‹ Mémoire sur le commerce maritime de RouenChapitre 18 sur 38 · CHAPITRE XJII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XJII

ETAT DU COMMERCE DE ROUEN DEPUIS LA MORT DE PHILIPPE-LE-BEL JUSQu'a LA PRISE DE CETTE VILLE PAR HENRI V.

Durant cette longue période , c'est à peine si un peu de bien compense les plus grands désastres. La Normandie est assez tranquille de 1314 à 1346; elle reçoit sa charte et des Etats. Mais ensuite voici la peste noire de 1348, les invasions d'Edouard III, les grandes Compagnies, la Harelle, l'anarchie par toute la France; sous Charles VI, la prise de Rouen par Henri V, après un siège dont les détails font frémir (1). Au milieu de ces coups redoublés de la mauvaise fortune, les dix bonnes années du règne de Charles-le-Sage ne semblent se placer que pour

(1) Voyez Hist. de liouen sous la domination anglaise^ au xv« 5., par M. A. Chéruel.

raviver le souvenir des biens que procure la paix, et qu'on avait perdus.

A compter des expéditions maritimes de Philippele-Bel contre l'Angleterre , on peut dire que la Normandie est définitivement acquise à la France. Dans ces guerres, le roi^n'est plus obligé d'emprunter» comme Philippe-Auguste , un amiral et des navires picards ou flamands pour combattre les Anglais ; les Normands s'empressent d'ofl*rir leurs vaisseaux (1). La lutte entre les deux puissances rivales est désormais engagée, et Rouen va prendre tout l'aspect d'un port militaire. L'arsenal de marine que saint Louis avait pensé fonder à Couronne (2), le nouveau clos aux Galées, s'établit en face de notre ville , les approvisionnements maritimes deviennent une nouvelle branche de commerce pour les négociants rouennais. Froissart, au sujet de l'expédition que Charles VI méditait contre l'Angleterre en 1386, donne une liste des munitions de bouche de ce temps-là. Je n'y vois rien que notre province ne fût à même de fournir. « On emplissait les vaisseaux, dit-il, de chairs et de poissons salés, de vins, de cervoise, orge, avoine, seigle, blé, aulx, oignons, pois, fèves.

(1) V. ci-dessus, chap. x.

(2) V. ci-dessus, chap. xi, sect. 2.

foin en baril , chandelles de cire, bouteilles â verjus et à vinaigre, pots, godets, cuillers de bois et d'estain, chandeliers , bassins, cochons gras , hastiers (broches), outils de cuisine et de bouteillerie , sel , biscuits, farine, graisse et moyaux d'œufs battus en tonneaux (1). » Les Rouennais durent se livrer avec ardeur à ce genre de spéculations , parce que la guerre rendait fort difficiles les arrivages de laines pour leurs fabriques , et que d'ailleurs les foires de Champagne et de Brie , qu'ils fréquentaient beaucoup au siècle précédent, déclinaient de plus en plus (2).

Au commencement du xiv^ siècle , la marine militaire prit donc, à Rouen et dans toute la Normandie, une véritable prépondérance. C'est à cette direction nouvelle des esprits, non moins qu'à l'état de langueur où la guerre avec l'Angleterre avait fait tomber les fabriques de draperie, que j'attribue ce qui se passa aux Etats normands en 4338. On sait que la conquête de l'Angleterre y fut résolue. L'un des articles de cet acte curieux constate que le roi avait dès lors une marine, puisque

(1) Cité par Le Grand d'Aussy, f^ie privée des Français^ t. II, p. 49.

(3) V. ci-dessus, cUap. x, et Bourquelot, Hist. de Provins,

la province promit cinq ou six nefs, lesquelles, réunies à la Navire du Roy y devaient servir à transporter 1,000 hommes d'armes en Angleterre (I). Les préparatifs de cette expédition se firent dans les ports d'Harfleur et de Leure, témoin le mandement, du 8 novembre 1338, par lequel l'amiral Hugues Quieret charge Thomas Fouques, garde du clos aux Galées du roi, à Rouen, de racheter, à quelque prix que ce soit, les armes que les ^owdoyevs de l'armée réunie à Leure et à Harfleur avaient vendues à des marchands, et que ceux-ci se proposaient de porter à l'étranger (2). Mais le document le plus important sur ces préparatifs , c'est sans contredit la quittance, du 2 juillet 1338, qui prouve l'emploi sur la flotte de la poudre à canon , et fixe d'une manière certaine le commencement de Tartillerie moderne en France (3).

Celte belle armée navale , composée de navires normands , bretons, picards et génois , eut une fin des plus tristes. Elle prit la mer, au mois d'octobre,

(1) A. Canel, Recherches sur les Etats df Normandie ^ au xive siècle, p. 7.

(2) Bibl. imp., Invent, des titres des ducs d'Orléans et de Blois, siippl. franc., iio2638, i.

(5) Voyez le Mémoire de M L. Lacabane sur la poudre à canon et son introduction en France. (Bibliothèjjue de PEcolc des chartes, t. l , 2« série, p. 28. et siùy.}

SOUS le commandement de l'amiral Hugues Quieret. Après avoir incendié les vaisseaux anglais devant Hastings, livré aux flammes la ville de Hantonne (Southampton), puis déposé son butin à Dieppe, elle fut surprise le 24 juin 1340 et complètement défaite par Edouard III , dans une anse près de l'Ecluse. La Normandie ressentit profondément ce grand désastre , caf tous ses ports de mer avaient des navires à la bataille de l'Ecluse. Il était sorti de Leure 34 nefs, dont 2 au roi, et 3 galères ; d'Harfleur, 9 nefs ; de Honfleur, 6 nefs ; de Caudebec, 2 nefs ; de Fiquefleur, 1 nef; du quief de Caux, 3 nefs ; d'Etretat, 6 nefs ; de Fécamp , 2 nefs ; de Saint- Valéry (en Caux?), 4 nefs; de Dieppe, 21 nefs et 7 barges portant de 28 à 200 hommes chacune; Touque fournit 5 nefs ; Caen, 1 4 nefs ; la baie de Vire, 8 nefs ; Saint Waast de la Hougue, 1 0 nefs ; Barfleur, 9 nefs ; Cherbourg, 4 nefs (1). Ce fut une nef du port de Leure, nommée la Riche et commandée par Guillaume de Grosménil, qui commença cette funeste bataille. La Riche eut l'avantage sur sa rivale. Le Jacques y de Dieppe, soutint toute la nuit un combat

(i) Voyez le Compte de François de Lospilal, à cause de la grande armée déconfite devant l'Ecluse^ publié pour la première fois par M. Traullé dans VJbrégé des annales du commerce de mer d'Jbbeville^ p. 51 et suiv. Cette pièce a été de nouveau éditée par M. L. Gué rin, llist.marit. de France^ 1. 1, p. 95.

acharné contre plusieurs navires anglais, et ne de vint leur proie que lorsqu'il n'y eut plus un seul être vivant pour le défendre (1).

La marine normande ne devait se relever de cet échec qu'en 1372, devant La Rochelle, sous la conduite de l'amiral castillan, Ambroise Boccanegra (2). Notre ville et toute la Normandie reprirent alors leur activité maritime. Giiarles V fit faire, en 1 376, des coupes dans les forêts de Roumare et du Rouvray pour construire des vaisseaux au clos des Galées (3), et, en 1378, il vint examiner les travaux, accompagné de l'amiral génois Régnier de Grimault. C'est dans ce clos , qui n'était pas exposé aux surprises des Anglais, comme Harfleur et Ronfleur, que durent être construits quelques-uns des navires qu'Owen , prince de Galles, mena à la conquête de Guernesey en 1 272, et avec lesquels le fameux Jean de Vienne , amiral de France , ravagea toutes les côtes du sud de l'Angleterre en 1377 (4).

(1) L. Guérin, IHst. marit. de Fr.^ t. I , p. 84 et suiv.

(2) Tli. Le Fèvre, escuyer, s' du Grand-Hainel , Discours sommaire de la namgation , Avant-discours.

(3) Ordonnances^ t. VI , p. 218. Secousse ne s'est pas rendu compte de ce que c'était que le Maître du Clos (des Galées) dont il est question dans Tordonnance. Il le prend pour un sergent ou garde d'un canton de forêt.

(4) Léon Guérin, Hist. marit. de France , t. I, p. 96 et suiv.

Mais entre la bataille de l'Ecluse et ces succès , couronnés par une dernière victoire de l'habile Jean de Vienne, en 1387, il faut placer vingt-cinq années de troubles et de misère. Je ne fais que rappeler cette triste époque , qui commence au débarquement d'Edouard III dans le Cotenlin , en 1346. V Histoire de Rouen de M. Chéruel en trace le plus fidèle tableau (1). Une fois le pied en Normandie, les Anglais ne cessèrent de piller celle riche contrée et d'en emporter tapis, draps, bijoux , meubles précieux; 40,000 pièces de riches étoffés furent la proie du vainqueur dans la seule ville de Caen. Rouen , entouré de bonnes fortifications, fut encore une des cités normandes qui soufl'rirent le moins; toutefois, de 1357 à 1359, le désordre était tel, que Texercice de la justice municipale y fut à peu près complètement suspendu (2). Quant au commerce avec Paris par la Seine, il ne faut pas s'en prendre aux Rouennais s'il fut interrompu ; on sait leur vigoureuse expédition contre les Compagnies navarraises établies à Rolleboise (3).

Cependant la population de notre ville s'était accrue de tous les fugitifs des villes et des campagnes dévastées. Le calme n'était pas encore

(1 ) iHst. de Bouenpend. V époque communale ,1. II, p. 155 et s.

(2) .^rch. mun. de Bouen , reg. DD, fol 50.

(5) Chéruel, Uist. de Boucn^ précitée, t. II, p. 202 et suiv.

rétabli au dehors, que déjà la discorde régnait dans Rouen entre ces nouveaux venus et les anciens bourgeois, en sorte que la révolution démocratique qui avait enlevé au maire, en 1320, la gestion de presque tous les deniers communaux (1), continua son œuvre de nivellement avec d'autant plus de force. En 1330, les petits marchands s'étant plaints que les riches bourgeois monopolisaient le commerce , le maire avait ordonné de porter dorénavant sur la place publique, et de vendre la cargaison des navires le jour même de leur arrivée. En même temps, défense avait été faite aux négociants de loger les étrangers chez eux, dans la crainte de transactions frauduleuses. En 1359, cette ordonnance fut renouvelée (2); mais elle était devenue insuffisante pour ramener l'ordre dans notre ville. Déjà la lutte n'était plus entre les anciens pairs de la commune et les bourgeois nouvellement enrichis : elle était entre les corporations et les ouvriers forains, assez nombreux pour demander l'exercice libre de l'industrie. Rouen invoqua son titre de cille de loi , autrement dit son droit de juridiction et de surveillance sur les métiers (3). C'était

^1) Chéruel , flist. de Rouen, précitée, t. l, p. 220 et siiiv. (2) /d., t. H, pp. 91 et 270.

(5) V. la défiuilioii donnée par de I,aiii ière dans le Hcc. des Ordonnances, l. III, p. 4!l, note c.

répondre à la question par la question; toutefois, le droit l'emporta. A cette époque les diverses industries d'une ville étaient considérées avec raison comnie une partie de son patrimoine; aussi les magistrats municipaux avaient-ils l'œil à ce qu'aucune fraude ne s'introduisît , à ce que la ville restât toujours digne de la réputation qu'elle s'était acquise. A Ab beville , par exemple , toute pièce de drap défectueuse était brûlée à l'échevinage, au son des «loches, et l'ouvrier qui l'avait faite, banni pour un an et un jour. « Que le drap fait pour les Espagnols soit bon et loyal , dit un règlement du xiv** siècle , et qu'il ne soit mie de trop grosse laine

de cuisse, car s'il estoit ainsi fait la lisière

lui seroit ostée d'un bout à l'autre. » Et pour prévenir le dol, les statuts de la draperie furent , en 1362, remis scellés du sccl aux causes de la commune , aux négociants d'Espagne et de Portugal (1).

Nous avons pour Rouen , à la date du 6 août i 360, une déclaration du maire, Antheaume deMaromme, dont quelques dispositions ont peut-être servi de modèle au règlement d'Abbeville. La décision du maire de Rouen fut prise après une délibération à laquelle assistaient plus de 1,000 personnes du

(4) F.-C. Louandre, IHst. dJhbeville et du Ponthieu ^ t. II, p. 556.

tïiétier de draperie. On y arrêta que les draps de Rouen , qui avaient alors la réputation d'être extrêmement fins et très souples, seraient visités par les gardes du métier, dits boujonneurs , et scellés d'un sceau aux armes de la ville (1). Mais à Rouen, comme je l'ai déjà fait pressentir, les questions d'industrie se compliquaient de la concurrence des ouvriers forains que la guerre avait poussés dans la ville. Ces étrangers , établis avec l'autorisation du roi, d'abord provisoirement, puis définitivement dans les faubourgs de notre ville , faisaient beaucoup de tort aux anciens fabricants. De làunelutle, qui se termina par la réunion, en une seule corporation, des maîtres de la grande draperie de Rouen et de ceux de la draperie foraine. Cette transaction, ratifiée par l'Echiquier, devant lequel avait été porté le débat, fut confirmée, en 1424, par Henri VI, roi d'Angleterre. J'y remarque cet article , qui est le dernier : « Au scel de lad. drapperie [nommée la drapperie de Rouen] y aura un aignel, d'un costé, et, à l'autre costé, une S et uneR, et une couronne dessus, et deux fleurs de lys, costoïans le S et le R, en signe de conjonction des deux drapperies (2). »

On sent mieux encore l'importance que la fabri-

(1) Cliéruel, fJist. de Rouen, précitée, t. II, p. 271 et suiv.

(2) Arvh. munie, de Rouen^ U 2, fol. 23 et suiv.

cation des étoffes de laine avait déjà acquise dans notre province , lorsqu'on voit les rois s'en préoccuper. J'ai déjà rappelé les privilèges que Charles V accorda aux Castillans , en 1364, à la demande de Henri de Transtamare , mais aussi, évidemment, dans l'intérêt du commerce et de la fabrication des draps du royaume (1). Je trouve un nouvel indice des intentions du sage prince dans une ordonnance de la Chambre des comptes adressée au visiteur des ports et passages des bailliages d'Amiens, de Lille , de Douai et de Tournaisis. Dans cette pièce, du 4 août 1361 , relative aux exportations et aux impôts qui s'y rapportent, il y est déjà beaucoup parlé de laines et de teintures venant d'Espagne (2). Charles V se proposait donc, dès ce moment, d'attirer les Castillans à Harfleur et à Rouen, pour diriger ensuite sur la Flandre le surplus de leurs marchandises. Si l'on rapproche de cette observation cette autre, précédemment faite, que la France eut toujours l'Ecosse pour alliée (3) , on en conclura que c'est avecles laines de ce dernier pays et celles de la Castille que se fabriquaient, au xiv* et au xv* siècle, les plus beaux draps de Rouen et de la Normandie.

(1) Ci-dessus, chap. xii.

(2) Ordonnances^ t. IIl, p. 465, note b.

(5) Ci-ck'ssus, chap. xii. j

La révolte de la Harelle , en 1 382 , et l'amende énorme que les conseillers de Charles VI impo seront ensuite à notre ville, commencèrent la ruine de son commerce et de son industrie (1). La décadence continua avec les dépenses qu'il lui fallut faire pour défendre ses franchises attaquées de toutes parts; avec les pirateries, qui prirent, durant la confusion et l'anarchie du royaume, un développement inimaginable (2) ; avec les expéditions malheureuses des flottes de Normandie et de Bretagne contre l'Angleterre, en 1403 (3). Dès 1406 , il n'est plus guère question de ces congés que la ville délivrait auparavant en grand nombre aux Flamands qui allaient chercher des vins en France ; le port de Rouen devient absolument désert. Ses derniers hôtes furent probablement trois galères espagnoles qui vinrent hiverner en 1405, et qui étaient pleines, dit le greffier de la ville, « de moult merveilleuses gens (4). »

Pendant que la France , en armes , est partagée entre les deux factions d'Orléans et de Bourgogne ,

(1) Chéruel, Hist. de li ou en, précitée, t. II, p. 459 et suiv.

(2) Je renvoie dans la seconde partie de ce mémoire les détails relatifs aux pirateries, parce qu'ils sont très considérables.

(5) L. Guérin, Uist. marit. de France, t. I , p. 121 et suiv. (4) Jrch. mimic. de Rouen, A 5, fol. 31 et 59 v».

la misère s'appesantit de plus en plus sur nos villes, sur Rouen principalement; car il semble que celle cité , création du commerce , ne puisse subsister que par lui. C'est un désolant tableau que l'état de Rouen raconté dans une ordonnance de Charles VI, de 1408: « Des bourgeois, conseillers et autres notables de noslre ville de Rouen , nous a esté représenté que noslre dite ville soulloit eslre moult grandement peuplée et habitée de plusieurs marchands et autres personnes, et les maisons et héritages d'icelles repparez , soustenus et de grand valleur; néantmoiiis, puis aucun temps ença, icelle ville a esté et encores est moult diminuée et dépeuplée, les maisons d'icelle démolies et Ja

marchandise comme de tout déchue , tant pour

l'occasion des guerres, des mortalités comme

aussi pour le fait des grandes charges de réparations , fortifications et autres , qui ont esté en noslre dite ville , desquelles les demeurants en icelle ont esté si grevés, que les aucuns se sont fuis et absentés (1) ».La désertion continuant, il fallut autoriser les Rouennais , en i 41 1 , à tendre des chaînes en travers des rues et carrefours de leur ville, « parce qu'ils ne la pourroient autrement garder, qu'elle est de grand circuit, très petitement peu-

(1) //rch. munie, de Bouen, A 38, fol. 425 v» et sniv.

plée el en la plus grande partie comme vuide , vague et inhabitée (1). » Le pauvre peuple, affamé, s'attroupait dans les rues en demandant du pain ; il fallut, pour le disperser, menacer les plus turbulents de la hart. Mais les conseillers de ville furent autorisés à défendre, de par le roi, de transporter du blé hors du, duché (2). Aussi, lorsqu'en 1408 Jacques de Waguemere , de Bruges, voulut faire descendre sous le pont de Rouen son navire chargé de froment, sa cargaison fut arrêtée, « attendu la défense du roi et la voix et cri du peuple. » Et malgré une lettre du tout-puissant duc de Bourgogne , malgré les réclamations du bourgmestre de Bruges, Jacques de Waguemere fut forcé d'abandonner son blé au prix fixé par les conseillers (3). Pareillement, lorsque Michel Bertrand, familier d'Olivier de Mauny, capitaine de Saint-Malo , passa par Rouen , en 4410, avec les approvisionnements qu'il avait faits à Paris , les Rouennais l'arrêtèrent et lui achetèrent, bon gré mal gré , les cinquante muids de grains qu'il conduisait en Bretagne (4).

Le reste de l'histoire de Rouen jusqu'en 1419, époque où cette ville tomba au pouvoir de Henri V,

(1) y4rch. munie, de Bouen^ A 58, fol. 81 v».

(2) Id., A 6, fol. 89 vo.

(5) /rf., A 5 , fol. 172 , 175 v° et 181 v». (4) /d., A. 6, fol. 90 et suiv.

n'appartient pas à notre sujet. Durant ces neuf années , le commerce est anéanti dans notre ville ; on n'y vit plus que sous la crainte incessante de Henri V, quiépiaitl'occasion d'intervenir dans nos sanglants débats.

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