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Le (Jeuxlesme jour do juillet mil cinq cens soixante sept pardevant Jehan Fleury et Thomas Lepage.
Furent presentz lesd. Auvray, Letellier et Vauquellin , lesquelz , à l'instance l'un de l'autre , ont recongnu a leur faictcy appozé. Promettant etc. , sur l'obligacion etc. Presens : Ysoré Dargent et Thomas Yubert, tesmoings.
(Suivent les marques ci-dessus et la signature du notaire: T. Lepage.)
{En marge : Faict pour led. Letellier. Faict pour led. Vauquelin. Faict pour led. Auvray. )
Etat du commerce et des finances de la ville de Rouen (1).
Remonstrances que font au Roy les députez de la ville de Rouen , à ce qu'il plaise à S. M. descharger les manans et habitans de lad. ville de la somme de deux cens mil livres tournois ordonnée estre levée sur lesditz habitans pour la convertir en partie de Tacquiclde ce que sad. Majesté doibt aux Reistres et Suisses, ou pour le moings , à ce que lad. somme soit modérée et reduicte selon que S. M. trouvera estre equictable et convenable, ayant esgard ausdictes remonstrances. [Présentées au Roi à Gaillon.]
(1) Arch. mun. de Rouen, Délibérations, A. Il», f. 205 et suiv.
En premier lieu que depuis neuf ans en ça lad. ville a esté affligée , apouverie et diminuée d'hommes et de biens , autant ou plus que ville de ce royaulme.
Car dès le mois d'avril mil cinq cens soixante deux , ceux de la Religion prétendue refformée prindrent les armes en lad. ville , saisirent les portes, chassèrent les Gatholicques en la pluspart et y commandèrent jusques au moys d'octobre ensuyvant.
Les Catholicques, tant partis que ceulx qui demeurèrent en lad. ville furent entièrement pillez , leurs maisons remplies de soldatz de lad. relligion , qui furent sustentez et nourriz, tant et sy longtemps que les Catholicques n'eurent de quoy y subvenir.
Ceulx mesmes de la Religion furent chargez de soldatz etd'emprunctz, pour la fortiftication de lad. ville , solde de gens de guerre et autres nécessitez.
Aux champs, prez lad. ville , les métairies et maisons desdictz habitans furent pillez , saccagez et quelques unes du tout ruynez, et la pluspart des habitans , speciallement les Catholicques, errantz et vacables par les champs , jusques au moys d'octobre cinq cens soixante deux que Sa Majesté estant en personne en son camp devant lad. ville , la prinst et remist en son obéissance.
Le sac-pillage qui fut lors faict , est sy remerqué,au grant regret et dommage de tous les habitans de lad. ville, voire de tout le pais de Normandie , que une infinité de personnes qui , précèdent ce desastre , estoient riches et opullenlz ejitretenoient et nourrissoient soubz eulx facteurs et serviteurs , marchandz et artisantz , a esté veu depuis mandier par ce royaulme.
Et par ce que Sa Majesté a veu quel y a esté le desordre et ce que , lors de la prinse de la ville en a esté prins , pillé et emporté, elle peuli juger de combien le tratlicq de lad. ville en a esté diminué , quel nombre y a eu perdu ou vye ou biens , ou le eredict , et de combien a esté estrange
l'ancipiine commodité d'afirer d'ailleurs quelque |M'oufl]ct ou richesse en lad. ville , comme il se faisoit au précèdent.
Se pourra seullement dire, avecq vérité, de faict patent et oculaire , qu'il n'y a poinct de présent , le tiers autant de personnes en lad. ville qui face ou puisse faire le trafllcq ainsy qu'il s'y faisoit précèdent led. sac.
La ville prinse, S. M. pour luy donner quelque asseurance contre ceulx qui esmouvoient et nourrissoient la guerre , y ordonna quatre compaignies de gens de pied , qui tousjoursy ont esté entretenuz jusques aprez la prinse et réduction du Havre.
Pour la solde desquelles lesd. habitans paierent saize mil cinq cens livres , et a autres compaignies du régiment du feu conte de Brissac , qui alloient au siège du Havre , fust payé pour le passaige , neuf mil cinq centz livres , que S. M. doibt encor , pour le présent a lad. ville.
Et pendant ce temps, auquel escouila une année et demye, pour le moings , tout le moien du traflîcq et du commerce a esté tolly ausd. habitans , par ce qu'ilz n'en ont commodité d'ailleurs que la mer et Tembouchement de la rivière de Sayne et que , audict temps , tous les passages ont esté cioz et detenuz par ceulx de la Relligion et les Anglois.
Ce tralTicq cessant qu'il ne reste, à lad. ville,
moien ou aisance quelconque , non pas de s'agrandir ou recouvrer ses pertes, mais s'entretenir seullement.
L'an suyvant, qui fust mil cinq centz soixante quatre . comme sy caste pauvre ville , menacée et regardée de toutes partz , y advinst ceste misérable et infinie ruyne du pont, pour la violence et desbordement des rivières et ruisseaulx qui descendent en la Sayne , lequel causa autre ruyne des navyres et basteaulx estantz au bort, et une telle perte des biens et marchandises des habitans , qu'elle n'a esté gueres moindre que celle du sac de lad. ville , et en a continué la mémoire avecq le dommaige jusques à mainctenant.
Tost aprez reconiniencerent les tioul)les qui fiisl en Pan mil cinq cenlz soixante sept, durant lesquelz S. M. congnoist combien de compaignies de guerre ont esté enlretcnuz en lu ville , sur la bourse des habitans.
Combien ont esté impensez de deniers pour les rempartz , fortiffications, pouldres, fonte d'artillerye , provisions d'armes , qu'il a fallu aller recharcher jusques aux pays estranges , munitions de guerre , entretenement de soldatz et serviteurs sur ce voiage , et ministres pour advertir songneusement à toutes occasions et à tout ce qui se praticquoit, tant par deçà que chez Testranger par les ennemys intestins et domesticques sur lad. ville, et les frontières du pays, comme les effectz , qui sont réussis, en portent tesmoingnage , du soin , vigilence , fidelle service que lesdictz habitans ont faict en cest endroict, et du fruict que tout ce royaulme en a senty, pour avoir empesché que les desseings des ennemys ne soient parvenuz à leurs effectz.
Et combien que toute la substance de ces pauvres habitans y ait esté espuysée et asséchée de sy grandz fraiz , et que la ville, comme estroppiée de ses membres ne consistast , durant tout ce temps , que en une partie de son tout.
Estant le reste absent . qui estoit en grand nombre , pour raison de la guerre de la Religion , sy est-ce qu'ilz n'ont délaissé de porter et païer tous les emprunctz et impositions qu'il a pieu à S. M. lever sur eulx, pour subvenir à ce , et pour lesquelz emprunctz et autres subventions, lad. ville court et est obligée en plus da iiii'^'' m. 1. t. de rente , par chacun an.
Par commission du mois de décembre mil cinq centz soixante six , monsieur de Carrouges , lieutenant de S. M. en lad. ville et messieurs de Baucquemare et Fumée , premier et second président de Parlement levèrent cinquante mil livres.
— 'iTO —
En janvier et febvrier mil cinq cciilz soixanlc cinrj , ont levé par autre conimission , adressée audict sieur premier président et aux S" de Dracqueville et Bonacourcy , cent cinquante mil livres.
En ce mesme an , cculx du clergé de lad. ville ont payé pour leur contribution de la subvention faiclc à S. M., par les ecclésiasticques de son royaulme lviii" ix'^^lxvih livres tournois.
Au mois de febvrier mil cinq centz LXVIII, le mesme clergé du diocèse dudit Rouen, pour la cause cy-dessus a payé deux centz mil escus sol.
Ce mesme mois et an, lad. ville a fourny à S. M. cent mil livres , pour l'achapt de dix mil livres de rente constituez par lettres de S. M. sur les plus valleurs des greniers à sel.
Et sy avoit fourny et payé, au mois de may de Tan précèdent , qui esloit mil v^ lxviii , i,x™ livres pour autre constitution de vi"" livres de rente , sur les plus valleurs de la solde des gens de guerre.
Plus, ont esté levez, en ladicte ville , par lesd. S'* de Bauquemare et Dracqueville, par commission de S. M. cent quatre vinglz mil livres tournoys.
Monsieur le président Viollard y a levé . par antre commission, tel etsy grand nombre de deniers que , non seullement ceulx de la Religion prétendue reffbrmée en ont e.sté ruynez et renduz inutilz à autres subventions; mais les Catbolicques , qui leur estoient créditeurs ou débiteurs, en ont presque senti pareil dommaige , ayant esté le créditeur contrainct de sursoir et, ce faisant , souvent perdre sa debte , et le débiteur de l'advancer pour son créditeur . à son grand interestet donmage.
Il reste encor mainctenant à lever sur lesd. habitans, la somme de cinquante deux mil quarante cinq livres traizc solz deux deniers , pour I.i solde de cinquante mil liommes de pied I;k|ucI1(,' tant s'en faull fjuc lad. ville puisse rccou-
vrer et lever sur les habitans , soit en la ville ou à la banlieue, que la pluspart, et en l'une et en l'autre, a esté trouvé innutille et reduicte à néant , pour raison des guerres et pertes passées.
N'ayantz et ne possedantz ceulx de lad. religion , qui sont rentrez , en vertu de Teedict de paix , rien ou sy peu de biens ou marchandise que la subvention en est comme désespérée de ceste part , synon à l'endroict de quelques ungz mais bien fort petit nombre.
Et encores , le bien de ceste paix et trancquilité a esté suyvy et acompaigné de bien prez d'un desastre et autre calamité sy grande qu'elle se peult e.sgaller aux précédentes pertes.
Car par le débordement des eaues , la rivière de Sayne , qui passe pardevant la ville , s'est tellement accreue , au mois de janvier et febvrier dernier, en cest an mil cinq centz soixante et unze , qu'elle est montée plus de cinq cens pas dans la ville, a gasté, pourry et consommé ung nombre infiny de marchandises , principallement de victuailles, comme fruictz, sucres, harencz, morues, beurres, saulmons et autres telles espèces , dont la pluspart des habitans faict traftîcq , par toutes les villes de ce royaulme ; et de cela est provenu au pauvre peuple , qui vivoit de la revente et commerce de telle marchandise , une telle pauvreté et indigence , qu'il n'y a moïen qu'il s'en puisse relever.
La mer, depuis quatre ans , a esté entièrement couverte de pirates et l'est encores mainctenant, tellement que les voiageurs et navigateurs aux pais estrangers , qui estoit la soursse des plus grandes richesses desdiclz habitans , ont esté du tout délaissez , le tradicq pery et les marchandz contrainctz de vivre de sy peu de meuble ou héritages qui leur estoit resté du sac de la ville ou qu'ilz avoient acquiz depuis.
Néanlmoins toutes ces perles , iesd. habitans ayant/ es-
poir et entière confidence à la bonté du Roy , et qu'il ne leur demande la subvention présente que pour estre pressé de nécessité de ses debtes s'esverturont de luy aydor de tout ce qui sera en leur puissance , leur délaissant seuUement de quoy se pouvoir entrelenyr , et avec la grâce de Dieu , recommencer leurs négociations accoustumez.
Mais ilz suplient S. M. considérer que avant toutes leurs pertes , ilz n'ont jamaiz esté estimez en conférence avecq la ville de Paris que pour une huictiesme partie ou pour une sixiesme pour le plus , mesmes en Tan mil cinq centz cinquante sept, que lad. ville estoit encores en splandeur et en beaucoup plus grande commodité qu'elle n'a esté du depuis, ayant le feu roy Henry, de bonne mémoire , que Dieu absolve, levé sur lad. ville de Paris iir " livres les habitans de Rouen furent seullemcnt imposez à l" livres.
Supplient aussy S. M. considérer comme ilz se sont lousjours efforcez, en la subvention et es affaires, de quelle promptitude et volunté ilz ont porté les charges qui leur ont esté commandez , et soubz ceste considération se contenter de prendre d'eulx une somme sy modérée et raisonnable , que de mesme volunté et promptitude , ilz la puissent fournir et payer , non entre les mains du receveur des tailles, comme le contiennent les lettres de S. M., parce que cela apporteroit quelque oppinion qu'on en voulsist faire estât à Tadvenir, et que pour les fraiz et despens, la recepte en soit plus dommageable à S. M et plus odieuse au peuple , qui tousjours a esté sy favorablement traicté des roys , qu1l n'a jamais esté ny taillé nycapité, mais que la recepte se paye par les mains du receveur ordinaire des deniers communs , dons et octroiz de lad.. ville, comme en pareilles subventions a esté tousjours accoustumé.
Supplient S. M. accommoder lesd. habitans de quelque temps raisonnable par anneoz, i)our païer la somme qui luy plaira arrester, (^t ordonner que les deniers seront tirez di-
leclement des mains de leurd. receveur et délivrez par luy à qui , par Sa Majesté et mandement de l'un de ses trésoriers , sera advisé et ordonné.
Et cependant et en considération qu'il seroit impossible que par dessus lad. subvention, lad. somme de cinquante deux mil tant de livres feust levée et receuillie sur lesd. habitans, suplient très humblement Sad. Majesté ordonner que lad. ville la prendra et receuilira sur les plus valleurs des deniers et aides accordez et octroiez à lad. ville.
Etat de Rouen en 1571 (1).
Remonstrances au Roy sur l'émotion advenue en la ville de Rouen.
Il a esté advisé qu'on remonstrera très humblement à Sa Majesté l'innocence du corps de lad. ville aux émotions nagueres advenuz , aussy sera supliée très humblement Sadicle Majesté vouloir donner la somme de quatre vingtz mil livres nagueres assise sur les habitans de cested. ville , pour le premier terme de la subvention generalle , actendu l'impuissance des habitans d'icelle et que plusieurs quictent à ceste occasion la ville et s'en vont allieurs. Qu'il luy plaise aussy que la somme de cinquante deux mil li-
(I) Arcli. nuiii. ilr Koiien, Dclibrialinns , icg. 10, fol. 20i.
vres quarante cinq livres Iraize sol/ deux deniers tournois . estantz encor à lever en cesled, ville soil constitué en rente sur les plus valleurs des aides nagueres octroyés par Sa iMajesté , suyvant le mémoire et instruction de ce nagueres faict aux députez de lad. ville. Aussy l'on suplira S. M. vouloir faire porter la somme de traize mil neuf ceiilz tant de livres nagueres fournie aux soldatz estantz en cesle ville en garnison , par Tordonnance de monseigneur le duc de Montmorency surle pays, et à ceste fin qu'il luy plaise adresser conmiission à messieurs les generaulx des finances , mesmes sera suplié Sad. Majesté que le don des arricrages des rentes deubz à ceulx de la nouvelle oppinion , en preceddent l'eedict de pacitïication , sortira son plain et entier effect , et à ceste fin , s'en addresser à monseigneur de Lansac , lequel en a touché la somme de huict mil livres, par don qui luy avoit esté faict par le Roy, comme estant tenu les rendre , au cas que led. don n'eust lieu. Et aussy sera suplié très humblement Sad. Majesté que ceulx qui sont condampnez pour les émotions nagueres advenuz et estantz taxez à la subvention generalle, desquelz l'on vend leurs biens , que leur taxe soit prinse sur les deniers desdictz venduz. Pour faire lesquelles remonstrances et se présenter au Roy ont esté eleuz et nommez , messieurs de Brevedent , lieutenant-general audict bailliage , Pierre Kocque , S"^ de Genestey . et Raoult Halle , conseillers modernes; Nicolas du Four, S"" de Longuerue , Berthelemy Halley et Jacques le Seigneur , anciens conseillers; messires Mathieu PouUain et Guillaume Ango, pensionnaires, Jehan Vymont, quartenier , Georges Langloys, S"" de Remare, messire Jehan Voesin , grenetier, Pierres Lailler cl Octovien Bigot, S' d'Estcvillc, bourgeois de lad. ville.
Pirateries (Rouen) (1).
1B73, OCTOBRE 17. [Requête présentée au mois d'août précédent.]
Au Roy.
Sire ,
Les grandes et insupportables pertes que font chacun jour plusieurs marchands de vostre ville de Rouen , parles incurcions et volleries de nombre infini de pirates , qui tiennent la mer à leur dévotion et mercy , contraignent les Eschevins de vostred. ville de recourir à Vostre Majesté et vous supplier très humblement de pourvcoir, non seullemont à ce que lesd. marchandz puissent avoir raison et justice de telles oppressions et pirateries . commises sur eulx depuis deux ou trois mois en ça et qui continuent de jour en jour , mais aussy de desracyner et coupper le pied de ce mal , afiin que voz subjectz puissent avoir la navigation libre et asseurée.
Sire , tous ces brigandages se commectent par quelques volleurs et pirates qui escument la mer , guectent les marchans , allans et venantz des citez et portz de vostre royaulme aux pais et terres estranges , pillent les marchandises, coullent les vaisseaulx en fondz , retiennent les maistrcs et marchans prisonniers , et les mènent avecq leur pillage en certains porlz du royaume d'Angleterre , où ilz
(1) DcUbcruUvits, A. 19, fol. J()7 r" à 308 \' ■
sont l'ccciiZLMi toute seiiretté et liberté , soyl par la malice ou connivence des oftîciers des lieux on autrement, tellement qu'il y a port ou havre , ou ces pirattes Ireuvent retraicte que audicl pais d'Angleterre , et l'asseurance de ceste sy libre et ordinaire retraicte , les encourage et enhardyt de continuer leur piraterie , de sorte qu'il ne se parle eu toute la place des marchandz de vostre ville de Kouen , aux portz de Fescamp , du Havre de Grâce . de Dieppe et d'ailleurs, en toute ceste cosle de Normcndie que de pillage et perte de navires , connue la majesté de la Royne vostre mère , qui nagueres a foict voïage audict lieu de Dieppe , vous pourra , s'il luy plaist , porter lesmoingnage de ce qu'elle mesme a veu.
Mais ces pertes , encores qu'elles sont grandes et non de moindre importance à plusieurs bourgeois de vostre dicte ville que de tout leur bien et substance ne mériteroient toutesfois de telle considération sy les etfectz et la conséquence ne tournoient du tout au dommage publicq , au préjudice de voz affaires , qui y avez le premier intcrest , et à la perte et cessation de la navigation , de laquelle seulle dépend le port des marchandises estrangeres , que vostre royaulme ne produict , et l'augmentation et richesse de voz subjectz.
Sy vous suplient «très humblement, Sire, qu'il vous plaise en escripre à la Iloyne d'Angleterre , à ce qu'elle repurge les portz et havres de son royaulme de ces brigandz , pirates et volleurs , qu'elle use contre eulx de la rigueur du droict, face restituer aux paouvres depredés leurs marchandises et vaisseaulx, et deffendre très estroictement à tous ses otiîciers de la marine , maires de ses villes , et à tous ses subjectz de recevoir ne admectre aucuns navires à ses havres, sinon avecq bon et vallai)le enseignement du congé du parlement dfi lieu où le navire aura esté chargé , et du nom du maistre du marchand , avecq la charte partie , ainsy qu'en tout royaulme il est ordinaire et accoustumé au faict de la marine ; et oonunander à vostre ambassadeur resi-
(Ifiiit pipz ladicle damo , qu'il facfi de cv. qiin dessus prompte et vertueuse poursuicte , aflin que la justice qui s'en fera contraigne les voUeurs , qui par ce moïen ne trouveront plus de relraicte , quicter la mer et retourner en leurs maisons.
Et pour rendre vostre ambassadeur mieulx informé de la particularité de ces brigandages , lesdictz eschevyns de vostre ville de Rouen , ont retiré d'aucuns marchandz les mémoires des navires depredés , depuis deux mois, la quallité des marchandises dont ilz estoient chargés , les noms des maistres et les portz où les pirates ont conduict lesdictz navires et marchandises , lequel ilz vous suplient, très humblement, Sire, faire veoir et commander l'enclorre avecq les lettres que Vostre iMajesté , s'il luy plaist , luy envoira ; et sur tout interposer tellement vostre auclorité que voz paouvres subjectz puissent estre hors des dangers qui se continuent et augmentent sur eulx de jour en jour.
Pirateries (Rouen) (1).