I. — États indépendants
L'islam, adopté par quelques Arricains, leur a fourni un code de lois et un type de gouvernement ; il les a mis en rapport avec des peuples plus avancés, dont ils ont imité en partie les institutions militaires ; il leur a inspiré cet enthousiasme qui naît d'une foi vive, il a assuré ainsi leur prépondérance sur leurs voisins idolâtres et permis la fondation de quelques vastes empires.
On crait communément que l'Afrique centrale musulmane se divise en un nombre infini de royaumes; des voyageurs portés à l'exagération, ou des traducteurs trop classiques, ont tellement prodigué aux Africains le titre de roi, que le Soudan parait peuplé de rois. L'examen attentif et sérieux des faits nous montre l'Afrique sous un autre point de vue; nous y retrouvons presque l'Europe du moyen &ge, partagée entre beaucoup de princes ou de ducs, mais dominée toujours par un petit nombre d'empereurs ou de rois.
Le titre de sultan est le seul que nous devions rendre par le mot ro/, encore ne faut-il le faire que lorsqu'il désigne le chef d'un État indépendant, un prince qui ne paie de tribut à aucun autre ; s'il désigne un prince tributaire, il vaut mieux le traduire par le moi prince^ à moins que nous ne voulions former une hiérarchie d'empereurs et de rois , ce qui, pour l'Afrique, me semblerait ambitieux.
Le titre de roi, impliquant l'exercice indépendant d'un pouvoir suprême, ne saurait être la traduction
du mot arabe melek, qui vient de mulky bien; veut dire littéralement propriétaire» seigneur^^/omÂrtii^; n'est appliqué en Afrique qu'à de petits vassaux, ou à des agents directs du souverain, à des gouverneurs de villes ou de provinces.
Il régné une telle confusion en celte matière, qu'un géographe éminent, après avoir dit que le mol mek signifie roi, ajoute qu'on en a dérivé le mot mekdoum qui, selon lui, signifie royaume.
L'anglais kingdom vient de l'anglais king, mais il hé s'ensuit pas que l'arabe maqdoum , ou mieux encore magdoum^ qui s'écrit par un qaf, vienne de l'arabe mek^ qui s'écrit par un kef {i). Maqdoum, d'ailleurs, ne signifie pas royaume, mais bien gouverneur général , vice-roi. J'ai parlé, un peu plus haut, du maqdoum Msellem, gouverneur du Kordofan pour le sultan du Ûar-Four, qui fut tué par les Égyptiens à la bataille de Bara. Quant au mot mek^ qui n'est pas l'abréviation de melek ( comme je l'ai dit moi-même pai* erreur dans un autre travail), il n'indique jamais un roi, et doit se traduire tout siuiplement par chef, ou par maire.
Le Soudan occidental nous montre les deux royaumes des Fellatas et dit Èornou ; le Soudan oriental ne nous en présente également que deux, le Waday et le Ûar-Four. C'est autour de ces grands États que pivotent les États secondaires; presque tous en dépendent et leur paient tribut; quelques-uns s'y refusent, mais leur condition ti'en est pas meilleure : ils sont bloqués au lieu d'être dominés, et ravagés ou du moins me-
(i) La racine du mot maqdoum est ifadama, qui ne renferme dans le même ordre aucune des lettres employées dans le mot mek.
nacés sans cesse de l'êlre» au lieu d'être soumis à un tribut, plus coûteux à leur orgueil qu'à leur pauvreté. Leur existence indépendante, n'étant point reconnue par des traités, ne saurait être prise en considération: s'il fallait les regarder comme autant d'États indé» pendants, on devrait partager la Turquie en presque autant de petits royaumes qu'elle a de provinces; presque toutes ces provinces étant depuis des siècles dans un état perpétuel d'insurrection.
L'absence à peu près complète d'un droit public reposant sur des traités livre tout à l'abus de la force, et fait de la guerre l'état normal des sociétés barbares. Les grands États se font toutefois moins la guerre entre eux qu'ils ne la font aux petits ; ils attaquent et rançonnent les vassaux les uns des autres: chaque nouvelle lutte semble avoir pour objet, comme pour théâtre, une principauté conquise dont les habitants vaincus appellent à leur secours les ennemis de leurs vainqueurs; ceux-ci viennent et ravagent le pays jusqu'à ce que ceux qui les y ont précédés soient parvenus à les en chasser. Il arrive dès lors très souvent que la moitié orientale d'un de ces petits États paie tribut à un roi, et que sa moitié occidentale paie tribut à un autre; quelquefois même l'État dépend de deux maîtres et offre à chacun d'eux une rançon proportionnée à sa puissance ou à son audace.
Il résulte évidemment du fait que je viens d'exposer une grande difficulté clans le tracé des limites des grands royaumes: le Kanem, attribué au Waday, pourrait l'être au moins en partie au Bornou, car si Mà6 paie tribut au sultan thérif, quelques villages plus occidentaux paient tribut à Omar. Enfin les iriLu-
(84) laîres ont eux-mêmes des tributaires; les vassaux, des vavassaux : ainsi le Bousso est iribulaire du Baguermi^ qui lui-même est tributaire du Waday.
Il est difficile de bien arrêter les limites dans le sud, parce que les grands royaumes cherchent surtout à s'étendre dans le sud par la prédication et les armes; ils gagnent toujours de ce côté, bien que les fleuves comme TOmm-et-Timan, ou des montagnes élevées et abruptes, puissent arrêter quelquefois ou défier leurs eOTorts.
Pour résumer en quelques mots la situation politique du Soudan, je dirai que, de nos jours, les Fellalas sont contenus; le Bornou, que des princes dégénérés achevaient de perdre , se relève avec une dynastie nouvelle; le Waday, plus récemment converti et plus barbare encore, grandit chaque jour : déjà il a soumis à un tribut humiliant le Baguermi, qui a joué un rôle assez marquant à une autre époque; déjà sa puissance menace le Dar-Four, qui manque de cette unité et de cette audace qui font la force du Waday.
Dans un travail de la nature de celui-ci, on ne peut s'attendre à trouver la même netteté que dans la description d'une contrée bien connue. Des renseignements d'origine diverse peuvent parfois se contredire : j'ajourne alors une décision qui exige une nouvelle enquête. Mes notes prises à la hâte, dans le mo-» ment de la conversation, ne sont pas toujours aussi coirtplètes que je le désirerais : souvent, à propos d'un événement, je nomme une ville dont il me serait impossible de' fixer la situation ; mais ces lacunes regrettables disparaîtront peu à peu, dès que j'aurai retrouvé mes informateurs.
(85) II. — fVaday.
Le Waday est habité par onze tribus ou peuplades conquérantes» dont quatre se qualifient de tribus royales.
Les tribus royales sont celles :
1* Des Ab-Senoun ( pères des dents, parce qu'ils se les noircissent en les frottant avec du piment après les avoir soumises à des fumigations de tabac) : la famille royale appartient à cette tribu, qui a pour capitale Am-Kouchak;
2* Des Garaara : la mère deSaboun appartenait à cette tribu;
3^ Des Marfa, dont sont sorties les mères de Kharifeïn et de Ghérif ; à Kena Bitéha, à Hoggené^ le- Petit et à Ambour* touno, résidence du cheikh Malek;
4* Des Malanga, à laquelle appartenait la mère de Dered.
Les autres sont celles :
5* Des Ab-Charib (pères des moustaches), ainsi nommés parce que seuls, dans cette partie du Soudan, ils portent des moustaches : ils habitent à Tibabé et Tinné ; 6* Des Kodoy ;
7* Des Rachmiré, du côté de Wadi-Qusna ; 8« Des RiliDan; 9^ Des Rariia;
lo® Des Masmadji; ou Masmadjeh; 1 1" Des Rondôné.
Am-Baché {bâché, sorte d'arbre ; au Kordofan, giddem), située à 2 journées deWara, est la capitale actuelle du Waday. Saleh-Dered est, je crois, le premier sultan du Waday ^qui en ait fait. sa résidence.
Le Waday est divisé en cinquante gouvernements, dont les chefs-lieux sont :
1* Bir-Tawil (i. e. le puits profond), à 5 journées à TE.-S.-Ë. de
Wara; 2* Andina, à a j. de Bir-Deguig et à 3 j. S.-E. de Wara;
3* Bir-Bâchbm (i. e. (le |puics du fennecus), i j. au S. df Keîîa-
Bitéhâ; 4* Bererit (ne pas confondre avec un autre lieu du nom de
Bororit), 3 j. à TO. de Bir-Tawil et 3 j. àl'E. de Doulla; 5* Am-Kouckak ou Amkouchak (i. e. pâte très chargée d*eau: ce
nom est appliqué à une ville pour indiquer la plénitude de
sa population), 3 j. à TE. de Wara , 5 j. au S. de Bir-Tawil,
I j. à rO. de Tama, i j. ^ au S. du Djebel-Kourtoum; 6* Tibabé, à 5 j. de Wara, à a j. de Kourmoudi , à a j. de
Gamara ; 7* Tinné, à 5 j. de Wara, 3 j. au S. de Tibabé; 8* T6n-Kôfi, une des capitales d*Abd«el-Rerim, à 6 heures à
rO. de Rilifiân, à i j. au S. d'Am-Baché; 9* Abou-Goudam, la montagne d'Abou-Goudam (djebel Abou-
Goudam),est à i j, ^ ou i ^ au S.-O. d*Am-Baché, à i j. de
Kaouri-Adaltl, et à i j. deBir-Toyo; lo* Touràn, i j. à TE. de Wara; II* Am-Maghar (la mère de la pierre rouge, probablement du
sulfure de mercure; maghara est habituellement pris dans
le sens de caverne), à 3 j. 7 au N. d*Am-Kawarem: 13» Géba, I J. ï à TE. d'Am*Magbar; i3* Bir-Yoy6, 4 j. au S. d'Am-Magbar; i4" Goz (i. e. dune), de 3 j. | à 3 j. au N. de Mimro; iS* Gamara, résidence de Rharifeïn; 16* Rourmoudi, d'où part une route qui se dirige à travers le
désert sur le Fezzan; if Habile; 18** Boubla; 19* Pjoulkân;
30** Marfa-Habilé, au S. de Réna-Bitéha;
31*^ Douroungonlou, grande ville auprès d'un lac très fréquenté par les éléphants: Abd-el-Fokara, aguid (1) ou chef des Arabes du Debaba, y réside; 93* Chibina, à 3 j. à l'E. de Douroungonlou \ Zeyad Ibn-Rheir- Allah, aguid du Loubous, y réside; son père était affranchi de Saboun ;
(x) L'aguid est ce que nous appelons en Algérie un kbalifa.
^3* Koundjourou, dont les habitants s'appellent Rouka : cette ville est plus ancienne que Wara sans Tétre autant que MasHa ;
34" Biiket-Falmeli, grande ville et palais, résidence ordinaire de Saboun ;
sS" Masmadjeh, résidence de l'aguid Ël-Masoiadjeb, au S. dune grande montagne et au N. du Batha;
26° Hacbaba (gommier), résidence de l'aguid El-Had^ïd ( chef des forgerons, directeur des forges) : le fer du Djebel-Masmadjeh y est mis en œuvre ;
37* Id-ed-Djubayè (i. e., en arabe, puits de Timpôt, bir e( Sclier; id s'écrit par un élif^ un yé et un dal) : beaucoup de tribus arabes s'y réunissent et y acquittent la dîme;
iS"* Karôna-Asal [en haut, miel; le mol asal est le seul arabe): les Arabes appellent ce lieu Bererit; peut-être y a-t-il deux Bererit, peut-être ce lieu-ci est -il le'Bororit dont j'ai parlé plus haut;
39* Hoggëné, qu'il ne faut pas confonc|re avec la capitale du Dar-Sila qui porte le même nom.
30*" Âbkar-Djambôu {kara^ village, pi. ab kar) (1), résidence de l'aguid Kheir-Allah : la route de Sila passe un peu à l'O. de ce point ;
3i« Andila, i j. ï au S. d'Ab-Kar;
3?" Atrak, a j. au S. d'Ab-Kar;
33* Am-Loubana (mère des louban^ arbre dont la fumée est em» ployée par les femmes comipe astringeut): ces| la résidence du djerma (3) Angouroutou (wad.), préfet des hippopotames 01^ mieux inspecteur des chasses royales et percepteur des droits de chasse égaux à la moitié du produit; il n'y a au Waday que deux districts de chasse royale, Loubana et Seyta.
(i) Ou en arabe, kmra^ pi. Aar, d"où a6Aar,père des villages? J'i(^ere si ce mot est arabe, ks âiotToniiaires ne ton! d'aucun secours dès ^'il «agit du langage das Bédouinf : oq n'y irouva ni id^ «i Djubajè dans le sens que |e laur donne, et cependant id ed VJHkayè est un nom bien arabe et sur la signification duquel je n'ai pu être trompé.
(1») Djerma^ djowrma^ litt. écuyer^ se praod dans la sans d'aide de camp, confident.
34* Hidjer-Beidli (la pierre blanche} : une roche blanclie et polie forme le Sol de ce district; si c'était, comme je le crois, du marbre, le granit ne serait pas loin; la ville d'Hidjer-Beïdh a été bâtie par lu-ed-Din, grand cadi du Waday, sous le règne de Dered;
35*" Dagal, à 4 j* ^ l'O. d'Andila (ne pas confondre ce lieu avec le Dagal du Dar-Sila);
36* Roudougous, résidence du cheikh Addo;
37* Cbàlà;
38" Raràngala (sorte d*arbre}, habité par des gens du Bornou ;
39** Cbokayan ;
40" Koundjân : on y rencontre beaucoup d'éléphants ;
41* Mènèmèné: les élépbants y abondent également;
4a* Doubla : les éléphants ne s'y montrent pas ;
43* Malanga-Altin (altin, wad., terme de menace que je ne saurais traduire) ;
44* Malawa, 3j.àrE. de Difdé;
45* Difdé (i. e. ar. crapaud, Defdà);
46* Am-Bouézi {bouézi dourah^ probablement en waday en], à 4 j* au N. de Difdé;
47* Hidjrat (les cailloux, les petites pierres, plaine pierreuse), résidence du djerma moulouton Abd-el-Aziz ;
48* Rèméli (probablement les sables, le sol sablonneux), résidence de Taguid des Tibous Goraân, à 3 j. à TO. de Hidjrat;
49* Beni-Uusseïn, à a grandes journées au N.-Ë. de Hidjrat, on ne trouve pas d*eau en route ;
5o* Am-Kawarem (ar. Kawarem^ sing. karmé, sorte d*arbre dont le fruit jaune ressemble à de l'ambre, karman)^ à 3 j. au Su>E. de Beni-Hussein.
Quelques villes royales telles que Tara, Nimro, Wara, Am-Baché» me paraissent jouir de certaios privilèges et former autant de petits gouvernements.
Toutes les provinces du Waday sont réunies en quatre groupes» à savoir :
Le groupe du Sbab (ar* i. e. Torient, Test» synonyme cherk);
Le groupe du Gharb (ar. i. e. Touest);
Le groupe du Bahri (ar. i. e. le calé de la mer, le nord, syn. chemal^ le côté gauche);
Le groupe de rYemin ou du Saïd (ar, !• e. Yemin, le côté droit, le sud, syn. gibh) (1).
Ces quatre groupes, toutefois, sont plutôt géographiques qu'administratifs. Les gouverneurs de provinces ne dépendent guère que du sultan; les gouverneurs généraux ou chefs de groupe jouissent d'une considération plus grande sans être armés d*une autorité qui pourrait les rendre dangereux. Il en est autrement au Darfour^ comme nous le verrons bientôt, et c'est sans doute à sa politique méfiante que le Waday doit sa grandeur.
IIL — Tributaires du Waday: Kànem, Baguermi.
Les États qui paient tribut au sultan de Waday, sont :
Le Kànem, leBaguermi, le Fitri, le Médbgô, le Sila , le Rôna (2) ; le Kbtbkô paie quelquefois tribut au Waday, mais on doit le considérer comme dépendant plutôt du Bornou.
Le Tama est en état presque continuel de rébellion.
Le Kànem t dont l'existence parait assez ancienne,
(i) Il y a aussi un aguid du Batba et du Batéha; Ibrahim-ibn- Arous est le titulaire actuel de ce poste.
(3) On peut ajouter à ces noms ou en retrancher le mot préfixe dar^ qui sig^nifie lieu, contrée, habitation (maison dans le Gharb): on peut dire Dar-Fitri, Dar-Médogo, Dar-Sila, etc., de même que Dar- Four, Dar-Waday, Dar-Baguermi, etc., et Ton peut dire au8.«i le Fiiri, le Médogo, le Sila, le Four, le Waday, le Baguermi, etc.
a pour capitale MA6, ville située à 2 journées au nord du lacTchàdâ, au milieu des sables. La situation assez septentrionale du Rànem n'est pas très favorable aux cultures, aussi ce pays est-il surtout parcouru par des Tibous et des Arabes, pasteurs de chameaux; les Tibous : Gounda, Sof;éida, et les Arabes Ghawàzemé, s'y livrent pourtant un peu à la culture, ainsi que les Kàncmbous ou Lanembous, qui sont les aborigènes.
Le Kànem a été le théâtre de presque toutes les luttes du Bornou et du Waday.
Je crois que Rarga d'un côté, et Mborgou de l'autre, constituent des petites principautés indépendantes du Kànem, mais tributaires du Waday.
Le Baguermi est le plus iinportant des États secondaires du Soudan, il existait comme royaume indépendant avant qu'il fùt questioti du Waday et du Dar-Four; il constitue la région la plus fertile, la mieux arrosée du Soudan (1); son peuple est aussi brave et plus industrieux que les peuples voisins.
On cite, parmi les peuplades noires qui cultivent le Baguermi, les Girfà, les Aràzà, les Mbémàna, les Bèrgétè, les Daba, les Lètnén, les Mbârmà, les LimaD.
La capitale du Baguermi est Màsna ou bSm Masâa, c'est-à-dire la cité de Masna, qui s'élève à environ quatre heures de distance au nord du Batchikam ou rivière ombragée ; c'est une des plus anciennes et des plus belles villes du Soudan. Elle est bâtie sur les deux bords opposés d'un étang ou rahad, de forme un peu allongée, nommé maé Mangiu L'un de§ c6tés de
(i) Èa, en ba^uermien, signifie cours d'eau; baguermi me parait un nom composé, mais j*ignore le sens de ses deux dernières syllabes.
f 91 ) la ville possède le marché et le palais du sultan, l'autre côté renferme le palais du vizir actuel, Mbarama, qui est un affranchi du bâû; Tunique baobab dont j'ai parlé plus haut, et une sorte de temple consacré à une idole de bois nommée merem Dida^ que les musulmans paraissent avoir épargnée. Il existe à Masna beaucoup de maisons à deux et même trois étages. Je les ai entendu comparer aux habitations de Djedda et de la Mecque , je les crois beaucoup moins belles et moins confortables; elles n'en sont pas moins une des merveilles de l'Afrique centrale.
Pour se rendre du palais du sultan à celui de son vizir, on doit, pendant l'hivernage, contourner entièrement le rahad; pendant la saison sèche, cependant, il existe entre les deux palais un pont noyé ou sorte de gué amélioré au moyen de fascines, on y passe en ayant de l'eau jusqu'à la cheville.
Je ne possède pas la division administrative du Baguermi.