DIRECTION GÉNÉRALE POUR LA MÉTHODE .CURATIVE DU CHOLÉRA
Dans la première et la seconde période, ma pratique a été de me confier exclusivement et entièrement dans l'acide carbonique ou dans le charbon , en répétant les doses à des intervalles variables, selon l'urgence des cas et l'intensité des symptômes. Dans le commencement de la maladie , quand les symptômes qui se manifestent, annoncent que l'estomac seul est attaqué ou que la diarrhée a précédé , on doit donner quelquesunes des préparations qui contiennent de l'acide carbonique , et les répéter d'heure en heure,, jusqu'à ce que tous les symptômes alarmans disparaissent. J'ai toujours observé une notable amélioration après la preuiière prise ; et après la troisième, en général, il ne reste qu'une sensation particulière de lassilude,^
Quand les iulcslins sont aflbctés, comme daus la diarrhée qui a été appelée préliminaire , refFet du remède n'est pas si instantané ; raaîs il n'est pas pour cela moins efficace. Généralement, deux ou trois doses sont nécessaires pour que son action se produise , quoique le plus souvent i dès la première, l'intensité des symptômes diminue.
Quelquefois l'acide carbonique seul ne suffît pas pour arrêter la diarrhée. Dans ce cas y il arrive , en général, que la sécrétion de la bile est \iciée , et que sa permanence dans le canal intestinal alimente l'irritation. Une ou deux doses de calomel , qui agissent sur le foie , sont convenables dans de tels cas. En même temps , nous pouvons supprimer l'acide carbonique, et lui substituer le carbonate de chaux , à la dose de deux drachmes , uni avec une drachme de sucre , une drachme de gomme arabique , un scrupule de conviction aromatique et seize onces d'eau. On doit prendre la quatrième partie de cette potion chaque quatre heures , jusqu'à ce que la diarrhée cesse. Dans le cas où l'on n'a aucun motif de supposer que la sécrétion de la bile soit défectueuse ou maligne, on peut administrer le mélange de chaux seule avec les substances ci-dessus, ou, à sa place , le charbon pur, en l'administrant, selon qu'il a été dit cidessus, par la bouche ou en lavement.
Celle différence dans les effets du remède peut s'expliquer peut-être , en admettant que j dans les cas indiqués , l'acide carbonique étant absorbé dans l'estomac et entrant dans les poumons , s'échappe et sort avec l'air respiré , et par ce motif n'arrive pas jusqu'aux gros intestins. Le bon effet qu'on retire du carbonate de chaux, paraît tenir à ce qu'il ne se décompose que dans les gros intestins. A considérer les effets du charbon et de l'acide carbonique dans l'état de diarrhée , on devra se rappeler que nous ne pouvons espérer de soulagement de ces remèdes, que lorsque cette diarrhée est entièrement due à l'effet du poison cholérique sur le tube intestinal ; mais si elle provient d'autres causes , d'autres remèdes seront nécessaires pour aider au premier à l'arrêter.
Dans le second état de la maladie, caractérisé par des évacuations semblables à de l'eau de riz, nous pourrons user du même remède pour arrêter ses progrès. Nonobstant , comme l'intervalle entre cet état et le troisième est court, il est nécessaire d'administrer le remède à des époques plus rapprochées , comme , par exemple, chaque quart d'heure ou chaque demi-heure, jusqu'à ce qu'on ait donné cinq doses : il sera alors prudent de ne pas perdre de vue le malade, et d'observer les effets du remède. S'il arrive que les vomissemcns diminuent , si les évacuations
sont moins fréquentes et que le pouls se maintienne, nous pourrons en conclure que nous avons arrêté le cours de la maladie ; les symptômes subséquens doivent nous servir de guide , dans ce cas, pour l'administration ultérieure du remède. Quand les vomis.semens contirment , ou que les évacuations par les voies inférieures sonL fréquentes et abondantes, nous devons continuer d'administrer l'antidote.
Quelquefois , quand le vomissement est considérable et qu'il y a irritation de l'estomac , les premières doses sont rejetées ; alors , on devra répéter les doses d'acide carbonique comme avant , sans attendre autant de temps pour l'administrer ; de la même manière, quand les évacuations par le bas sont très-abondantes , fréquentes et semblables à de l'eau de riz , on doit donner , outre l'acide carbonique , un lavement qui contienne deux cuillerées à s-oupe de charbon pur, en engageant le malade à le retenir, et les assistaus à le pousser avec quelque force.
Pour arrêter ou diminuer les crampes quand elles sont fortes, j'ai employé avec un heureux succès l'élher sulfuriqtic , à la dose de deux ou trois drachmes , en le combinant avec une des teintures aromatiques , dont l'usage est surtout avantageux dans les cas de choléra sporadiquc»