‹ Mémoire sur les biens des Jésuites en Canada [microforme]Chapitre 20 sur 51 · CAS DE CONSCIENCE · texte numérisé non relu

CAS DE CONSCIENCE

Les usurpateurs, les détenteurs des biens de l'Eglise et leurs complices peuvent-ils être admis à la participation des sacrements ? - + |

Il est indubitable que ces personnes, si elles agissent en pleine connaissance de cause, pèchent gravement par le mal qu’elles font, ou auquel elles coopèrent eficacement, ou qu'elles n’empêchent pas comme elles pourraient et devraient le faire. Elles sont donc indignes de l’absolution et des autres sacrements, aussi longtemps qu’elles ne changent pas de sentiment et de conduite. Il faut d’abord avertir les coupables qu'ils doivent réparer les intérêts lésés :

‘* Non remittitur peccatum nisi restituatur ablatum, cum restitui potest, ” Ait fort bien Saint Augustin. Ensuite, il faut les avertir de la double obligation de reconnaître le droit violé et de réparer le dommage autant qu'il est en eux, conformément aux règles de la justice. En agir autrement, ce serait consacrer le

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brigandage. ‘‘ Remota justitia, quid sunt regna, nisi magna latrocinia ? Unde principes ad restitutionem tenentur sicut et latrones,” La dignité, le rang, la haute position des prévaricateurs aggravent la faute, bien loin de l’excuser, et rendent la réparation plus pee, mais n’en dispensent aucunement ; de même eur influence et leur nombre ne font que rendre le mal plus funeste, le remède plus urgent, les protestations plus indispensables, bien loin de dispenser les ministres de la Religion de remplir leur devoir.

Il faut instruire ces hommes d'Etat, car leur ignorance cause de graves préjudices à la société, à la Religion, à l'Eglise,qui en sont troublées ethouleversées.

Si vous reprenez, dit-on, tel homme puissant et influent, par exemple, au sujet de son libéralisme, il deviendra hostile a l'Eglise et entraînera les notables avec lui. Comme il ne me consulte pas, je ne lui

arle de rien, et nous vivons en bonne intelligence ; il fréquente l Eglise et les sacrements et tout lé “monde limite.

Je ne sais s’il y a lieu de se féliciter du résultat. N’est-il pas acheté au prix des principes ? Vous craignez de tout perdre en ouvrant la bouche ; mais ne voyez-vous pas que, grâce à ce silence trop prudent, la paroisse est livrée sans défense au libéralisme, pervertie par ces funestes doctrines qui sont une source permanente d’attentats contre l'Eglise et de division dans la société ?

Tout le monde fréquente encore les sacrements, si je refuse d'admettre les catholiques libéraux, les sacrements seront abandonnés.

Est-ce un bien de fréquenter les sacrements en professant une doctrine condamnée par l'Eglise ? N'est-ce pas plutôt un scandale et un sujet d’affliction pour les personnes religieuses et éclairées, que de voir les sacrements fréquentés par ceux qui pactisent ouvertement avec les ennemis de l’Église ? Le pasteur doit inStruire, éclairer et diriger ses ouailles, les détourner du mal, ‘les prémunir contre le danger, les affermir dans le bien.

Voilà la règle sûre, règle tracée par la loi naturelle et divine, enseignée par tous les théologiens et conséquemment uniforme :

‘ Les pasteurs et les docteurs ont ici un double devoir, dit le savant Audisio ; le premier, c’est de cultiver plus que jamais la science du droit public de l'Eglise, qui est le droit commun de la société chrétienne, de l’approfondir en proportion des assauts multipliés qui lui sont actuellement livrés …

Un autre devoir, c’est de prémunir le peuple contre la contagion en l’environnant d’influences salutaires : à cet effet on doit vulgariser Îles principes élémentaires et les conséquences les plus patentes touchant le droit de l'Eglise vis-à-vis de l'Etat, et ceux des fidèles euxmêmes comme membres de la société chrétienne. Dans l’ordre civil, tont citoyen a droit de connaitre les lois ; ainsi en est-il dans l'Eglise.”

(Droit public de l'Eglise et des nations chrétiennes, 1. 2, p. 260.)

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