‹ Mémoire sur les biens des Jésuites en Canada [microforme]Chapitre 8 sur 51 · ME PAT · texte numérisé non relu

ME PAT

S. Thomas ne craint pas d’affirmer que le droit de l'Eglise à la possession des biens temporels, est un droit naturel comme celui du gouvernement civil qui veille à la sûreté de l'Etat ; car la saine raiscn veut que celui qui est chargé des intérêts matériels où spirituels des peuples, soit pourvu de tous les biens nécessaires à sa mission. En vertu de ce droit primordial, admis parmitoutes les nations tant anciennes que modernes, toutes les religions ont toujours possédé des biens temporels.

M. Guizot lui-même a reconnu pour les sociétés religieuses la nécessité de posséder des biens-fonds. Voici ses paroles : ‘* Aussi bien que les sociétés civiles, 18s sociétés religieuses aspirent et doivent aspirer à la consistance et à la durée. Ue n’est pas assez pour elles, d'offrir aux générations qui passent sur cette terre, une hospitalité momentanée, sous des tentes mobiles; il faut qu'elles construisent des édifices où les générations puissent se succéder et vivre avec confiance sous son solide abri.” Cela est vrai, surtout de l'Eglise fondée par Jésus-Christ, non point seulement comme une’ école de vérité, destinée à traverser les âges, en jetant au sein des générations successives les semences de 12 doctrine, mais constituée en véritable société visible, quoique spirituelle, faite pour s'étendre dans tout l’univers, embrasser tous les siècles et maintenir immuable et indéfectible le royaume de Dieu sur la terre. Cette permanence de la cité des âmes est impossible, si elle n’est protégée contre les vicissitudes des choses du temps, et les caprices des pouvoirs humains. De là pour l'Eglise la nécessité d’une indépendance absolue, quin'est pas possible sans les ressources matérielles, indispensables au soutien des membres et à l’entretien des œuvres.

Le droit qui précède naturellement les autres, c’est le droit de vivre et d’exister. Or une société visible ne peut ni vivre ni exister sans biens temporels. ”

On ne peut dénier à l'individu le droit de propriété et s'emparer de ses biens, sans le frapper à la fois

dar cor ent la | glis et |

primornnes que s possédé

ciétés rens-fonds.

sur cette

es tentes !

ifices où À

avec con-

rtout de eulement erser les

iccessives !

en vériaite pour tous les e le royce de la protégée t les ca- Eglise la n'est pas >ensables euvres.

res, c’est risible ne »»

propriété à la fois

dans sa liberté et dans son existence. Pour lessociétés comme pour les individus, il existe un lien intime entre le droit de propriété d'une part, l'existence et la liberté d'autre part. Refuser de reconnaître à l’Eglise le droit de propriété, c’est lui ravir et la liberté et le droit d'exister.

Page 1