COMPARAISON ENTRE LES DIVERSES ESPÈCES DE MOTEURS
Les chevaux peuvent être employés en plaine ou aux montées , pourvu que celles-ci ne soient pas très fortes. La gravité ne sert que sur les plans inclinés ; les machines fixes sont applicables en plaine ou aux montées; les machines locomotives ne conviennent plus dès que la pente dépasse une certaine limite.
Les chevaux, comme les machines locomotives, ont leur propre poids à transporter, ce qui diminue leurs avantages à la montée. Le degré de vitesse (6 milles à l'heure) avec lequel on effectue communément les transports par machines locomotives ou machines fixes est beaucoup au dessus de celui qu'il convient de donner aux chevaux (de 1 à 1 ~ milles à l'heure ) pour tirer tout le parti possible de leur force. Les chevaux dégradent le milieu des routes avec leurs pieds ; mais ils ne font pas supporter aux rails un poids considérable , comme les machines locomotives,
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et , d'après Je témoignage de M. Storey , l'un des directeurs du chemin de Darlmgton, ils n'occasionent pas la rupture d'un aussi grand nombre de chariots que les machines fixes ou locomotives. M. Storey-explique ce dernier résultat en faisant observer que les transports ayant lieu avec beaucoup plus de rapidité par machines que lorsque l'on sfc sert de chevaux , les chocs produits par une cause quelconque sont aussi plus violens dans le premier cas que dans le second.
Il paraît que , dans les pays où la houille est à très bon marché et le fourrage cher, les chevaux occasîonent en plaine des frais de balage plus ♦-•levés que les machines locomotives. La différence cependant doit être très petite ; car plusieurs personnes dignes de foi nous ont assuré que sur la route de Darlington à Stokton, où la houille est à un prix moyen pour l'Angleterre, le coût du transport par chevaux était à peu près balancé par celui du transport avec machines locomotives.
La gravité est un moteur dont on fera toujours bien de se servir lorsque cela sera possible ; il ne coûte rien, on ne peut l'employer cependant sans des frais assez considérables de cordes , treuils et main-d'œuvre.
Les machines fixes présentent également le grave inconvénient d'exiger des cordes, treuils, etc.,
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pour la transmission du mouvement, ce qoi augmente considérablement la dépense. Elles ont à vaincre, outre le frottement des chariots, celui des câbles et de tout l'appareil au moyeu desquels elles agissent. S'il leur arrive quelque accident , et que l'on n'ait pas une machine et des cordes de rechange prêtes , tout le convoi doit cesser de marcher. On ne peut, lorsqu'on se sert de machines fixes, arrêter aussi facilement le convoi pour prendre des marchandises ou des voyageurs , que lorsqu'on emploie les machines locomotives. Le temps que font perdre les arrêts , tels que chargement , changement de moteur, etc., etc., est plus grand avec les machines fixes qu'avec les machines locomotives. Il faut remarquer cependant que ces différentes opérations se font en Angleterre avec une prodigieuse rapidité : nous en avons été témoins en parcourant sur les chariots la ligne du chemin de M. Thomson, près Newcastle, sur une longueur de 9 | milles.
D'un autre côté, les machines fixes exigent moins de combustible et du combustible de moindre qualité que les machines locomotives. Les transports augmentant, on peut accroître la force de la machine sans ajouter au nombre des ouvriers, tandis qu'au contraire, avec les machines locomotives, on augmente plus vo-
lontiers le nombre des machines que leur force. Les machines locomotives trâînent leur propre poids, qui est considérable, puisqu'il s'élève quelquefois à près de 10 tonnes, et ne saurait être abaissé au dessous de certaines limites. Elles fatiguent beaucoup les rails, parla grande pression qu'elles leur font su pporter. Enfin, la force des machines fixes, pendant qu'elles n'effectuent pas de transports, peut être utilisée : elle peut servir, par exemple, à faire marcher un moulin à blé ou une scierie.
Quant au coût définitif du transport par l'une ou l'autre espèce de moteurs , résultat qui décide la question, on" pourra s'en faire une idée en comparant entre eux les divers élémens que nous venons de passer en revue ; mais on sent qu'il variera avec les localités. Voici toutefois le tableau comparatif des dépenses générales qu'occasioneraient sur le chemin de Liverpool à Manchester l'emploi des machines fixes et celui des machines locomotives , ces dernières ne servant que sur les parties à peu près de niveau : il a été calculé par MM. Rastrick et Walker.