‹ Mémoire sur les cucurbitacéesChapitre 10 sur 28 · e ^Expérience · texte numérisé non relu

e ^Expérience

Le 10 Mai, je fis dans la tige d'un cerisier un trou qui pénétroit jusque clans la moelle, et j'introduisis dans ce trou quelques gouttes de mercure métallique. Je couvris alors entièrement le trou de manière que l'eau ne pût pas y entrer, et que l'arbre ne pût pas souffrir de l'action des élémens extérieurs. Aujourd'hui (le 10 Mars 1825), l'arbre se porte parfaitement bien, et n'a point encore souffert de faction du mercure. Je suis d'autant plus surpris du résultat de cette expérience, que j'avois souvent entendu dire que l'on parvenoit à tuer les arbres, en les assujettissant de cette manière à l'action du mercure métallique.

sur l'action des poisons etc. 47

De l'Etain.

Le i3 Avril , une branche de rosier portant deux ou trois boutons de rose à moitié développés, fut introduite par son extrémité dans un flacon contenant une solution de muriate de tain de la même force que les solutions précédentes.

Le i5 Avril, il s'est manifesté le long des nervures des feuilles, des raies d'une couleur brune jaunâtre semblables à celles produites par l'action du muriate de mercure; elles étoient seulement plus larges et d'une couleur plus foncée. Le 16, la branche étoit morte, et la presque totalité des feuilles étoit devenue jaunâtre. Ayant fait tremper pendant quelque temps les feuilles dans de l'eau distillée, et ayant ajouté à cette eau une solution d'or, la présence de l'étain s'est manifestée de la manière ordinaire.

L'action de l'étain sur les haricots est tout- à-fait semblable à celle du muriate de mercure.

Dur Cuivre.

Une plante de haricot fut ôtée de la terre, et introduite par les racines dans un vase d'eau contenant une solution de sulfate de cuivre dans la même proportion que dans les expériences précédentes. Au bout de 24 heures, les feuilles de la plante étoient tout-à-fait flétries.

Si j'arrosois la plante en la laissant en terre, il falloit pour la tuer, l'arroser plusieurs fois; et avec une proportion plus considérable de sulfate de cuivre.

iS MÉMOIRE

Je trouve dans îe volume 19, page 76, des Annals of Pkilosophy , que le D.r Phiîipps, ayant répandu des solutions de cuivre autour du pied d'un jeune peuplier, l'arbre mourut bientôt après. Les feuilles des branches inférieures se séchèrent les premières. Un couteau, employé à couper une branche de cet arbre, se trouva couvert de cuivre; ce qui prouve évidemment l'absorption du métal.

Du Plomb.

Des haricots furent introduits par la racine dans une solution d'acétate de plomb de la même force que les solutions précédentes. Les feuilles inférieures étoient flétries au bout du second jour, mais ce n'est que le troisième jour que la plante fut morte.

M en a été précisément de même, lorsque j'ai employé du muriate de baryte.

Avant de passer aux poisons végétaux, je dirai quelques mots sur l'action de trois autres substances non-métalliques : l'acide sulfurique, la potasse, et le sulfate de magnésie.

Des haricots" furent introduits par leur racine dans de l'acide sulturique étendu avec trois fois son poids d'eau. Au bout de peu d'heures , ils commencèrent à se pencher, et au bout de 24 heures , ils furent complètement flétris.

Il en a été précisément de même lorsque j'ai soumis des haricots a l'action de la potasse liquide étendue de la môme quantité d'eau.

Mon but en soumettant des haricots à l'action du sulfate de magnésie, a été de démontrer, qu'en faisant absorber

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aux plantes des substances minérales qui ne sont point nuisibles au règne animal , celles-ci n'en souffriroient aucunement.

J'introduisis les racines des haricots détachés de la terre dans un vase contenant 12 grains de sulfate de magnésie dans deux onces d'eau. Au bout de 24 heures , les plantes n'étant point affectées , j'ajoutai encore 12 grains du sel à la solution, et au bout de 48 heures j'en ajoutai encore 12 autres grains, faisant en tout, une solution de 36 grains du sel dans deux onces d'eau. Malgré cela, le troisième jour, les feuilles étoient parfaitement vertes, et la plante ne paroissoit pas affectée d'une manière sensible (1).

J'obtins les mêmes résultats en faisant une expérience analogue avec le sel ordinaire.

Ces résultats serviront à prévenir l'objection de ceux qui pourroient alléguer que, dans les expériences précédentes , la mort des plantes soumises à l'action des poisons métalliques, étoit due moins à l'action corrosive de ces poisons, qu'à linfluence qu'ils exerçoient, en obstruant peu à peu les pores des racines , et en empêchant l'absorption du liquide.

(1) M. Necker de Saussure m'a dit avoir observé des plantes végéter très- Lien dans un terrain magnésien. Le Professeur Carradori , de Florence , dans un mémoire intitulé Dell 'azione venefica délia magnesia sui vegetabili, etc. , paroît être d'un avis contraire.

Mém. de la Soc. Je Phys. et d'HLst. nai. T. III. i.re Part. 7

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