‹ Mémoire sur le desséchement du Lac de Harlem, et sa conversion in forêt: dédié aux amis de lChapitre 2 sur 8 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Pour tirer parti de mes découvertes en mécanique , j^ai cherché le mqyen de les appliquer  une entreprise qui, digne de notre siècle, et utile a la société , puisse en même-temps m'indemniser de mes TeilleS|^ La fable du dragon à plusieurs tétcs et Texpérience du passé, me forcent à me mettre seul à la tête de cette entreprise colossale , dans la certitude que les résultats avantageux de l'opération , mon caractère inébranlable et l'habitude du travail , secondés par la haute protection du Souverain feront le reste.

Depuis le 3 1 octobre 1 828 ^ Sa Majesté a daigné m'autoriser à rentrer au service de l'État ; je me suis présenté à l'audience royale du 22 avril dernier , en qualité d'ingénieur mécanicien , et j'ai euThonneur d'expliquer à S. M. f mon Belge ( espèce de pompe foulante sans frottement ). Elle a bien voulu Texaminerdans les plus grands détails et me dire : quelle désirait rfCêtre utile, que je pouvais toujours rrCadresser directement à elle; encouragé , par ses paroles de bonté, je demandai à S. M., la concession du Lac de Harlem et de quelques marais environnanSy

pour le desséchemeiit s'en fiûre par une société

que je formerais.

Ce dessèchement sera basé sur rexcelleiit ouvrage hollandais de M. le Baron Yan Lijnden Tan Hemmen^ ancien administrateur général des domaines, «aux et forêts ,. actuellement membre de la i'^ chambi^e des états généraux , qui m'en a fait cadeau ^' ainsi que des cartes avec autorisation d'en tirer parti.

}'ai fait à ce superbe travail , les changemens nécessités par la conversion en forêt, et y ai ajouté^ entr^autre, un canal de dérivation, qui fera écouler naturellement une grande partie des eaux.

Depuis le XY*"*^ siècle, les contrées connues sous la dénomination de RhijrUand et 6!AmsteU land, ont été successivement submergées et en partie englouties par le Lac de Harlem, renforcé par les débordemens de VY et autres courans voisins ; on n'a fait que des calculs , ou porte de remèdes locaux , pendant plusieurs siècles , pour paralysçr le fléau, mais sans jamais. oser Tarrêter dans sa source; la divergence d'opinion, peut-être même , un grain de jalousie, entre les ingénieurs dé ce temps , y portaient obstacle, le

mal s'est tellement développe depuis celle époque, qu il paraît à certaines personnes, disproportionné avec les moyens d'épuisement connus fusqu^à ce jour, et fait dire que lés frais en seront incalculable».

Telle est Topinioa de ceux , qui ignorent> ou veulent ignorer ^ que ce Lac n'a que treize pieds de profondeur , et a'ont jamais pensé a une dérivation qui la diminuera encore de b^aUF coup.

Je soutiens , moi , qufi par des^ moyens três>» Bàturels ^ on. peut opérer ce dessèchement avecéconomie , et tirer trës-hon parti de- ce sol de première qualité, en plantant eor forêts toutes tes portions, qu'on ne trauveta pas à aliéner avantageusement^

Mais tout le monde n'est pas forcé d'être fo* sestier , et infiniment moîiiS' de savoir calculev les produks d'une forêt dans un tel terrain^ non plus que de savoir aommeat on plante , administre et régit ,. ou^ tire parti d'un si vaste domaine , sans nufre aux propriétés voisines^ sans se nuire à sof-méme', en Bâtissant des fermes innombrables' et dîspencfieuses , qur pew- . vent être perdues corps et biens , par une seule marée éxtraordmake secondée par fe vent;

tandis que semblable accident ne détruirait jamais une forêt ; la marée retirée , les eaux intérieures rentrées dans leurs limites pre&que sans frais , partie naturellement , partie artificiellement , la forêt se représenterait intacte; mais ceci , étant une nouvelle méthode de voir et de travailler , ne doit pas être apprécié de prime-abord ; c'est pourquoi , je tâche de démontrer mathématiquement dans ce mémoire^ que cette entreprise colossale, dont tous lé^ calculs sont exactes et basés sur V expérience^ est facile à exécuter ; et surtout sera très-lu-^ crative sous plusieurs rapports ; comme je démontre aussi , que depuis le XVI* siècle , jusqu'à nos jours , les entretiens du Lac de Harlem ont coûté à l'État où aux provinces, le capital énorme de £[« 6,640,000 , à raison de fl. 3o,ooo par an , ce qui ne serait pas arrivé , si on eût ei^écuté en 1 640 le plan de l'ingénieur Leeghwater , qui né demandait que fl. 3,600,000 , pour le dessécher, tandis que ce Lac s'est accru de ^0,000 bonniers depuis cette époque.

Tout le monde sait que la Hollande^ abondç en Lacs, mares et marais , dont les eaux sta« gnantes sont pestilentielles pendant l'été; puais ce . que les ig/2o™<^« de la nation ignorent, c'est que

tous ces Lacs, mares et marais peuvient être con* Tertis en électricités végétales salutaires à l'homme^ et très-riches en ressources , d'ailleurs indispensables , pour TaTeair.

Rappeler au gouvernement que la disette de bois augmente d'une manière effrayante et que leai tourbières sont près de s'épuiser, c'est lui répéter une vérité , comme lui indiquer le remède au mal est remplir un devoir.

Les abbayes . s^étajeiit chargées autrefois de Tentretien du . sol forestier , si précieux et ai indispensable à un État ; aujourd'hui , il ne faut pas attendre que les forêts soient disparues comme les moines , pour faire remarquer les besoins de repeuplement, en futaie surtout.

Je suis d'avis que peu importe , à qui appartiennent les forêts d'un Etat , pouryu qu'on veille à ce que la quantité réponde auK besoins présens et futurs; comme je suis d'avis aussi, qu'il ne faut planter, autant que faire se peut, que dans des bonnes teri;e3 et abandonner les mauvaises au pâturage, c'est-à-dire celles où la couche de terre végétale est tellement mince, qu'elle ne peu|: loger les racines des arbres^ car ces terres ne seront japoiais que des gouf^ fres d'argent, tandis que dans un sol profond.

les produits sont assurés et à Tabri des coup» de Tent

ludiquôns donc les terres qui peutent ëtre^ avantageusement converties les premières enr forêts j non seulement sous le rapport de la fécondité du sot , mais sous ceux de ta salubrité et surtout de leur position à Tabri des^ invasions ennemies ; tandis qu'à Textrême frontière , un ennemi peut ruiner toutes les forêts ^ pour un siècle , en un instant , dans la seule vue de favoriser son commerce , en nuisant ai celui d'un pays qu'il a'occupe* souvent que très;instantanément.

Tous les Lacs et marais des provinces sep-^ tentrionales sont dans la cathégorie de devenir les plus belles et les plus riches forêts de Fâncîen coittinent; ils ne demandent que d'être débarrassés des^ eaux > et de- recevoir là grame.

Le Lac de Harlem , qui , à lui seul , cou'tîent plus de 20,000 bonnîers ^ en serait îheontestablenïent la perle*.

Depuis le © mai dernier, j'ai proposé au gouvernement de me faire la concession à perpétuité de ce Lac, et d« quelques marais

avoisinaAs , pour les ilessécher ayec une Société formée de lâ^ooc actions de £L 5oo chacune; les porteurs d'actions seront les associés du concessionnaire , les fonds seront yèrsés au fur et mesure des besoins; un commissaire royal aura la surreillance supéiieûre , sans déplacement de registres ni d'archives ; les fonds seront consignés à la banque de Bruxelles ou d'Amsterdam. ( Yoyez pour phi^ amples détails

WVL chapitres sui?ans.)

€e dessèchement est le plus grand et le plus bel ouvrage qui se fera durant ce règne , puisque non seulement par ce même desséchemenA on crée une pente à Amsterdam ^ qui pourra par xelte voie renouveller ses eaux; et qu'^ainsi Ton fait la conquête de la valeur territoriale d'une province entière et sous ces divers points de vue , il convient de voir attacher le nom >du souverain â cette mémorable entreprise.

Le dessèchement s'opérera , si on le veut, en grande partie par lé canal de dérivation ; les eaux , qui ne . pourront s^écouler naturellement par cette voie, seront rélevées par mes. pompes , dont )'ai obtenu le 9 mai dernier un brevet d'invention de quinze années.

Si on ne veut pas construire lai défitati(m , les eaox seront jetées dans TY à Halfweg ou s'écouleront par Léide et Katwijk!. ,

Ces pompes enlèveront continuellement cha*cune mille pieds cubes d'eau par minute , à la hauteur nécessaire; elles seront mises en mouvement par le feu , le vent , ou par tous autres moteurs , que les localités et les circonstancea indiqueront.

Il résultera de cette entreprise, outre un très-grand bénéfice pour les actionnaires., un revenu fixe en contribution directe , de plus de fl. 1 22^5oo à raison de fl* 5 par bonnier ; et de plus , ce qui est xin point très-essentiel , le sol forestier se sera accru de la plus magnifique forêt ^c TEurope ; forêt , qui occupera continuellement plus de mille ouvriers , ce qui ' .peut devenir précieux ^aux villes et villages des environs.

La manière dont Sa Majesté a daigné ac-»

cueillir mes diverses requêtes sur la matière , m'autorise à croire, qu'elle désire vpir couronner cette entreprise d un prompt succès , tant sous le rapport du bénéfice, qui en résultera pour rÉtat , que sous ceux de la salubrité publique et du bien-être général.

MEMOIBX:

CHAJf ItRE PREMIER.

Le Lac de Harlem , proprement dît , n'etistd que depuis le XVI^ siècle; avant cette époque, un grand marais connu dans le pays , sous la dénomination A^Harlemmermeer^ occupait à-peuprès le centre dû Lac d aujourd'hui ; probablement les eaux de l'Y, qu'Amsterdam avait le fatal privilège de faire passek* dans le Rhynland près de Harlen^, auront causé les tavages, que je vais analyser; ravages, qui ne pourront plus se renouveler^ parce que ce privilège est annuité , et que le Slapperdiik est porté dans toute son étendue à :i i pouces au-dessus des plus hautes marées»

Il est constaté que vers la fin du XYP siècle , le village de Yijfhuizen et toutes les terres qui séparaient la Spiringsmeer, la Harlemmermeer , rOudermeer et la Leidschemeer furent englou* tis , de manière que ces quatre Lacs ne formèrent, «lepuis cette époque, qu'une seule nappe d*eau , qui porte aujourd'hui le nom de Lac de Harlem.

T^v cette seule catastrophe i ce Lac fut porté de 6000 à 10,000 bonniers.

D'année éii année, ses digues deTiennent plus disf)endieustQS;éH6s coûtent actuellement fl.3o,ooo par an , tandb que les entretiens et les dangers ne font qu'accroître avec le périmètre.

Vers le commencement du XYII® siècle « houveaux désastres ; le Lac forçant ses limites au levant et au midi recula ses rives , et ^'agranidit d'un tiers, en engloutissant les villages de Nieu* wekerke et de Rijk.

Sa grande surface est cause, qu^il s^agrandit encore journellement; n'étant abrité par aucune montagne , ni forêt,, le moindre vent soulève ses vagues , les porte avec furie contre des rives faciles à détremper.

L'influence du vent fut telle sur ce Lac en 1 7 14 que ses eaux baissèrent, près des écluses de Half«' weg, de 80 pouces ; tandis qu'elles s'élevèrent dé 40 à l'extrémité opposée; phénomène d'nulani plus allarmant que rien ne nous garantit que cette calamité ne puisse se répéter. Les seuls moyens à y opposer, est l/endigucment; le plus efficace, sans contredit, est le dessèchement ; car si l'on n'adopte l'un de ces deux moyens, le Lac engloutira tout ce qui se trouve sur son passage au midi et au levant ; il pourra même, sinon engloutir, àiAnoind ravager tout le Rhynland et partie de l'Amstelland.

Au XYI^ siècle les clochers des villages à^Aals^ fneer et Luymuiden étaient â 1 700 aunes du Lac ; aujourd'hui, ses rives n'eu sont plus éloignées

que de 4<x) aunes ; encore gfrâee à une superbe digue, que les États de Hollande ont bien voulu faire construire ^ sans quoi ces villages seraient engloutis comme les trois précédens. g

En 1778, la tempête fut telle que ces e$vA franchirent et renversèrent 'tout ce qui «'opposa i leur passage et portèrent le ravage dans le Fièr^ àmbachs'polder , qui est situé a plus de 9000 aunes de ses rives; en i8oa » le Hazerswoude-pcider eût le même sort.

Contre un tel voisin, il faut porter une prompte garantie , c'est précisément ce qui ne se fait pas dans ces contrées. Les écluses de Katiwijk, qui furent en discussion pendant plus de 5o ans en font la preuve , ces écluses n'existeraient même pa» encore si le gouvernement impérial n'eût reconnu le vrai motif qui entravait cette sublime entreprise; car il ny avait nullement disette de connaissances , mais force falousfes^v, entre tes ingénieurs, jalousies qu'ils faisaient partager sou» d'autres points de vues , aux autorité» des dis* tricts et villes qui avaient intérêt d7ntervenir dans la discussion. Je crois qu'iS convient de; placer ici quelques observations générales^ pour* réfuter des^ préjugésasse? accrédités^ t

i*^. Que le tac a des cotimranîcatrons avec Far

mer; ce qui n est pas, sinon ses eaux seraient salées, et le poisson d'eau douce (piî y est abondait se retirerait dans le BJiîn^

, a*. Qu'il proTÎent , et se maintient par des sources; ce qui n'est pas non plus, parce que, vu soa peudeprofondeur, il ne se gèlerait pas totalement.

3®. Que te Lac desséché sera de nulle valeur, ifU que les frais d'entretien absorberont tous les produits, ce qui est réfuté sans réplique au chapitre III.

4^ Que ce dessèchement engendrera des épidé^ mies ; le contraire est démontré au chapitre Y^

En i64o, l'ingénieur Leeghwater était déjà d'à* tis, qu'il fallait , ou endiguer convenablement ce liac , ou le dessécher. ' Son devis ne montait qu'à fl. 3,600,000 ; on a négligé ses sages conseils , et le Lac s'est agrandi énormément depuis cette époque, indépendamment de fl. 6,640,000 que Fentétement des Ingénieurs a fait perdre soit à rÉtat , 9oit aux villes ou provinces , jusqu'à ce jour, à raison de fl, 3o,ooQ par an^ pendant une période de 288 années\so\\k les résultats de la ja« lousie , et de la faiblesse des gouvernemens d'à* Jors qui n'étudiant pas le caractère de leurs ismployés, ne voyaient pas, que des niotifs de yanité, pi| d'intérêt particulier font , que certains hommes 7 sacrifient le bien-être général.

En 1808, M. l'ingénieur en chef Bls^ncken, leva par ordre du gouvernement le plan du Lac^ tourbière^ , mares et marais environnans ; ces Lac et marais furent trouvés contenir 3q,qoq mopgea qe qui pevieqt k a5,Soo bonniera.

liCft ingéniears Hannegraaff, Kros, Lakerreld'» Blanken, oommencërent en 1812, par ordre de Tempereur, le superbe travail de sondage qu'ils terminèrent en 1820 ; ils ont pris pour bas^ la niveau d'eau d'Amsterdam, et ont constaté avec précision, dans un procès-verbal appuie d'une carte, où les nombreux sondages sont figurés, que la profondeur du Lac n'est que de 12 à i3 pieds^ mesure du Rhin , et que la qualité du sol est excellente (voyez chapitre III ). Au moyen de cette pente de i3 pieds, Amsterdam pouri^a renouveller ses eaux ; à cette fin, elle devra creuser un canal à l'aval de la ville, jusqu'au polder futur , canal qui passera sous les eaux supérieures, au moyen d'aqueducs. Les anciens polders pourront aussi acquérir ce privilège , et supprimer leurs 268 moulins à vent, qui leur coûtent p]u9 de û. 134)000 d'entretien par an, à raison dç flf 5oo chaque.

Au levant entre le Lac et l'Amstel ou la Drecht, se trouvent divers petits marais et mares désignés sur les cartes sous les noms de Oost-einde van Aalsmeer^ West-einde van Aalsmeer^ Noor^ dammer-meer j Legmeer et autres petits mares et marais, sans noms ni contenance désignés (i).

Toutes ces parties doivent être comprises dans la même concession, parce que^ leurs eaux ]

seront soutirées , sans frais, et évacués par le& ^

(1) Xai ^eq^t^é I« |5 juillet 1829 , cet ranseignemeni ao gourer^ fieracn^.

du gr^d polder , aux pied» desquell^ ; elles arriTeront par le moyeo de petitf eanaux et d'aqueducs, ce qui aU^era infiniment la Repense générale.

Le Lac de Harlem reçoit , partie naturellement, partie artificiellement , toutes les eaux pluviales , qui tombent dans l'enclave limité par les canaux de Leide à Harlem, et de cette dernière ville à Amsterdam, TAmstel et la Drecht jusqu'à Oudewetering ; la moitié de ces eaux pluviales , sera absorbée par la végétation dans la partie convertie en forêts.

Autrefois, le Lac se déchargeait, partie dans VY par les écluses de Halfweg , et par celles de Spaarendam , et une très-faible partie par là Goudschesluîs ; mais depuis 1809 ^^^ 1^» »^perbes écluses de Ratwijksont venues au secours du Rhijnland , toutes ces eaux s'évacuent par Katwijk et quelquefois par Halfweg lorsque les vents sont contraires à Katwijk.

Canal de dérivation.

Quoique depuis la décharge des eaux a Katwijk, le dessèchement du Lac soit devenu plus praticable , parce que le Rhijnland n'a aucun motif plausible à opposer , il n'en est pas moins vrai, qu'il est plus naturel , plus direct, et surtout plus à l'abri de toutes entraves par un canal de dérimtion du Lac à la mer du nord ,

fiOit qa'on le pratique près de Lisse , de Ben** nebroek , soit près de HiUegom. De toutes ma^ nières , il n'y a que 9000 aimés de canal à creuser, pour faire écouler naturellement une partie considérable des eaux de ce Lac immense.

. Au moyen de cette dérwatîon , on ne sera jamais contrarié par les fortes eaux de IT et du Rhin qui éprouvent toutes un étrangle* ment considérable , l'Y près d'Amsterdam , et le Lac par ses diverses sinuosités depuis Tile d'Abbènes jusqu'aux écluses mêmes de Katvriîk^ sur une longueur enfin de. vingt à vingt-deux mille aunes , qui fait plus de quatre lieues.

Il est certain qu'à chaque crue du Rhin^

et avant qu'une seule goutte du Lac puisse

5*écouler, il faut nécessairement que le Rhin

soit baissé au - dessous du niveau du Lac ,

avant que le Lac puisse s'y décharger , ce qui

arrive très-fréquemment et pendant plusieurs

jours de suite , même par les marées les plus

favorables ; il est facile de concevoir , que les

écluses ne restant ouvertes que six à sept

heures, déchargent leau qui arrive en ligne

directe par le Rhin, avec Timpulsipu d'up

courant tel que celui près d'une écluse, et quç

cette eau se remplace continuellement par dq

Teau nouvelle, de sorte que pour peu que le Rhin

haussé , il forme une espèce de digue , et em-

flèche l'écoulement du Lac qui reste comme

spectateur immobile de cette opération , jus^

^u'Â ee qu'etifin , les eaux, du Bhio < sont baissées au-dossous de son niveau ; il commence alors à rivaliser avec le fleuve , et se décharge pour autant qu'il trouve place. C'est donc à chaque ouverture d'écluse, le Rhin, et non le Lac , qui se décharge dans la mer du nord. Par la dérivation, on ne connaît aucune entrave, on profitera de chaque marée telle qu'elle soit ; elle donnera toujours plus de résultat que les deux autres voies. Au premier aspect la dérwation paraît devoir nuire à la na«« vigation de la Spaarne, mais il y sera pourvu par un canal de périmètre qui y maintien-* dra le niveau d'Amsterdam , ainsi que le cou-» rant convenable , en combinant les choses de telle manière qu*on (îret-a de la Meuse les eaux nécessaires ; de sorte enfin qu'à volonté^ toutes les eaux du Bhijnland se déchargeront par Spaaren* dam ; des simples haiissettes tnobiles d'un pied, JîiiMl^h"! écluses de Halfweg dobberont ce résultat, aussi précieuï à la salubrité qu'à la navigation de Hadetn.

La dérivation ne servira qu'au polder futur; elle en mettra même une grande partie à sec; il est possible aussi , que Cette dérivation procure un écoulement naturel aux eaux fétides d'Amsterdam. Avant de pouvoir préciser tous les résultats que cette rfmVû^/o« procurera , je dois vérifier mes calculs , et pour cela je dois retourner pour constater les niveaux sur le terrain ^si je ne puis obtenir les renseignemens

dlei , ce travail ne sera pai long, mais il mérite toute attention.

lia dérivation plissera SoUs les canaux du ]>érimètre et de Leide. ^ par des jpônts , et dans les dunes 9 par une galerie ou aqueduc qui se fermera par deux machines indestructibles ^ lorsqu elles s'entr'aident, savoir i une porte à deuoc hàUans^ présentant un angle aigu et s'ouvrant sur la mer parle-poids des eaux intérieures , ren-* forcée par une pale de sûreté placée immé'^ diatement derrière la porte ; cette dérivation se^a surveillée exactement par deux gard.es d^é-

duses , qui se relèveront toutes les six heures. ,„

La dérivation sera construite le plus bas possible^ tellement enfin qu'on ne profite que de la bass^. marée or.dinaire ; elle Coûtera àpeii'-près Ja sommedefl» :i5o^qoo. (Voyez le devis au chapitre .suivant.)

II conviendra peut-être de voûter , non seulement la partie qui passera dans les dunes , mais aussi celle qui traverse la plaine; la gelée nouS indiquera la marche â suivre , car si le courant était continu^ cela deviendrait inutile , mais pendant la hs^ute marée , il se pourrait que les glaces se fixassent.

Le dessèchement du Lac peut s^opérer de deux manières : Tune en versant ses eaux dans IT et le Rhin suivant les vents, l'autre en les

t«r^ût dans un bassiti «n cdnliminication diréete avec la dérivation , qui se déchargera naturel» lement dans la mer du nord, tel qu*il est figuré sur }a carte ci-jointe. Il m'est inl possible de pré« eiser au ajuste tous les avantages qui résulteront de celte dérivation, sans m'être reporté sur les tîeu^; mais il est incontestable qu^ils seront grands et économiques»

Pour discuter <;ette affaire, il fout étabUr. la question , HTeC toute la clarté possible.

' Avant la construction des écluses de Katwi)l p le Rhijnl^fbd avait besoin d'un grand réservoir p non seulement pour loger ses eaux pluvialea»

inais tfelles'qùe IT faisait passer par*^essas le Slapperdijk et inémedàns les grandes cruesd'eaax« celles qui venaient Ifnd irectement de l' Yssel et du Rhin , tandis qu'aujourd'hui, il ne reste qu'à recevoir les seules eaux pluviales , le privil^o d'Amsterdam étant aboli; et le RRin, qui n'est plus forcé de se perdre dans les sables des dunes» depuis qu'il a une décharge par les écluses de Katwijk , ne répandant presque plus ses eaux dans le Rhijnlandv

Reste une autre question péretnptoire à examir ner, celle de la navigation par le Lac sur Harlenî e^ Amsterdam.

. Les villages de Sai^senheim , Lisse , Hillegom , Heemstede et Rennebroek prétendent aussi k la

préragativede c<Miimumquer par navigatîoaà l'entre rive: afin de concilier tous ces intérêts on fera ui^ c^nal de Oude«Wetering à la Nieuwe-iueer povr lajaayig^ioD d'Amsterdam, enfaisimt servir labdUedigue, V{ui couvre lcs> villages^d'Aalsineer et Xicimuiden ; celui sur Harlem par la Spaarne 9f pratiquera en suivant le périmètre du polder fu-;> tur depuis Oude-Wetering jusqu'à la Spaarne^

Besie à discuter le droit de navigation que réclament les communes situées sur les.deux rivef du Lac; cette navigation pour autant que la ré^ damation ^ fondée , peut se créer par ui^ canal qui ira directement de Aalsmeer, k l'Oostender^ Taart, pris de Bennebroek, c'est--à-<lire par wk canal qui traversera lepolder futur du levant an couchant. Il est temp» d'examiner le mpde le plu» convenable d'endiguement. Après^ de» recherches^ et des c^cal» innombrable», j^ trouve celui d^- M' le Baron YanLijndenlemeiUeuryeiradopteei»

y ajoutant le canal de dérivation qui supf^éera au * résarvoir mitoyen de W \e^ Li jnden ce qui épar *gnera un rang de machines n importe par quelr que moyen qu'on dessèche^

Il consiste dans une digue et canat de p^ri^ mètre^ la digue ayant deux pied» et deoM plus d'é^ lèvation que Feau qui aura le niveau d'AuMter^ danu Cecanal servirai la na;?igalion et de réser^ voir supérieur {voorboezem) et représentera unar surface de looo bonniers> non com^^i» la digue^

on profitera de la belle digue qui couvre Aals-* meer. Lagrand^navlgation intérieure sur Amster* dam se fera pt\r ce canal çt la Nîeuwe-meer; celte sur Harlem suivra également j^ussi te canal jusqu'à la Spaarne^ et se réuniront à Oude- Wetering,

Cette digue empêchera toutes les eaux exté* Heures de refluer daQS le polder futur ; des éc\ur* ses placées coçivenablement et détaillées cr-après y donneront seules accès tant pour le com-^ pierce que pour Texploitatloq du polder même.

L'intérieur du polder sera partagé en deux; graudes divisions, par un grand canal mitdyeu partant d'Oude^Wetering et se terminant vis-à-yU d'Halfweg. Un moiqdre canal t allant du levant au couchant , servira à, la ps^vigatioa ent.re Â^ls-r meer et Seuo^bjToelL^

Outre ces deux canaux intérieurs et une in-, finité de plus petits , indispensables au maintien de la siccité du polder , il y aura un canal de périmètre intérieur pour arroser toutes les parties du polder futur à volonté. Il servira en même-temps de réservoir mitoyen ( /iwWûfe^' boezem). Ce plan demande six grandes doubles écluses à triple porte, et trois écluses ordi-» naires, à deux portes.

i5 Ettei sorout bâtiies auv localité- caivantes t

Une grande^ la Kaag (F).

. Idem^Hdiçm. au V.ui3spatu de Hillegom (H),

it

Idem, Idem, alaSpaarne (î).

Idem. idem, a la Nleuwe^Meer (C).

)d#m. idw). au canal de l'Église d'Âalt* teeer (DJ. «

Idem. idem, à Oude->Wetef îng (£)• Les trois petites seront bâties :

La piremière à Oud^Wetering, la seconde au canal traversier d'Aalsmeer, et la troisième à rOosteadervaatt) qni stmi celles m double de E, D et H. - '

Ces neuf écluses établiront la communication entre les eaux extérieures, ayant le niveau d'Amsterdam ^ et les eaux intérieures du polder futur.

Ces traTauic coûteront d'après M. Yan Lijnden , fl. 7,000,000.

J'estime qu'on peut facilement exécuter ces travaux , tels qu*ils sont figurés sur la gAnde carte de M. Van Lijnden ( i ), pour le prix indiqué,

(i) Cette carte se troare cbeii les frères Van Gleeir» à La Haye«

pages 16^ 17 et 18, tu que let tmWEt dans*^!*^ devU ^ M compeuent.

Nul douto; le eaaal .de dérm^ti^n fer% dtia grdnd secours à^ipe dessèchement, ea^ce que le réservoir mitoyen inténeut^Birmenring'^ çaart) sera phcé de teltc^maaière^que soa.Crof^^ plein puisse s'écouler aatureUeaieM par cttte^ Toie ; ce qui épargnera un rang de macfUnet jk qui certes: coûieraient fias que bi dérh^tàmA

Vï

CHAWTREIL ■

JS^diguement et épuUe^^nt. / '

Il canvieHt de fiiii^ remairquer*4ci7ioii «e'itf-

" lemeat qu'âuctin ingénieur î|i»qu'à détour ^'a

proposé le canal de ^érivatioQ » xxm^ même

qu'aucung ^'y ont |aniais pensé/ sinon ^ il

«n ^serait fait nieMiondan« leucs éciils. . *-.. •

La forte diffî^rence qui «f^xiste anitre Jes sommes demandées ^ar£eeg[:Afva^^ et sesiNsuccesseurs mérite aussi d'être signée :

En 1640 y ringéiiiAFLeeghwater^ porta son devis , 4« '^ V a fl,. 3,66K>,ooo

17^9 QoudriaÀ «t Klltikenberg^j^ ^^,.000,009 1808, Blaciken Janz, * . ''à^,ooo,ooa i8!^o, le Bdron Van tjjnd«n, . â 7,000^000 i8;^9, mol, j'estime pouvoîl* des- ^ sécher, non seuleinent Je Lac et .

les marais désigné* d'aulmi paj^, inois construire la dérÎTation, poiîr , la somme de ^6,000^000

Les Lac • mares et marais déidnaildés en .concession , contiennent 3o,6oo molîgen, me* sure du Rhin, ce qui reyien^ £ a5,5oo bonniers ( hectares ) ; il faut en distraire loc^ , pour le réservoir supérieur { voorboezem) i restent 249^^^ bonniers dont lé L^c seul ép contient 20,5oo qui seront plantés en forêts; les 4^^^ restant qui se ij^mposent de mares «et marais isolés , seront desséchés par des aque-

ft»

ducs et des rigoles qui ^méneroiit les- ettis "^ atix pieds des n|^Qbinpft> d'apaisement , dans le / grand .pijldèr ^ ces ^cëi isolées serpnt vendues par lot»'^ payables par dixièiite en dix an-> nées, avec JAit^cét'*à stipuler ; sur ce itroduit on pti^^ra un «qjllion et dâmi pour les plan-* ■ tation^ide 20,000 bono^ers, à fl. 75.

Il tst'inc^ptËstable que'de'puis que les ôclusefl

de£at^i)kspht fn apUvité.'ua réservoir supérieur

de I oCio hdnniârs sera plus que «ulfîsant , quand

, ménle les auns du grand ^older-ne géraient pas

-fait écoujer ■ par la <lérivatiQu.

y.' 'Diivis de; l'an^iguement.

■ 330b A^es de cannï^e piérimètre ^ extértefttijegurs Oudé^eteri^gi"^ . qu'à rAa,,,à16lafeii'^(^ apjffofoudir à ■" ■'" ' ■' . ci 101,40^

kapprofon- .

: S/usemer" t., (usqu'au

û./\o, ci 195,300 ^nalàcreU' jusqu'à la

ci 565,000 Ju canal de périmètre, deftuîs Oude-M'etering jusqu'à la Nieuwe-meer partie à curer, paftie à faire , à fl. . 22-75 c. ci 4û4t9^^

Cinq ponta-levis sur le grand canal , . ^ ci 55,ooo

' - fl. 1,331,000

Report. i>3ai,55o

Achat de 344 bonniers de tçrre à fl. 375 (A) , cî *39,ooo

Barrages, réservoirs mitoyens , ma* <;hines d 'épuisement, tous frais enfin^ pour mettre le Lac à sec , en y com* prenant le canal de dérivation, pout^ une somme de fl. â5o,ooo, ci l^83o,aSt>

î88o ^tinès de pilotage et autres travaux d'art pour-parfaire la digue de périmètre à fl. 80 , ^ ci t5iOy4o<^

Renforcement et exhaussement des digue^ 4<^^9^*^

KUnCi écluses à 0. 4o,Ôoô ^ bi loo^ooo

Deux idehi, àfl. iaS,oob, ci So,ooo

Une grande étluse près d'Onde- Wetering, . ^70,000

Une petite, près du mêmeeladroît, 3o,ooo

Six maisons d'échisiers ^ 36,ooo

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