‹ Mémoire sur les causes générales des syphilidesChapitre 2 sur 20 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

De toutes les maladies de la peau , les syphilides sont sans contredit celles qui présentent le plus d'intérêt. Effet polymorphe d'une cause unique , elles se présentent sous les apparences les plus variées : tantôt elles sont si légères qu'elles échappent à l'observation du médecin peu attentif, tantôt elles sont si graves qu'elles compromettent la santé et même la vie du malade qui en est atteint. Si l'art parvient à le soustraire à la mort , les ravages de la maladie, dont la face est presque toujours le siège, en font un objet d'horreur pour ses semblables et l'exilent d'un monde qui le repousse. Et cependant , quelle que soit la sévérité des principes de morale qu'on professe , on avouera qu'il est cruel d'expier dans l'âge mûr ou au déclin de la vie une imprudence commise le plus souvent au sortir de l'enfance. S'il existe des syphilides qui résistent à tous les moyens que l'art peut mettre en usage, il en est beaucoup aussi qui ne deviennent si graves que parce que leur véritable nature a été méconnue par les médecins les plus instruits. Ces erreurs

de diagnostic proviennent, je crois , de quntre causes différentes qu'il est important de signaler.

1° On ignore généralement quels sont les signes caractéristiques qui distinguent ces affections de toutes les autres maladies de la peati.

2° L'attention des praticiens n'a pas été suffisamment attirée sur ce fait incontestable, qu'il peut exister un intervalle de temps très-considérable entre les symptômes primitifs de la syphilis et les affections cutanées secondaires.

3° On s'est fait des idées préconçues et nullement fondées en fait sur la gravité ou l'innocuité do certains symptômes primitifs, tels que la blennorrhagie ou les chancres , sur l'efficacité ou l'inefficacité du mercure pour - révenir ou déterminer les récidives.

4° On n'a pas suffisamment apprécié l'influence de causes occasionnelles, de la constitution, de la saison, des maladies antérieures, sur la production des affections cutanées vénériennes.

Frappé de ces difficultés, j'en cherchai d'abord la solution dans les auteurs-, mais, peu satisfait de ce que je trouvai dans les livres qui renferment en général beaucoup plus d'opinions que de faits , je pris le parti de recourir à l'observation directe.

Je réunis donc quarante observations que j'avais recueiUies dans le service de M. Bielt , pendant les deux années que j'eus l'avantage dépasser comme interne dans son service à l'hôpital Saint-Louis. A ces observations j'en joignis quatre qui avaient été recueillies dans les mêmes salles par mon collègue et ami M. Legendre; puis seize prises au hasard dans les auteurs , mais qui ren-

Icriuaicnt le «;ciirc do détails nécessaire à la coraposiliori de mon travail ( i ).

Beaucoup dd lecteurs se récrieront peut-être sur le petit nombre de mes observations , et mettront en doute la solidité des conséquences que je prétends en tirer. On m'objectera que les autres auteurs parlent de faits qu'ils ont observés par centaines , et que néanmoins leurs opinions se contredisent , etc. , etc Je répondrai que ,

moins riche de faits, j'espère arriver à des résultats plus solides, sans nier toutefois qu'il serait infiniment préférable d'analyser cent ou deux cents observations au lieu de soixante. Ce qui me rassure, c'est quel'expérience a prouvé que les conséquences déduites rigoureusement d'an petit nombre de cas conduisent aux mêmes lois que celles qui découlent d'une très-grande masse de faits. Ensuite, tous ceux qui se sont livrés au pénible métier d'observateur savent qu'il faut bien du temps et bien des travaux pour réunir quarante cas de maladie , surtout lorsqu'il s'agit d'une afiection chronique ; ils n'accueillent qu'avec le sourire de l'incrédulité les prétentions de ces auteurs qui ne comptent que par centaines , et seraient peut-être fort embarrassés si on les sommait d'exhiber une seule des nombreuses observations sur lesquelles ils : s'appuient.

On peut me faire une autre objection qui est bien plus 1 réelle. Un grand nombre de faits contenus dans ce méimoire ne sont basés que sur la vérité de témoignage;

(i) Sur ces seize observations, deux sont eniprunlées à Jean Hiiuiter , six à M. Rayer, cinq a M. liiimbeit , et les trois autres à MM. 'AlbcrI, Cazenave et Gibcrl. On trouvera à la fin, et par ordre alphabétique, l'indication des auteurs cités dans ce mémoire.

ciisl uniqueuieiil sur l'assi riion du uialailc (|ue repose la connaissance des symplôuies primitifs qui oui précédé l'iippnrilion de la syphilide. De quelle valeur est ce lénioignage? la honte n'cmpêcbe-l-elle pas souvent le malade d'avouer roxislence de tel ou Ici symptôme anlé rieur? La crainte de subir un nouveau Iraitement mercu riel ne produit-elle pos un effet analogue? Je ferai ob server d'abord que tous les sujets de mes observations sont des hommes , et que je n'ai pas vu qu'ils fissent la moindre difficulté pour répondre à mes questions. S'ils hésitaient, je leur prouvais qu'il était de leur intérêt de parler; enfin lorsqu'ils niaient obstinément, je m'assurais de leur bonne foi en leur faisant faire des aveux mille fois plus pénibles et plus humiliants que ceux que j'avais sollicités d'abord. J'ai rarement eu besoin de recourir à ce moyun ; le plus souvent ils me racontaient spontanément leur histoire médicale, et je n'avais d'autre peine que de les amener h fixer rigoureusement les dates et la nature des symptômes anléheursen cherchant h les mettre en contradiction avec eux-mêmes. Je ne puis d'ailleurs m'empêcher de trouver singulier que certaines gens rejettent en médecine la vérité de témoignage, tandis que tous les jours des juges et des jurés disposent en l'invoquant de la vie et de la liberté de leurs semblables.

Avant d'entrer en matière et de faire connaître les questions- que je me suis proposé de résoudre, je dois discuter quelques points de doctrine généralement admis par les auteurs , et définir certaines expressions qui reviendront souvent dans le cours de ce mémoire.

J'appelle symptômes primitifs ceux qui , étant le ré-

sultat direct de rinleclion , se manifestent sur le point uième qui s'est trouvé en contact avec une partie malade; symptômes consécutifs ou secondaires ceux qui apparaissent plus ou moins long-temps après les premiers , et se montrent le plus souvent sur des parties du corps qui ne se sont point trouvées en contact avec un organe malade.

Les symptômes primitifs dont il sera question dans ce mémoire sont la blennorrhagie et les chancres. Personne ne doute de la nature vénérienne de ces derniers , et plus bas je prouverai que ceux qui soutiennent que la blennorrhagie n'est jamais un symptôme d'infection se trompent.

La plupart des auteurs ont admis plusieurs espèces de chancres. Boyer les distingue en bénins et malins ; Desruelles en simples et compliqués ; Evans et surtout Garmicbael ont multiplié les divisions. Ces divisions je les crois utiles, quoiqu'elles n'indiquent souvent que les différentes modifications imprimées à l'altération primitive par les circonstances accessoires , telles que la constitulion , 1b traitement, etc. Mais je nesauraisen faire usage pour cette monographie, n'ayant eu que rarement l'occasion d'observer moi-même les symptômes primitifs , chez les malades affectés de syphilides. Les indications lournies par leurs récits ou par l'inspection de la cicatrice sont trop vagues pour pouvoir décider si tel chancre était simple ou induré, gangréneux ou phagédénique. Par conséquent , toutes les espèces de chancres constituent pour moi un seul et même symptôme, primitif. N'ayant point observé de symptôme consécutif à la balanite , je n'ai point à m'expliquer sur sa nature; mais je

dois insister avec quelque détail sur la valeur symptomalique du bubon qui a été diversement appréciée par les médecins. Pour les uns, le bubon est un symptôme primitif; les autres le regardent comme secondaire. On le voit apparaître-, disent les premiers, immédiatement après les phénomènes d'infection, et quelquefois même il est le seul que Tort remarque dans les cas encore si douteux de bubons d'emblée (i). D'autres, au contraire, ont fait observer que l'apparition des bubons dépendait le plus souvent de la nature des symptômes primitifs, du tempérament de l'individu affecté, de la manière dont les chancres qu'il complique si souvent avaient été traités. Ils ont dit qu'ils apparaissaient rarement lorsque le malade garde le repos et qu'on n'emploie que des remèdes adoucissants; souvent loVsqu'on cautérise les chancres ou que le malade continue à marcher. Nous conserverons donc au bubon sa place parmi les symptômes primitifs ; mais nous serions tentés de l'appeler symptôme successif ; car il lient, pour ainsi dire, le milieu entre les symptômes primitifs et les affections secondaires ou consécutives.

Les auteurs varient beaucoup aussi dans leurs opinions sur la valeur du bubon comme signe de la syphilis , suivant qu'ils admettent l'hypothèse d'un virus ou qu'ils la rejettent. Pour les uns , le bubon n'est qu'une irritation qui se transmet le long des vaisseaux blancs depuis la verge jusqu'à l'aine; pour les autres, son apparition est un phé-

(i) Hunter, p. 455, Bonorden, p. 288, pensent que dans ce cas il existe le plus souvent de petits chancres entre le prépuce et le gland, qui ont échappé h l'altenlion de l'observateur. Cependant Wenderolh dit en avoir observé plus de trente cas, et Rust les admet aussi.

noniène grave; il indique l'absorplion du virus pa» les vaisseaux lymphuliques , son transport dans le système •glandulaire qu'il cnjjorge. Aussi déjà Girlanner (vol. i"", p. 255) l'avait regardé comme un signe palhognomonique de la syphilis : « Lorsque le poison , dil-il, n'est pas détruit, alors il agit tantôt localement sur les vaisseaux absorbants et irrite enfin la glande la plus voisine , ou il détermine la formation d'un bubon; tantôt il engorge les autres vaisseaux lymphatiques du corps. » Cette idée, soutenue aussi par Hunter (p. 4^5), Benjamin Bell, Bonorden (p. 288), a été reproduite tout récemment par M. Philippe Boyer (p. 22 et 5o), qui regarde le bubon comme le signe essentiel de l'infection vénérienne. Prévoyant l'objection qu'on ne manquera pas de lui faire, que beaucoup de malades affectés de syphilis, et chez lesquels tous les symptômes primitifs se réduisent à une simple blennorhagie , ne présentent pas le moindre signe de bubon, ou n'en ont conservé aucun souvenir, il a répondu d'avance que l'examen attentif d'un homme de l'art découvre souvent un engorgement glanduleux dont le malade n'a pas même la conscience. L'observation de M. Boyer, si elle était réelle, serait d'une grande importance. Mais ce bubon , pour ainsi dire latent , ne peut avoir quelque valeur que dans les cas, malheureusement fort rares , où l'on est témoin à la fois des phénomènes primitifs et des effets secondaires. Nous conserverons donc au mot bubon son acception ordinaire et nous le définirons : une tumeur plus ou moins volumineuse, résultat ^dc la tuméfaction des ganglions , siégeant le plus souvent à l'aine, indolente ou douloureuse, suppuréc ou non, mais dont le malade a toujours la cons-

cience par la gêne ou la douleur qu'elle lui cause (i).

Nous ne saurions passer à l'objet principal de ce Mémoire sans faire notre profession de foi sur une question qui a divisé, et divisera peut être long-temps encore, les syphiliographes : je veux parler de l'existence ou de la non-exislence du virus vénérien. Les doctrines émises à ce sujet peuvent se ranger sous trois chefs représentés assez bien par trois époques correspondantes. Les auteurs de la première époque, savoir , du seizième , du dix-septième et du commencement du dix-huitième siècle , admettaient l'existence d'un virus qu'ils comparaient au virus rabique ou variolique; ils le recherchaient dans le cadavre des vérolés, et, comme ils le croyaient d'une nature froide et humide, il devait siéger surtout dans le foie. Morgogni dit sérieusement que, malgré les dissections les plus attentives, il n'a jamais pu parvenir à le voir. Hunier et Benjamin Bell ébranlèrent celle croyance ; le premier en parlant de bubons sympathiques, le second en rejetant la blennorhagie hors du domaine de la syphi-

(1) Il est douteux que le bubon ait l'importance que M. Ph. Boyer veut lui attribuer ; car s'il est incontestable que de simples blennorrhagies sont suivies de sypbilides, il ne l'est pas moins qu'elles ne sont que très-rarement accompagnées de bubons. Delpech est le seul qui ait vu des cas de ce genre. Bonorden (p. 287) et Kluge ne l'ont vu qu'avec des chancres. D'après M. Ricord (Gazetleméilicale, août 183.S), le bubon successif aux chancres est sympathique ou virulent. Dans ce dernier cas , c'est un chancre ganglionnaire, dans l'autre un symptôme lymphatique non vénérien. Il y a mieux : Bonorden (p. 297), et Bérends (vol. v, p. 205), ont cru remarquer que les symptômes généraux étaient singulièrement mitigés lorsqu'il y avait eu antérieurement des bubons.

lis. Sans chercher à se faire une idée exacte sur ce virus, les auteurs de cette époque ne tentèrent phis aucun effort pour déterminer son siège et scruter sa nature. Ces écrivnins forment la seconde époque. Enfin , dans notre siècle, il y ti partage entre les médecins; les uns admettent un virus comme Benjamin Bell et Hunter, les autres le nient tout-h-fait. M. Richond , en particulier, a écrit un ouvrage en deux volumes sur la non-existence du virus vénérien. Il a habilement supposé que tous ses adversaires faisaient de ce virus un être matériel , et il demande à chaque page qui a vu? qui a touché? qui a senti ce virus? Ainsi, pour expliquer les phénomènes de la syphilis , il se refuse h admettre un virus ; mais il le remplace par l'irritation. A notre tour nous demanderons qui 0 vu , qui a touché , qui a senti l'irritation ? Le virus est un être de raison comme l'irritation; ce sont de pures hypothèses commodes pour lier les faits entre eux, mais qui rentreront dans leur néant du jour où , h force d'observations , on sera parvenu à les expliquer.

Je crois néanmoins qu'il faut adopter l'hypothèse d'un virus, parce qu'elle sert h lier entre eux les phénomènes de la syphilis. Ainsi elle fait comprendre qu'un homme infecté aujourd'hui puisse être pris de symptômes consécutifs six mois, un an, deux ans après; elle rend compte do déplacement des symptômes qui se portent d'un organe à l'autre. En un mot, elle est aux phénomènes de la syphilis ce que l'hypothèse de Siramer sur les deux électricités est aux phénomènes électriques; mais, de même qu'il n'est aucun physicien qui affirme aujourd'hui qu'il existe réellement deux électricités, de même aucun médecin philosophe ne soutiendra l'existence matérielle d'un vi-

rus dont SCS sens ne lui ont pas démonlié la présence, (i ).

Il est d'ailleurs une objeclion que l'on a toujours faile h ceux qui repoussaient l'hypothèse d'un virus et h hquelle ils n'ont jamais hu répondre d'une manière satisfaisante. Puisque vous attribuez, leur a-l-on dit, tous les symptômes de la syphilis confirmée et les syphilides en particulier à une irritation , d'où vient que l'on n'observe ces symptômes que chez des individus qui ont été affectés antérieurement' de signes d'infection ? Ils ont répondu que le diagnostic des syphilides était tellement obscur qu'il était impossible de les rattacher h une maladie antérieure. Aussi M. Devergie (p. 189) nie-l-il que l'on puisse diagnostiquer les syphilides ; M. Richond (vol. i", p. 3i2) émet la même idée. Du reste, cette opinion sur l'incertitude des signes qui distinguent les syphilides des autres maladies cutanées est assez accréditée pour que je croie nécessaire de la combattre. La plupart des médecins qui ont écrit sur la syphilis observaient dans des hôpitaux spéciaux , où ils n'ont pu voir, en fait de maladies de la peau , que celles qui succèdent à la vérole; ils n'ont donc pas été à même de comparer ces alTections avec celles qui ne sont pas vénériennes. Or, de celte comparaison seule peut résulter, selon moi, la connaissance exacte des caractères propres aux sypRilides. Dans les nombreuses observations que j'ai recueillies à l'hôpital Saint-Louis sur

(1) Dans une tlièse intitulée : Dissertatio de syphilide, aucl. Ruihenberg, Bonn, 1830^ les partisans du virus trouveront un argument nouveau en faveur de leur théorie. L'auteur rapporte plusieurs exemples d'enfants qui, vaccinés avec de la lymphe prise sur des vénériens, présentèrent par la suite tous les symptômes de la syphilis.

les maladies de la peau en général , je n'ai jauiois négligé de demander aux malades s'ils avaient eu des chancres et une blennorrhngie anlérieurcs; et c'est à peine si , une fois sur cinquante , il restait quelques doutes (après un examen approfondi des caractères physiques de l'éruption cutanée) sur des malades qui, n'ayant jamais ou de symptômes d'infection , ne pouvaient par conséquent être affectés de syphilide. Sans doute il est des cas obscurs qui laissent de l'incertitude dans l'esprit (quel est le genre de maladie qui n'en présente pas?), mais ils sont rares , et l'on comprend que je n'en ai point fait usage pour la composition de ce mémoire.

Les syphilides peuvent , suivant les auteurs , se présenter sous la forme exanlhématique , vésiculeuse , sqnammeuse , pustuleuse, papuleuse, tuberculeuse ou ulcérante. Parmi ces formes , les trois premières se sont rarement présentées à mon observation ; et , comme leur véritable nature donnait lieu à quelques doutes, j'ai préféré les négliger. La forme exanthématique est Je plus souvent concomitante des symptômes primitifs elle n'est donc point une syphilide consécutive , et c'est plutôt dans les hôpitaux consacrés aux vénériens que dans ceux où l'on reçoit des maladies cutanées qu'on pourra l'étudier. Il existe peu d'observations de syphilides vésiculeuses; M. Rayer ne l'a observée qu'une fois (vol, 2 , p. 383); MM. Cazenave (1) et Gibert (2) en rapportent chacun un exemple emprunté à la clinique de M. Biett.- Quant à la syphilide squammeuse ou Psoriasis syphili-

(1) Journal hcbdomiiirc, t. 11, p. 402.

(2) Manuel des maladies de In peau, p. 'iG2.

liquc , elle est rarcnienl bien caraclériséc , excepté lorsqu'elle affecte la paume des mains; et les auteurs ont souvent appelé ainsi des Lichen où la desquammalion était plus marquée : nous cilcrons, par exemple, la figure 4 de la plnnche 5 de l'ouvraj^e de Carmichael. M. Biett a , depuis long-lcuips , (ail remarquer que les papules syphilitiques étaient presque toujours entourées d'un liseré blanc , reste de l'épiderme recouvrant la papule, qui s'est détaché sous forme de squamme; et tous ceux qui connaissent les maladies de la peau comprendront aisément combien il est difficile de tracer une ligne de démarcation entre une affection de ce genre et le Psoriasis commençant, appelé Psoriasis ^ullata. Ce que nous dirons dans ce mémoire sera donc uniquement relatif aux syphilides populeuses, tuberculeuses, pustuleuses et ulcérantes. Ces trois dernières formes reconnaissent une origine commune, le tubercule. Il est rare, en effet , de voir de véritables pustules , de vrais Ectkyma consécutifs, chez l'adulte. La pustule n'est , le plus souvent , qu'un tubercule suppuré à son sommet , et elle trahit son origine par sa base rouge, indurée et saillante au-dessus du niveau des téguments. Il est fort rare aussi qu'un malade présente uniquement des tubercules syphilitiques ; le plus souvent on observe à la fois sur son corps des tubercules, des pustules et des ulcérations, ou des tubercules et des ulcérations seulement.

Pour résoudre par l'observation les questions que je me suis proposées, j'ai analysé les soixante observations que je possède, comme on peut le voir dans le tableau ci-joint; et, de ces faits, j'ai tiré les conséquences qu'ils recelaient pour ainsi dire en eux-mêmes, Que si cer-

taines de ces conséquences viennent h élonnei- le lecteur, je dois l'avertir que je l'ai souvent été comme lui, ne prévoyant nullement d'avance les résultats auxquels j'étais forcément amené; si d'autres lui paraissent être des vérités généralement connues qui n'avaient pas besoin de nouvelles démonstrations , je répondrai que la manière rigoureuse dont j'ai procédé doit donner un degré de consistance de plus aux convictions qui s'étaient formées dans l'esprit d'un grand nombre de praticiens éclairés. J'ai joint ici un modèle du tableau analytique de mes observations.

^ ai s :

" • a-n s-ra S."??.

> i; o o re c

r»» en

3— £n S' ai

oj s T

j D ce

: BJ O s

— d o ii.

îî « ■<

Page 1