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Mémoire sur le phosphate ammoniaco-magnésien

Professeur d’Histoire naturelle pharmaceutique à l’École spéciale de Pharmacie de Paris , membre correspondant de l’Académie, etc.

Le phosphate ammoniaco-magnésien a été découvert par Fourcroy. Ce grand chimiste Ta trouvé d’abord dans un calcul très volumineux , provenant de l’intestin d’un cheval, et qui en était presqu’entièrement formé. Quelques années plus tard, Fourcroy, Vauquelin et Wollaston, en démontrèrent la présence dans un certain nombre de calculs urinaires de l’homme. Il y existe communément associé au phosphate de chaux, et constituant ce qu’on appelle le calcul fusible ; mais on peut aussi le rencontrer isolé , ainsi que j’ai eu occasion de le constater sur deux calculs rénaux , qui étaient blancs , durs et demi-transparents , à peu près comme de l’ivoire.

Enfin, M. le docteur Royer a trouvé ce sel cristallisé sur le péritoine d’un homme mort de fièvre typhoïde.

Ce petit nombre de citations suffit pour montrer l’intérêt qui s’attache au sel, dont je désire aujourd’hui déterminer les caractères et la composition.

Fourcroy supposait que le phosphate ammoniacomagnésien était formé de parties à peu près égales de phosphate de magnésie , de phosphate d’ammoniaque et d’eau. Il en résultait que l’eau et l’ammoniaque étant dégagés par l’action du feu, il devait rester du biphosphate de magnésie , susceptible de fournir du phosphore, par l’intermède du charbon ; cependant, Vauqueliri fit l’observation que le produit de la calcination du sel double n’était pas acide ; ce qui le portait à croire que ce sel contenait une quantité de magnésie suffisante pour neutraliser à elle seule l’acide phosphorique.

La manière de voir de Fourcroy parut recevoir une confirmation presque complète , par l’analyse que.lit, en 1821 , M. Anatole Riffaut, d’un phosphate amn>dhiacomagnésien , obtenu en précipitant, au moyen -du phosphate de soude , un soluté mixte de sulfate dé magnésie et de carbonate d’ammoniaque.

M. Riffaut trouva ce sel composé de

Phosphate de magnésie.. . .

. P Mg 2

Phosphate d’ammoniaque .

. P Az“ H 1

Eau.

( Ann. Chim. Phys., t. 19 , p. 90. )

D’après M. Berzélius ( Traité de Chimie, t. 4 , p. 96), il existerait deux phosphates ammoniaco-magnésiens : un neutre , obtenu en mélangeant des solutés chauds de sulfate de magnésie et de phosphate ammoniaque : le set:

déposé par refroidissement, sous la forme d’une poudre aiguillée , serait composé de

'p'Mg ! + P Az 4 H' 1 , H 4 O 2 -f H 16 O 8 .

soit :

Phosphate de magnésie. ... P Mg 2 36,55.

Phosphate d’ammoniaque . . P Az 4 H' 2 34,27.

Eau.10 H’ O 29,18.

Ce sel ne diffère de celui de M. Riffaut que par 5 atomes d’eau en moins. Décomposé par le feu , il devrait, comme le sel de Fourcroy, se convertir en biphosphate de magnésie , susceptible de donner des marques d’acidité lorsqu’on le fait bouillir dans l’eau.

L’autre phosphate double de M. Berzélius , est un sel bibasique, obtenu en décomposant du sous-phosphate d’ammoniaque , par du sulfate de magnésie. Il se dépose sous forme d’une poudre cristalline , contenant 38 parties d’eau , 14,44 d’ammoniaque, et 47,56 de phosphate de magnésie. Cette composition paraît être la même d’abord que celle assignée , par M. Ritfaut, à son phosphate ammoniaco-magnésien ; mais il y a cette grande différence que, dans le sel de M. Berzélius, un seul atome d’acide phosphorique est combiné à 2 atomes de magnésie et à 4 atomes d’ammoniaque. La formule du sel

bibasique est donc P Mg 2 , Az 4 H' 2 -}- 10 H 2 O. Ce sel ne diffère du sel neutre de M. Berzélius que par un atome d’acide phosphorique en moins. Il produit du phosphate de magnésie neutre , par sa décomposition au feu.

Enfin , M. Thomas Graham , qui s’est acquis une juste célébrité par ses recherches sur la constitution des sels, et, en particulier , sur celle des phosphates et de l’acide phosphorique , est venu renverser tout ce qu’on croyait savoir sur le phosphate ammoniaco-magnésien. Suivant

lui, il n’en existe qu’un seul, quel que soit le procédé par lequel il ait été obtenu. Ce sel ne contient qu’un équivalent d’ammoniaque, au lieu de deux admis par M. Riffaut et par M. Berzélius , et il a pour formule

P Mg ?

, Az 1 H 6 +

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