‹ Mémoire sur les États de Foix, 1608-1789Chapitre 66 sur 82 · LES MINES · texte numérisé non relu

LES MINES

tution du haras qui aurait pu rendre de grands services dans un pays d^élevage.

L'établissement du haras datait de 1718; il fut mal vu dès l'origine, car il obligeait les Etats à une dépense de 1.200 livres, sans compter 75 quintaux de foin, 36 quintaux de paille et 18 boisseaux d'avoine qu'ils devaient fournir pour chaque étalon ^

En 1783, les Etats en demandent la suppression, car (( depuis son introduction, il n'y a plus de bons chevaux dans la province '^ » Cette suppression est également demandée dans le cahiers des Etats généraux.

Malgré les plaintes des Etats, le haras ne fut ni supprimé ni réformé. « La déchéance de l'espèce, dit Acoquat, a prouvé... qu'on ne gagne rien à éteindre l'émulation et à en circonscrire les progrès... Cet établissement, dans son état actuel, se borne à surcharger la province d'une imposition assez considérable et à procurer 600 livres d'appointements à un inspecteur, pour qui seul cet établissement paraît utile ^ »

Les Etats rendaient des services au commerce, quand ils ouvraient des routes pour faciliter les transactions et surtout quand ils défendaient les commerçants contre les exigence des employés de la foraine.

La grande industrie du pays, sa seule richesse même, pendant des siècles, fut l'industrie du fer*.

* Arch. dép., proc.-verb. 1718.

« Id., 1783.

3 Acoquat, 1. c, p. 36.

* Arch. dép., prov.-verb. 1771.

Les mines de Siguer et des Gabaniies, très riches en excellent minerai, alimentaient les trente forges catalanes du pays et les forges du Gouserans et d'une partie du Languedoc ^ Ces mines étaient régies par des règlements des Etats de 1414 ^ Les entrepôts de minerai étaient jalousement fixés par les Etats^; les consuls des régions minières avaient la police des mines*. Presque tous les profits de la mine étaient pour les forges et ces forges appartenaient presque toutes aux possesseurs de fiefs*. Pendant une année de disette, les maîtres des forges n'hésitèrent pas à faire nourrir leurs ouvriers avec du blé acheté à perte par les Etats, à l'aide d'une imposition qui ne pesait que sur les biens ruraux*. Des commissions des Etats et plus tard un inspecteur des mines surveillaient l'exploitation des mines ^ et veillaient à ce que le minerai extrait ne fût pas de mauvaise qualité®. Les procédés d'extraction étaient si défectueux que nulle part on ne voyait « autant d'invalides, de veuves et d'orphelins » qu'à Vicdessos, à Sem et à Signer^.

Mais ce qui amena surtout la décadence des for-

< Arch. dép., proc.-verb. 1788 et Arch.nat., K. 1162. Mém. sur le pays de Foix. 1739.

* Arch. dép., proc.-verb. 1696, 1715. Ils étaient complétés par un arrêt du conseil de 1731. IJ., 1782. Arch. nat., H. 713-714. Proc.verb. des Etats de 1769.

« Acoquat, 1. c, p. 39.

Id.

7 Arch. dép., proc.-verb. 1749, 1779.

8 Id., 1714, 1715, 1742.

9 Id., 1752, 1754.

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