‹ Mémoire sur les cucurbitacéesChapitre 6 sur 28 · e Expérience · texte numérisé non relu

e Expérience

Une branche de rosier portant une fleur à l'extrémité, fut détachée de la plante au moment où la fleur commençoit à s'épanouir. L'extrémité de cette branche fut introduite dans un petit flacon contenant une solution de six grains d'oxide d'arsenic dans une once d'eau.

Ayant déterminé par l'expérience, combien le flacon perdoit chaque jour de son poids par l 'évapora tion dans une chambre d'une température à peu près uniforme, et connoissant la quantité d'eau et d'arsenic qu'il renfermoit, je pouvois déterminer d'une manière assez exacte la quantité deau arséniée que la plante avoit chaque jour absorbée. La branche de rosier fut introduite dans l'eau arséniée , le 5i Mars.

Le i.er Avril, les pétales extérieurs de la fleur étoient devenus fiasques et d'une couleur légèrement pourpre. Quelques-uns des pétales étoient même couverts de taches pourpres assez foncées j les feuilles commençoient à se pencher. La plante avoit absorbé pendant les 24 heures dix grains du liquide • c'est-à-dire, environ 12 centièmes de grain d'arsenic.

Le 3 Avril , les pétales étoient devenus encore plus flasques et très-fanés. Leur couleur étoit devenue d'un pourpre très-foncé, et les pétales extérieurs étoient parsemés çà et là de taches pourpres. La fleur avoit perdu une portion Mém. de la Soc. de Phys. et d'Hist. nat. T. III. i.'8 Pari: G

de son odeur; les feuilles étoient tout- à-fait flétries. La branche avoit absorbé pendant les dernières 24 heures , quatre grains du° liquide. Du i.er au 2 Avril, elle en avoit absorbé 5 crains et demi.

Le lendemain la branche étoit complètement morte, et l'absorption du liquide n'étoit guères appréciable. La plante n'avoit absorbé en tout qu'un cinquième de grain d'oxide d'arsenic. Une quantité aussi petite avoit suffi, pour flétrir par son pouvoir corrosif, les feuilles, et changer ainsi la couleur de la fleur. Ayant trempé pendant quelque temps dans de l'eau distillée les feuilles et la fleur, et ayant réduit cette eau par l'évaporation à un très-petit volume , j'ai pu apercevoir, au moyen des réactifs les plus sensibles, la présence d'une petite quantité d'arsenic.

J'avois préparé en même temps que cette expérience, deux ou trois flacons d'eau pure dans lesquels étoient plongées des branches de rosier analogues à celles que j'avois soumises à l'action du poison , et portant des roses développées à peu près au même point. Au bout de 4 ou 5 jours, toutes ces roses furent complètement développées; les feuilles étoient tout-à-fait vertes, et paroissoient en trèsbonne santé. Les branches avoient absorbé chaque jour environ i5 grains d'eau pure.

En répétant plusieurs fois l'expérience avec la solution d'arsenic, je me suis aperçu que la couleur pourpre qu'acquéroit la fleur soumise à l'action du poison, varioit en intensité suivant que la couleur primitive de la rose étoit plus ou moins foncée, et suivant que la rose étoit plus ou moins développée.

sur l'action des poisons etc. 4-3

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