‹ Mémoire sur les ammoniaques composésChapitre 18 sur 31 · ACTION DE L’IODE SUR L’ÉTHYLAMINE · texte numérisé non relu

ACTION DE L’IODE SUR L’ÉTHYLAMINE

L’iode réagit immédiatement sur une solution d’éthylamine, en donnant lieu à un dégagement de chaleur et en se transformant en un liquide fort épais, opaque et coloré en bleu noir. En même temps il se forme de l’iodhydrate d’éthylamine. La production de ce sel, ainsi que les analyses suivantes, prouve que l’iode a réelle-

AMMONIAQUES COMPOSÉES, ment décomposé l’élhylamine, en se substituant à de l’hydrogène. Ce cas de substitution, d'ailleurs très-rare, donne lieu à la formation d’un corps iodé dont les propriétés physiques et chimiques s’éloignent considérablement des propriétés si nettes qui appartiennent aux corps chlorés obtenus par substitution. L’éthylamine biiodée est un corps très-instable; quand on le distille, il laisse dégager de l’iode, et si l’on élève la température, il passe en même temps un liquide brun foncé, et il reste un résidu de charbon. L’alcool et l’éther le dissolvent. La potasse caustique ne le décompose pas instantanément, ce qui prouve bien que l’iode est entré par substitution dans la combinaison. Cependant du jour au lendemain la décomposition est complète. Il se forme de l’iodure de potassium, un peu d’iodate de potasse, et une quantité assez notable d’un corps jaune cristallin peu soluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, mais ne cristallisant pas de cette dissolution. Cette substance iodée, dont j’ai fait beaucoup d’analyses, ne m’a pas présenté une composition bien définie. Je suppose que c’est un mélange de plusieurs matières et je ne pense pas qu’elle renferme le composé homologue de l’iodoforme

Voici d’ailleurs les résultats que l’éthylamine biiodée a donnés à l’analyse :

I. os',523 de matière ont donné o8r,i5g d’acide carbonique, et 0^,096 d’eau.

II. 0^,749 de matière provenant d'une autre préparation ont donné ogr,2i7 d’acide car-

bonique, eto5r,i34 d’eau.

III. o6r,g365 de matière ont donné oBr, 286 d’acide carbonique, et oBr, i52 d’eau.

IV. oBr,5g9 de matière décomposée par la chaux au rouge ont donné oBr,96i d’iodure d’ar-

gent.

Ces résultats donnent en centièmes:

Expériences.

Théorie.

ni.

Carbone . . . . ,

Hydrogène. . .

Iode

Azote

Az — i4 —

AMMONIAQUES COMPOSÉES.

Sans doute ces analyses auraient été plus correctes si j’avais eu le moyen de purifier l’éthylamine biiodée, mais je pense quelles suffisent pour justifier la formule

C1 H5 1* Az.

CHLORHYDRATE D’ETHY LAMINE.

Pour obtenir ce sel on peut décomposer l’étber cyanurique dans un appareil disposé comme celui qui sert à la préparation du chlorhydrate de méthylamine (voir page i 5). Il est plus commode cependant de décomposer par la potasse l’éther cyanique lui-même. La réaction s’accomplit immédiatement à la température ordinaire en donnant lieu à un dégagement notable de chaleur. Il convient de se servir pour cette expérience d’un flacon à l’émeri, dont on fixe solidement le bouchon et que l’on a soin de refroidir. On accélère la décomposition en l’agitant une ou deux fois; au bout de cinq minutes l'éther cyanique a disparu, et on ne trouve plus dans la liqueur alcaline que du carbonate de potasse et de l’éthylamine. Pour la séparer, on fait bouillir le liquide dans un ballon surmonté d’un tube à deux angles droits, et l’on dirige les vapeurs d’éthylamine dans un flacon renfermant un peu d’eau et refroidi. Après avoir saturé par l’acide chlorhydrique, on évapore à siccité et l’on dissout le résidu dans l’alcool concentré et bouillant. Par le refroidissement de la solution alcoolique, le chlorhydrate d’éthylamine se dépose sous la forme de larges feuilles.

Les cristaux de chlorhydrate d’éthylamine, complètement débarrassés d’humidité dans le vide sec, commencent à fondre à 76° et sont complètement fondus à 8o°. Par le refroidissement, le sel fondu se prend, dans le tube dans lequel on a fait l’expérience, en une masse cristalline demi-transparente et fendillée.

Lorsqu’on chauffe le chlorhydrate d’éthylamine à une température plus élevée, il émet des vapeurs et entre en ébullition de 3 1 5° à 32 0°. Par le refroidissement, il se prend, après avoir été

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soumis à l’action de cette température élevée, en une masse d’un blanc laiteux qui n’a plus rien de cristallin. Chose remarquable , le sel ainsi modifié ne fond au’à une température très-élevée. Le tube très-fin et fermé par les deux bouts qui contenait les cristaux fondus à 8o° a été plongé pendant quelques instants dans un bain d’huile bouillante. Par le refroidissement le sel fondu s’est pris en une masse d’un blanc laiteux qui a été chauffée de nouveau dans un bain d’huile. A 260° la fusion du sel modifié n’était complète que sur quelques points.

Le chlorhydrate d’éthyiamine est un sel très-déliquescent ; sa dissolution aqueuse le laisse déposer sous forme de beaux prismes striés. Traitée par un amalgame de potassium, elle dégage de l’hydrogène et il se dissout de l’éthylamine ; sa composition est représentée par la formule

C4 H7 Az, H Cl,

qui se déduit des analyses suivantes :

I. oe',394 de ce sel ont donné ogr,353 d’eau, et ogr,4i8 d’acide carbonique.

II. ogr,3i 1 de matière ont donné ogr,548 de chlorure d’argent.

III. ogr,3695 de matière ont donné ogr,4oo d’acide carbonique, et ogr,33a5 d’eau.

Ces nombres donnent en centièmes :

Expériences.

Théorie.

Carbone 28, g3 29,52 C4 — 24 — 29,44

Hydrogène 9,94 9,99 H8 — 8 — 9,81

Chlore 43,58 n Cl — 35,5 — 43,55

Azote n n Az — 1 4 — 17,20

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