‹ Mémoire sur le traitement de la cataracteChapitre 2 sur 11 · PREMIÈRE OBSERVATION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE OBSERVATION

M. Pépin, âgé de cinquante -r neuf ans, d’une bonne constitution, avec prédominance du système nerveux, fut attaqùé , il y a neuf ans , après une marche forcée , d’une fièvre intense à laquelle se joignirent de la céphalalgie , du délire , et qui se termina par une enflure de tous les membres. Dans la convalescence , il aperçut , pour la première fois, un point noir qui voltigeait entre les objets et l’œil droit 5 six mois après , des nuages précurseurs de la éataracte se présentèrent à l’œil gauche.

Hiver de 1819 à 1820... Pendant trente nuits le malade sentit à la tempe droite des douleurs insupportables qui furent suivies d’une phlegmasie de l’œil gauche ; les sangsues la firent disparaître.

Janvier 1822. Les douleurs de la tempe droite se renouvelèrent avec une intensité très - grande ; elles cédèrent à une pilule opiacée que prescrivit M. le docteur Lafisse.

3 avril 1822. M. Pépin m’est adressé par l’estimable confrère que je viens de nommer.

L’œil gauche, cataracté depuis quatre ans, est totalement privé de la vision.

L’œil droit offre au centre du cristallin un point grisâtre , signe caractéristique d’une cataracte commençante -, le malade peut à peine lire pendant

quelque temps sans se fatiguer; souvent sa vue est presque nulle ; les filamens qu’il apercevait , il y a neuf ans, dans 1 œil droit, sont accompagnés de quelques autres. Les pupilles sont médiocrement dilatées, peu mobiles.

La maladie dont M. Pépin fut atteint, il y a neuf ans, me paraît être la principale cause de l’aflêction des yeux ; ainsi , depuis cette époque le cerveau est affecté par une lésion qui, par irradiation, a produit, io des filamens nombreux, l’opacité du cris- : tallin et la faiblesse de la vision dans l’œil droit ;

20 La cataracte complète de l’œil gauche ;

3° Les douleurs de la tempe droite ;

4° L’inflammation de l’œil gauche.

Les travaux de cabinet auxquels est assujetti le malade ont dû nécessairement favoriser le développement de son état morbide.

Guidé par l’expérience que j’avais acquise des bons eflèts d’un traitement local dans les maladies les plus graves du cerveau, même lorsqu’elles sont congéniales , je proposai à M. Pépin la cautérisation sincipitale, comme le moyen qui offrait le plus de chances favorables dans sa position. J’espérais parla borner les progrès de la cataracte de l’œil droit, et disposer les parties à ressentir l’influence des ïgens particuliers ou généraux qui seraient propres i rétablir, autant que possible, les organes dans !eur intégrité naturelle.

4 avril 1822. Cautérisation sincipitale par la pommade ammoniacale.

aa mai. Le nuage qui paraissait couvrir le cristallin droit est moins apparent, la vision est un peu plus énergique, les filamens persistent.

Un courant électrique produit au moyen d’une cuve voltaïque de trente plateaux, et dirigé entre le nerf surcilier droit et l’œil droit, rend momentanément la vision plus nette ; mais les nerfs en reçoivent un ébranlement général qui dure jusqu’au lendemain.

ier juin 1822. .L’oeil droit est parfaitement net. la vision est de plus en plus énergique.

Juillet 1822. Le nuage du cristallin droit reparaît-, la vision est un peu obscurcie : la plaie sincipitale est très-superficielie et réduite à un diamètre de trois à quatre lignes d’étendue; je l’agrandi; et la rends plus profonde avec la pommade ammoniacale.

Août 1822. On n’aperçoit plus l’opacité du cristallin de l’œil di’oit , la vision est constammen forte, le blanc mat que présentait la cataracte d( l’œil gauche a pris une teinte grisâtre.

Juin 1823. L’œil droit est dans l’état d’intégriu naturelle , les filamens ont beaucoup diminué , n vision est bonne , le cristallin de l’œil gauche lin toujours de plus en plus sur le gris noir ; la vision, pour cet œil , est bornée à la perception de la lumière.

Août 1825. La guérison se soutient dans l’oei. droit; la cataracte de l’œil gauche est à peine visible; mais la vision ne fait pas de progrès.

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