‹ Mémoire sur les difficultés survenues entre M.M. les ecclésiastiques du Séminaire de St. Sulpice de Montréal et certains Indiens de la mission d'Oka, Lac des Deux-Montagnes [microforme]Chapitre 9 sur 14 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

À CONDUITE DES SAUVAGES À L'ÉGAP.D DU SÉMINAIRE. À Le sauvage n'aime pas la culture ; sa passion, c’est la chas-

se—aussi longtemps que la chasse l’a payé il a vécu satisfait … —mais le gibier étant ‘enu à manquer, il fallait se livrer aux “ travaux de la terre pour se procurer le pain—Or le sauvage À n'aime pas et n’aimera jamais ce genre de travail ; il aime la |. course, l’espace et par-dessus tout le farniente.

C'est alors qu’il se mit à réfléchir sur les moyens à prendre pour vivre sans travailler.

‘ La Seigneurie des Deux-Montagnes est notre propriété, se dit-il. ”

Quelques hommes influents et hostiles au Séminaire, profitant de la naïveté des Indiens, leur firent croire que s'ils changeaient de religion, le Gouvernement leur ferait avoir la Seigneurie. Cédant aux conseils pervers de ces intrigants, un grand nombre de sauvages, trois chefs en tête, apostasièrent, proclamèrent leur titre à la propriété de la Seigneurie, s'érigeant eux-mêmes les maîtres de la propriété des missions.

Dès l’année mil huit cent soixante-neuf, on menaça les missionnaires, on se rendit à la maison principale de la mis- …. sion;etlà etalors, on intima aux missionnaires l’ordre de quitterla maison et de ne plus revenir. Les Sauvages dirent ailleurs que si on refusait de leur faire justice, ils prendraient les moyens pour se défaire de ces prétendus prêtres et succes-

seurs de St. Pierre ; qu'ils ne pouvaient plus tolérer leur conduite, (voir la lettre des trois chefs à son Excellence le Gouverneur-Général, datée du 26 février 1869.) Des mena. ces ils passèrent aux voies de fait.

Ils commencèrent à commettre les déprédations et les empiètements qui ont donné lieu à toutes les procédures des six dernières années. Laissant toute soumission de côté, ne demandant plus de permission, on coupait le plus beau bois de la forêt, et on en faisait un trafic, on ne tenait aucun compte des défenses réïitérées des Messieurs et de leurs employés, bien plus on répondait : qu’on était les maitres.

L'on agrandissait son champ, à même le terrain des Messieurs. On construisait de nouvelles clôtures pour enclôre le terrain empiété, et l’on répondait : ‘“ C’est notre propriété.”

L'on détruisait et l’on brülait les clôtures des Messieurs et de leurs censitaires et l’on disait : ** C’est notre propriété.”

L'on s’introduisait jusque dans la cour du Séminaire, et là, armes en mains, l’on s’emparait du bois qui s’y trouvait, et l’on disait : ‘* C'est notre propriété.”

Toujours, on se faisait une prétendue justice à soi-même, etc., sans recourir aux Tribunaux.

Quoique maintes et maintes fois condamnés par les Magis- \trats pour ces voies de faits—malgré les coaseils tout judicieux que leur a donnés Son Honneur, le Juge Johnson, äüe recourir aux Tribunaux, s'ils avaient des droits.—malgré plusieurs jugements de la Cour Supérieure condamnant ces empiètements, indifférents aux condamnations, et sourds aux conseils venant d’une autorité aussi éclairée, non-seulement ils continuèrent ces voies de faits et ces empiètements, mais encore ils s’attaquèrent aux officiers de la Justice'et assaillirent même l’arpenteur appointé par la Cour pour vérifier les bornes. On alla jusqu’à inventer les plus noires calomnies en accusant le prêtre administrateur de la mission d’as. saut brutal sur une femme indienne, accusation déclarée non fondée par six Juges de Paix, au nombre desquels se trouvaient deux protestants.

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