‹ Mémoire sur le SoudanChapitre 7 sur 41 · VI. — Le lac Fitri^ le Bahar'el-Ghzal · texte numérisé non relu

VI. — Le lac Fitri^ le Bahar'el-Ghzal

Le lac Fitri» situé à peu de distance à l'est du lac Debaba» est à peu près rond et peut avoir de deux journées à trois journées de tour; il ne reçoit aucune

rivière importante; quelques torrents qui s'y précipitent des monts Midogo» Djaé ou Mataé et les pluies qui tombent à sa surface suffisent à réparer ses pertes; .sa partie centrale est occupée par une grande lie qui protège rindépendance des gens de Yawa, comme rUe Farram facilite les brigandages de ceux de Rarga. L'eau du lac est assez profonde : pendant la saison sèche, cependant on rencontre» à l'ouest-nord-ouesi et à peu de distance de Yawa, un gué qui conduit de la terre ferme dans l'Ile.

C'est ici le lieu de parler du Babar-el-Ghzal, qu'on a trop longtemps pris pour un fleuve; le terme de bahar egh ghznl (mer ou rivière de la gazelle) ne s'applique pas en arabe à autre chose qu'au mirage; le Bahar-egh-Ghzal, qui Corme une province du Waday, est une vallée très large, très fertile, qui doit son nom à ce que les phénomènes du mirage y sont plus fré* quents et plus remarquables que partout ailleurs : à peine a-t-on franchi les collines qui forment la limite et l'enceinte du Bahar-egh-Ghzal, qu'on aperçoit la surface calme et bleue d'une vaste mer; cette mer s'éloigne bientôt et disparaît. J'ai remarqué déjà que le mirage ne se produisait point partout également dans des circonstances atmosphériques pareilles ; le mirage a son théâtre : fréquent dans une contrée, il est rare dans une autre dont le climat est semblable, et sans doute il ne peut se produire que sur un sol d'une certaine nature.

Avant de passer au Batha , je signalerai deux petits cours d'eau intermittents et qui se perdent dans le sol» à savoir, le Bahar-eh-Tin ou la Rivière-de-la-Boue, à trois journées au sud-ouest du Djebel-Médpgo, et le Doei qui se perd à Dagal dans le Dàr^la,

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