‹ Mémoire sur les biens des Jésuites en Canada [microforme]Chapitre 43 sur 51 · PR AT D SRE AR D SD RAA VA AE SE · texte numérisé non relu

PR AT D SRE AR D SD RAA VA AE SE

glise serait une conséquence. Ils s’écrient donc : Vos réclamations, bien que justes, sont inopportunes. Vous aliénez à la cause de l'Eglise des hommes qui jusqu’à présent ont été pleins de bonnes intentions. Comme si on pouvait avoir de bonnes intentions, lorsqu’on veut maintenir l’erreur et l'injustice !

Si ces hommes sont réellement bien disposés envers l'Aglise, ils s'empresseront de respecter ses droits et ses libertés, et de concourir à lui faire restituer ce qui lui est dû, Ils se garderont bien de s'unir avec les ennemis de l'Eglise pour s'opposer à une juste restitutien; ils prouveront que jamais ils ne préfèreront d'injustes ‘intérêts serthai ta aux intérêts les plus sacrés du peuple catholique et de l'Eglise.

À l’époque du conéile du Vatican, on disait aussi : ménagez les gallicans,ils sont bien disposés envers l’Eglise. Leurs préiendues bonnes dispositions ne tendaient qu'à faire prévaloir leurs ‘erreurs et à amener la ruine de l'Eglise ; de même les prétendues bonnes dispositions de ceux dont nous parlons, s'ils ne veulent restituer, ne tendent qu’à dépouiller l'Eglise et à consacrez Vis principe qui sape par la base les immunités eccléiastiques, détruisant les vrais rapports qui doivent unir l'Eglise et l'Etat.

#2. Æaisons pressantes qui obligent le gouvernement à hâter la restitution.

Nous croyons donc qu'il ne peut y avoir de moment plus opportun pour avertir le gouvernement de réfléchir.

Les paroles décisives que vient de prononcer, au parlement provincial, le chef du cabinet, constituent un vrai déni dé justice ; il y a donc aujourd’hui, nonseulement opportunité, il y a obligation urgente pour lhonorable Premier, pour ses coilégues, pour tous nos hommes publics, de revenir sur cette décision qui, donnée sans doute de bonne foi, n’en implique pas moins une grave erreur, et n’en persiste pas müins à uter à l'Eglise ses droits les plus sacrés.

ic: Vos )rtunes.

nes qui 2ntions.

15, lors-

; envers lroits et r ce qui vec les restitufèreront plus sa-

t aussi :

ers l’'E-

ne tenamener bonnes veulent it à conmüunités | doivent

erne-

moment de réflé-

ncer, au nstitueni ui, nonnte pour our tous sion qui, ique pas raüins à

Que voyons-nous en ce moment dans toute l’Europe ? Les funestes conséquences des mêmes principes qui nous gouvernent ici. Tous les hommes qui réfléchissent comprennent, à l'heure qu'il est, que tous les désastres qui désolent l’Europe, menacent tous les pays qui admettent les mêmes principes. Tout le monde honnête, éclairé à la lueur de ces vastes incendies, sent la nécessité de revenir aux principes chrétiens, et de réformer ce qu'il y a de faux dans les mesures prises par les gouvernements. Il est donc très-opportun de profiter des événements actuels pour introduire

armi nous les réformes que demande la justice. L'injustice et ie sacrilége perdraient notre pays. Nous avons suivi l’Europe dans ses égarements; avec élle, nous nous sommes éloignés des principes chrétiens pour suivre les erreurs nouvelles ; aujourd'hui revenons à nos anciennes lois et conservons toujours notre religion, nos institutions et notre langue. Nos populations sont chrétiennes, nos assemblées législatives comprennent enfin que l’Eglise est une société indépendante qui a ses droits. Elles reconnaissent la nécessité de se défaire des principes gallicans, qui‘infectent notre législation. Or, restituer à l'Eglise ses biens, sera une preuve pratique qu’il n’y a chez nous point de gallicanisme, sera même lé plus rude coup porté au gallicanisme, car ce sera reconnaître que l'Eglise est une société indépendante, qui a par elle-même le droit de posséder, qu’un gouvernement ne peut, sans crime, la dépouiller de ce droit et que.e’est un strict devoir pour ini de restituer tout ce qu’il lui a injustemen' ravi.

De plus, les écrivains catholiques, les membres catholiques du parlement. sont nombreux, instruits, dévoués et déterminés à soutenir la lutte; le clergé est fatigué de voir les empiètements et de souffrir des vexations dans les affaires ecclésiastiques. Tout fait espérer que la bonne cause triomphera. "

ais, dira-i-on, ces réclamations sont inopportunes, car réclamer les biens des Jésuites, c’est faire crier les protestants.

Nous formons un jugement plus favorable et plus chrétien des Protestants. Les Protestants savent trèsbien que ces biens appartiennent à l'Eglise, et qu'ils n’y ont pas plus de droit qu’ils n’en ont à ceux des Séminaires de Québec et de Montréal. Ils connaissent la loi naturelle qui défend de voler et qui ordonne de restituer. Ce n’est donc pas de leur part que

eut venir une opposition. Si quelques-uns veulent

iscuter, on répondra à leurs arguments. Si quelquesuns, moins - honnêtes, veulent crier contre, on laissera passer ces vaines clameurs.

Ponr nous, nous n’appréhendons rien des protestants honnêtes : ils savent avec quelle délicatesse,;avec quelle générosité les catholiques de cette province les ont toujours traités. Ils se feront un plaisir et un devoir de rendre justice aux catholiques. Nous connaissons parmi les protestants les plus haut placés, des hommes parfaitement disposés à traiter cette qnestion. Si l’Angleterre a été coupable, les Anglais qui se piquent d'honneur et de générosité seront heureux de redresser les torts du temps passé.

Cependant il faut avouer qu'il y a parmi nous des chrétiens trop faciles, prêts à sacrifier avec une espèce de bonne foi, les principes les plus sacrés, sous prétexte qu'on irriterait des hommes bien disposés envers l'Eglise. Leur irritation prouverait leur tort et la faiblesse de leurs arguments, et leurs dispositions envers l'Eglise, sont celles d’un enfant qui pourrait protéger sa mère, et la laisserait outrager pour ne pas faire de peine à son persécuteur.

Page 1