‹ Mémoire sur les États de Foix, 1608-1789Chapitre 47 sur 82 · MESSES ET RÉJOUISSANCES · texte numérisé non relu

MESSES ET RÉJOUISSANCES

négligence « régnait à tout ce qui tient à Tapparat extérieur, ce qui déprinnait aux yeux du peuple les fonctions augustes de rassemblée. » Il prétend que les consuls des villages étaient en cape de Béarn et en bonnet ^

Il y avait trois dîners pendant la tenue des Etats. Le lundi, jour de l'ouverture, on dînait chez le commissaire du roi, le mardi chez le président et le mercredi chez le premier baron. Les commissaires et l'évêque avaient un fauteuil ; si un abbé ou un gentilhomme présidait, il n'avait qu'une chaise à dos. On buvait à la santé du roi, de sa chère aimée femme et reine et de la fam.ille royale ^.

Les Etats ordonnaient des réjouissances en l'honneur des victoires du roi ou du dauphin, ils faisaient allumer des feux de joie, tirer l'artillerie du château et chanter des te Deum ^.

Les Etats inauguraient leurs travaux par une messe solennelle pendant laquelle on observait un cérémonial particulier.

Le premier baron occupait la première stalle du côté de répître, le premier abbé la première stalle du côté de l'évangile et la noblesse à leur suite ; les députés du tiers étaient dans des stalles basses, sui- "vant Fordre du catalogue, alternativement l'un d'un côté, l'autre de l'autre ; les ofïîciers de la province étaient au milieu.

Le président des Etats et les commissaires étaient reçus à la porte par un prêtre en chape, assisté d'un

* Arch. nat., id.

« Arch. nat., K. 687. Proj. d'un nouv. règl.

3 Arch. dép., proc.-verb. 1667, 1688 (2® ass.)

diacre et d'un sous-diacre qui leur présentaient Teau bénite. Ils prenaient place dans le sanctuaire sur trois fauteuils, devant lesquels étaient trois prie-Dieu V

Les gardes du commissaire principal s'emparaient des portes du chœur, ils avaient un pied dans le chœur et un pied dehors.

La grand'messe était célébrée suivant (( le cérémonial des évoques. » Le thuriféraire encensait de trois coups les commissaires et Tévêque et de deux coups les membres de la noblesse et du tiers ^.

Il était d'usage de faire un service funèbre solennel quand un roi, une reine, un dauphin, un gouverneur, un président des Etats étaient morts dans l'année^.

Voici le cérémonial observé, le 13 mars 1716, pour le service funèbre célébré à l'occasion de la. mort de Louis XIV. L'abbé de Boulbonne, président, se rendit à l'église et MM. de la noblesse et du tiers au château, où ils furent reçus par le commissaire du roi. Des prêtres simulent l'enlèvement du corps. Le cortège se dirige vers l'église, les prêtres en tête, suivis de quatre gentilshommes, habillés de noir, qui portaient le drap mortuaire ; puis venait le commissaire du roi précédé de ses gardes, en habit de deuil et manteau

* Si un abbé présidait, il n'avait qu'une chaise à dos.

« Arch. nat., K. 687. Id., Arch. dép., proc.-verb. 1782. « La messe des Etats s'est toujours dite d'une manière peu décente, on s'est contenté jusqu'ici d'une messe basse, les membres des Etats, épars dans le chœur ou la nef, y venaient ou n'y venaient pas. » Arch. nat., H. 716. Proj. d'un nouv. régi. (d'Usson).

3 Ou quand un membre des Etats mourait pendant la session. Arch. dép., proc.-verb. 1683, 1688, 1699, 1711, 1715, 1718, 1742, 1751, 1768, 1779, 1782.

Page 1