‹ Mémoire sur les comptes du Séminaire de Québec contre la succursale de l'Université Laval à Montréal [microforme]Chapitre 9 sur 26 · TRE · texte numérisé non relu

TRE

Cette expression “ Certaines bases , me paraissait un peu vague, et demandait certaines explications. Je ne pus jamais les obtenir sous une forme précise et satisfaisante.

M. Marcoux prétendait agir comme président du Bureau d'administration du Syndicat financier de l'Université Laval à Montréal; or, d'après le bill qui instituait civilement, ce Bureau d'administration, le Vice-Recteur de l'Université Laval à Montréal en est le président, de droit. De puis plus de quinze jours, M. Marcoux avait cessé d'être Vice-Recteur ; comment pouvait-il encore en être le président? tout au moins lui aurait-il fallu une délégation de ce Bureau pour agir en son nom; et il n'en produisait aucune. De plus ce Bureau n'avait jamais pris, et n'avait jamais voulu prendre possession des affaires pécuniaires de la succursale: il n'y avait donc rien à régler en son nom.

Ces remarques ne sont pas fuites, aujourd'hui, dans le but de prouver l'incompétence légale de M. Marcoux pour transiger des réclamations que lui avait confiées le Séminaire de Québec; mais, après la précipitation du début, ces obscurités dans la procédure subséquente expliqueraient mon étonnement, si par hasard j'en ai lissé paraitre alors.

VIT

Avec sa lettre du 14 Août, M. Muarcoux me passait, sur deux feuilles volantes, “ un état des recettes et des dépenses de l'Université Laval à Montréal pour l'année Universitaire 18SS-59., (Voir document N° VI).

Il ajoutait, sur deux autres simples feuilles, un supplément, comprenant ce que “ doit la succursale de Montréal au Séminaire de Québec pour dépenses faites depuis son organisation jusqu'à Août 1889. , (Voir document N° VIT.

Ces quatre feuilles n'étaient accompagnées d'aucune pièce justificative quelconque. Je demandai, par mesure de précaution, à M. Marcoux si, au cas où nous croirions par hasard avoir besoin de quelque document se rapportant à ces comptes, nous pourrions les obtenir. Il me répondit que on.

Au premier coup d'oeil, je ne pus ne pas remarquer la manière étrange avec laquelle les comptes de 1SSS-S9 étaient présentés. Il y a peut-être de bonnes raisons, claires pour d'autres, secrètes pour

moi, d'en avoir agi ainsi. J'en demandai l'explication, on me la promit pour plus tard, elle n'est pas encore venue.

D'abord l'année 1887, dans le supplément, est cotée d'un déficit de P: 1229.28; puis l'année 1888-89, montre, rapporté de l’année précédente, un second déficit de P, 1604.37. A quoi ont été employées ces 1604 piastres et 37 centins? et pourquoi faire un partage de déficits que ne comportent pas les années antérieures ?

Deuxièmement, à la fin des comptes de l'année 1888-89, en dehors du balancement des recettes et des dépenses, est renvoyée une dette de P. 3000.00. Pourquoi ne pas la faire entrer dans l'énumération détaillée de la dépense? Cette somme est assez considérable pour qu'on nous dise clairement l'emploi qui en a été fait.

Troisièmement, on renvoie dans un post-scriptum un compte d'une couple de cent piastres, sans indiquer les raisons de cette dépense. Pourquoi ne pas faire entrer cet item, avec les autres, dans l'énumération du détail des dépenses? Mystère.

Quatrièmement, on prétend rendre compte, à part, du bilan de l'année 1888-S9; et cependant, dans le supplément, cette même anuée 1888-89 porte un déficit de P. 4353.14. Pourquoi un supplément à une année dont on est censé donner le détail complet, tant pour les recettes que pour les dépens 15?

Cinquiëemement, et dans ce supplément lui-même, à l'année 1888-89, on lit un premier déficit de P. 1121.26, après lequel on additionne tout ce qui est dû au Séminaire de Québec depuis 13 ans: P. 16,725.99. Puis, sous une rubrique mystérieuse, arrive le gros déficit suivant : “ Prêté pour réparation, etc., facultés de droit et médecine, dont intérêt au dix-neuf juin 1889 a été payé par l'archevêque de Québec: P. 3231.88. , Peu m'importe, en réalité, que l'intérêt sur les P, 3231.88 ait eu l'honneur d'être payé par Son Eminence le Cardinal T'achereau ; mais ce qui m'intéresserait davantage, ce serait de connaître, comme pour les autres emprunts, quel' est le prêteur; ce serait de savoir pourquoi cet emprunt n'est pas porté à la recette comme l'emprunt de P. 7113.00, fait aux Banques. Enfin pourquoi ces deux manières différentes de présenter le déficit qu'accuse, pour une même année, un même supplément ?

Pourquoi tous ces à-part de déficits éparpillés çà et M:

Voyages de Mgr. Paquet à Rome et divers voyages

MORE LS QU RO RO Prêté pour réparations etc. . EC CURE AU AMD Gers ele Billets endossés, etc, , . nr . » 1300.00 Dû à Perrault et Mesnard. oi 22800000 Enfin déficit à lu Caisse. . AIRE dy 396.26

Total P. 15,009,40

A-t-on voulu, par là, pallier l'énorme déficit de l'année 1888-89: P.15,009.40!! Je comprends que la caisse ne doive plus que P. 356.16, quand, par des transpositions de chiffres, on est parvenu à la soulanger de P. 14,683.04, Mais la succursale n'en reste pas moins chargée. Encore une fois, pourquoi procéder de cette facon étrange ?

Ce seul émbrogliamento, dont je n'ai pu obtenir de M. Marcoux l'éclaircissement, aurait sufti, dans mon opinion, pour me faire demander des comptes plus détaillés et plus clairs. Mais l'étude plus attentive de ces quatre feuilles, me réservuit bien d'autres surprises.

VIH.

Je ne parle pas: 1° de la somme de P. 923.48, payée, pour une seule année, à l’appariteur de médecine et à ses servantes, lorsque, en sus, cet appariteur est logé et chauffé par la succursale;

2% ni des 150 piastres, payées pour la brochure Chandonnet, sans savoir ce que cette brochure à à faire dans la succursale ;

3° ni de la somme ronde de P. 1645,79 pour dépenses de maison, lorsque déjà ont été payés les réparations, les professeurs, les appariteurs, les serviteurs, les intérêts, les taxes, le bois, le charbon, le chauffage, les honoraires et la pension du Vice-Recteur, les honoraires et la pension du secrétaire, les voyages, les cochers, les dépèches, les annonces, le gaz, l’eau, les sujets pour l'anatomie, et des divers s'élevant à P. 305,53;

4° ni des 2700 piastres qu'a coûté le Bill de la succursale, sans

compter les télégrammes et les câblegrammes ; 5° ni de P. 6686,29 pour voyages, dont P. 5930,48 pour voyages

à Rome seulement; 6° non plus que de certains autres points obscurs ou surpre-

nants, dont je ne conteste pas actuellement l'à-propos, mais qui au-

raient certainement besoin d'éclaircissements pour la satisfaction et l'honneur de celui qui est chargé d'accepter des comptes au nom de tout un archidiocèse.

Qu'on me prouve que je suis obligé de les accepter sans voir, très bien! Alors je me trouve en face de la soumission, ou de la démission. Mais, jusque là, je me crois tenu aux règles ordinaires de la prudence que doit observer, convenablement, tout mandataire.

Ma première surprise fut celle de constater les deux items suivants : le premier de P. 1000.00 pour l'intérêt Cherrier, intérêt sur une dette, me dit M. Marcoux, contractée pour l'achat d'un terrain sur lequel on devait élever les constructions de la succursale; le second de P, 635.04 pour payer les taxes sur le dit terrain. Or il n'était fait aucune mention de ce terrain dans l'avoir de la succursale. Bien plus, M. Marcoux me dit formellement que le Séminaire de Québec n'entendait pas le faire rentrer dans le balancement de comptes. Ainsi, sur ce terrain acheté et possédé pour elle, la succursale payait les charges, et le Séminaire de Québec gardait le fonds. En réalité, cette manière de faire n'est-elle pas surprenante? Trois semaines plus tard, le séminaire semblait avoir compris toute l'inconséquence de cette prétention, et adoptait un autre procédé, en apparence plus rationnel, lequel cependant je n'admets pas davantage. Mais n'anticipons pas. Dans tous les cas, alors j'ignorais le demi-tour à droite qu'on devait faire sous peu.

Pour bien comprendre ce point important, il faut savoir que le Séminaire de Québec avait d'abord acheté, pour la succursale, un premier terrain qu'il revendit à gros profits; et que immédiatement après cette vente il en acheta, pour la même fin, un second d'une plus grande valeur qu'il possède encore.

Pour preuve de ce que j'avance, je produis trois documents, que j'ai relevés au Bureau d'enregistrement de Montréal-Est, signés par le régistrateur lui-même, Monsieur J, C. Auger: le premier, un tableau indiquant sommairement les transactions du Séminaire de Québec, (Document N° VIII); le second, un plan du premier terrain, (Document N.° IX): et le troisième w” plan du second terrain (Document N.° X).

On y voit que, le 12 septembre 1882, le séminaire de Québec

achète de M. Côme Séraphin Cherrier, au Quartier St. Jacques, sur la rue St. Denis, entre les rues Ste, Catherine et Dorchester, un terrain, partie du lot 4:32, pour la somme de P, 50,000,00, En passant, je ferai remarquer que plusieurs personnes, qui se prétendent bien renseignées, assurent que M. Cherrier, grand ami des études universitaires, avait vendu, en faveur et au bénéfice de la succursale, ce terrain au-dessous de su valeur réelle, Est-ce le cas ? Est-il fait dans le contrat de vente quelque mention d'une telle intention bienveillante? Je l'ignore. Je demandai s'il me serait permis de voir ce contrat; on me répondit que vraiment j'étais un peu curieux.

Quoi qu'il en soit, plus tard, comme on peut le voir dans le /ableau, (document N° IX,) le séminaire de Québec subdivise ce terrain en trente lots qu'il vend, 27 lots presque en mème temps dans l'automne de 1885, et les trois autres en 1887 et 1SSS, pour la somme totale de P. 74,026.00, réalisant ainsi sur le prix d'achat un profit de P. 24,026.00, ce qui serait de beaucoup plus que suftissant pour éteindre la dette qu'on réclame aujourd'hui de la succursale, Quand on a trouvé d'un seul coup un tel bénétice à Montréal, il semble à plusieurs où il ne faudrait pas se montrer trop exigeant pour une perte plus minime qu'on aurait pu y rencontrer.

De plus, dans le document N.0 VII, on voit que, dans le même automne où il vend son premier terrain sur la rue St. Denis, le séminaire de Québec achète un peu plus haut sur la même rue St. Denis, entre les rues Sherbrooke et Ontario, trois autres terrains contigus, réunis par lui en une seule et même propriété: le premier, des Demoiselles Cherrier, connu sous le Numéro 1199, pour la somme de P. 50.000,00: le second, de Monsieur À. M. Foster, connu sous le Numéro 1196 et partie de 1197, pour la somme de P. 10,000,00: ct le troisième, de Madame Kérouac, connu sous le Numéro partie de 1197, pour la somme de P. 10,033.00, Ainsi les trois terrains ayant coûté la somme totale de P. 70,033.00, il reste au séminaire de Québec, en sa faveur, sur la vente du premier terrain, une balance de près de quatre mille piastres (20,000 francs).

Cette dernière propriété (composée des terrains Cherrier, Foster et Kérouac), comme on peut le voir dans le Document N° X, à été subdivisée en une cinquantaine de lots, que le Séminaire à mis en vente dans les derniers mois de l'année qui vient de s'écouler. La valeur des terrains à augmenté à Montréal, depuis 1885. Ces lots

sont situés dans une position meilleure que les trente lots de la rue

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