‹ Mémoire sur le texte primitif du 1er récit de la créationChapitre 17 sur 22 · et Dieu vit que la lumière était bonne · texte numérisé non relu

et Dieu vit que la lumière était bonne

4*. Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres;

5*. et Dieu appela la lumière : Jour, et les ténèbres :

Nuit.

14**. Qu'ils servent de signes pour les fêtes, pour les jours et pour les années.

22. Dieu les bénit en disant : a Fructifiez et multiplier, et remplissez les eaux dans les mers, et que le volatile multiplie sur la terre, j»

29. Et Dieu dit : Voici, je vous donne toute herbe portant semence, qui est sur la surface de la terre, et tout arbre sur lequel il y a fruit d'arbre portant semence. Ce sera votre nourriture.

30*. £t à toutes les botes sauvages, et à tous les oiseaiux du ciel, et à tout ce qui rampe sur la terre, et qui est doué de vie, je donne pour nourriture toute herbe verte.

Ch. Il, 4. Ici le texte ajoute au nom de Dieu (Elohim) celui de lAHVBHt formant ainsi le nom composé Iahveh-Elohim. Nous avons indique, p. 47, les motifs qui ont probablement inspiré aux rédacteurs cette addition, et ceux qui nous la font supprimer.

LE

(Genèse, ch. II, 5, ch. III, 24).

Ce serait un intéressant travail que de comparer le Premier et le Deuxième récit de la Création sous le rapport dés doctrines qu'ils représentent et de l'influence qu'ils ont pu et peuvent encore exercer. Mais un pareil sujet n'est pas à traiter d'une manière accessoire; nous nous bornerons donc à donner ici, avec quelques notes, le texte bien conservé du Second récit, en indiquant les différences matérielles et morales qui le séparent du précédent.

Il y a d'abord la différence du nom divin, déjà signalée au commencement de ce Mémoire : Elohim (Dieu) dans le Premier récit, Iahveh Elohim (lahveh Dieu) dans le Second. Puis le sujet traité n'est pas exactement le même : d'une part, c*est la création du ciel et de la terre et des êtres quMis renferment; de l'autre, c'est la création seulement de l'homme, des plantes et des animaux.

Mais même sur ce terrain commun, les deux récits ne se rencontrent point.

Selon le premier, les plantes et les animaux sont créés avant l'homme, et Thomme est créé mâle et femelle. Selon

le second, les plantes et les animaux sont créés après rhomme; celui-ci d'ailleurs est d'abord créé mâle, et c'est seulement lorsque Dieu a reconnu « qu'il n'est pas bon que l'homme soit seul^ et qu'il lui faut un aide qui soit son pareil m, c'est alors seulement que la femme est formée d'une côte de l'homme^ que Dieu lui a enlevée pendant son sommeil.

L'habitation de l'homme, selon le premier récit, est la terre elle-même, dans toute son étendue ; selon le second, c'est un jardin {paradis) piaulé au pays d'Éden, c'est-àdire au pays de délices.

Cependant, ces différences sont peu de chose en comparaison de celles qui existent dans la destinée assignée à l'homme de part et d'autre.

D'un côté^ nous l'avons vu, le couple appelé à régner sur la nature doit, pour remplir sa mission, développer toute son énergie physique et morale. De l'autre , il est soumis à une loi tyrannique qui lui interdit tout progrès, puisqu'elle lui défend de goûter le fruit de Tarbre qui figure la science du bien et du mal. Cependant la femme, séduite par le serpent, désobéit et entraine l'homme à la désobéissance. Un cruel anathème est le châtiment de leur faute. La femme est condamnée à enfanter dans la douleur; l'homme doit travailler à la sueur de son front, et la terre est maudite à cause de lui. Le serpent, qui auparavant pouvait parler et marcher, est privé de la parole, condamné à ramper sur le ventre et à se nourrir de terre.

Dans le Premier récita une fois admise la donnée de la création, tout est positif^ dans le Second, nous sommes en plein mythe.

Ainsi nos deux récils ne sont pis seulement divers; ils sont contraires, ils s'excluent Tun Tautre. Ce n'est que par un assemblage forcé, par la combinaison d'une Genèse Élobiste avec une Genèse Jéhoviste, comme Pavait bien vu Astruc, et sous Tempire de préoccupations religieuses toutes particulières, que ces deux documents ont pu se trouver réunis.

On a dît que le second document était un complément nécessaire du premier, parce qu'autrement Tintroduclion du mal dans le monde primitivement créé bon ne s'expliquerait pas. L'objeclion n'est pas fondée. Avant Tintercalalion du Second récit et de Thisloire de Gain et d'Abel qui en est la suite, le Premier récit se reliait directement au cbapifre V, qui contient le dénombrement de la postérité d'Adam, et par celui-ci au chapitre VI , qui donne l'histoire du déluge. Ici nous apprenons que le déluge a été le châtiment du genre humain, puni a parce qu'il a corrompu sa voie». C'est l'application de la même loi religieuse qui domine toute la Bible, et qui fait du mal physique le châtiment et le remède du mal moral. Mais cette loi est tout à fait indépendante de l'anathème étrange prononcé au Premier récit, anathème dont on ne retrouve d'ailleurs aucune trace, non plus que du récit lui-même, dans le reste de la Bible.

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