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Mission, de jouir lui et sa famille d’un lot de terre situé: "ns la dite Mission, près du village d’icelle, contenant envion deux arpents de haut sur environ six arpents de large et ce pour le temps que durera le bon plaisir du Séminaire, à compter de cette date, pendant lequel lui dit preneur usera au dit terrain en bon père de famille, le cultivera par sol et saison et en fera les fruits siens, profits et avantages, suivant la règle et usage des autres Sauvages de la dite Mission, sans le détériorer en aucune manière que ce puisse être.
Il ne pourra sous-louer ni transporter le présent à aucune autre personne ni personne que ce soit et pour quelque condition que ce puisse être, sans la permission expresse du Directeur de la dite Mission.
Il ne pourra lui dit preneur bâtir ni ériger ou faire ériger sur le dit terrain aucune maison ni autres bâtisses que ce soit, pendant la durée du présent sans le bon plaisir du dit Sieur Directeur, et dans le cas où il le ferait avec une permission comme dessus, à l'expiration de la présente permission, le tout retournera de plein droit aux dits Sieurs Ecclésiastiques, sans pour ce rembourser a dit preneur aucune somme
d'argent et sans que ce dernier puissse exiger aucunes rémunération, à peine, etc.
Cette présente permission est donnée par mi, prêtre saussigné (es-qualité) aux conditions sus-exprimées, sans quoi je n’aurais jamais consenti aux présentes.
Le dit terrain borné au nord par la Montagne, au sud par la première ferme, à l’ouest par le terrain accordé à Akanray
et à L'Est par un chemin de charette.
Lequel dit Jean-Bte. Anenkharison, ici présent, après avoir pris communication du tout sus-exprimé, par la lecture que nous lui avons faite en présence de Hyacinthe Chénier et de Basile Charleboïis, soussignés, témoins pour ce requis, qu’il a dit bien entendre et comprendre, s’est volontairement soumis et obligé de bien et dûment remplir toutes et chacune des conditions sus-exprimées, à peine de nullité des présentes
pour aucune contravention par lui faite au contenu ci-dessus. Car Ainsi, etc.
Fait au village de la dite Miision, maison du Séminaire, le 9 Juin 1836, en présence des dits témoins qui ont signé avec nous prètre. Ci-suivent les signatures.
Connaissant d'avance les dispositions des Sauvages pour l'usage des liqueurs fortes, leur insouciance à se procurer un établissement permanent, leur caractère nomade, leur inexpérience dans les affaires ordinaires de la vie, leur prodigalité à la suite de leurs libations, et la spéculation toujours avide à profiter de leur naïveté et de leur ivresse, les Messieurs du Séminaire, en leur donnant ce permis d’occupation, ont exercé toute la prudence possible, ne leur conférant qu'un titre précaire, en se réservant la propriété des terrains, comme l'acte ci-haut le constate. S'il en eut été autrement, la spéculation aurait fait sou chemin, depuis longtemps tous ces terrains seraient passés aux blancs, et la Mission serait détruite.
Il est connu de tout le monde, que depuis la translation de la Mission au Lac des Deux Montagnes, chaque chef de famille de ces tribus indiennes, a eu :
10. La jouissance d’un champ d’une étendue suffisante pour subvenir à ses besoins.
20. La permission de prendre dans les domaines de la Seigneurie, tout le bois nécessaire pour se bâtir et se chauffer,
30. La permission de pacager ses animaux sur une grande étendue de terrain, appelé : ‘‘ la Commune.”
40. L'usage d’une Eglise, sous la eonduite de Missionnaires zelés, afin d'y remplir leurs devoirs religieux.
50. Une école pour les garçons, actuellement sous la direction des Frères de la Doctrine Chrétienne.
60. Un couvent pour les filles, sous la direction des Sœurs de la Congrégation. Et tout cela gratuitement.
Il n’est pas nécessaire de rappeler que pendant des années, pour initier les Sauvages au travail, le Séminaire leur don-
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nait certains ouvrages devant tourner à leur profit, et les payait amplement.
Que peut-on exiger de plus ?
Si de pareils avantages avaient été procurés à des personnes aimant la culture, tous ces champs actuellement occupés par les sauvages, au lieu d'être couverts de mauvaises herbes, sans fossés, sans culture et incultes, auraient l'aspect de la fécondité et de la richesse, car le sol est d’une qualité
supérieure.