‹ Mémoire sur les cucurbitacéesChapitre 4 sur 28 · SUR LE RÉGINE VÉGÉTAL · texte numérisé non relu

SUR LE RÉGINE VÉGÉTAL

Par M.r F. MARCET.

Mémoire lu à la Société de Physique et d'Histoire naturelle, le 16 Décembre <8i4.

J-je bel ouvrage de M. Orfila nous a fait connoître d'une manière complète et précise, 1 histoire des poisons et le genre d'action qu'ils exercent sur l'économie animale. Il m'a paru que quelques expériences du même genre faites sur le règne végétal, dont le tissu et quelques-uns des organes ont une analogie si frappante avec ceux des animaux, pourroient servir à donner quelques résultats intéressans (i).

Poursuivre une marche régulière, j'ai cru devoir diviser ce mémoire en deux parties ;

Dans la première partie, je décrirai l'action qu'exercent

(ij Je ne prétends pas donner comme neufs tous les faits qui se trouvent dans ce Mémoire. 11 existe déjà sur ce sujet quelques expériences détachées de dilférens auteurs , que j'ai eu soin cle rappeler dans la suite de ce travail toutes les fois que j'en ai pu prendre comioissance.

sur les végétaux quelques-uns des principaux poisons métalliques. Ce sont ces poisons qui agissent sur le règne animal, en irritant, enflammant et corrodant le tissu des parties avec lesquelles ils sont mis en contact , et détruisent bientôt la vie , s'ils sont administrés en quantité suffisante.

Dans la seconde partie , j'examinerai l'action de quelques-uns des poisons végétaux sur le règne végétal. Les physiologistes ont démontré d'une manière satisfaisante qu'un grand nombre de ces poisons, pris intérieurement, n'enflamment et ne corrodent point le tissu organique des animaux. Dans un grand nombre de cas, surtout dans le cas des poisons narcotiques, on ne trouve après la mort de l'animal aucune rougeur dans l'estomac ou dans le canal digestif : on est même parvenu à déterminer , que la plupart des poisons végétaux sont absorbés et transportés très^promptement dans la circulation de l'animal auquel on les administre , et occasionnent sa mort en agissant uniquement sur le système nerveux; tantôt, à ce qu'il paroît , sur la moelle épinière, et tantôt directement sur le cerveau.

Le genre d'action de ces poisons sur le règne végétal n'est point facile à déterminer. Eu effet, jusqu'ici on n'a point en général regardé les plantes comme possédant aucun organe ou aucun appareil d'organes qui correspondit au système nerveux des animaux 3 on a même toujours regardé l'absence chez elles du système nerveux, comme une des différences essentielles qui les distingue du règne animal. Mais si, comme je crois pouvoir le démontrer dans la seconde partie de ce mémoire, les mêmes poisons qui

sur l'action des poisons etc. 39

n'affectent que le système nerveux, et qui ne laissent aucune trace de lésion organique dans le règne animal, agissent d'une manière distincte , énergique , et analogue dans leurs effets sur le règne végétal j il me semble que cette action ne peut être expliquée, qu'en admettant dans les plantes l'existence d'un appareil d'organes qui a quelque analogie avec le système nerveux des animaux, et qui est affecté de la même manière par l'administration de certains poisons végétaux (1).

J'ai cru devoir dans les expériences qui suivent , chercher à soumettre à l'action des divers poisons les plantes les plus robustes que je pusse trouver, et me servir en général de la même espèce. J'ai choisi à cet effet les haricots (phaseolus vuLgxiris). J'ai par ce moyen le double avantage de pouvoir obtenir des résultats comparatifs, et d'avoir moins à craindre que l'on puisse attribuer la mort des plantes empoisonnées, à des causes étrangères à celles dont je m'occupe. D'ailleurs mes expériences ont été plusieurs fois répétées, et j'ai eu toujours soin , lorsque je soumettois une plante à l'action d'un poison , d'en tenir une autre placée dans des circonstances absolument semblables , que j'arrosoïs avec de l'eau de source.

(1) Monsieur Dutrochet , dans Un ouvrage publié tout récemment , a reproduit l'idée de l'exislence d'un système nerveux diffus chez les végétaux. Ce naturaliste attribue cette fonction à certains petits corpuscules globuleux qui se trouvent en assez grande quantité dans les cellules médullaires d'un grand nombre déplantes.

4o MÉMOIRE

Page 1