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Gomme on le comprend, c’est l’omnipotence de.V’Etat. |
Cr, cette doctrine est condamnée par le Saint Siége.
L'Etat n’a pas cette toute-puissance, et la volonté nationale ou la majorité d’un parlement, n’est pas la règle du droit et de la justice.
Ne pas vouloir restituer, c’est 4° violer le droit naturel ; c’est, 2° embrasser une doctrine condamnée dans le syllabus; c’est, 3° admettre les faux principes sur lesquels reposent le socialisme et le communisme.
$1. Ne pas vouloir restituer les biens de l'Eglise, c'est vicler le droit naturel.
Qu'est-ce que le droit, et qu'est-ce que la justice ? Quelle en est la cause et l’origine ?
L'homme a été créé pour parvenir à la possession de Dieu, sa fin dernière. C’est donc un devoir pour tout homme de tendre vers Dieu. Un malheur éternel est réservé à ceux qui refusent de le. faire.
En imposant à l’homme ce devoir, Dieu lui a en même temps donné droit aux moyens qui lui sort nécessaires ou utiles pour y parvenir.
Le droit naît donc de l'obligation de tendre à- sa fin.
Le droit, c’est donc le pouvoir moral, inviolable que nous avons de faire et d'exiger ce qui nous est nécessaire pour, parvenir à notre fin, et d’omettre ce qui pourrait nous en détourner.
La justice consiste à respecter ce même droit dans les autres. |
Pour connaître les droits des individus et des sociétés, il est donc nécessaire de connaître la,fin qu'ils ont le devoir d'atteindre ; et pour que chacun pratique la justice, il faut que chacun respecte les droits des autres, soit des individus, soit des sociétés, et ne fasse rien qui y soit contraire.
Le droit a donc sa première source dans la fin dernière et l'obligation d'y tendre, et la justice n’est autre chose que le respect du droit d'autrui.
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Les droits des individus et des sociétés sont donc déterminés par leurs fins respectives, car le droit naît de l'obligation de tendre à la fin.
Et c’est en respectant ces droits qu’on observera la justice, soit envers les individus, soit envers les sociétés.
Droits respectifs de l’Individu, de la Famille, de lEglise, de la Société Civile.
L'individu a droit à tous les moyens qui lui sont nécessaires ou utiles pour parvenir à sa fin, et sa fin, c’est le salut éternel.
Le père de famille est chargé de procurer légitimement le bien-être de la famille, de pourvoir à son entretien, ainsi qu’à l'éducation et à l'établissement des enfants. Ila donc le droit comme le devoir de gouverner sa famille, d'employer les moyens légitimes pour lui procurer le bien-être, de maintenir le bon ordre, de diriger l'éducation des enfants.
L'Eglise a pour fin le bien-être spirituel de l’humanité toute entière. Elle doit diriger tous les hommes vers leur fin dernière.
Elle est investie par là-même d'une triple mission : elle doit enseigner la loi divine et la vraie religion à tous les hommes, leur administrer les choses saintes et tous les moyens de salut, pourvoir à sa subsistance, et gouverner la société des fidèles, afin de les maintenir comme une seule famille, dans le culte et l’amour du Père céleste.
Elle a donc le droit d’enseigner, de posséder pour subie à sa subsistance, et de gouverner ses mem-
res pour les diriger vers leur fin dernière.
Enfin la société civile a pour fin de prouver aux citoyens la sécurité et la tranquillité, afin qu’ils puissent vivre dans la piété et l'honnêteté, ‘Ut quietam et tranquiliam vitam agamus in omni par et castitate.”? (4 Tim. 2,2.) Celui qui représente la société est minis-
tre de Dieu pour le bien, pour punir celui qui fait le mal. (13.4.5.Rom) ‘‘ Dei minister in bonum, vindex in
iram ei qui male agit.” Il doit donc protéger les individus, les familles et l'Eglise, leur assurer la jouissance tranquille de leurs droits, afin que tous puissent vivre dans la piété et l'honnêteté, et tendre ainsi avec plus de facilité vers leur fin dernière.
Le pouvoir civil n’existe donc que pour protéger les individus, la famille et l'Eglise, leur assurer la jouissance tranquille de leurs droits.
Les droits de l'Etat ne peuvent donc pas être opposés aux droits de l'individu, de la famille, de l'Eglise ; car l'Etat n'existe que pour eux, et les droits de l'Etat sont subordonnés à tous les autres droits, car ils n’existent que pour les protéger.
Nous voyons donc quelle est la source des droits de l'Etat et quelles sont les limites dans lesquelles ces droits sont circonscrits.
Nous voyons aussi er quoi consiste la justice et quelle en est la source.
Elle est donc fausse cette doctrine qui enseigne que l'Etat ou la nation étant la source première de toute souveraineté, de tout pouvoir, il en résulte que la raison publique ou la volonté nationale est la règle su-
rême des droits et des devoirs, du juste et de l’in- Juste.
Cette doctrine a été condamnée dans la proposition suivante : ‘ L'Etat est la source et l'origine de tous les droits, et il jouit d’un droit qui n’est circonscrit par aucune limite.” (Syll. Prop. 30.)
Il est facile de voir quels sont les rapports qui doivent régner entre le pouvoir de l'individu, le pouvoir de la famille, le pouvoir de l'Eglise, et le pouvoir de l'Etat, et quelles sont les limites des droits de chacun.
Les droits de l'Individu et ceux de l'Etat.
L'individu, ayant une fin à atteindre, a droit aux moyens qui lui sont nécessaires pour parvenir à sa fin. Les autres individus, en respectant ces droits, rempliront les devoirs de la justice envers lui.
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La société n’existe que pour protéger :haque individu, dans la jouissance de ses droits, etleur assurer ainsi à tous la tranquillité, la sécurité et la paix, afin qu’ils puissent vivre dans la piété et l'honnêteté et parvenir ainsi plus facilement à leur fin dernière. Si la société manque à ce but, elle devient inutile à Pindividu, elle n’a plus de raison d’être.
Jamais l’Etat n’a le droit d'exiger de l'individu rien qui puisse l'empêcher de parvenir à sa fin. L'Etat,
D s'il le faisait, serait criminel, et ce serait un devoir
pour l'individu de refuser de se soumettre à lui. La société n'existe donc que pour le bien de l'individu. Tous ses travaux n’ont d'autre but que d’assurer le
bien de J'individu, en lui assurant surtout la jouissance
de ses droits.
L’individu de son côté doit remplir un devoir de justice envers les autres, en respectant leurs droits,
| comme il désire qu’on respecte les siens. Il doit con-
tribuer à procurer aux autres la sécurité, la tranquillité, la paix, comme les autres contribuent à lui procurer les mêmes avantages, et la société a le droit d’exiger de lui qu’il fasse pour les autres ce que les autres font pour lui.
De là les différents sacrifices qui sont imposés aux membres de la société pour le bien commun.
Les droits de la Famille et ceux de l'Etat.
Le père de famille, chef de la société domestique, a le droit et le devoir de la régir, de pourvoir à sou entretien, à l'éducation de ses enfants. Pour être juste envers la société domestique, la société civile doit favoriser son bien-être, et protéger le père dans la bonne éducation qu'il veut donner à ses enfants. Si un gouvernement avait la prétention de s'emparer de ses biens pour les administrer, ou de ses enfants pour les élever à son gré, ce serait un criminel empiètement, ce serait du despotisme et de la tyrannie.
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TT Les droits de l'Eglise et ceux de l'Etat.
Le pouvoir ecclésiastique a essentiellement le droit de présider au culte et d’en régler tous les actes. Le gouvernement civil doit protéger l'Eglise, afin qu’elle puisse librement et facilement conduire les hommes à leur fin dernière. Si le pouvoir civil prétend intervenir d'autorité dans les affaires religieuses de l'Eglise, il empiète sur les droits. On pourrait reprocher au pouvcir religieux un empiètement analogue, s’il songeait à supplanter le pouvoir civil,dans la question des intérêts
purement temporels de la société. Mais quand ceux qui gouvernent prennent des mesures contre la justice, le droit et le devoir de l’Eglise est de les avertir, de les reprendre et même de leur infliger des puñnitions, afin de les empêcher de s'éloigner de leur fin dernière.
Le pouvoir civil n’existe que pour protéger les individus, les familles et l'Eglise. Remplir envers eux les devoirs de la justice, en leur rendant ce qui leur est dù, et les protéger pour les aider à parvenir à leur fin, c’est être ministre de Dieu pour le bien, ‘‘ minister Dei in bonum.” Le pouvoir civil n’a pas d'autre raison d’être que celle de protéger l'Eglise, la famille et l’individu, ‘ut vitam quietam et tranquillam agant in omni pietate et honestate.” Il a droit aux moyens légitimes pour atteindre ce but et non à d’autres. L’utilité publique que le gouvernement doit procurer, ce n’est pas d'élever des édifices somptueux, des théâtres magnifiques, d'ouvrir de superbes boulevards, des rues tirées au cordeau, tout cela ne nous procure pas la sécurité et la tranquillité, pour vivre dans la piété et l'honnêteté. Tout cela est subordonné à l'utilité publique, et ne vient qu’en second lieu. 11 ne lui est donc pas permis de grever le A fe d'impôts, sous prétexte que le bien ou plutôt le luxe public le demande.
L'Etat ne peut donc pas faire ce qu'il veut, il doit
respecter les droits de chacun et observer la justice envers tous.
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nt le droit actes. Le fin qu’elle hommes à intervenir l'Eglise, il er au pousongeait à les intérêts land ceux la justice, ivertir, de punitions, | dernière.
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L'Etat soutenu de la majorité d’un parlement, ne peut pas plus s'approprier les biens qui appartiennent à l'Eglise, qu’un homme ne peut s'approprier les biens qui appartiennent à son voisin, sous prétexte qu’il est le plus fort. Le vote du parlement ne peut pas transférer le domaine des biens ecclésiastiques ; le seul effet du vote, c’est de faire connaître authentiquement ou bien que le parlement reconnaît -et proclame les droits de la justice, en ordonnant la restitution; ou bien que les membres du parlement veulent participer à une spoliation sacrilége et encourir les peines infligées aux détenteurs injustes des biens ecclésiastiques, en refusant de restituer et en disposant de biens auxquels ils n’ont aucun droit.
Quand nous demandons à l'Etat qu’il remette à l’Eolise les biens des Jésuites, nous ne demandons pas qu’il transfère à l'Eglise un domaine qu’elle n’a pas. L'Eglise a ce domaine, et aucune puissance humaine ne peut la dépouiiler de son droit. Nous demandons seulement à l'Etat, que reccnnaissant et avouant les principes du droit et de la justice, il restitue ce qui ne lui appartient pas et qu’il mette un terme à l'injustice. Nous demandons qu’il observe ce principe de la loi naturelle :
Le bien d’antrui tu ne prendras, Ni retiendras injustement.
Si l'Etat refuse de restituer, ce refus ne lui donne aucun droit et l'Eglise seule continuera d’avoir droit sur ces biens et d’en conserver le domaine. L'Etat sera vis-à-vis de l'Eglise dans la même position où étaient ces empereurs infidèles qui avaient usurpé ses biens et jouissaient de ses revenus. war
Nous pouvons facilement conclure des principes qui viennent d’être exposés quels sont les droits du gouvernement. Le gouvernement a le droit d'employer les moyens légitimes pour protéger les individus, les familles, l'Eglise. Il ne lui est jamais permis de rien faire contre les droits légitimes de l’individu, de la
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famille, de l'Eglise, il ne lui est SUR permis de s'approprier leurs biens, et la justice demande qu'il leur restitue ce qu’il leur a enlevé et répare les torts qu'il leur à faits. Si dans certains cas il peut disposer & ce qui appartient à autrui, ce n’est pas en vertu du domaine; c’est en vertu d’un droit de légitime défense, ou d’un besoin public réel. Et dans ce cas, c’est un devoir pour l'individu, pour la famille, pour l'Eglise, de concourir à la légitime défense, au bien public, chacun selon son état et ses moyens, comme cest un devoir pour celui qui est dans l'abondance de secourir celui qui est dans le besoin.
En vertu du droit naturel, l'Etat est donc tenu de restituer à l'Eglise les biens qui lui appartiennent.
S2. Ne pas vouloir restituer les biens de l'Eglise, c’est embrasser une doctrine condamnée dans le Syllabus.
C'est une nécessité de reconnaître la doctrine de l'Eglise et de s’y conformer. Le Syllabus nous donne la doctrine de l'Eglise relativement aux erreurs qui sont aujourd'hui le plus répandues dans la société. Pour être chrétien, il faut reconnaître cette doctrine, s'y conformer, condamner et rejeter tout ce que le Pape condamne et rejette. Il ne suffit pas d’être chrétien par la croyance et en théorie, il faut l’être en pratique et le prouver par ses œuvres. Or, quand le Syllabus fut publié, que d'hommes dans ce pays se sont écriés : ‘‘ Voyez comme nous sommes bons catholiques, chez nous-le syllabus se publie partout librement, et le gouvernement n’y met pas d’obstacle.”
Pour prouver qu’il admet le syllabus et s’y conforme, le gouvernement doit commencer par restituer à l’Eglise ses biens. Par cet acte, il montrera qu'il se soumet à l'Eglise et rejette les erreurs condamnées.
En effet dans le syllabus sont condamnées les erreurs suivantes : T/Eglise n’est pas une vraie et parfaite société pleinement libre ; elle ne jouit pas de ses droits propres et constants, que lui a conférés son divin
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fondateur ; mais il appartient au pouvoir civil de définir quels sont les droits de l'Eglise, et les limites dans lesquelles elle peut les exercer. ” (Prop. 19,)
Retenir les biens de l'Eglise, c’est refuser ke la reconnaître comme une société pleinement libre ; c’est la dépouiller de ses droits propres et constants, que lui a conférés som divin fondateur, droits de posséder et de disposer de ses biens, c’est prétendre qu’elle ne tient ses droits que de l’Etat ; c’est subordonner l'Eglise à l'Etat et nier qu’elle soit une société parfaite. Si au contraire l’Etat restitue, il prouve qu'il reconnait les vrais principes, et regarde l'Eglise comme une vraie et parfaite société.
‘ L'Eglise n’a pas le droit naturel et légitime d’acquérir et de posséder. ” (Prop. 26, Syl.)
Refuser derestituer, c’est déclarer que ces biens appartiennent à l'Etat et que l'Eglise n’y a aucun droit. Les restituer, c’est reconnaître le droit naturel et légitime de l'Eglise pour acquérir et posséder. Donc en refusant de restituer, le gouvernement embrasse l'erreur et rejette le syllabus.
Prop. 27. ‘‘ Les ministres sacrés de l'Eglise et le Pontife Romain doivent être absolument exclus de toute administration et de tout domaine, en ce qui regarde le temporel. ”
Donc l'Eglise peut posséder et administrer les choses temporelles.
Si le gouvernement retient ces biens, c'est parce qu’il prétend qu'elle n’a pas le droit d’administrer ses biens.
En restituant et en la laissant administrer, il reconnaît qu’elle peut posséder et administrer.
Donc de refuser de restituer, c’est encore embrasser l'erreur et rejeter le Syllabus.
Prop. 48. Syl. ‘‘ Des catholiques peuvent approuver un système d'éducation placé en dehors de la foi catholique et de l'autorité de l'Eglise, et qui n’ait pour but, ou du moins pour but principal, que la connaissance des choses purement naturelles et dé la vie sociale sur la terre. ”
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Refuser de restituer, continuer d'employer les biens de l'Eglise en faveur des écoles protestantes ou des écoles industrielles, c’est approuver un système d’éducation placé en dehors de la foi catholique et de l'autorité de l'Eglise et qui n’a pour but que la connaissance des choses purement naturelles, et même le AC de l’hérésie, c’est embrasser l'erreur et rejeter e syllabus.
Prop. 55. ‘ L'Eglise doit être séparée de l'Etat, et l'Etat être séparé de l'Eglise.”
Plusieurs de nos hommes d'Etat ont les idées les plus fausses sur l’union et la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Ils ne comprennent pas que par l’obéissance et la soumission à l’Eglise, l’État ou ceux qui gouvernent sont unis à l’Eglise, et que par la désobéissance à l'Eglise, l'Etat ou ceux qui gouvernent se séparent de l'Eglise. Ils désobéissent à l'Eglise et veulent la soumettre à leur volonté. Ils s’arrogent le droit de juger les causes ecclésiastiques, d'accorder, de limiter et de refuser le droit de posséder, ils dépouillent l'Eglise de ses biens, font des lois auxquelles ils prétendent soumettre l'Eglise, et quand ils ont mat ce né l'Eglise à leurs volontés, ils disent qu'il y a union de l'Eglise et de l'Etat, tandis qu’en réalité, par leurs
injustes empiètements, ils asservissént l'Eglise et sel
séparent d'elle, comme on se sépare de Dieu par le péché. En retenant les biens ecclésiastiques, ceux qui gouvernent rejettent les lois et la doctrine de l'Eglise. Ils admettent donc en principe la séparation de l'Eglise et de l'Etat, ils rejettent le Syllabus.
Donc, restituer, c'est admettre le Syllabus, refuser de restituer, c’est le rejeter. Que l’Etat soit soumis et obéissant à l'Eglise, c’est la seule manière d’être uni à l'Eglise.
Prop. 59. ‘‘ Le droit consiste dans le fait matériel ; tous les devoirs des hommes sont un mot vide de sens, et tous les faits humains ont force de loi.”
Refuser de restituer, c’est prétendre que le gouvernement a le droit de conserver les biens de l'Eglise,
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ue par conséquent le fait matériel de l'occupation ait le droit. Restituer, c’est rejeter le fait matériel de l’usurpation de ces biens. Donc, refuser de restituer,
. c'est embrasser l'erreur et rejeter le Syllabus.
Prop. 60. ‘ L'autorité n’est autre chose que la somme du nombre et des forces.”
Refuser de restituer parce que la majorité y est opposée, c’est reconnaitre que la majorité fait l'autorité” Or, l’autorité n’existe que pour le bien, il n’y a pas d'autorité pour le mal. Donc, refuser de restituer parce qu’on a la majorité pour soi, c'est reconnaître que l'autorité n'est autre chose que la somme du nombre et des forces matérielles, c'est rejeter le Syllabus. Reconnaître l’obligation de restituer, malgré la force et le nombre, c’est suivre le Syllabus.
Prop. 61. ‘‘ Une injustice de fait, couronnée de succès, ne porte aucune atteinte à la sainteté du droit.”
Refuser de restituer, c'est reconnaître que l’injustice couronnée de succès fait le droit, c’est embrasser l’erreur et rejeter le Syllabus.
83. Ne pas vouloir restituer les biens de l Eglise, c’est admettre les faux principes sur lesquels reposent le Socialisme et le Communisme.
Pour gouverner avec sagesse et faire régner la paix et le bonheur, les hommes d'Etat doivent avant tout empêcher la propagation de ces fausses doctrines, qui attirent de si nombreux malheurs sur un pays et préparent sa ruine. Or, en restituant les biens de l'Eglise, le gouvernement combattra de la manière la plus efficace les fausses doctrines, qui se résument dans le socialisme et le communisme.
Aujourd’hui le socialisme est tout-puissant, il domine dans les conseils des princes et dans les assemblées des peuples. Il est donc nécessaire de se prémunir contre sa funeste influence.
Le socialisme ne regarde pas la société comme un moyen qui doit aider l’homme à parvenir à sa fin, mais comme la fin à laquelle l’homme doit se subor-
donner. ‘‘La société n’existe pas pour l’homme, mais l’honime existe pour la société. La société est la fin de l’homme.” De là cesfaux principes : ‘* Tout ce qui est utile à la société est permis. On n’est Pas tenu à respecter le droit, dès que la violation du droit contribue au bien de la société, L'Etat peut tout, il est maître de tout. Il est la source du droit, et son droit n’est circonscrit par aucune limite. Il est tout-puissant contre l'Eglise, tout-puissant sur la famille, tout-puissant sur la propriété et sur l'individu. Et tout ce qu’il fait est bien fait. Le succès justifie tout et fait le droit. La force c’est le droit. L'Eglise n'est qu'une corporation dans l'Etat. Elle tient tous ses droits de l'Etat. L'Etat lui accorde et lui retire, suivant qu’il lui plaît, le droit de posséder des biens temporels, et sans sa permission et son assentiment, l'Eglise ne peut exercer aucune aulorité. L'Etat doit être séparé de l'Eglise, par conséquent de Dieu, être indépendant de Dieu, par conséquent tout-puissant.” Le socialismie,c’est donc la révolte de la société, en tant que société, contre Dieu et contre toute autorité légitime; c’est la destruction de l'Eglise, c’est la ruine de la société, c’est-à-dire, de l’organisation qu’elle a reçue de Dieu ; c’est la destruction de la religion, des droits de Ja famille, de l'individu, de la propriété, au projit d’une abstraction que les docteurs révolutionnaires appellent l'Etat ; c’est la destruction totale de l’ordre divin sur la terre et le règne absolu de Satan dans le monde. Voilà le socialisme.
Or, de ces principes découle nécessairement le communisme.
En effet, l'Etat ce sont ceux qui gouvernent. ‘‘ Ceux qui gouvernent sont nommés par le peuple, tiennent leur pouvoir du peuple. Le peuple est donc au-dessus de ceux qui gouvernent, SE fon de l'Etat, il est iuimême l’État, il est donc l’origine du droit et ses droits ne sont cireonscrits par aucune limite. Il est la majorité, il peut tout, et ce qu’il fait est toujours juste. Il donne et retire le droit de posséder. Il retire à ceux qui gouvernent et aux riches le droit de posséder, il
me, mais la fin de ce qui est nu à res- ‘ontribue naître de n’est cirnt contre ssant sur il fait est lroit. La ‘poration t. L'Etat , le droit rmission * aucune ar consé- \r conséla révolte et contre
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se partage leurs dépouilles, il réussit, c'est un fait accompli, donc c’est le droit et la justice, car c’est la volonté de la majorité et de la force.” Voilà le communisme. Les communistes accordent à tous les membres de la société un droit égal à toutes les propriétés et par conséquent ils prétendent que toutes les propriétés stables doivent être également divisées entre tous.
Cette doctrine estune conséquence de l’omnipotence de l'Etat.
Quand on enseigne que l'Etat est l'origine et la source du droit et qu’il jouit d’un droit qui n’est circonscrit par aucune limite; quand on soutient que l’Etat donne et règle le droit de posséder ou d’administrer, soit à l'Eglise, soit aux particuliers, on doit nécessairement admettre que tout appartient à l'Etat et que l'Etat peut disposer Le tout. Les véritables propagateurs du communisme, ce sont ces prétendus hommes d'Etat, ces parvenus aux pouvoir, qui regardent comme source du droit la majorité d’un collége électoral ou d’une assemblée parlementaire ; et qui, ayant réuni la majorité en leur faveur, se regardent alors comme les dépositaires du droit, et leur volonté comme la loi suprême. N'ont-ils pas pour eux la majorité etla force ?
On se trompe, quand on crôit que le communisme a été vaincu dans les rues de Paris en 1848 et en 1871. Il a sucombé dans les rues,mais il a triomphé dans les gouvernements. Le communisme, à ces deux époques, n'a perdu que ceux, qui allaient le perdre par une application violente et prématurée. Battu dans les rues, où il n'aurait triomphé que pour sa perte, il rentre dans son fort, je veux dire dans les assemblées législatives, où ses ennemis vont consolider son trône, en croyant sceller son tombeau. Ce qu’on lui refusait sous la blouse d’ouvrier en armes, il l’obtiendra sous Je manteau de la légalité.
Le communisme règne en principe partout où l'on reconnait que l'Etat est la source et l’origine du droit, et qu'il jouit d’un droit qui n’estcirconscrit par aucune
limite. Il est la dernière conséquence que les masses
opulaires tirent des principes du socialisme admis par A ourgeoisie qui gouverne et qui a les places. Ces bourgeois posent les principes, et ils rejettent les conséquences, parce qu’ils sont propriétaires ; le peuple tire toutes les conséquences du principe, parce qu'il ne possède rien et veut posséder quelque chose. Le socialisme, c’est aujourd’hui le vice de la bourgeoisie ; le communisme, c’est celui du peuple.
Souienir que le gouvernement peut retenir les biens de l'Eglise, c’est déclarer que l’Eglise n’a pas par ellemême le droit de posséder, que par conséquent elle n’est pas une société complète, qu’elle est subordonnée à l'Etat, que ses biens appartiennent à l'Etat, qu’il n’y a pas de différence entre les biens sacrés et les biens profanes.
Mais si cette doctrine prévalait, il faudrait admettre, par une conséquence nécessaire, que le gouvernement a le même droit de s'emparer de tout bien ecclésiasti-
ue, des biens de tous les ordres religieux, des biens
es séminaires, des évêchés, des paroisses; que tous ces biens ne sont que des biens nationaux, comme le proclame la révolution, que l'Etat en a le domaine, que l'Eglise n'en a que Pisuttit, et encore, qu'elle ne l’a que sous la directien et sous le bon plaisir du ouvernement. Car, le gouvernement, ayar' le domaine des biens, peut disposer des révenus. Mais si l'Etat peut s'emparer des biens de l'Eglise et en disposer, par suite du même principe, il pourra s'emparer des biens des particuliers et en disposer.
L'Etat possédera tout et n’accordera aux particuliers que la jouissance. Qu'un particulier se déclare légitime propriétaire, il sera coupable de vol envers le gouvernement, car le gouvernement est propriétaire ; delà pour un particulier, ‘la propriété c’ést le vol. ” Et comme le gouvernement n’est pas un être abstrait, mais qu'il se compose de ceux qui gouvernent, H s’ensuit que les honorables ministres avec les chambres, seront les maîtres de nos propriétés et de nos fortunes. Voilà le socialisme.
Nous voyons donc où conduisent les principes admis par les hommes d'Etat, qui soutiennent que l'Etat peut retenir les biens de l'Eglise. Que ces faux principes soient répandus dans le peupie, bientôt il en tirera toutes les conséquences, et il s’appropriera les biens de ceux qui aujourd'hui gouvernent, comme eux-mêmes s’approprient les biens de l'Eglise. Voilà le communisme.
Et n'est-ce pas ce qu'on vient de voir en France ? Le gouvernement s’arrogeait un droit sur les biens de l'Eglise, il subordonnait l'Eglise à sa volonté, ne reconnaissait plus d’autre droit que celui de la ma-
‘jorité et de la force. Le peuple conclut que puisque
le gouvernement peut usurper les biens de l'Eglise, il peut usurper ies biens des particuliers, et ce peuple devenu la commune s'empare de tout, des biens de l'Eglise, des biens de l'Etat, des biens des particuliers. Refuser de reconnaître les vrais principes et de restitüer à l'Eglise ses biens, c’est préparer des jours de malheurs au pays, c’est préparer un règne de la Commune. Nous voyons donc comment le moyen le plus efficace de combattre les fausses doctrines et de préserver le pays des maux qui en sont la suite nécessaire, c’est de faire respecter les vrais principes, de faire connaître la vraie doctrine à ceux qui gouvernent, car leur exemple a la plus grande influence, soit en bien, soit en mal, sur le reste du pays. Oui, il faut montrer à ceux qui gouvernent l’abime où les précipitent les faux principes. Le seul remède aux maux qui menacent les peuples, c’est de reconnaître les vrais principes et de restituer sans arrière pensée à l'Eglise, les biens qui lui appartiennent.
On comprend combien cette restitution est nécessaire au point de vue de la vraie politique. Si l'Etat ou ceux qui gouvernent restituent, ils reconnaissent que l'Eglise est une société complète, indépendante, ayant par elle-même ses droits, contre lesquels le gouvernement ne peut rien. Ils reconnaissent que l'Eglise a par elle-même le droit de posséder, que ce droit ne
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vient pas du gouvernement, que par suite du même principe, le droit de posséder des particuliers ne vient pas du gouvernement, que par conséquent le communisme doit être rejeté.
S'ils refusent de restituer, ils se rangent dans l’école révolutionnaire et posent les principes du communisme. S'ils ravissent à l’Église ses biens, qui les empêchera de ravir leurs biens aux particuliers, de les exproprier, quand ils y trouveront l'intérêt de l'Etat, c’est-à-dire,
l'intérêt de ceux qui gouvernent, c’est-à-dire, leur”
propre intérêt ? L'existence au pouvoir d'hommes qui refuseraient à l'Eglise ses droits, serait donc une menace continuelle contre le droit de propriété. Le peuple, considérant ce que ces principes coûtent'à l’Europe, n'aurait plus qu’à trembler pour lui-même. Il est donc nécessaire pour empêcher la fausse doctrine et ses funestes conséquences de se propager parmi nous, de réclarier avec énergie la restitution des biens injustement usurpés ; il est nécessaire que le gouvernement restitue et respecte la justice.