‹ Mémoire sur les cucurbitacéesChapitre 7 sur 28 · e Expérience · texte numérisé non relu

e Expérience

J'ai essayé dans cette expérience de déterminer l'action de l'arsenic introduit dans la tige d'un arbre de moyenne grandeur. Je fis choix, à cet effet, d'un lilas, dont la tige étoit d'un pouce en diamètre. Le i.er Juin , j'y fis une fente d'un pouce et, demi de longueur , et pénétrant jusqu'à la moelle. J'insérai dans cette fente 1 5 ou 20 grains doxide d'arsenic, qui avoient été préalablement pilé et délayé dans quelques gouttes d'eau. Je rapprochai alors le plus possible les portions fendues de la tige, et je les attachai fortement dans leur position naturelle avec des liens d'osier.

Le 8 Juin, les feuilles du lilas ont commencé à se fermer et à se rouler par le bout : le i5 , les feuilles étoient déjà flétries, et s 'étoient fermées dans le sens de la nervure longitudinale; les branches avoient commencé à sécher. Le 28 les branches étoient sèches : enfin dans la seconde semaine de Juillet, la totalité de la tige étoit tout-à-fait sèche, et l'arbre lui-même complètement mort (1).

ïl est vraisemblable que l'arsenic tue la plante en étant entraîné par la circulation du suc dans toutes les parties de l'arbre : de là, je suis porté à croire que si cette expérience avoit été laite au moment de la sève , l'effet du poison auroit été encore plus rapide.

Il s'est trouvé à côté du lilas empoisonné un autre arbre

(1) D'autres lilas , dont je fendis la tige d'une manière analogue, mais sans y introduire le poison , n'en soufliirent d'aucune manière.

de même espèce dont le tronc se joignoït à celui du premier un peu au-dessous de la terre. Cet arbre devint aussi toutà-fait sec environ quinze jours après le premier, et après avoir présenté les mêmes phénomènes. 11 paroît de là que le poison se meut dans le sens latéral aussi bien que dans le sens vertical.

Le 3o Juillet, cette expérience a été variée en soulevant un morceau de lecorce de îa tige d'un autre liias, et en introduisant l'arsenic délayé avec quelques gouttes d'eau sous cette écorce, qui a été ensuite recouchée et rattachée fortement avec de l'osier. Le 4 Août , les deux principales branches de l'arbre, les plus voisines du point où l'on avoit introduit le poison , a voient commencé à sécher, et elles furent tout-à-fait sèches au bout de quinze jours. Ler feuilles des autres branches ne se flétrirent pas avant l'époque ordinaire de Novembre.

M. G.-F. Jaeger a fait plusieurs expériences intéressantes relatives à l'action de l'arsenic sur les végétaux : il les a publiées dans une thèse intitulée Dissertalio inauguralls de affections arsenici in varios organismes. Voici les conclusions que l'auteur tire de ces expériences :

« Patet ex adductis circa plantas experimentis, arseni- » cnm omnino lethiferum esse hisce organisons venenum , j> sub qualicunque evolutionis periodo sint, quod eorum » vitam cum omnibus ejus attributis penitus et prompte » satis des t ruât, exceptisforsitansimplicissimis quibusdam, » regni vegetabilis formis.

» Mors ipsa inferri videtur per lentam pharmaci res- » orptionéïh et distribulionem ope variorum atque con-

sur l'action des poisons etc. 45

» textus cellulosi, ita ut successive partes pereant ad quas

» peuetravere particulae veneni. Mutationes quas plantae

» infecta? subeunt , partim chemicae veneni actioni tribuen-

» dag videntur , uti coloris mutationes , partim cum iis con-

» veniunt, quas aliis modis inducta mors secum ferre

» sole t. »

Du Mercure.

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