‹ Mémoire sur le ganglion otiqueChapitre 2 sur 12 · PREMIÈRE SECTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION

Description du ganglion otique.

Je crus devoir étudier la disposition de ce ganglion sur différens animaux, afin d’en connaître aussi bien que possible les rapports anatomiques etphysiologiqucs. J’ai suivi en cela l’exemple de M. Muck1, dont les recherches comparatives sur le ganglion ophthalmique ont été couronnées du plus beau succès, puisqu’elles nous ont appris que l’existence de ce ganglion, le volume et le nombre des nerfs ciliaires sont en rapport avec la mobilité de l’iris.

A. Chez l’homme .

Le ganglion otique est situé , dans l’homme , au côté interne de la troisième branche du nerf trifacial, d’une part, immédiatement au-dessous du trou ovale où celte branche détache de son côté externe les nerfs temporaux profonds, le nerf maqsétérin et le buccal , et d’autre part , un peu au-dessus de l’origine du nerf temporal superficiel, au point où la petite portion de la troisième branche s’unit à celte parlie de sa grande portion et forme un léger renflement. Ce ganglion est recouvert, en dedans, par la portion cartilagineuse de la trompe gutturale, par l’origine du muscle tenseur et releveur du voile du palais; en arrière, il aboutit à l’artère méningée moyenne ; enfin son côté externe est appliqué étroitement contre le côté interne du nerf maxillaire inférieur. Quelquefois il n’est pas situé aussi près du point indiqué de ce nerf, mais plus en avant et en dedans; dans ce cas il dépasse en partie le bord antérieur du nerf.

Ce ganglion est ovale, aplati de dehors en dedans, et un peu alongé d’avant en arrière. Son diamètre antéro-postérieur est de deux lignes à deux lignes et demie; de haut en bas, il a d’une ligne et demie à deux lignes d’étendue , et de dehors en dedans seulement un quart de ligne ou tout au plus une demi-ligne. J’ai trouvé une fois, chez une personne qui avait été idiote, que ia forme de ce ganglion imitait d’une manière frappante celle qu’il offre chez les ruminans; il était presque semi-lunaire, et présentait un bord supérieur, concave, mince, et un bord inférieur, convexe, plus épais. ,

Le ganglion otique est caractérisé par son aspect rougeâtre , tirant tant soit peu sur le grisâtre, et par sa consistance faible et délicate. Dans l’homme, je lui ai toujours

<(i) Ferd. Muck : dissertatio anatomica de lium. Præs. Fr. Tiedemann, Larididuili , 1 8 1 5 , ganglio ophthalmico et nervis ciliaribus anima- in-4°.

trouvé ces propriétés; jamais je ne lui ai observé dans l’espèce humaine ni la consistance ni l’aspect grisâtre, et nullement rougeâtre qu’il offre dans le veau. Il me semble digne de remarque et important pour la physiologie que ce ganglion et le ganglion sphéno-palatin, qui, comme je le ferai voir plus tard, appartiennent à la même catégorie , et par leur structure et par leur fonction , présentent un rapport inverse chez l’homme et dans le veau. En effet, de même que le ganglion otique de l’homme se rapproche par sa couleur, sa consistance et son volume, beaucoup plus du ganglion sphéno-palatin du veau , de même le ganglion de Meckel chez l’homme ressemble davantage au ganglion otique du veau.

Le ganglion auriculaire a pour enveloppe un névrilème très fin qui adhère assez étroitement à la substance du ganglion, et dans ce névrilème se ramifient les vaisseaux qui se rendent au ganglion. En dehors de cette enveloppe propre, il y a du tissu cellulaire rougeâtre et de la graisse, qui sont surtout distincts vers le côté interne du ganglion, puisque son côté externe est, dans la plupart des cas, appliqué exactement contre le côté interne de la troisième branche du nerf de la cinquième paire. Cette graisse et ce tissu cellulaire correspondent à la tunique celluleuse des ganglions intervertébraux, et de ceux qui appartiennent exclusivement au système nerveux de la vie végétative.

De prime abord, le ganglion otique paraît être formé uniquement d’une substance celluleuse d’un gris rougeâtre. Lorsqu’après l’avoir débarrassé de la graisse et du tissu cellulaire qui l’entourent, on incise sa membrane propre, on ne voit d’abord qu’une masse pulpeuse, molle, qui d’ordinaire n’offre quelque consistance que sur des cadavres bien frais; mais un examen attentif fait voir que cette masse ne le constitue pas à elle seule; on aperçoit en outre des Glamens blancs, en partie entrelacés avec cette masse , qui parcourent le ganglion et qui proviennent, les uns de la troisième branche avec laquelle il faut comprendre surtout le nerf ptérygoidien , les autres, du nerf qui naît du ganglion pétreux, et que je désigne sous le nom de petit nerf pétreux superficiel. La jonction et l’entrelacement de ces filets entre eux ne sont' pas aussi intimes que dans les ganglions qui appartiennent exclusivement au système nerveux végétatif, mais ils ne sont pas non plus aussi lâchement unis que dans les ganglions intervertébraux.

Les artérioles que reçoit le ganglion otique sont, proportionnellement à son volume, nombreuses et considérables; c’est à elles sans doute qu’il doit , au moins en partie, son aspect rougeâtre. Elles viennent tantôt uniquement de l’artère méningée moyenne; tantôt aussi, et immédiatement, de l’artère maxillaire interne, et se pendent, soit à son bord postérieur, soit à son bord inférieur.

Quant à ses rapports avec la troisième branche du nerf trifacial et les nerfs qui naissent de cette branche, il lui est uni étroitement non-seulement par du tissu cel-

lulaire, mais même par plusieurs filets nerveux qui naissent du tronc de la troisième branche, et qui concourent à la formation du ganglion. Ces filets, qui semblent venir uniquement de la petite portion du nerf de la cinquième paire, le nerf crotaphiticobuccinateur , et qui par conséquent correspondraient à la courte racine du ganglion ophthalmique, sont pour la plupart exlrêmement courts, et ne s’aperçoivent que lorsqu’on cherche à détacher le ganglion de cette branche; mais dans les cas où , comme il a été dit , le ganglion est un peu éloigné de la troisième branche, les filets en question sont naturellement plus longs et faciles à voir; mais alors la connexion n’est pas non plus aussi intime que de coutume. Parmi lés rameaux de la troisième branché, il est surtout en rapport avec le nerf ptérygoïdien , à tel point qu’on croirait au premier aspect que le ganglion naît de ce nerf; mais un examen attentif fait voir que ce nerf pénétre , non loin de son origine , une partie de la substance du ganglion , de laquelle il reçoit une fraction. Le ganglion est, en outre, dans un rapport très intime avec le rameau nerveux assez grêle du maxillaire inférieur, qui se ramifie dans le muscle tenseur du voile du palais, et qui se distingue des autres rameaux de Ja troisième branche par son aspect rougeâtre. — Indépendamment de la connexion du ganglion otique avec la petite portion du nerf de la cinquième paire, il faut encore considérer celle qu’il a avec le nerf glosso-pharyngien. Il naît , comme on sait , du ganglion de ce nerf, le ganglion pétreux , un filet qui est désigné , bien à tort, dans les ouvrages modernes, sous le nom de nerf de Jacobson1.

(i) Autant il est juste d’attacher le nom de l'auteur d’une découverte à l’objet qu’il a fait connaître lorsqu’on ne peut pas le désigner par une dénomination convenable, autant il est injuste de dénommer une chose déjà connue , d’après le nom de la personne qui l’a décrite en second ou en troisième lieu, ou qui n’a souvent fait que tirer de l’oubli une découverte faite anciennement Ainsi le nerf qui naît du ganglion pétreux et qui entre dans la cavité du tympan porte mal à propos le nom de Jacobson, parce qu’il avait déjà été indiqué par Schmiedela, An-

(") Joanm*s Gcrold, diss. inaugur. qua <juædam de èervo iolercostaii nutantnr. Præsid. D. Casim. Schmied- 1*° l7^4- Erlangæ,4°. p. 6 et 7. — Ipsa tamen hæc propago ( ram. profund. n. V, ) non semper tota in nervum intercostalem impenditur, -sed interdum bifida est, et nous saltem cjus ramus intercostal! cedit, alter vero carotidis flexurum oblique emensus, et parieti canalis carotici opposito proprior Cactus, iteruin in rainos discerprtur, eosque très subinde, quorum médius maxime no-

derschbi Ekrenritter e; Jacobson ne l’a pas même exactement décrit, c’est donc évidemment une

tabilis per propriam in canali dicto aperturam ad cavum tisquc tympani pertingit, et ibidem non solum sursùm ramulos aliquos dimittit, circà cellulas,suh quibus corpus cochleæ absconditum latet, in periosteo distribuas, sed et alios recliori magis via versus foramen rotundum cochleæ delatos : quin etiam denîque adhuc ampliùs divagatur et inter alia durum os pcnetrqns, ipsi tyinpano inservit per ramum salis insignem, qui ad sulcum annuli, in quo tympamim hæret, amandatur.

(6) Anderscbii fragmentum descriptionis nervorum cardiacorum dextri laterisjam ante aliquot decenoia typis impressum, nunc demum a. 1791 subjuncta auctoris tabula notulisque adjcctis editurn a S. Th. Sœmmerring. Ludwig, script, neurologie» minores, t. 11, p. 116. Nàin et notatu dignissimum licct angustum canalem offert (rcceptaculum ganglioli pelrosi) qui ex ejus suprehiâ parle in auditum organum internum retrorsùm continuâtes nervuium continetex illiusgauglioli ventris supremâ parte cductum.

(c) Salzb. med. chir. Zeitung. 1790, vol. 4, pag. 519.— Le ganglion pétreux donne communément naissance à

Ce nerf, après plusieurs ramifications dans la cavité du tympan, envoie son plus fort fiiel dans un canalicule situé entre l’excavation pour le muscle tenseur de la membrane du tympan et le canal de Fallope; ce filet paraît sur la face supérieure du rocher, en dehors et en avant de l’orifice interne de l’aqueduc de Fallope. Aussitôt après sa sortie de ce canal il reçoit un filet naissant du renflement géniculé du nerf facial ; après cela, il se porte en avant et en dehors jusque dans le voisinage du trou épineux ou ovale ; il passe ou par un de ces trous, ou par un canalicule particulier (ce petit canal n’a pas encore été signalé jusqu’ici: il commence en dedans du trou épineux , se dirige obliquement en bas et en avant, et se termine au côté interne du trou ovale) , et se porte en bas vers la troisième branche du nerf trifacial , où il se plonge dans le ganglion otique.

Le nerf que nous venons de décrire, qui n’était pas connu jusqu’ici des anatomistes et qui correspond à la longue racine du ganglion ophthalmique , pourrait être désigné , à cause de son trajet sur la face supérieure du rocher, sous le nom dé petit nerf pétreux superficiel b

Nous devons aussi faire mention d’une disposition par laquelle le ganglion otique est en rapport avec le nerf acoustique. Cette anastomose a lieu par un filet qui naît par une ou deux racines de la face supérieure du renflement gangliforme du coude du nerf facial , qui se porte en arrière, à travers l’orifice interne du canal de, Fallope, dans le conduit auditif interne auprès du nerf acoustique, et qui s’unit, dans lapro-

granJe injustice et une preuve d’ignorance de l'histoire de cette partie de la science que de lui donner le nom de ce zootomiste. Mais comme le premier des anatomistes précités n’a connu qu’une partie du nerf et le second qu’une autre partie, aucun d’eux ne doit par conséquent lui donner son nom exclusivement et il convient de choisir une autre dénomination. J’ai donné la préférence à celui d e nerf tym panique (A), à cause de sa terminaison-dans le tympan.

deux filets, dont l’un traverse tin canal osseux propre , pour se rendre dans la cavité du tympan, où il se ramifie d’une manière particulière.

(A) Dans un mémoire que j’ai présenté à l’Académie royale des sciences, et qui contient la première partie de mes recherches sur l’organe de l’audition, j’ai désigné le ganglion clique sous le nom de ganglion maxillo-tympa.

(1) M. Arnold donne deux noms à un seul et même filet nerveux; c’est inutile, c’est même embarrassant. Cette portion du plexus nerveux du tympan, qui s’étend depuis le ganglion pétreux jusqu’à la face supérieure du rocher, il l’appelle ■nerf tympanique ; puis l’autre portion du même filet nerveux , qui s’étend depuis le coude du nerf facial jusqu’au ganglion otique, il le nomme petit nerf pétreux superficiel : et ce n’est cependant qu’un seul et même filet nerveux continu. — C-’est ainsi que l’artère qui s’étend depuis la clavicule jusqu’au pli du coude s’appelle successivement sous-clavière, axillaire et brachiale, quoique ce ne soit qu’un seul et même tronc.

nique et le nerf de Jacobson sous celui de plexus nerveux tympanique. G. B.

fondeur de ce canal , avec la portion supérieure de ce nerf1. Un autre Glet part du renflement précité, il se dirige en dehors et en avant, et entre en connexion avec le petit nerf pélreux superficiel 2. On le connaissait depuis long-temps, mais on croyait qu’il se rendait au muscle tenseur de la membrane du tympan. Meckel l’a représenté dans la première figure de son mémoire : De quinto pari nervorum cerebri.

Il nous reste à décrire les filets nerveux qui tirent leur origine du ganglion otique. Ces filets sont très mous et très délicats , leur aspect est rougeâtre et leurs propriétés coïncident exactement avec celles du ganglion. Le plus important de ces filets, qui doit être considéré surtout parce qu’il démontre le rapport particulier de notre ganglion avec l’organe auditif, naît de la partie supérieure et postérieure du ganglion à l’endroit où celui-ci aboutit à l’artère épineuse; il se dirige le long du côté interne de ce vaisseau en arrière et en haut, se rend dans la portion de la trompe d’Eustaehi , qui loge le muscle tenseur de la membrane du tympan, et se plonge dans ce muscle, à l’effet de s’y ramiGer. Les personnes qui ne trouveront pas ce Glet, ce qui est très possible vu sa grande ténuité, doivent bien se garder de douter de son existence constante. Il faut se garder aussi de prendre pour ce rameau cet autre petit Glet que j’ai désigné sous le nom de petit nerf pètreux superficiel ^ et qui se rend au ganglion otique. C’est une erreur qu’il est facile de commettre et que j’ai commise plusieurs fois au commencement de mes recherches. Pour s’en défendre, il convient de faire

(i) Je crois avoir de justes prétentions à la découverte de ce filet nerveux, car bien que Jean Kœllner ( Arch. de Reil, vol. 4) et J. Swan

(Med. chir. trans. , vol. IX) aient connu une connexion entre le nerf acoustique et le nerf facial, il s’agit néanmoins de savoir s’ils ont vu le filet anastomotique susmentionné, ou bien la connexion opérée par la portion intermédiaire du nerf facial au même endroit; car aucun de ces auteurs ne parle d’une connexion double. Je me crois autorisé à admettre qu’ils n’ont observé que la dernière connexion ; car premièrement elle est, dans la plupart des cas, plus distincte et plus manifeste que la première ; et deuxièmement, si les auteurs précités avaient eu en vue celle-ci, ils n’auraient pas manqué d'indiquer le trajet propre du filet nerveux qui opère la connexion , sans quoi ils se seraient rendus coupables de la plus grande inexactitude dans leur description. Mais eu supposant même, ce qui me paraît extrêmement invraisemblable, que l’on eût eu, avant moi, connaissance de ce mode de connexion , je

puis dire qu’aucun de mes prédécesseurs n’a reconnu ni apprécié son rapport avec le système nerveux de la vie végétative.

(2) Cette communication entre le ganglion otique et le nerf acoustique est loin d’être prouvée; si on l’a vue, elle n’est du moins pas constante. — Combien de fois M. Arnold a-t-il vu, bien vu , le filet qui, selon lui, doit passer de la portion dure à la portion molle ?

Quanta la communication entre le nerf de Ja~ cobson et la portion dure, on la voit quelquefois mais non pas toujours, car elle a lieu au moyen d’une radicule extrêmement mince.

Enfin , en supposant vraie l'hypothèse de M. Arnold, la communication du ganglion olique avec le nerf acoustique n’aurait lieu que par l’intermédiaire du renflement gangliforme de la portion dure. Une semblable voie ne serait pas propre à la transmission rapide des Impressions ressenties par le nerf acoustique , jusqu’au ganglion otique, lequel doit déterminer les mouvemens de la membrane du tympan. G. B.

attention aux différentes propriétés qui les distinguent; car le petit nerf pétreux superficiel a une couleur blanchâtre et une forme arrondie, tandis que le filet qui nous occupe a les propriétés opposées qui ont été indiquées ci-dessus. — Indépendamment de ce filet se rendant au muscle tenseur de la membrane du tympan, le ganglion otique donne naissance encore à quelques autres filets également mous , délicats et rougeâtres , qui mettent encore davantage au jour le rapport intime qui lie ce ganglion à l’organe auditif. Ils naissent de la partie inférieure et postérieure du renflement, soit séparément, soit par un tronc commun, et se rendent aux deux racines, par lesquelles le nerf temporal superficiel sort de la troisième branche de la cinquième paire ; ils s’unissent intimement avec ces racines. 11 est vraisemblable qu’ils s’unissent surtout aux rameaux de ce nerf, qui se ramifient dans la caisse du tympan et dans le canal auditif externe.

Si l’on compare le ganglion otique, sous le rapport de ses propriétés extérieures et intérieures, avec d’autres ganglions appartenant à la même catégorie, savoir: avec les ganglions ophthalmique , sphéno-palatin et maxillaire, l’on trouve qu’il a une très grande analogie avec le ganglion ophthalmique4, sous le rapport de la position , de la forme , du volume, de la structure et de ses rations avec les parties voisines; qu’il se rapproche aussi , à certains égards , du ganglion maxillaire , mais qu’il a peu d’analogie avec le ganglion de Meckel. Que si on pousse la comparaison plus loin entre les ganglions otique et ophthalmique, il en résulte évidemment qu’ils offrent une grande concordance dans leur position ; en effet , le premier est avec la troisième branche du trifacial dans le même rapport que celui-ci à la première branche. Tous deux ont une forme ovale , aplatie, et leur volume ne diffère pas beaucoup; leur structure même est fort semblable, quoique le ganglion otique, sous ce rapport et sous celui de sa couleur et de sa consistance, ressemble surtout au ganglion maxillaire. Mais le point de ressemblance le plus important entre le ganglion otique et l’ophthalmique est l’analogie de rapports qu’ils ont avec les deux organes dessens les plus nobles, savoir l’un avec le sens de la vue, et l’autre avec celui de l’ouïe.

11 résulte de tout ce qui vient d’être dit que le ganglion otique appartient à la même catégorie que les ganglions ophthalmique, sphéno-palatin et maxillaire, et que ces quatre ganglions forment une classe particulière, qui a été entièrement

(i)Le ganglion ophthalmique n’a pas la moindre analogie avec le ganglion otique sous les rapports de la structure et de la forme. — Le ganglion ophthalmique est un petit ganglion blanchâtre, consistant, bien circonscrit, tandis que le ganglion otique est grumeleux et semblable à un paquet de graisse rougie. S’il en était autre-

ment , Vésale , Eustachi et nous auraient déjà parlé du ganglion otique; mais on n’a été si long-temps à le découvrir que parce qu’on l’a toujours pris pour de la graisse , et sans les secours de l’anatomie comparée, on ne se douterait pas encore de son existence chez l’homme.

négligée par Scarpa1. Cet auteur2, et avec lui la plupart des anatomistes, divisent les ganglions en simples et en composés. Les premiers sont les ganglions spinaux, les seconds comprenant ceux qui appartiennent au système nerveux de la vie végétative. Les propriétés caractéristiques attribuées par Scarpa à ces deux sortes de ganglions sont de nature telle, qu’on ne peut ranger ni dans l’une ni dans l’autre les ganglions situés sur les trois branches du nerf trifacial. Wutzer3, qui sentit la nécessité de séparer ces ganglions d’avec les deux autres espèces, divisa tous les ganglions de notre corps en trois ordres, savoir: en ganglions du système cérébral, en ceux du système spinal, et en ceux du système ganglionnaire. Il comprend dans le premier ordre le ganglion semi- lunaire de la cinquième paire, l’ophthalmique et le ganglion maxillaire; son second ordre se compose de tous les ganglions spinaux , de celui du nerf vocal et du glosso-pharyngien ; enfin, il fait entrer dans le troisième ordre les ganglions du système nerveux de la vie végétative et le ganglion de iMeckel. Quoique cette division des ganglions du corps humain ■en trois ordres soit exacte , on. peut néanmoins blâmer Wutzer d’avoir placé quelques ganglions dans tel ou tel de ces ordres, dont la dénomination ne me paraît pas du reste bien choisie. On ne peut nier que le ganglion semi -lunaire du nerf de la cinquième paire ne se rapproche en quelque sorte, par ses propriétés, des ganglions ophthalmique et maxillaire ; mais malgré cela nous ne devons pas le mettre dans la même catégorie que le ganglion ophthalmique et le ganglion maxillaire , parce qu’il y a entre ces ganglions trop de différences sous le rapport de leur structure et de leur valeur physiologique.

Avec plus de raison on a comparé aux ganglions spinaux le ganglion de Gasser ; aussi quelques anatomistes ont établi celte comparaison , qui est fondée sur la structure du ganglion et sa position près de la cinquième paire , qui représente le nerf intervertébral antérieur du crâne. Il n’y a pas plus de raison de mettre le ganglion sphéno-palatin dans le troisième ordre. Quoiqu’il doive être considéré comme formant

(1) L’auteur veut établir une catégorie de ganglions sensitifs; mais il est obligé de forcer les faits :

Ganglion otique pour l’oreille.

Ganglion ophthalmique pour l’œil.

Ganglion de Meckel pour le nez.

Ganglion maxillaire pour le goût.

Voilà, si je ne me trompe , quelle est son idée.

Le ganglion otique donne des filets musculaires.

Le ganglion ophthalmique n’en donne pas.

Le ganglion de Sleckel n’existe pas dans la moitié des cas.

Le ganglion maxillaire est uniquement destiné à une glande salivaire, et n’a rien de commun avec les organes sensitifs. G. li.

(u) A. Scarpa : A naiomicarum Annotât ionum liber primus. De nervorum gangliis et plexubus. Matinée, 177g.

(3) Decorp. hum. gangliorum fabrica atquc uni. Berol., 1817, p. 02.

io M. LF. DOCT. FRÉDÉRIC ARNOLD. —MÉMOIRE

le passage du troisième ordre au premier, de même que le ganglion précédent forme la Iransition du second ordre au premier, néanmoins sa position, sa texture et particulièrement ses fonctions s’opposent absolument à ce classement; ces circonstances me déterminent, au contraire, à le mettre dans le même ordre que les ganglions ophthalmique et maxillaire.

Si, conformément aux changemens qui viennent d’être indiqués, on divise les ganglions en choisissant d’autres dénominations pour les deux premiers ordres de Wutzer, les ganglions du corps humain pourraient être divisés de la manière suivante :

i° Ganglions du système nerveux végétatif, c’est-à-dire qui appartiennent uniquement à ce système, tels sont les ganglions composés de Scarpa. 11 faut ranger dans cet ordre les ganglions contenus dans les cavités thoracique , abdominale et pelvienne, et ceux qui sont disposés sur la colonne cervicale. Ce sont les organes centraux proprement dits, les points de réunion pour les nerfs de la vie végétative.

2° Ganglions intervertébraux, les ganglions simples de Scarpa, qui comprennent tous les ganglions spinaux, le ganglion du nerf vocal et du glosso-pharyngien , le ganglion de Gasser, et vraisemblablement aussi le renflement gangliforme qui est situé au coude du nerf facial et qui appartient au dernier ganglion. Ils doivent être considérés comme étant des développemens des filets des racines postérieures des nerfs intervertébraux, développemens qui. se sont formés par l’addition de rameaux du système ganglionnaire.

5° Ganglions des organes sensoriaux, savoir: les ganglions ophthalmique, otique, nasal et lingual1. Ceux-ci existent sur les différentes branches de la cinquième paire, et communiquent, chez l’homme, non-seulement avec le système ganglionnaire, mais en outre avec des filets de deux nerfs cérébraux, savoir : avec un nerf moteur et avec un nerf sensitif 2. 11 faut en excepter seulement le ganglion'nasal , parce qu’il

(1) Je donne le nom de nasal et lingual aux ganglions découverts par J. -F. Meckel l’ancien, par la raison <pie ces ganglions ont avec les organes olfactif et gustatif le même rapport anatomique et physiologique que le ganglion ophthalmique offre relativement à l’œil , et surtout parce qu’une dénomination basée sur l’usage ou la détermination des parties me paraît préférable à celles qui sont fondées sur la position, ou sur le nom de l’inventeur.

(2) On aura remarqué que nous ne parlons pas ici du ganglion naso -palatin, que M.Hipp. Cloquet prétend avoir découvert, ni du ganglion caroti-

dien. Pour ce qui concerne le premier ganglion, suivant mes recherches, il n’existe pas; M. Hipp. Cloquet et tous ceux qui avec lui prétendent l’avoir vu, ont, ce me semble, pris pour un ganglion le tissu cellulaire un peu condensé et mêlé de graisse, qui existe dans le trou incisif; erreur qui a déjà été commise par plusieurs autres anatomistes, tant sur l’homme que sur les animaux; entre autres par Scarpa et Carus. Le premierdit dans son ouvrage {de Nervorum Gangliis et Plexubus , lib. I, anat. annot. Mut. 1779, c. II, p. 78, § 3a ), que des rameaux du nerf facial se rendent dans certains petits ganglions disséminés dans la

ne reçoit pas de rameau d’aucun des nerfs du système animal qui président au mouvement. Cette disposition semble dépendre d’un rapport physiologique particulier: en effet, il ne sert pas, comme les autres ganglions sensoriaux, à donner naissance des filets nerveux qui président à des mouvemens automatiques; ceci est opéré ici d’une autre façon.

fl n’y a pas de doute que le ganglion découvert par moi n’appartienne au troisième ordre des ganglions. Gela résulte suffisamment de sa position, de sa structure, de son rapport avec l’appareil locomoteur de la caisse du tympan, et avec l’organe auditif en général. La seule circonstance par laquelle le ganglion otique se distingue jusqu’ici encore des autres ganglions sensoriaux, c’est que je n’ai pas encore réussi à lui trouver chez l’honnne une connexion immédiate avec le système nerveux de la vie végétative. Je ne doute cependant pas de l’existence d’une semblable connexion , car j’ai vu fort souvent dans le veau un filet qui , du système ganglionnaire, se rendait immédiatement au ganglion otique; et, de l’autre côté, Laumonnier et Munniks ont observé chez l’homme des rameaux qui se rendaient à la troisième branche du nerf trifacial. Quant à la connexion de notre ganglion avec un nerf du mouvement et un nerf du sentiment , elle est très distincte ; en effet, les filets courts et assez nombreux de la petite portion de la cinquième paire, qui préside aux mouvemens de mastication, correspondent, comme la remarque en a été faite, à la courte racine du ganglion ophthalniique qui vient du nerf oculo-moteur ; et sa longue racine, qui estforméepar un nerf du sentiment, nous le trouvons, pour le ganglion otique, dans le petit nerf pétreux superficiel qui tire son origine du ganglion du nerf glosso-pharyngien, lequel préside aussi, du moins en partie, au sentiment.

face , ganglions qui sont communs à la cinquième paire. Ces petits ganglions doivent se trouver au voisinage du tragus , de l’angle antérieur de la paupière, et de l’insertion du canal de Stenon. Carus , au contraire, comme Treviranus l’a fait voir (Vermischte Abhandlungen, vol. I, p. q5 et 96) , a pris pour des ganglions, chez les grenouilles, un tissu cellulaire rempli d’une matière huileuse. — Quant au ganglion caroti-

dien, je ferai remarquer, en peu de mots, que ce n’est pas un ganglion, mais un réseau de nerfs, parcouru par des vaisseaux, comme l’a indiqué très exactement A. Fr. W atther dans son Programma I, quo paris intercost. et vagi cor p. hum. nervorum anat. exhibel. Lips. 1753. — Voyez Alb. H ail eri disput. anat. Selectce , vol. 2, pag.

B. Dans différons animaux.

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