DA
du singulier de ce temps du subjonctif, 67 en chippéway, a7.en lénapé, on fait un nom propre décliné au vocatif : : wo kitanitowiyan, à Dieu! à toi qui es le bon esprit, qui es Dieu! La même chose peut se dire en chippéway , en mettant 02 au lieu d'a. On peut voir par ces exemples comment les différentes formes grammaticales rentrent les unes dans les autres, et combien il est difficile de les expliquer. Nous aurions trop à dire sur ce sujet, si nous pouvions nous permettre de nous y arrêter plus longtemps ; nous sommes obligé de passer outre.
2. Forme générique , ou du genre. — Lorsque nous parlons ici des genres, il doit toujours être entendu que nous ne parlons point des différences de sexes, mais des genres animé et inanimé. Nous avons dit précédemment, après Hec- | kewelder et les autres qui ont écrit sur cette matière, qu’on faisait usage de différens verbes, selon qu’on les appliquait à des objets animés ou inanimés; nous aurions dù dire, pour parler plus exactement qu’on emploie différentes formes du verbe. En effet, lorsqu'on dit en lénäpé : Lenno newau, je vois un homme, et wikwam nemen, je vois une maison, les syllabes au
+ Voyez ce que nous avons dit plus haut sur le vocatif, chap. 13.
(ouaou) etez, à la fin du verbe, ne sont quedes désinences pronominales dont la première signifie : je le vois (video illum), et la seconde, je le vois (video illud). De même, en chippéway , ninondowä signifie je l’entends (audio illum), et ninondän, je l’entends (audio illud). On peut voir ici comme ces langues se rapprochent dans leurs désinences sous le rapport dessons ; le wau des Lénäpés est en chippéway wd4, et la syllabe en devient &n. Cependant, il y a des différences : dans la langue de Massachusetts, 472, dans les verbes, est la désinence animée, et arum l’inanimée; ainsi on dit : zernadehan, je le vois (au genre animé), et zennadchanum, au genre ina— nimé. En mahican, on dit, à peu près comme en lénäpé, 2eau, je le vois (animé), et 2amen, je le vois (inanimé). Enfin , en abénaki, on dit au genre animé ; zenamitoun, je le vois, et ze7a-— mihan, au genre inanimé. La forme simple du verbe est 2enamihoué, je vois.
Ces verbes ont chacun leur conjugaison séparée dans tous les modes et dans tous les temps.
Nous voudrions bien parler ici des nombreuses concordances que la grammaire de ces langues exige entre les différentes parties du discours, surtout entre les noms et les verbes qui doivent s'accorder en genre, en nombre et en personne ; mais il faudrait pour cela un traité de
syntaxe qui n’entre pas dans le plan de ce mémoire, parce qu'il serait trop long, et demanderait une trop grande gants d'explications.
C’est pour cela que nous n'avons point parlé, à l’article du substantif, des déclinaisons pronominales du nom dans la langue des Chippéways.
C’est que ces déclinaisons sont sujettes à beaucoup de variations et d’exceptions, et ne sont pas les mêmes dans ces différentes langues. En voici pourtant un exemple pris du chippéway.
Dans cette langue, le substantif aërdäd (la syllabe az doit être prononcée comme ée dans fée , née) signifie : demeure, habitation. On le dédie pronominalement.
Singulrer.
Aindâgân, ma demeure.
Aindâgôn, ta demeure.
Aindäd, sa demeure.
Pluriel.
Andâyang, notre demeure (à nous autres).
Aindàyong, notre demeure (à nous tous).
Aindäyaig , votre demeure.
Aindàäwâd, leur demeure.
Singulier avec pluriel.
Aindàäyänin , mes | Aindäyonin , tes } demeures.
Aindajin , ses
nie, 214 E., Double pluriel.
Aindâyänhin; nos demeures (à nous autres).
Aindäyonhin, nos demeures (à nous tous).
Aindâyaigin, vos demeures.
Aindàäwadjin, leurs demeures.
On observera que les pronoms préfixes ne setrouvent point ici, et que les idées pronominales sont exprimées par des désinences ;' mais. cette forme de déclinaison ne s’applique qu’à une certame classe de substantifs : ce sont des noms descriptifs de lieux, tels que pays, habitation, champ de bataille, étendue de territoire EE la chasse , la pêche; le substantif maïson n'y est pas ol
Les verbes “doivéät:s'accorder en nombre, personne et genre, non,seulement avec leurs nominatifs, mais encore avec leurs. objectifs. Dans l’exemple que nous avons donné ci-dessus (ch. 13) : Pontiacan emittigajiwog ogisakian, Pontiac aime les Français, qu'on pourrait tra duiré : Pontiac (illos) francigenas amat (illos);
et pour imiter la phrase en mauvais latin : Pon-… |
tiacos francigenas amatos; la lettre r à la fin du premier et du dernier mot, indique la troi-. sième personne, sans désignation de nombre ni de genre ; elle peut signifier : t//um, tllam, illud, ulos, illas, hæc, accusatifneutre; la terminaison og du verbe indique le nombre pluriel, et en
même temps la troisième personne, et donne le sens numéral et générique à toute la phrase.
Ainsi, la lettre z, quoïqu’elle termine les deux substantifs ; n'a rapport qu'à celui qui est l’objet de l’action, et la désinence og fait connaître que le verbe gouverne la troisième personne du pluriel du genre animé. Ces sortes de concordances ne s'accordent pas précisément avec celles auxquelles nous sommes accoutumés; elles sont dans le génie de ces langues et remplissent parfaitement leur objet. Mais il faut revenir aux formes du verbe,
3. Formes positive et négative. Le verbe, dans toutes les langues algonquines, peut se conjuguer affirmativement et négativement, et elles ont pour cela diverses formes, qui consistent généralement en désinences et intercalations de syllabes; mais ces intercalations et ces désinences varient selon les langues, les verbes, les conjugaisons, les genres, les modes, les temps, les nombres et les personnes, de sorte qu'il serait impossible de faire connaître toutes ces variétés, qui cependant ne diffèrent point, quant au principe. Quelques langues , comme le lénäpé, joignent la particule négative atta ou matta, ce qui n’est qu'une duplication, comme quand nous disons : je ne veux pas. En lénàpé, la syllabe wz ou le w seul joint à une autre
voyelle, indique la négation. En mahican, om prépose la particule négative s{&, et on joint au verbe la syllabe we, comme par exemple, wawanantam,il rit; sé wawanantamowe, ilne rit pas. En massachusetts , c'est ou qui est la syllabe suflixe ou intercalée ; mat est la particule négative qui, quelquefois, précède le verbe, mais c'est pour éviter l’équivoque, lorsque la syllabe ou ne peut pas facilement se joindre à une autre; en chippéway, c’est duhze (pron. dozi) suflixe ou intercalé , qui sert à former le verbe négatüf, et quelquefois aussi, le ou la syllabe s7; mais on ne fait point précéder le verbe de la particule uégative. Toutes ces variations, à chaque genre, temps, mode, etc., ne pourraient s'expliquer en détail que par une multitude de longs paradigmes qui n’entrent point dans le plan de ce mémoire, pour des raisons que l'honorable commission concevra aisément; nous croyons avoir assez fait connaître le système général qui SEUVORE ces deux formes du verbe.
4. Formes active et passive. C’est encore ici le même système , excepté que les désinences et les intercalations diffèrent, ainsi que leurs posi= tions. A7, si, gussi, en lénäpé; go, gozt, sv, en chippéway, sont en général des indications de la voix passive ; on dit, dans la première de ces langues, 7 Dr j'entends (audio) ;
atta n’pendamowt, je n’entends pas ; n'pendaxi; je suis entendu; matta r'pendaxiwi, je ne suis pas entendu. En chippéway, on conjugue ainsi : rinondom, j'entends; rinondozt, je n’entends pas ; 2n6ndago, je suis entendu ; rinôndagozt, je ne suis pas entendu. La syllabe négative wr, et quelquefois w , suivie d’une voyelle, se trouve dans d’autres temps et modes du verbe ; de sorte que les formes varient selon les règles que chaque langue a adoptées ; et comme dans chacun de ces idiomes, il y a une multitude de verbes composés, tous. susceptibles de formes positive et négative, et tous, excepté les verbes neutres, ayant des formes active et passive, et enfin, presque tous étant assujétis aux autres formes dont nous allons parler, on peut juger de la manière compliquée dont toutes ces syllabes, affixes et intercalées, sont mêlées avec celles qui désignent les diverses autres circonstances qui accompagnent le verbe.
= Nous allons, par forme d'exemple, présenter
la conjugaison du verbe J'entends, dans les formes active et positive, qui ne sont qu'une; quant aux formes passive et négative, nous ne pouvons donner qu’un seul temps (le présent de l'indicatif), et cela seulement dans deux langues, le lénäpé et le chippéway, par lesquelles on pourra juger des autres. Nous ne citerons
Première transition.