I/IO
Chancres avec blennorrhag. concomitante
Chancres précédés de blennorrhagie . . .
Chancres, blennorrhugies et bubons à plu-
Inoculation par d'uuti es points que les
Total. . .
En considérant ce tableau , il semblerait au premier abord que la blennorrhagie est suivie peu près aussi souvent de syphilides qu(i les chancres, puisque nous
voyons que quat-n-ze individus oui élé aflbclés seulerar.nl de blennonhatîic et quinze de chancres senletnent; niais ce ju-'-ement sérail erroné parce que nous ne connaissons pas le nombre relatif des blenuorrhagies aux chancres chez les individus afieclés d'éruptions vénériennes. Cependant nos observations peuvent nous fournir quelques renseignements à cet égard. En effet, le nombre total des blennorrhagies pour nos 60 malades est de 65; le nombre lolal des chancres, de 48 ; de plus , on peut remarquer que sur 67 de nos malades qui ont eu l'uu ou l'autre de ces deux symptômes, ou tous les deux à la fois, il n'y en a que quinze qui n'aientyrtmats été affectés de blennorrhagie. Nous pouvons donc avancer, sans crainte d'être dé-; mentis par l'expérience : i°que la blennorrhagie est une affection plus commune chez les individus affectés de syphilides que les chancres ; 1° qu'elle est par conséquent suivie proportionnellement moins souvent de syphilides. puisqu étant plusfréquenteelleprésente à peu près lemên ij chiffre de syphilides consécutives que les chancres qui sont beaucoup plus rares. On remarquera aussi que c'est la réunion de ces deux symptômes primitifs, concomitants on non , qui donne le plus souvent lien aux syphilides sçr condaires. En effet, le nombre des malades qui sont dans ce cas est de 28, nombre supérieur à celui de toutes les autres catégories prises séparément. En considérant les babons et l'orchite comme une complication, on reconnaît aussi qu'en thèse générale les syphilides reconnaissent plus souvent pour cause plusieurs symptômes que des symptômes isolés (blennorrhagies ou chancres seuls) dans la proportion de 58 à K) , ou de 2 l\ 1 , Ce résultat est d'accordnvec celui de Ai. Ph. Boyor, qui, sur 28 cas, a vu i4
syphilides succédant ;i des symptômes compliqués (hleunorrhagies et chancres), seulement 8 à des chancres seuls et 6 à lablennorrhagic seule.
SECONDB QUESTION.
Quelles sont les limites exlrcmes et la moyenne de intervalle de temps qui séparent C apparition des symptômes primitifs de celle des syphilides consécutives?
Avant de chercher a résoudre celte question , je dois présenter d'abord un tableau de l'état actuel de nos connaissances à cet égard, afin que l'on puisse juger quel a été mon point de départ, et voir si j'ai réellement ajouté quelque chose à ce que l'on savait déjà sur ce sujet. Je ne parle pas ici des intervalles de quelques mois que peu de personnes révoquent en doute, mais de ceux où l'on compte par années, et dont beaucoup de médecins son» tentés de contester la réalité. Il en existe même qui, à l'exemple de M. Dubled (proposition V), affirment que les syphilides n'ont aucun rapport avec les symptômes primitifs. D'autres, comme M. Richond (tom. I, p. 236 et suivantes), et M. Devergie n'admettent pas que le virus puisse manifester sa présence un grand nombre d'années après avoir été introduit dans l'économie ; M. Haudschuh, chirurgien militaire bavarois, dont l'ouvrage sur les syphilides a été analysé dans les Annales de Heccker, en mai i834, ne saurait se persuader que le virus vénérien puisse dormir vingt et trente ans dans l'économie. L'auleurde l'analyse, M. Bnlling, ne partage pas h; scepticisme de l'auteur, et cite comme exemples les scrofules et les phthisics héréditaires, dont l'incubation est encore
plus longue. J'espère convaincre ces auteurs el ceux qui pourraient partager lenr opinion , que la longue incubation du virus vénérien est un fait réel, et pas assez connu, quoiqu'il ait été proclamé par les auteurs de toutes les époques. Pour rendre la chose plus palpable , je procéderai par ordre chronologique.
Nicholaus Massa , qui vivait en i556 , dit , pag. 4^ : a In pluribus undecunque fit isle humor et rebellis et D inobediens medicaminibus , et saepè post curationem » hœc œgritudo récidivât , et récidiva quandoquè est cita B et sœpè stat per annos quae in multis est deterior. » — Son chapitre VII est intitulé : De preservatione àrecidivâ et de aliquts confortantibus. Il commence ainsi : « Vi- 3 sum est saepè et saepiùs qui tali morbo laboravere, post » sanalionem et tolalem accidentium remotionem , post » aliquot menses, post annos aliquot, in recidivam pessi- » mam incidere, lune ob dispositionem subjecti , tune i etiam è malo regimiue. »
Johannes Paschalis, écrivain delà même époque, parle dans le même sens , et veut précisément pour cela que le traitement soit continué même après la guérison.
J. Astruc (1738) ch. I, p. it4, s'exprime d'une manière encore plus positive , et compare le virus vénérien à «elui de la rage el de la variole : « Jamdudùm obsertvatione compertum- est, virus venereum cum profliga- »tom creditur, clkm aliquandb latere ad multos annos in » ipso sanguine , sine ullâ aegrotantis uoxâ quae manifesta »»it, atque adeb sine ullo sui indicio: at verô ubi primum » ex accidente sanguinis crasisvilio perverlitur, quanquàm 3 virus aullum de novo accédai , hydriC instar sponlè re-
«vivesccrc, Cflcriqiic |)r<igros.sii gravissiina symplomala » inferre, uridè lues confirnuitn.»
Fabre, élève de J. -L. Petit (i 782), p. 241 . dit : « Lorsqu'une personne a eu des chancres (^t des bubons qui n'ont point suppuré, ou une gonorrhée supprimée, il est certain que dès-lors elle a la vérole, quoique ces accidents primitifs ne subsistent plus, ayant été dissipés soit d'euxmêmes, soit par des remèdes palliatifs; or, si on néglige cette maladie cachée , son levain, en se développant plus tard, produira souvent des accidents qui menaceront la vie du malade ou qui deviendront très-difficiles à guérir. (P. 235), il cite une consultation de J.-L. Petit, dans laquelle ce célèbre chirurgien disait : « On peut avoir pendant vingt ans celte maladie, sans qu'elle se montre de manière h ne pas douter de son existence. »
Hunier (1787), p. 3t8 et suivantes, après avoir rapporté un cas où la maladie reparut sept mois, puis quatorze mois après la guérison des symplômes primitifs, ajoute : « II est encore; incertain combien de temps il fout à la maladie pour qu'elle puisse paraître, ou que la matière vénérienne, une fois passée dans le corps, puisse produire ses cfiets locaux dans ses différentes parties, qui sont les plu* sujettes à être affectées ; mais en général, il fuut environ six semaines ; dans plusieurs cas, cependant, il en faut plus, el dans d'autres moins. Chez quelques uns, ces effets paraissent quinze jours après que la matière a pu être absorbée. J'ai eu occasion d'en être assuré chez une personne i\m avait déjà un chancre el à qui il survint un gonflement à l'aine. Son corps se couvrit d'éruptions vénériennes dans l'espace de temps que nous avons rapporté. Dans un autre cas, il parut des éruptions sur tout
lo corps li'ois semaines après la giiérison d'un houimc , précisément quinze jours après avoir abiindonné le traitement mercnriel qui guérit le chancre. Les effets de la matière vénérienne sur les autres parties du corps sont moins violents, et, par conséquent, beaucoup moins tardifs à paraître. »
Freteau (iSiS) est dans les mêmes idées, et il raconte (p. 209) que Laennec avait connu wi négociant qui fut pris de douleurs ostéocopes et d'une carie de la mâchoire, dont on ne pouvait rapporter la couse qu'à une gonorrhée virulente contractée quarante-deux ans auparavant. (P. 258) , il cite le cas d'un homme qui eut tous les accidents de la syphilis quinze ans après avoir eu des enfants sains, et sans avoir été affecté depuis leur naissance.
Swediaur (septième édit., 1817, t. 11, p. 26) dit aussi: * Dans quelques cas, rares h la vérité, le virus semble être resté plusieurs années sans avoir donné aucun signe de sa présence. »
M. Lagneau (cinquième édilioù, i8(8)iusisle peu sur ce point; cependant, on trouve (p. i63) : 0 Les pustules humides des environs de l'aine se manifestent souvent comme premiers symptômes de vérole constitutionnelle six mois, trois mois après la guérieon apparente d'une gonorrhée, et (p. iZj) la peau se couvre d'ulcères plus ou moins de temps après la disparition des symptômes primitifs. »
Carmichael (deuxième édit., i825), qui a tant insisté sur les rapports qui existent entre les symptômes primitifs ci les syphilides secondaires, n'a pas discuté la ques tion de temps.
M. Devergic (1826) donne (p. 258) un labfcau dressé par M. Desriielles aîné, à l'hôpital mililoire de Rennes, des syphilides observées après le traitement mercuriel et après le traitement simple. Ce tableau comprend dixsept cas. Les termes extrêmes de l'intervalle entre les symptômes primitifs et l'apparition de la syphilide sont sept jours et quatre ans; moyenne: cent soixante dix -huit jours ou six mois.
M. Hennen (1829), p. 55o, fournit un relevé de quarante-quatre cas de syphilides à la suite du traitement sans mercure, observés dans les hôpitaux militaires d'Écosse, du 20 juin 1817 au 20 décembre 1 8 1 9. Il est impossible de donner sa moyenne, parce qu'il réunit souvent cinq ou six cas et n'indique que leurs extrêmes ; mais nous constaterons que le plus court intervalle qu'il ait observé est sept jours, le plus long vingt mois.
Al. Petit (1829* émet dans sa Thèse la proposition suivante : «Les symptômes consécutifs peuvent survenir plus ou moins long-temps après la disparition des symptômes primitifs. »
Eisenmann (i83o), dans son ouvrage sur la blennorrhagie et toutes ses suites (t. n, p. 157) constate que les syphilides qui succèdent à la gonorrhée apparaissent quelquefois pendant sa durée, immédiatement après la cessation, ou plus ou moins long-temps après.
M. Rufz {Résultats cliniques d'observations recueillies à C hôpital des vénériens de Paris pendant Cannée i83o, p. 54), distingue les syphilides suivant qu'elles se manifestent pendant ou après la durée des symptômes primitifs. Sur 37 cas, 19 fois l'éruption a eu heu plus ou moins long-temps après la disparition des symptômes primitifs,
Les liû)ites extrêmes sont quinze jours et douze ans. Je ne saurais indiquer la moyenne parce que l'auteur ne donne pas les dates exactes , mais compte seulement par mois.
Dans la thèse de M. Pailloux, soutenue le 19 janvier i852, nous trouvons (p. 3o) que, sur dix-sept cas, il a trouvé que les intervalles de temps entre l'infection primitive et les symptômes secondaires variaient d'un an h trente ans. Sa moyenne est six ans.
M. Auguste Cullerier, qui formula des propositions sur les maladies syphilitiques, dans une thèse présentée le 7 mai de la même année, dit, page i5 :« Les syphilides, comme tous les autres symptômes consécutifs, ne se font voir que plusieurs mois et même plusieurs années après les accidenis primitifs, sans que la santé en ait été altérée dans l'espace de la première à la seconde maladie. » Et il ajoute que, dans l'état actuel de la science, il lui paraît impossible d'expliquer les aflections consécutives sans reconnaître la présence d'un virus syphilitique.
En Allemagne, M. Albers, professeur h Bonn, affirme, dons son ouvrage spécial sur les syphilides (1802), p. 22 et 25, qu'il est fort rare que les syphilides apparaisf-ent pendant l'existence des symptômes primitifs , et que le plus souvent, elles viennent long-temps après.
M. Humbert publia en i853on manuel des syphilides d'après les leçons cliniquesdeM. Biett. Il admet comme un fait démontré la longue incubation des syphilides et rapporte plusieurs observations où un long espace de temps a séparé les symptômes d'inoculation deceuxdela vérole confirmée.
La même année parut la seconde édition de l'abrégé des maladies de la peju de MM. Cazenave et Schedel, qui renferme (p. 459) les doctrines de M, Biett sur ce sujet.
Les auteurs croient à rexislcnce d'un virus, soit que les syphilidcs semonlrcnl en môme temps que les symptômes primitifs, soient qu'elles se manifestent des mois ou même des années après l'infection.
M. Gibert (i854),qui avait déjà inséré, en juin i85o, dans lu lievue médicale une observation dans laquelle on voit que huit ans se sont écoulés entre les deux ordres de symptômes, admet dans tout le cours de son manuel que les syphilides doivent être rangées parmi les symptômes consécutifs de la maladie vénérienne.
Le docleur Bonorden , chirurgien militaire prussien, reconnuîl iniplicilemenl , dans tout le cours de son livre, que les symptômes secondaires peuvent survenir long-ten)ps après les accidents primitifs.
M. Piayer (deuxième édit. , i835, t. ii. p. 54o) fait remarquer que les rapports entre les éruptions vénériennes et les inflammations virulentes et contagieuses sont moins faciles à saisir qu'au xvi* et xvii' siècle, parce que plusieurs mois et même plusieurs années s'écoulent souvent entre l'apparition et la giiérison des symptômes primitifs d'une part, et le développement des symptômes secondaires de l'autre ; et (p. oyS) il ajoute : « Le plus souvent c'est après plusieurs mois et même après plusieurs années d'une guérison apparente que les symptômes consécutifs, et en particulier les éruptions vénériennes, se déclareut. » Page 480, on trouve l'observation d'un homme de cinquante un ans, alteini d'ulcères syphilitiques de la face, et qui avait eu seulement une blennorrhagie vingtcinq ans auparavant.
Enfin, si nous ouvrons l'ouvrage le plus récent (i836) «ur k syphilis, le traité pratique de M. Ph. Boyer, nom y
trouvons la doctrine du virus forlcmenl soulenne , et p. io5 nous lisons : « La syphilis conséculivc peut se manifester à toutes les époques après rinfection; quelquefois il se passe un assez grand nombre d'années entre l'époque de son apparition el celle où la contagion a eu lieu.
Celle énumératioii, où ne se trouvent pas compris les auteurs qui n'ont point admis l'iucubalion du virus pendant uu grand nombre d'années , est encore loin d'être complète. Les titres seuls des livres qui traitent de la syphilis remplissent trois volumes in-8°. Elle présente cependant d'une n)anière fidèle le résumé de doctrines médicales émises sur ce sujet depuis )5oG jusqu'en ]83G, c'esl-à-dire pendant un espace de trois siècles. Toutefois il existe encore des incrédules, Irès-peu nombreux il est vrai, et l'incubalion du virus syphilitique pendant un nombre d'années souvent considérable , n'est pas un fait aussi généralement connu qu'il devrait l'être. Je crois que cela tient uniquement à ce que les auteurs, disant vaguement que l'incubation peut être plus ou moinslongue, sans insister sur les limites de cet espace de temps, ni s'appuyer sur un grand nombre d'observations, n'ont pas attiré sulTisamment sur ce point l'attention du public médical, ni produit une impression durable en portant la conviction dans les esprits.
La question qui forme la tête de ce chapitre doit se subdiviser pour être résolue en plusieurs autres questions 'econduires. Examinons d'abord :
Quelle est la moyenne et quels sont les extrêmes de l'intervalle de temps qui sépare les blcnnorrliagies simples ou compliquées des sypkilides consécutives.
1° La blennorrhngie simple :
Sur soixante observations que j'analyse, je trouve dix cas dans lesquels les malades n'ont eu qu'une blennorrhagie pour tout symptôme primitif; bs intervalles qui les séparent des syphilides sont les suivants:
8 mois. , 5 ans. 2 1 ans.
] an (2 cas). 4 ^>3s. 5i ans.
i4 mois. 10 ans. 4^ '■"s-
Les extrêmes sont 8 mois et l^'i ans.
La moyenne 1 1 ans environ.
Nombre des cas au-dessous de la moyenne. . . 6. Nombre des cas au-dessus de la moyenne .... 5. Voyez les observations IV et IX.
Il était intéressant devoir s'il existe un rapport entre la durée de la blennorrhagie et l'intervalle de temps après lequel apparaissent les éruptions cutanées. Dans ce but , j'ai dressé le tableau suivant :
Durée de la blennorrhagie. Syphilides survenues après.:...
5 jours 3i ans.
1 mois 8 mois.
[ 4 ans.
2moi«M'^ j ,5 ans.
3 mois *
i8 mois 42 ans.
On voit par ce tableau que la durée d'un écoulement ne fournit aucune donnée sur le temps qui pourra s'écouler jusqu'à l'apparition d'une syphilide consécutive.
2* La blennorrhagie compliquée de bubons.
Elle ne s'est présentée que deux fois à notre observation, et ce nombre est trop petit pour que nous puissions donner les moyennes. Nous nous bornerons h noter les intervalles qui furent de 8 ans pour un cas et de lo ans dans l'antre.
o'La gonorrhée accompagnée d'orchile ne s'est offerte aussi que deux fois : dans un cas, l'intervalle fut de huit ans , dans l'autre, de cinq.
Si nous réunissons ces quatre cas, ils nous donneront une moyenne de sept ans.
La moyenne générale de l'intervalle qui s'écoule ordinairement entre les bleniiorrhagies simples ou com^ pliquécs et les syphilides consécutives est de neuf ans.
Pour n'être point induit en erreur sur la signification réelle de ces chiffres, et pour se former une idée exacte du rapport de temps qui existe entre les deux ordres de symptômes, il faut tenir compte delà moyenne en ellemême et du nombre des cas qui sont au-dessus et au-dessous de cette moyenne ; ainsi, pour la blennorrhagie simple, la moyenne de onze ans lient à ce que, dans les trois derniers cas , l'inlervalle a été énorme ; mais comme le nombre des cas au-dessous de la moyenne est double de celui des cas au-dessus , la syphilide surviendra , dans les deux tiers des cas, avant qu'onze ans se soient écoulés. Il faut encore noter une autre particularité. Observant à l'hôpital Saint -Louis, où l'on ne reçoit que très -rarement des malades affectés de symptômes primitifs, nos résultats s'appliquent surtout aux syphilides véritablement consécutives, c'est-à-dire à celles qui surviennent long temps après la guérison des symptômes primitifs. Or, pour ce qui est de la blennorrhagie en particuculier, tous les auteurs, Lngneau, Eisenmann, Bielt,
Rayer, elc, , sonl d'accord pour aflîrmerqueles syphilides ne surviennent presque jamais pendant sa durée. Les cas ou l'on a observé le contraire oui été rapportés comme des exceptions, l'un par M. Larrey (Bulletins de la Société philomatique, ventôse an XII), l'autre par Morin (Journal de Médecine de Leroux , juillet 1776). Dans le premier, la suppression de l'écoulement fut suivie immédiatement de l'apparition d'une éruption dartreuse; dans le second, elle se manifesta pendant la durée même de la blennorrhagie (i).
Voyons maintenant quelle est la moyenne et quels sonl les extrêmes de C intervalle de temps qui sépare les chancres simples ou compliqués des syphilides consécutives.
Quarante-trois malades ont été affectés primitivement de chancres :sur ces 43 malades, 9 avaient eu des chancres simplessans aucune complication, 6 des chancres avec des bubons, 4 des chancres compliqués de blennorrhagie, 1 1 des chancres précédés plus ou moins long-temps auparavant de blennorrhagies, enfin 12 avaient eu plusieurs fois des chancres, des écoulements, soit ensemble, soit séparément; et sur ces 12,7 avaient été aussi affectés de bubons. Les intervalles sont les suivants :
1° Chancres simples.
3 jours. 5 mois. 1 1 mois.
1 mois. 5 mois. 9 ans.
2 mois i|2. 7 mois. 36 ans.
(1) Observations particulières à consulter : Humbert ( p. i23, 153 et 183); Rayer, (deuxième édit. 11, p. 480 et première lîdit., l. 11, p. 130); Casenave (7onr«nZ/ieirfom., t. u, p. 4G2), et Gibert {Manuel des maladies vénériennes, p. 400), et nos observations iv, X et X.
Les extrêmes sont 5 jours et 56 ans.
La moyenne 5 nns et quelques mois.
Nombre des cas au-dessous de la moyenne. . . 7
Nombre des cas au-dessus de la moyenne. . . 2
2° Ckancres compliqués de bubons.
2 mois. 5 mois. 5 mois.
5 mois. 6 mois. r3 ans.
Extrêmes : 2 mois et 1 2 ans.
Moyenne : 29 mois.
Nombre des cas au-dessous de la moyenne . . 5 Nombre des cas au-dessus de la moyenne ... 1 J'ai voulu savoir ensuite si la durée plus ou moins longue des chancres avait une influence pour hâter ou retarder l'apparition des syphilides, on verra par le tableau cidessous qu'il n'existe aucun rapport entre la durée des chancres et celle de l'intervalle qui les sépare de l'apparition des syphilides.
Durée des chancres. Syphilides survenues après.. . .
i5 jours • • • 56 ans,
25 jours 5 mois.
2 0 jours 6 mois.
9 mois. 5 mois.
6 semaines 2 mois i{2.
I 5 mois.
5 mois ^7 mois.
1 5 mois.
1 mois
3' Chancres compliqués de blennorriiagic.
Je n'ai observé cjue ({uatre cas de ce genre : les intervalles ont été de a jours, 7 mois, 3 ans et 5 ans cl demi. Moyenne : 21 mois environ.
4» Chancres simples et compliqués, précédés de blennorrhagie, ou bien récidixmnl une ou plusieurs fois.
Lorsqu'un malade a été alFecté à plusieurs reprises de symptômes primitifs, et qu'on veut apprécier l'intervalle qui s'est écoulé entre ces symptômes et la sypbilide dont il est atteint , on se trouve dans un grand embarras. En eflfet , je suppose qu'un homme ait été affecté de blennorrhagie en 1820, de chancres et de bubons en 1823, de chancres compliqués de blennorrhagie en J828, il sera difficile de dire, s'il a une syphilide en i835, à laquelle de ces infections on doit l'attribuer. Voici cependant le raisonnement que l'on peut faire : il est certain qu'à mesure qu'on s'éloigne du moment de l'infection , la chance d'être affecté de syphilides diminue , car nous avons vu que le nombre des cas au-dessous de la moyenne était constamment supérieur h celui des cas qui sont audessus : donc , nous ne saurions prendre pour point de départ la moitié de l'intervalle compris entre les deux infections , parce que la dernière a eu certainement une part plus grande que la première à la production de la syphilide, surtout si, comme cela arrive 1 1 fois sur 25, le premier symptôme a été une simple uréthrite. Cependant les infections qui ont précédé la première ont eu peut-être une influence réelle , qui ne doit pas être
négligée; j'ai donc pris pour point de départ le quart de l'intervalle entre la première et la dernière infection qui est le plus rapproché de celle ci. Ainsi , dans l'exemple précité, je date de 1826 : je sois bien que c'est une espèce d'expédient qui n'a rien de rigoureusement mathématique, mais je le choisis faute de. mieux, sans accorder aux résultats qu'il me donnera une importance qu'ils ne sauraient avoir. Je pense toutefois qu'ils se rapprochent singulièrement de la vérité, et cette approximation sera toujours préférable à une ignorance absolue : voici un tableau qui présente la série de ces intervalles.
Nombre des cas. ■ Sypkilides survenues après..,.
1 ? mois.
1 9 mois,
5 i5 mois.
4 1 an et demi.
2 s ans.
2 2 ans et demi.
1 3 ans.
2 3 ans et demi.
2 4 ilDS.
1 5 ans et demi.
1 '6 ans.
2 6 ans et demi.
i 7 ans.
23 cas.
Extrêmes : 3 mois et 7 ans.
Moyenile : 3 ans.
Nombre des cas au-dessous de la moyenne . \%. Nombre des cas au-dessus de la moyenne . 8.