‹ Mémoire sur les anomalies de l'œufChapitre 5 sur 17 · L’OEUF · texte numérisé non relu

L’OEUF

« Je n’ai pas besoin d’insister beaucoup « pour faire sentir de quel intérêt ces « anomalies de l’œuf non fécondé peuvent « être pour l’histoire de l’évolution du « fœtus, des grossesses multiples, des « monstruosités, etc. »

Bischoff.

L’œuf est sujet à des anomalies diverses : tantôt sa forme est plus ou moins modifiée, tantôt il manque*. de quelque partie essentielle, tantôt l’une ou plusieurs de ces parties s’y trouvent en excès, ou bien il s’y rencontre un corps d’origine inconnue.

Dans d’autres temps, ces anomalies ont été pour les savants, aussi bien que pour le peuple, l’objet d’opinions singulières, bizarres ou d’idées superstitieuses; aujourd’hui l’origine, la nature de ces anomalies, leurs effets sur le développement et sur l’organisation de l’embryon soulèvent des questions dont l’importance physiologique ne peut être méconnue.

Les faits rapportés dans ce mémoire concernent principalement l'œuf des oiseaux. L’énorme consommation domestique de celui de la poule, les recherches multipliées des savants sur son développement

ont donné, en sa faveur, une proportion considérable de cas d’anomalie. L’œuf des animaux qui appartiennent à d’autres classes n’est pas moins sujet, sans doute, à des vices de conformation; nous en rapporterons des exemples observés citez des mammifères, chez des poissons et chez des invertébrés; mais c’est chez l’oiseau seulement que nous pourrons étudier ces anomalies dans leurs diverses conditions.

L’œuf est essentiellement constitué par une vésicule primordiale, la vésicule germinative , par un vilellus ou jaune, et par une membrane d’enveloppe ou vitelline (pl. I, fig. 2). Primitivement la vésicule germinative est située au centre du vitellus; plus tard elle devient excentrique, ou même, chez un grand nombre d’animaux, elle se place immédiatement sous la membrane vitelline, et le vitellus offre autour d'elle des modifications qui constituent ce qu’on appelle la cicairicule ou le germe (üg. 3, c), car c’est de ce poiut que procède le développement embryonnaire.

Tel est l’ œuf ou plutôt Y ovule avant qu’il ne quitte l’ovaire.

Chez un grand nombre d’animaux, l'œuf, uniquement constitué par ces parties, ne reçoit point de complément avant le développement de l’embryon. Mais chez d’autres animaux, après avoir quitté l’ovaire, l’ovule parcourt un trajet plus ou moins long dans de nouveaux organes (pl. 1, fig. 1) où il acquiert de nouvelles parties; celles-ci ne sont toujours qu’accessoires, et servent uniquement à la nutrition ou à la protection de l’embryon futur. Elles consistent en un liquide albumineux, souvent disposé par couches {blanc, albumen) ou sous forme de ligament qui maintient le jaune en place ( chalazes ), en une membrane d’enveloppe revêtue ou non d’une substance calcaire ou d’apparence cornée (membrane testacée, coquillère ; test, coque, coquille) (fig, 3).

Les anomalies de l’œuf peuvent donc être classées en deux groupes : les unes, que j’appellerai primitives, atteignent les parties qui constituent essentiellement l’ovule, c’est-à-dire la vésicule germinative ou la cicatricule, le vitellus et la membrane vitelline; les autres, que j’appellerai secondaires, atteignent les parties annexes de l’ovule.

Les premières se forment dans l’ovaire, les secondes se forment généralement dans l’oviducto.

Page 1