ACCOMPLISSEMENT DES OBLIGATIONS DES MESSIEURS DU SÉMINAIRE
Maintenant, voyons si ces Messieurs ont rempli, tant vis-àvis le Gouvernement Français que vis-à-vis le Gouvernement Anglais, les obligations qui leur ont été imposées, tant 1] par les Titres originaux de Concession et Brevêts royaux, que | par les Ordonnances et Statuts confirmatifs des dites concessions.
Ont-ils transféré la Mission des Sauvages de l'Isle de Montréal sur le bord Nord-Ouest du Lac des Deux Montagnes ?
Oui.
Ont-ils pourvu à l'instruction Morale et Religieuse de ces mêmes Sauvages ? Oui.
Ont-ils construit une Eglise pour leurs besoins religieux ? Oui.
Y ont-ils entretenu des maisons d'éducation, savoir : Cou-
vents, Maisons d'école, etc., pour leur instruction morale ?— Réponse : Oui.
Ont:ils pourvu à l'établissement de la dite Mission ? Oui.
Dès vers l’année 1717, à grands frais, ils ont transféré, de l'Isle de Montréal au Lac des Deux Montagnes, les Iroquois et Algonquins alors établis au Sault au Récollet. Ils les ont groupé autour de leur Eglise, les ayant bâtis sur des lots de terre, qu'ils leur permirent d'occuper avec leur famille et leurs descendants sauvages selon leur bon plaisir.
Dans le but de les instruire, leur inspirer le goût du travail et de les faire profiter des bénéfices de l'Agriculture, ces Messieurs ont permis à chaque chef de famille de ces tribus,
d'occuper et cultiver un champ contenant une certaine quantité de terre.
Cependant, ces permis d'occupation ne leur ont été octroyés qu’à la condition qu’ils jouiraient eux-mêmes et leurs descendants sauvages, de ces champs, et ne pourraient les transférer aux blancs, et ce, aussi longtemps et selon le bon plaisir de ces Messieurs.
Ces permis d'occupation dont les originaux sont déposés dans les archives de la Mission se lisent comme suit :
Je soussigné, Nicolas Dufresne, Prêtre et Directeur de la Mission du Lac des Deux-Montagnes, y demeurant, dûment autorisé à l'effet ci-après par Messire Quiblier, Prêtre et su périeur de Messieurs les Ecclésiastiques du Séminaire de Montréal, agissant pour et au nom des dits Sieurs Ecclésiastiques du susdit Séminaire de Montréal, propriétaires de la Seigneurie du Lac des Deux-Montagnes, et en vertu du pouvoir a moi donné par les Sieurs Ecclésiastiques ci-dessus, ai permis à Jean-Baptiste Anenharison, Iroquois demeurant en la dite
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Mission, de jouir lui et sa famille d’un lot de terre situé dans la dite Mission, près du village d’icelle, contenant environ deux arpents de haut sur environ six arpents de large et ce pour le temps que durera le bon plaisir du Séminaire, à compter de cette date, pendant lequel lui dit preneur usera du dit terrain en bon père de famille, le cultivera par sol et saison et en fera les fruits siens, profits et avantages, suivant la règle et usage des autres Sauvages de la dite Mission, sans Le détériorer en aucune manière que ce puisse être.
Il ne pourra sous-louer ni transporter le présent à aucune autre personne ni personne que ce soitet pour quelque condition que ce puisse être, sans la permission expresse du Directeur de la dite Mission.
Il ne pourra lui dit preneur bâtir ni ériger ou faire ériger sur le dit terrain aucune maison ni autres bâtisses que ce soit, pendant la durée du présent sans le bon plaisir du dit Sieur Directeur, et dans le cas où il le ferait avec une permission comme dessus, à l'expiration de la présente permission, le tout retournera de plein droit aux dits Sieurs Ecclésiastiques, sans pour ce rembourser au dit preneur aucune somme d'argent et sans que ce dernier puissse exiger aucunes rémunération, à peine, etc.
Cette présente permission est donnée par moi, prêtre soussigné (es-qualité) aux conditions sus-exprimées, sans quoi je n'aurais jamais consenti aux présentes.
Le dit terrain borué au nord par la Montagne, au sud par la première ferme, à l’ouest par le terrain accordé à Akanray, et à l'Est par un chemin de charette.
Lequel dit Jean-Bte. Anenharison, ici présent, après avoir pris communication du tout sus-exprimé, par la lecture que nous lui avons faite en présence de Hyacinthe Chénier et de Basile Charlébois, soussignés, témoins pour ce requis, qu’il a dit bien entendre et comprendre, s’est volontairement soumis et obligé de bien et dûment remplir toutes et chacune des conditions sus-exprimées, à peine de nullité des présentes
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pour aucune contravention par lui faite au eontenu ci-dessus. Car ainsi, etc.
Fait au village de la dite Mission, maison du Séminaire, le 9 Juin 1836, en présence ‘des dits témoins qui ont signé avec nous prêtre. Ci-suivent les signatures.
Connaïssant d'avance les dispositions des Sauvages pour l'usage des liqueurs fortes, leur insouciance à se procurer un établissement permanent, leur caractère nomade, leur inexpérience dans les affaires ordinaires de la vie, leur prodigalité à la suite de leurs libations, et la spéculation toujours avide à profiter de leur naïveté et de leur ivresse, les Messieurs du Séminaire, en leur donnant ce permis d’occupation, ont exercé toute la prudence possible, ne leur conférant qu'un titre précaire, en se réservant la propriété des terrains, comme l'acte ci-haut le constate. S'il en eut été autrement, la spéculation aurait fait sou chemin, depuis longtemps tous ces terrains seraient passés aux blancs, et la Mission serait détruite.
Il est connu de tout le monde, que depuis la translation de la Mission au Lac des Deux Montagnes, chaque chef de famille de ces tribus indiennes, a eu :
10. La jouissance d’un champ d’une étendue suffisante pour subvenir à ses besoins.
20. La permission de prendre dans les domaines de la Seigneurie, tout le bois nécessaire pour se bâtir et se chauffer.
30. La permission de pacager ses animaux sur une grande étendue de terrain, appelé : ‘ la Commune.”
40. L'usage d’une Eglise, sous la eonduite de Missionnaires zelés, afin d'y remplir leurs devoirs religieux.
50. Une école pour les garçons, actuellement sous la direction des Frères de la Doctrine Chrétienne.
60. Un couvent pour les filles, sous la direction des Sœurs de la Congrégation. Et tout cela gratuitement.
Il n’est pas nécessaire de rappeler que pendant des années, pour initier les Sauvages au travail, le Séminaire leur don-
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