en avoit oncques riens receu , et lui avoit bien cousté quatre ou VI frans; et tenoit lad. ferme de la Viconté de l'Eaue. Présent à ce présent examen Colin de Ronnes, sergent de Saint Goire , par la semonce duquel les dessus nommez estoient venus aud. lieu de Lendint. Lequel nous recorda et depposa que, aujourd'huy matin, ainsi qu'il estoit aud. lieu pour assembler les dessus nommez , il a parlé à la deguerpie dud. feu Guillebert, laquelle est ancienne et neantmoins a bon sens et entendement. Laquele il a enquise quelles fermes ou droictures sond. feu mari avoil et tenoit aud. port de Jnmicges ou au Kay-le-Roy, ou
temps passé. Laquelle femme lui respondi qu'elle est bieri memoratifve que une fois son mari ouït une forme du Roy, ne scet bonnement se ce fut de la ferme de la Viconté de l'Eaue de Rouen ou d'autre , mais savoit bien qu'il n'en avoit riens receu et si avoit esté contraint de la païer. . . . Enquiz que iiz croient de lad. ferme , que print anciennement led. Massiot Guillebert , savoir se l'acquit qu'il demandoit estoit deu ou non , et sur quoy ? Dient les anciens d'eulx qu'il les vouloit prendre sur grains, mais nescevent combien elles autres n'en scevent que dire , si non qu'ilz congnurent led. Guillebert estre homme actif, qui s'entremesloit en plusieurs choses et trouvoit beaucop de nouvelles manières de faire et d'avantages, et hantoit voulentiers les taverniers et les compaignies. Et, parce, croient mieulx que la chose feust par lui mise sus de nouvel et par voulenté que qu'elle feust loyaulmcnt ne acouslumeement deue.
Jehan le Valois, laboureur, aagié de nii'"^ et dix ans; Valentin Duquesne , carpentier de bateaux , aagié de lxx ans; Guillebert le Rouge, aagié de lxxii ans, carpentier de maisons; Guillaume Costart , laboureur, aagié de lx. ans; Raoul le Maçon, maçon , aagié de lxx, ans ; Robin Delamare, laboureur, aagié de lx. ans; Perrin des Rues, marchant de bois, aagié de lu. ans; Robin Marescot , carpentier de bateaux , aagié de .xlv. ans , tous de la par-
roisse de Jumieges, hommes et tenans desd. Religieux
dient que ung nommé Morant a pieça voulu soustenir qu'il avoit droit de deux deniers sur les vaisseaulx qui chargeoient de bois environ led. lieu du Kay-le-Roy. Pour lesquelx deux deniers il fist faire arrest sur ung vaissel appartenant aud. Desrues . chargé de bois , dont il fist délivrance et depuis n'en ouyt parler. . . . Enquis sur la ferme que tenoit Massiot Guillebert et aussi sur les deux deniers de heurtage , que demandoient les Morans : dient que quelque chose que led. Guillebert ait faicte le temps
passé, qui esloil homme de meunuc enlreprinse , ne pour chose que les Morans en aient demandé, ilz ne virent oncques ne ouirent parler que aucune chose en feust levée ne païée. ... Et, s'il estoit ainsi que iceulx acquis y feussent alevez et cueilliz , ce seroit ou retardement et destourbier des marchans , marchandises et bestaulx illec venans et affluans, pour le fait dud. passage. Et desjà en est led. port fort scandalizé , et ont plusieurs charois et autres marchandises cessé d'y venir. . . . dont le fermier dud. passage , pour cause de l'empeschement dud. nouvel acquit , peult bien estre , à leur advis , endommagé de la somme de .x. 1. t. , actendu le temps de la harengueson , et , par conséquent seroit à la dyminucion de la revennue desd. religieux et de tous les demourans en la terre desd. rehgieux. Et, à trait de temps, seroit led. port du tout en non valoir; et ne trouveroient qui les voulsist servir en icellui.
Du mercredi xxvni^ jour de mars M. GCCC. cinquante deux, devant led. heutenant.
Robin Groimel , demourant à Rouen , du mcstier de taillanderie et de marchandise devins.. . . deppose qu'il est natif de Touberville, et sont environ xxx ans qu'il parti du lieu de sa nativité et s'en vint demourer en ceste ville de Rouen. Et, environ sont xx ans qu'il se maria et espousa la fille d'un nommé Massiot Guillebert, lequel Massiot trespassa six ans a ou environ. Et a xxxvi ans ou environ que led. Massiot fu fermier branchier soubz les fermiers de la viconté dt; l'eaue de Rouen , de la branche du port de Jumieges, Et lui qui deppose et led. Massiot estoient compaignons en aucunes marchandises , en especial de vins de Cognihoult, (ju'ilz envoioient aucunesfoiz, par la mer, en Flandres , en Angleterre et ailleurs. Et, en tant (|ue par ce moïen il IVcciucntoit avec led. Massiot, il a aucunement eu congnois.-!;ancc du fait dud. acquit. Lequel
est tel , ainsi qu'il lui semble et qu'il en a peu avoir congnoissanco. C'est assavoir : Que toutes les marchandises qui dévoient acquit en la Viconté de TEaue et qui se chargoient entre le port de Moulineaux et de Jumieges, en avallant par lad. rivière , tant de costé que d'autre . si non au regard de la terre de Jumieges, paioient acquit aud. Massiot. Et. des denrées et marchandises, qui montoient amont lad. rivière n'en paioient riens aud. Massiot, car l'acquit en estoit paie à lad. viconté, aud. lieu de Rouen. Et , au regard dud. port de Jumieges, dit qu'il a bien souvenance que les vins , denrées et marchandises qui venoient aborder du costé de Hardeauville , aud. port de Jumieges , pour charger en vaisseaux de mer et aler aval la rivière paioient lesd. acquilz aud. Massiot. Et aussi bien eussent-ilz fait, de l'autre costé, des denrées et marchandises qui venoient et abordoient aud. port , feust de costé ou d'autre, pour traverser lad. rivière ; seullemenl n'en estoit riens cueilli ne demandé, dont il ait aucune congnoissance , si non le frait et salaire du passage tant seulement. Enquiz de quelle valeur et revenue estoit lors led. aquit , en la main dud. Massiot , et de combien de temps il a tenu? Dit que led. Massiot a tenu led. acquit par plusieurs années, ne scet pas dire quantes. Maiz du pris par quoy il la tenoit n'est pas bien memoratif, si non qu'il l'a aucunesfoiz tenue par .ix. livres t. Et si vit une foiz une quictance, qui contenoit que led. Massiot avoit paie , pour ung terme de la ferme de lad. branche . lx. s. t. Ne scet se c'estoit pour ung quart d'an ou pour demi-an. Enquiz se lors led. Massiot estoit fermier du passage dud. port pour lesd. Religieux, ainsi qu'il estoit de la branche de lad. viconté? Dit que ouy, et qu'il estoit fermier desd. Religieux aud. passage; et c'estoit ce qui le mouvoit de prendre lad. branche. Dit oultre qu'il a bien souvenance que lesd. Religieux mistrent en procès led. Massiot en lad. viconté de l'Eaue de Rouen, à la cause, conmie il
lui semble, de ce qu'il avoit aucunement [pris] Tacquit sur les hommes de la seigneurie desd. Religieux , à cause des denrées ou marchandises qui y avoient creu. Dont led. Massiot fut suconibé et en fist amende , ainsi mesmes qu'il a ouy dire aud. Massiot. Dit oultre , sur ce enquiz, qu'il a bien xviii ou xx ans que led. Massiot ne fu fermier branchier aud. acquit. Et plus n'en scet.
Tesmoings recollez, ouys et examinez à Rouen, le mardi .xxvii^ jour de Mars, l'an mil. CCCC. LU, avant Pasques , et autres jours ensuivans , par nous Pierres Daron, lieutenant gênerai de noble homme, monsieur Guillaume Cousinot, chevalier, seigneur de Monstereul sur le bois, conseiller du Roy, nostre sire, et son bailli de Rouen; appelé et présent à ce Guill. Duval , tabellion aud. Rouen, sur ce que autresfoiz ilz avoient esté examinez par Guillaume Coudren, lieutenant du viconte de l'Eaue de Rouen , touchant le fait de l'acquit de lad. viconté de l'eaue au port de Jumieges.
Estienne Cauchevaque , demourant à Moulineaux , aagié de Lxx ans ou environ , dit et deppose , sur ce enquiz , qu'il a bien memore et souvenance que, puis ung an ança, il a esté convenu par ung petit sergent de la viconté . nommé Robinet, à aler devers Guill. Coudren, lieutenant du viconte de l'eaue, pour dire et depposer vérité sur ce que on lui demandoit s'il avoit oncques veu païer acquit ou travers , le temps passé , aux ports de Moulineaux et de Jumieges, pour le Roy, nostre sire, soubz l'acquit de lad. viconté de l'eaue A quoy, comme il lui semble, il dit lors et depposa et encores dit et deppose, que aucunement , de tel temps qu'il puet avoir memore, il a veu et congneu que , soubz le chastel de Moulineaux , à l'endroit de la maison et heritaige où il qui deppose demeure , commenchoit la cauchée qui s'en aloit au travers des prez en Seyne, et encores y est. Par laquele tous marchans cl toutes marchandises , chariolz , charettcs et voictures
aloient jiisques sur le bort de la rivière de Seine , et illec chargoient en flettes et bateaulx et traversoient lad. rivière et s'en aloient deschargier de l'autre coslé, vers Sahurs; et delà s'en aloient par laforest de Romniare, où bon leur sembloit. Item dit, sur ce enquiz, que aux fermiers de la viconté de l'eaue de Rouen ou à leurs commis il a veu cueillir l'acquit ou dit travers , tant de vins que d'autres denrées et marchandises, ainsi, se lui semble, comme on eust paie en la viconté de l'eaue de Rouen. Car l'en y cueilloit, pour queue de vin, xvii. d. ; et a aucunesfoiz veu que icculx fermiers ou collecteurs menachoient les passans , traversans oudit port , de crier Haro sur eulx et de les faire aler à Rouen ou cas qu'ilz ne paieroient leurs travers. Enquiz quelles gens il a veu fermiers ou collecteurs aud. port, ou travers de Moulineaux? Dit qu'il a bien memore qu'il y vit ung surnommé Moreau , qui y fut longuement , et n'a point souvenance qu'il y en ait veu d'autre , pour le temps que les chariotz , charectes et chevaulx y passoient. Et, quant led. Moreau fu trespassé , la chose commença à anéantir. Et si dit qu'il y a bien quarante ans ou environ que led. Moreau trespassa. Enquiz se led. Moreau en estoit serviteur, collecteur ou fermier et combien la revenue en valoil ? Dit qu'il lui semble qu'il le tenoit à ferme des fermiers de lad. viconté ; mais de la valeur et revenue d'iceilui ne par combien il le tenoit, dit qu'il n'en sauroit depposer Et, depuis ce temps, a esté la chose baillée et encores est, communs ans, la somme de environ xl. s. t., ou moins. Et n'y a mais , en la baille , que trois vergies de pré , que on nomme la Mare-le-Roy. Et n'y passe l'en plus.
Enquiz oultre sur led. fait de l'acquit du port et travers de Jumiéges : Dit et deppose que , au temps de sa jeunesse , il aloit aucunesfoiz servir à la voicture avecques son perc , qui estoit voicturier par terre , et menoit communément ung chariot et scrvoil les marchans. Et , en ce
faisant , passoient et rapassoient par Itid. port de Jumieges. Et , ainsi qu'il en puet avoir souvenance . y avoit ung homrne qui menoit et conduisoit les bateaux et flectes dud. port de Tun costé et de l'autre de lad. rivière. El ou costé de delà , c'est assavoir vers Hardeauville, esloit ung endroit appelé le Kay-le-Hoy, ouquel kay cellui qui conduisoit lesd. bateaux et flettes d'icellui port les faisoil voulentiers chargier et deschargier, pource que icellui Kay-le-Roy est de pierre et plus aisié à monter et descendre que cellui aux moignes de Jumieges , qui est ung
pou plus aval la rivière Enquiz oultre qui estoit cellui
qui menoit et conduisoit les flectes et bateaux dud. port , et aussi qui estoit cellui à qui ilz païoient le port du travers : Dit qu'il n'a point de memore qu'il en veist que ung : c'est assavoir, cellui qui menoit et conduisoit lesdicles flectes et bateaux , que l'en appelloit le fermier ou l'acquiteur. Et aucunesfoiz les marchans demandoient les ungs aux autres : « Avez-vous paie au fermier ou passagier ? » El quant l'en disoit : Ouy ; lors ilz disoient : « Alons-nous ent doncques hardiment ; » Enquiz à qui estoit led. fermier et de quele auctorité il usoit , et à qui estoient les flettes et bateaux qui faisoient le passage? Dit qu'il a tousjours eu ymaginacion et encores a que le passage et passagier feussent au Roy, et les flettes et bateaux aussi seniblablement , pource que , du costé de delà , ilz montoient et descendoient sur le Kay-le-Roy, comme dit est. Et n'a point d'autre congnoissance du droit et de l'auclorité desd. religieux aud. port Enquiz oii demouroit led. fermier ou passagier et s'il vit oncquos aud. Kay-le-Roy, aucune boette ou ensaigne à fleurs de liz ou autrement , ainsi que l'en aacoustumé faire en travers et acquiz royalz? Dit que led. passagier demouroit au costé de deçà, vers Jumieges ; et si ne vit oncques aud. Kay-le-Roy ne environ aucun signe ou ensaigne de boette ne d'autre chose. El autrement bonnement n'en suuroit parler, car, depuis la
descente des Angloiz , il ne fut aud. port de .lumicijes, et autre chose n'en scet.
Du mercredi ensuivant, xxviii'^ jour dndit mois de mars , oud. an.
Pliilippot d«^ la Rue, dit Moreau , demeurant à Sahurs, aagié de iiii.^* ans ou environ, jure etc., dit el deppose que , depuis demi an ou environ , il fu convenu par Robinet le Barrier, sergent de la viconté de Feaue , à aler pardevant Guillaume Couldren , lieutenant du viconle dud. lieu, pour depposer sur le fait du paiement de Tacquit du travers du port de Jumieges , et ne lui semble pas, soubz correction , que en toutes choses il depposast selon ce qu'il a ouy lire en sa depposicion , qui lors en fu escripte, en especial au regard de ce que il semble, par lad. depposicion , qu il ait veu païer l'acquit aud. port de Jumieges, depuis la redduction du pais de Gaux. Gar depuis icelle redduction il n'a fréquenté ne reppairé aud- port de Jumieges. Et, quant au surplus, dit et deppose de nouvel, lui sur ce bien advisé et adverti, comme il dit, que passé a cinquante ans, et depuis audevant de lad. redduction du pais de Gaux, il a bien memore que il a veu, par plusieurs fois, gens à pié et à cheval , charettes, chariotz et toutes denrées et marchandises passer et rappasser au travers dud. port de Jumieges. Et en ce temps il y reppairoit pource que il estoit voicturier par eaue ; et si marchandoit de bois à mesrien , de bois à ardoir, de foing et dételles choses, à porter à Rouen, à Paris et ailleurs. Et, à celle cause, souvent aloit aud. port de Jumieges; et lui souvient bien que le bac et les tlettes et bateaux , qui passoient aud. port el travers , estoient et appartenoient aux religieux de Jumieges. Et estoient conduiz et menez parleur fermier, lequel il nomme, à son adviz , Vauquehn. Et n'y en a point veu d'autre , pource que icellui Vauquelin y fu par long temps.
Itom, dit que h'd. Vauquelin estoit fermier de ceulx de
la viconlé de Teaue du Roy, à Rouen ; et ainsi il estoit fermier du Roy et des religieux , et deschargoit auquel desd. Kays qu'il lui plaisoit.
Enquiz quelz acquilz et droictures, pour le Roy, il a veu paier audit travers, feust à cause dud. Kay-le-Roy ou autrement, feust aussi sur churiolz , charettes , chevaulx chargiez de vins ou d'autres marchandises? Dit que il a aucunesfoiz veu charger, aud. Kay-le-Roy, les vins venans par charroy aud. port. Et estoient iceulx vins chargiez en vaisseaulx de mer. pour aler aval , ou bon leur sembloit ; mais, pour venir amont, n'a point memore qu'il y en ait veu aucuns chargier. Et à iceulx vins . qui ainsi estoient chargiez , faisoit ledit passagicr païer l'acquit de lad. viconté de l'eaue , c'est assavoir : xvii d. pour queue de vin mené en mei", comme dit est. Et est l'acquit dont mieulx lui souvient.
Enquiz oultre quelz acquitz se paient et estoient cueilliz sur chariotz , charectes et chevaulx chargez , et aussi des vins et autres denrées, qui traversoient dud. Kay-le-Roy? Dit et respond , au regard des chariotz et charectes chargées de vins , qui passoient toutes chargées au travers dud. port ne sur autres denrées et marchandises , qui traversoient semblablement , n'a point memore qu'il ait veu païer aucun acquit de viconlé , si non le passage des bateaux tant seulement. Et n'a veu païer led. acquit de viconté si non des vins que l'on deschargoit sur led. Kay-le-Roy pour aler aval comme dit est.
Du XXIX* jour dud. mois de mars , oud. an.
Colin le Cointe , demeurant à Sahurs, aagié de lxxvi ans ou environ , dit et deppose qu'il est vray que , depuis demi an en ça ou environ , il a esté examiné par Guillaume Couldren , lieutenant du viconté de l'eaue de Rouen , sur le fait de l'acquit du port de Juniieges, El si est vray qu'il depposa lors selon ce qu'il est contenu en sa depposilioii , qui lui fui Icuo , (|uc il avoit esté Icrmiei en lad. viconlé de
\\\Mie eu la coinpaigiiie do Jehan (lauchevaque el de Jehan Barate. Laqnele ferme ilz tenoient à xv."" I. t., pour trois ans, en ce comprins , les fermes des quatre piez et des petits penniers Et si puet bien estre qu'il depposa lors que lui et ses autres compagnons , fermiers de lad. viconté , bailloient à ferme la branche de l'acquit dud. port de Jiniiieges ; mais , de la manière du cueillir n'est point si amplement contenu en sad. depposilion comme il entend la vérité de la chose. Sur quoy de nouvel il a esté examiné et dit et deppose , sur ce enquiz , qu'il a passé cinquante ans que lui et lesd. Cauchevaque el Barate furent fermiers de lad. viconté, par la manière que dit est; maiz ne la tindrent pas les trois ans entiers , car ung nommé Guillaume Dufou , bourgois de Rouen , l'enchiery sur eulx et en demeura fermier. Et ne tindrent lad. ferme que ung an ou an et demi. Pendent lequel temps qu'ilz tindrent et occupèrent lad ferme , ilz baillèrent les branches d'icelle, comme le port de Moulineaux et le port de Jumieges. Et se bailloient icelles branches pour les trois ans, ainsi qu'ilz tenoient lad ferme de la viconté. Enquiz que c'est et comme s'entendent lesd. branches , et sur qui et comment elles se cueilloient, et qui furent cellui ou ceulx qui les tenoient de leur bail ? Dit premièrement que ilz baillèrent la branche du port de Moulineaux , selon son adviz, à ung surnommé De la Rue, dit Moreau. En laquele branche estoient subgiez ceulx qui venoient arriver aud. port de Moulineaux ou de la Bouille ( qui deschargoient leurs marchandises , feussent blez , vins ou autres choses et qur chargoient aud port en valsseaulx de mer ou autres, pour aler aval lad. rivière , ) de païer autel et semblable acquit comme en lad. viconté de l'eaue. Mais de ce qui arrivoit aud port pour traverser lad. rivière seulement n'a point de congnoissance que aucune chose en ait esté cueilli , touchant l'acquit de lad. viconté. Et si dit que, au droit de lad. branche du port de Moulineaux, appartcnoit la rc-
vennue de corlaine pieco de pré , nommée Lamaro , contenant trois vergées on environ. Item, quant au regard de la branche dud. port de Jumieges, dit semblablement que toutes denrées ou marchandises , soient vins , blez ou autres choses , qui viennent et abordent sur lad. rivière de Seyne, en chariofz, charettes ou autrement , depuis Caumont , en venant en aval , jusque.»^ et comprins led. port de Jumieges , qui descendent et sont chargez en vaisseaux de mer ou autres pour aler aval lad. rivière, doivent et sont tenuz païer semblable acquit aux fermiers de lad. branche comme ilz feroient en l'acquit de lad. viconté, s'ilz passoient par devant lad. ville de Rouen. Et, à parler particulièrement dud. port de Jumieges , dit qu'il y a hanté et fréquenté long temps a et congnoist bien que le bac , les fleltes et les bateaux , qui lors y estoient et qui faisoient le passage dud, travers de lad. rivière , estoient et apparlenoient aux religieux de Jumieges et estoient menez et conduitz par leur fermier ou passagier. Et là païoit-on la peine du passage seulement , comme il lui semble. Car, pour led. acquit de la viconté , le fermier branchier ne prenoit aucun acquit, pour led. travers, dont il ait congnoissance. Maiz aud. port se prenoit l'acquit de lad. viconté, par la main dud. fermier branchier, sur toutes icelles denrées et marchandises, qui venoient aborder et descendre aud. port , pour chargier en vaisseaulx et mener aval lad. rivière , tout ainsi et par la manière que dit est du port de Moulineaux , de la Bouille , de Caumont et des autres. Ne il n'ouyt oncques parler que , pour ledit travers , aucune chose feusl païée à lad. ferme de la viconté.
Enquiz quelz fermiers branchiers ont esté de son temps et de sa congnoissance aud. port de Jumieges ? Dit qu'il a niemore d'un surnommé Hervieu , qui cueilloit led. acquit et demouroit aud. port, du costé et soubz la Quiefvoye , ne d'autres fermiers n'a point de souvenance. Dit oultre, sur ce enquiz, qu'il ne scet pas comme on se gou-
vcrne no comme on s'est gouverné ou fait dud. acquit, depuis la venue et descente des Angloiz en Normendie, pource que depuis ce temps il n'y a point fréquenté ne repaire.
Du vendredi vi'= jour d'avril M. CCCC. LUI , après Pasques ,
Thomas Deron , demourant a présent à Saint-George , sur Fonlaines-le-Bourg , aagié de lxix ans ou environ , jure etc.. Dit et depposc qu'il a bien memore que, depuis demi-an ença ou environ il a esté examiné par Jacques Garoul , lieutenant gênerai du viconte de Rouen , et sa depposicion escripte sur savoir qu'il avoit veu et congneu le temps passé de l'acquit et droicture que le Roy ou ses officiers en la viconté de l'eaue de Rouen avoient et pre-
noient au port et travers de Jumieges Dit oullre ,
sur ce enquiz, que. environ ce temps qu'il fu examiné, Guill. Couldren, lieutenant du viconte de l'eaue, en parlant et communiquant avec il qui deppose , sans fourme d'examen et sans aucune chose escripre, dont il ait congnoissance , lui demanda du fait dud acquit. Auquel il lui en respondi ce que bon lui en sembloit, et lui semble que lors il en parla à l'un et à l'autre. Et encores, lui sur ce bien advisé comme il dit . en deppose de nouvel. C'est assavoir : Que , par l'espace de xl ans ou environ , il a esté , le temps passé , audevant de ix ans ou environ , officier en ladicte viconté de l'eaue, tant à l'office du poix que à l'office de sergent.
Dit oullre , sur ce enquiz , que de tout son temps il a veu que les fermiers de la viconté de l'eaue bailloient les branches de leurs fermes. Entre lesquelles estoient : le port de Moulineaux, de la Bouille, de Caumont, le val des Leups, Saint Joire, la Fouilerie, Anneville, les Tieulleries, Yville et le port de Jumieges , qui sont lieux et places de passage et de chargier denrées et marchandises pour aler amont et aval. Et a tousjours veu et congneu que, en fai-
sant iceulx baulx, l'en faisoit declaracion de la manière de racqnit. C'est assavoir, que quant en aucuns d'iceulx lieux et portz chargoient denrées ou marchandises, feussent vins, blez ou autres choses , et c'estoit pour mener amont la rivière, jusquesà Rouen ou dedens la banlieue, ilz ne païoient point aux fermiers branchiers, maiz païoient à lad. viconté de Teaue. Maiz s'ilz deschargoient à aucuns d'iceulz portz de Teaue à terre les denrées et marchandises qui venoient d'aval amont deschargier es pors et lieux dessusdiz, ilz païoient aux fermiers branchiers. Et au regard des denrées et marchandises qui chargent de terre en l'eaue en iceulx lieux et pors pour aler aval vers la mer ilz doivent l'acquit ausd. fermiers branchiers. Et depuis la banlieue dud. Rouen en avalant pevent païer s'il leur plaist en iceulx lieux et ports où ilz chargent ou aler ce païer aud. port de Jumieges, au lieu dit le peel du Kayle-Roy. Maiz ne pevent passer led. pel que ce ne soit en dangier de la poursuite ou de l'amende ou forfaiture. Maiz au regard de prendre ledit acquit sur les denrées et marchandises entrans, passans et traversans ou bac, flettes ou bateaulx des religieux de Jumieges aud. port, il n'en ouyt oncques faire aucune mencion et ne scet point que aucun acquit en feust paie à celle cause et que , se aucun en devoit estre paie, il seroit en raison que le Roy querist le bac et le passage. Et aussi , dit oultre, que expressément, quant lesd. baulx se faisoient ausd. fermiers branchiers , on leur desclairoit qu'ilz prendroieut sur ce qui seroit chargé en la banlieue pour aler en la mer et ne cueildroient riens de ce qui seroit chargé pour venir amont, dedens la banlieue. Et n'esloit en riens parlé des denrées qui traversoient en bac et en bateaulx es lieux dessus declairez
Enquiz se pendent le temps qu'il a esté officier en lad. viconté de l'eaue il a congneu et fréquenté les ports et lieux dessus declairez? Dit que par plusieurs fois il y a esté
m envoyé, tant pour Timposicion foraine que pour le deniaine forain. Et a bien veu que , des denrées qui chargoient par les manières devant dictes damont et d'aval acquit se païoit aux fermiers branchiers , maiz ne vit oncqiies ne ouyt parler que ce qui passoit seuUement au travers de la rivière , au bac batteaux ou flettes des religieux de Jumieges, païast aucun acquit ausd. fermiers branchiers.
Enquiz oultre s'il a point memore quelz fermiers branchiers il a veu de son temps sur lesd. lieux et ports? Dit qu'il n'en a memore si non d'un nommé Colin le Comte et d'un autre , nommé Massiot Guillebert , qui cueilloient iesd. acquitz par la manière devant ditte. Et en ce temps ouy dire que led. Massiot avoit esté approuché en la jurisdiction d'iceulx religieux de Jumieges pour avoir entreprins d'avoir cueilli led acquit sur les choses traversans lad. rivière ou bac desd. religieux. Et disoit-on qu'il en avoit fait amende et qu'il en avoit crié mercy à l'abbé, qui lui avoit donné lad. amende.
Enquiz quans branchiers il y avoit esd. pors et de quele revenue ilz estoient et en especial led. port de Jumieges? Dit que. à icellui port de Jumieges avoir ung fermier branchier, pource que led. port estoit loing des autres et n'y eust pas bien peu entendre. Et pour les autres ports n'avoit que ung fermier branchier, pource qu'ilz estoient assez prouches les ungz des autres, combien qu'ilz povoient bien avoir des parchonniers avecques eulx. Et, au regard de la valeur, dit qu'ilz estoient de petite valeur, comme chacune branche, c'est assavoir, led. port de Jumieges xl. s. t. ou environ. Et l'autre branche , pour ce qu'ilz estoient plusieurs ports, estoit de vr. I. ou environ.
Jehan le Vigueur, dit Frontebosc, demourant en la parroisse de Saint-Andrieu, aagié de lxv ans ou environ , jure etc., deppose que, grant pièce a et ou temps de sa
jeunesse, comme l'an mil CCCG V. VI. VII et VIII, il hantoit bien communément aud. port de Jumieges , par le moïen d'un notable homme , riche marchant, demourant à Rouen, nommé Jehan Langloiz , qui se mesloit entre autres choses, de marchandise de bois à ardoir. Et, pour compter icellui bois, estoit, il qui deppose, occuppé aud. port de Jumieges. Et a bien memore que il vit une foiz que ung baslel fut empeschié et suy pour non avoir paie le hurtage aud. Kay-le-Roy. Maiz il fu ramené d'amont où il s'en venoit et mené au chastel de Vatteville. Et disoit-on que telle estoit la coustume et la manière de faire. . .
Dit oultre que bien est vray que , puis demi-an ença , ainsi comme il qui parle passoit devant l'ostel de la vicomte de l'eaue, Guill. Couldren, lieutenant du viconte, le appella et lui demanda, devant tous ceulx qui là estoient , sans fourme d'examen et sans riens escripre, qu'il savoit dud. acquit. Lequel lui en dist ce qu'il en savoit lors. Et depuis et de présent s'en est démente et plus adverti qu'il n'estoit lors, en la manière que cy-dessus a depposé. Et, au regard de ce que, en la depposicion escripte parled. Guill. Couldren est faicte mencion des denrées et marchandises, qui passoient au travers dud. port de Jumieges , en l'an mil CCCG et VII que les grans gelées furent et que la rivière de Seyne estoit gelée, dit : Qu'il est vray que lors estoit, en la fosse de Leure une grant venue de navires jusques au nombre de lu. nefz à chasteau devant , chargées de marchandises, comme de harens, figues, de vins doulx et d'autres choses. Et pource que lesmarchans avoient haste, pour la saison de Karesme qui aprouchoit, de mener leurs denrées et marchandises , et que ilz ne povoient traverser leurs navires à Honnefleu, au regard de ceulx qui vouloient aler ou pais d'oultre-Seine , ilz en firent chargier grant nombre en charrois et les firent venir audit port de Jumieges pour les passer et traverser par dessus la glace. Et pource que les hors de la rivière n'estoient pas fermez,
pour le flo[ct rcflo de la mer, le pontonnier ou passagier du bac desd. religieux, qui pour lors estoit nommé Guillaume Hervieu , qui aussi estoit fermier branchier, avecques ung nonmié Cauvyn , de la viconté de l'eaue , appliqua soliveaux et longues pièces de bois à aler de terre jusques au fort de la glace de lad. rivière , pour eschiver au dangier des borts, et, par la dessus, tant d'un costé que d'autre de lad. rivière, passoient les chariots et autres marchandises. Et, en ce faisant avoit grant peine et grant labour led. passagier et ses aides, et aussi en cueilloit-il son passage. Mais n'a point de congnoissance que il en cueillist aucun acquit, ou nom et au tiltre dud. acquit de la viconté.
Enquiz quelz autres fermiers branchiers il a [veus] aud. port? Dit qu'il y a veu led. Cauvyn après le trespas dud, Hervieu. Et si y a depuis veu ung nommé Massiot Guillebert, duquel Massiot Guillebert l'en disoit qu'il avoit cueilli acquit aud. port ou passage de Jumieges, à Herteauville, sur les hommes desd religieux ; pour laquelle cause il avoit esté en grant inconvénient de procès, tant qu'il en estoit aie à Vernon, devers l'abbé, qui lors y estoit, et lui en avoit fait amende et crié mercy. Enquiz sur la revenue dud. acquit aud. port de Jumieges : Dit que de certain n'en sauroit depposer, maiz, en tant qu'il y en peult souvenir, il n'estoit pas baillé à grant pris communément. Et s'il estoit baillé à viii ou x livres , c'estoit bien hault et bien largement; et encores ne sauroit dire se c'estoit pour III ans que la ferme estoit baillée ou par chascun an.
Robert Dufay, demourant en la parroisse Saint-Estienne aux Tonneliers de Rouen , aagié de cinquante ans ou environ , jure , etc. , dit et deppose que bien est vray que, depuis demi-an ou environ, Guill. Couldren, lieutenant du viconté de l'eaue parla à lui en l'ostel dud. lieutenant, où icellui lieutenant l'avoit mandé, par Baleure, sergent, El lui demanda led, lieutenant qu'il savoit du fait dud. acquit. Sur quoy il dit et respondi ce qu'il en savoit et ce qu'il
est encores prest de dire et depposer, c'est assavoir : Que lui qui deppose est natif de Vatteville et que, en son jeune aage il servoit à Conyhoult, en la parroisse de Jumieges (1), ung nommé Yitou, qui estoit du mestier de la mer, et y demoura deux ans. Et depuis s'en ala demourer aud. lieu de Vateville, chiez son père. Et depuis, c'est assavoir du temps de la redduction du païs de Caux , qui fu en l'an mil CCCC XXXV, s'en est venu demourer en ceste ville de Rouen. El des lors estoit et encores est marié; et se mesie dud. mestier de la mer. Et a bien memore et souvenance que plusieurs fois , delors et depuis le temps de sa jeunesse, il a passé et rappassé au travers de la rivière de Seyne , aud. port de Jumieges, aucunes foiz à cheval autres foiz à pié , et si scet bien où est le lieu nommé le Kay-le-Roy, et Tendroit où est fiché ung pieu où l'en disoit communément que les bateaulx forfaiz ou mal acquitez estoient mis ou atachiez, et y en a veu aucunes fois. Maiz quelle amende ou forfaiture ilz païoient ne à qui elle appartenoit , il n'en sauroit depposer. . .
Item dit qu'il est bien memoratif que en l'année des grans gelées , pour le temps que Venable fu exécuté , qui fu l'an mil CCCC XXXIIII ou environ, il qui deppose passa à cheval lad. rivière du travers dud. port, par dessus la glace et nesge qui y estoit et ne païa riens, et aussi on ne lui demanda riens. Ne autrement ne plus avant, sur le faict desd. acquitz ne sauroit parler ne depposer quelque chose que escripte en ait esté. Ainsi signé : G. du Val.
Ensuivent les depposicions des tesmoingz examinez par Guillaume Couldren , lieutenant de Louys de Cormeilles , escuyer, viconle de l'eaue de Rouen , dont le recollement a esté fait par Pierres Daron, lieutenant-général de noble
(l) Quatre hameaux fomposaieat la paroisse de Jumieges, c'étaient alors , comme aujourd'hui , le Mesnil , Conihoult et Herteaiiville.
lioinmc, monsieur Guillaume Cousinot, chevalier, seigneur de Monstreul-sur-lc-Bois, conseiller du Roy, noslre sire, et son bailli de Rouen, appelle et présent à ce Guillaume du Val, tabellion de Rouen , aux jours et par la manière que cy-devant est deciairé.
Premièrement .
Thomas Deron(l), demourant à Saint-George sur Fontaines-le-Bourc, aagiédeLXxiians ou environ, jure etc , dit et deppose qu'il a esté officier en lad. viconté par l'espace de XXX ans ou plus, tant en Toffice du poix comme en office de sergent. Et a veu , de tout son temps , que les fermiers de lad. viconté bailloient à leur proufit le passage et travers du port de Jumieges et que, en icellui port, le fermier prenoit et recevoit semblables acquitz des denrées passans el traversans lad. rivière de Seyne comme on les prent en la viconté de Teaue , de celles qui passent par lad, rivière, devant lad. ville de Rouen. Enquiz s'il a point memore des fermiers qui pour lors estoient ne de ceulx à qui ilz bailloient icellui port? Dit qu'il n'en a point de memore , si non d'un homme nommé Massiot Guillebert , lequel a tenu icellui port depuis que les anglois entrèrent dedens Rouen. Auquel on le bailloit à le cueillir en la fourme et manière acoustumée au devant de la conqueste d'iceulx angloiz. Et plus avant sur lad matière ne sauroitque depposer.
Robert Dufay, demourant en la parroisse Saint Eslienne en la rue aux Tonneliers de Rouen , aagié de cinquante ans ou environ , jure etc., dit et deppose qu'il a veu cueillir au port de Jumieges , en ung endroit que l'en appelle le Kay-le-Roy, des denrées et marchandises qui traversoient
(1) Recolé par Pierres Darou , lieutenant etc., présente, du Val, tabellion, le vi» d'avril M. CGC. LUI après Pascjues.
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la rivière aud. port , tout et tel acquit comme Ten fait païer en la viconté de Teaue de Rouen. Et y païoit ung homme pour lui et son cheval chargé de marchandise , ung blanc on demi-breton ; et l'appeloit-on la coustume du Roy. Et en a veu fermier Massiot Guillebert lequel avoit commis cellui qui gouvernoit le port de Jumieges à cueillir pour lui led. acquit et travers pour le Roy, çostre sire. Et a bien memore qu'il a veu la rivière de Saine si fort gelée qu'il passoit lad. rivière par dessus la glace ; maiz, pource qu'il ne portoit riens , le passagier du bac n'en demandoit riens, pource qu'il ne passoit point par led. bac. Mais s'il eust porté aucunes denrées il en eust paie acquit pour le Roy. comme dessus est dit. Et plus n'en scet (1).
Jehan Le Vigneur , dit Frondebosc , demeurant en la parroisse Saint Andrieu de Rouen , aagié de lx ans ou environ , jure, etc., dit et deppose qu'il a veu de tout son temps cueillir acquit pour le Roy des denrées passans et traversans par le port de Jumieges , en ung port nomnîé le Kay-le-Roy. Et a bien xl ans qu'il y vit ung qui tenoit led. passage à ferme . soubz les fermiers de la viconté de l'eaue de Rouen. Et si a veu passer par dessus la glace une charette et chevaulx chargiez de marchandises. Et cueilloit icellui fermier l'acquit d'icelies denrées et marchandises. Et servi pour lors ung nommé Vassi. Et estoit une fois avecques lui qu'il vit passer par led port ung riche homme, nommé Jehan Langloiz , de Routot, qui aloit achater à Harfleu toutes manières de denrées et marchandises , comme garance , figues , vin doulx et autres denrées de toutes eessences, lesquelles il faisoit amener à charroy et les faisoit passer par dessus la glace , pour ce que la rivière estoit si fort geleé que les charectes et chevaulx passoient par dessuij tous chargez. Lesquelles denrées et marchandises , charettes et chevaulx ledit marchant
(1 ) Rccolc (ut suprà. )
acqiiiloit connno il cusl fait en la vicoiilé de reauc de Rouen. Maiz ne scct se led. acquit estoil pour le Uoy ou non, et croit mieulx que c'estoit pour le Hoy que autrement, pource que le bac d'iceulx religieux ne servoit de riens pour lors à ceulx qui passoienl et traversoient. Et I)his n'en scct (1).
Philippot de la Rue , dit Moreau , demourant à Sahurs, aagié de iiii"'' ans ou environ , jure etc., dit et depposc que passé à cinquante ans et tousjours depuis a veu bailler par les fermiers qui estoient en la viconlé de Teaue , depuis la rébellion du païs de Caux , le port et travers de Jumieges, à le cueillir, par ceulx qui le tenoient , sur les denrées qui passoient et traversoient par led. port tout en la fourme et manière que les marchans , à qui lesd. denrées appartiennent , eussent païé en la viconté de l'eaue de Rouen , se ilz eussent passé par la rivière de Sayne audit lieu de Rouen. Mais il dit que ce qui a aboly le droit du Roy aud. port , a esté pource que ceulx qui tenoient le bac des religieux de Jumieges , prenoient lad. ferme des fermiers de la viconté ou de ceulx à qui lesd. fermiers Tavoient baillée. Et si a esté long temps en non valoir, pource que au temps de la guerre nul ne se osoit porter fermier ne acquiteur. Et cellui qui tenoit le bac si cueilloit toujours , avec son passage , l'acquit du Roy ; par quoy plusieurs qui y passoient ne scavoient se ce que led. passager leur demandoit etfaisoit païer estoit pour le Roy ou pour les religieux dud. lieu de Jumieges. Et plus n'en scet. Ainsi signé : Couldren (2i.
Cette présente coppie a esté coUacionnée aux originaulz
(1) Recolc ... (ut suprà. )
(2) Recolle.... le mercredi Axviii'' jour de mars MCCCCLII , présent led. tabellion.
des informacious et recoUemens dessus Iranscrips le quatriesme jour d'aoust, l'an mil IIIl'^ cinquante trois, et , par l'ordonnance de justice, baillée et délivrée, close et scellée aux religieux , abbé et couvent , de Saint Pierre de Jumieges pour eulz en aidier et leur valoir, en temps et lieu , ce qu'il appartiendra. Laquelle collacion a esté faicte par le commandement de Pierre Daron , lieutenant gênerai de Mons' le bailli de Rouen , par moy , Jehan Dauteny , greffier dud. bailliage, Tan et jour dessusd. (Signé) J. Dautenv.
Commerce avec Anvers. — Prises de navires — Protection accordée par Rouen aux marchands (1).